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  Foch ordonnateur d'une décimation?

 

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Auteur Sujet :

Foch ordonnateur d'une décimation?

n°74205
carnot
Posté le 31-01-2010 à 11:38:42  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Dans le livre de Jean-Yves le Naour sur les fusillés, on peut lire cette incroyable histoire ( P. 128-129)
 
" Parce qu'elle ne s'est pas ébruitée, l'histoire des tirailleurs tunisiens décimés sur le front de l'Yser en décembre 1914 n'est jamais venue en justice,par exemple. Complètement épuisé, le 8° tirailleurs avait refusé de sortir des tranchées, comme plus tard le 336° régiment d'infanterie à Souain. Il s'en était suivi la colère du général Foch, commandant le groupe des armées du nord, qui réclama la décimation d'une compagnie pour servir d'exemple. Le 15 décembre 1914, on désigna donc un homme sur dix au hasard, sans décision de justice, puis on les promena ces infortunés devant leurs camarades avec une pancarte où était inscrit le mot " lâche" en français et en arabe avant de les passer par les armes. Restée inconnue, cette affaire n'a jamais pu être défendue."
 
Quelles sont les archives qui permettent de connaitre et de prouver cette horrible histoire? Y a-t-il des documents irréfutables qui prouvent tout cela: la décimation ( souvent contestée par des historiens), l'ordre de Foch, le nombre de victimes et leurs noms, où reposent-ils?
Car si tout cela est prouvé, Foch apparaitrait alors comme un sordide Criminel qui ne mérite pas tous les honneurs qu'on lui a rendus, et notammant encore aujourd'hui les noms de rues de nos villes, etc.
 
Merci pour vos réponses sur ce sujet douloureux de la décimation de ces tirailleurs.
 
Bonne journée à tous
Bruno

n°74211
Charraud J​erome
Posté le 31-01-2010 à 13:12:22  profilanswer
 

Bonjour
Je ne sais s'il y a effectivement eu décimation au 8e Tirailleurs. Cependant, à cette date du 15/12/1914, il y aurait eu une exécution à Ypres:
A noter que la fiche NMPF de ce tirailleur d'origine algérienne est particulière car voici ce qu'indique le genre de mort: "serait fusillé".
Le mot "fusillé" a d'abord été inscrit, puis une seconde main a rajouté le mot "serait".
 
Cette affaire n'est pas nouvelle, Le Naour ne sort pas un scoop, après quelques recherches sur le net:
http://ahoy.tk-jk.net/macslog/Shot [...] cutio.html
http://lachlan.bluehaze.com.au/des [...] tions.html
http://www.armchairgeneral.com/for [...] hp?t=85244
http://forum.kerchi.co.uk/communit [...] 910.0;wap2 Ce dernier site indique une exécution près de Zillebecke (Secteur Ypres)
 
Chose bizarre: dans Google, j'ai mis "décimation tirailleurs Ypres 1914" comme mots clés, les seuls sites faisant référence à cette affaire sont anglo-saxons, pas un seul site français.
 
Il serait intéressant d'en savoir plus sur les sources de Le Naour. Est ce un bobard comme la décimation du 66e RI en 1917? une vraie affaire?
 
Cordialement
Jérôme Charraud

Message cité 1 fois
Message édité par Charraud Jerome le 31-01-2010 à 13:42:23

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°74224
alain dubo​is
Tchiot quinquin de ch'nord
Posté le 31-01-2010 à 15:52:35  profilanswer
 

Charraud Jerome a écrit :

j'ai mis "décimation tirailleurs Ypres 1914" comme mots clés, les seuls sites faisant référence à cette affaire sont anglo-saxons, pas un seul site français.

Bonjour,
Les Britanniques sont plus "libérés" quant aux Shot at dawn, ce qui ne veut pas dire que leurs infos soient (plus) fiables.
Cordialement
Alain


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http://civils19141918.canalblog.com et  http://theywerethere.canalblog.com  "Si on vous demande pourquoi nous sommes morts, répondez : parce que nos pères ont menti." R. Kipling
n°74230
Annie
Posté le 31-01-2010 à 16:45:49  profilanswer
 

Bonjour à tou(te)s,
 
J'ai également entendu parler d'une décimation au Bluff (Palingbeek) en décembre 1914.
Ceci sur le site de la LDH Toulon : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2757
 
