Bonjour,
Difficile de dire quel jour le grand-père de votre épouse a été blessé. Je peux toutefois vous donner en exemple ce qui est arrivé à mon grand-oncle et à mon grand-père qui étaient tous deux au 39e RAC.
Mon grand-oncle a été blessé (éclat d'obus au visage) le vendredi 2 octobre dans la Somme, région de Maricourt. Il est évacué et est admis à l'hôpital Péan à Paris le dimanche 4 octobre avant de mourir d'une méningite le 13 octobre. Deux jours pour une distance assez courte inférieure à 200km.
Mon grand-père est blessé au visage le dimanche 17 mars 1918 sur le front de Verdun. Il est admis à l'hôpital de Bar-le-Duc le 18 mars, donc dès le lendemain. Mais Bar-le-Duc est proche de Verdun. Le 23 mars 1918 il est envoyé en convalescence à Pau, hôpital complémentaire N°34 où il arrive 2 jours plus tard, le 25 mars 1918. Voici son témoignage :
"Lettre du lundi 25 mars 1918. (Hôpital complémentaire N° 34. Pau)
Le 25 mars 1918.
Chers Parents
Après deux jours et deux nuits de voyage, nous voilà enfin arrivés dans la ville de Pau, je suis très heureux d'avoir fait ce voyage car j'ai traversé toute la France. J'ai passé à Bordeaux, Périgueux, Limoges, la Creuse, Bourges d'où je vous ai écrit et combien d'autres que je n'ai pu voir car c'était la nuit, j'ai passé à Troyes aussi, enfin le voyage s'est très bien passé aussi je ne vous ai pas écrit hier parce que j'étais trop fatigué et je vous assure que j'ai passé une bonne nuit. Ce matin comme je vous écris il fait un temps superbe, on se croirait au mois de juin à Ménillot, les arbres fruitiers sont fleuris tels que pêchers et cerisiers, c'est épatant.
Comme logement je suis très bien dans une petite chambre où il y a trois lits superbes et nous ne sommes que deux pour le moment car les sous-officiers sont à part et on nous apporte à manger sur place. C'est un annamite qui nous sert, si j'avais su que c'était comme cela j'aurais demandé à être blessé plus tôt, enfin on ne choisit pas.
Pour ma blessure ça va très bien je ne regrette qu'une chose c'est que c'est presque guéri, enfin il y aura la convalescence au bout, c'est ce qu'il faut.
Je n'ai plus grand chose à vous dire, j'ai écrit à un copain de la batterie qu'il vous envoie un certificat comme quoi je n'ai pas eu ma permission de détente, si vous l'avez envoyez le moi.
Donc en attendant le bonheur de me trouver parmi vous je vous quitte en vous embrassant de tout cœur.
Votre fils qui vous aime.
Pierre
Voilà l'adresse
Hôpital complémentaire N° 34 (Sacré-Cœur)
3e division. Salle 19.
Pau Basses Pyrénées."
L'important pour vous serait de savoir si votre grand-père a été évacué immédiatement sur Angoulême, auquel cas 2 à 3 jours de voyage sont parfaitement plausibles et il aurait bien été blessé aux alentours du 12 octobre. Ou bien s'il a d'abord transité par un autre hôpital avant d'être transporté plus loin, ce qui peut laisser supposer qu'il a été blessé plus tôt mais sans certitude quant à la date.
Cordialement
D. Augustin