"Parmi les victimes des exécutions de la grande guerre, ce sont les troupes coloniales qui ont fait l’objet de la répression la plus brutale. L’un des rares cas de trace écrite d’un ordre d’exécution extrajudiciaire de soldats tirés au sort que les archives militaires ont conservé est celui de douze hommes du 5e régiment de tirailleurs algériens en septembre 1914. Ce régiment était composé d’engagés indigènes d’Algérie. Le général commandant la 73e brigade a écrit au général commandant la 37e division d’infanterie, le 23 septembre 1914 : « Les unités de tirailleurs se sont comportées aujourd’hui d’une façon navrante […]. J’ai tué de ma main 12 fuyards et ces exemples n’ont pas suffi à faire cesser l’abandon du camp de bataille par les tirailleurs » . A cet acte, qui correspond aux instructions de l’état-major vis-à-vis des fuyards, ses supérieurs n’ont rien trouvé à redire. Pourquoi ce nombre de douze ? Il représente le dixième de l’effectif d’une compagnie, c’était une « décimation ».
 
Les tirailleurs tunisiens, dont quatre bataillons ont été engagés en décembre 1914 sur le front de l’Yser, au sein de la 38e division d’infanterie, en ont, eux aussi, été l’objet. Ils avaient manifesté leur refus d’embarquer à Bizerte, estimant qu’ils ne pouvaient pas être contraints à aller combattre en Europe, et leur mouvement avait été réprimé. Engagés néanmoins sur le front des Flandres, la guerre de tranchées dans la boue et le froid n’a fait que renforcer leur refus d’y participer. Suite au refus d’une compagnie de participer à une offensive, une note du général Foch, adjoint au commandant en chef des armées, ordonne : « qu’on prenne immédiatement des sanctions : les meneurs ou 10 hom[mes] tirés au sort dans la c[ompagn]ie qui a refusé de se lever et qu’on les passe par les armes, dans un autre corps ». Le 15 décembre 1914, le général commandant la compagnie ordonne à son tour : « Mes ordres portent qu’il soit tiré au sort un tirailleur sur 10 de la compagnie qui a refusé de marcher, sans préjudice des instigateurs de ce refus d’obéissance, s’ils venaient par la suite à être connus, que les tirailleurs désignés par le sort soient promenés devant le front avec un écriteau portant en français et en arabe le mot “lâche”, qu’ils soient fusillés aussitôt après ». L’exécution a lieu le 15 décembre : on a fait fusiller 10% des hommes de la 15e compagnie du 8e tirailleur. « L’exécution a, paraît-il, fortement impressionné les tirailleurs et on pense qu’elle aura un effet salutaire. C’est une compagnie de zouaves qui en a été chargée » . Un autre document rapporte : « Les dix tirailleurs désignés par le sort ont été fusillés après les formalités prescrites […]. Un ordre en arabe a été lu aux tirailleurs pour leur expliquer les motifs de la décision du général  » . Et un rapport du général commandant la 38e division d’infanterie mentionne aussi l’exécution ."
 
Cordialement,
Annie

n°74232
Charraud J​erome
Posté le 31-01-2010 à 17:14:00  profilanswer
 

Bonsoir
Merci Annie, ton texte me permet de mieux cibler la 38e DI.
A noter dans le JMO de la 38e DI, une phrase qui conforte totalement ce cas: Il y a eu ordre de DECIMER
http://pagesperso-orange.fr/charraudlepin/Pages1418/DI038_DecimationJMO.JPG
http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
Page 61
 
Pour l'anecdote, un lecteur a signalé d'un trait de crayon de papier le passage litigieux.
 
Il est donc intéressant de noter qu'un seul des cas a fait l'objet d'une NMPF.
 
Merci Annie concernant ces deux cas de décimation.
37e DI septembre 1914
38e DI décembre 1914
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 31-01-2010 à 17:25:05

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°74236
Eric de Fl​eurian
Posté le 31-01-2010 à 18:09:32  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Je n'ai pas d'éléments plus précis sur l'exécution de l'ordre de Foch, mais celui-ci semble bien avoir été donné le 15 décembre 1914 car on en trouve mention dans le JMO de la 38e DI : http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 061__T.JPG (page de droite, juste après "cantonnements") []Lien déjà donné par Jérome[/]
 
Toutefois, les différents articles ou références proposées présentent un certain nombre d'erreurs ou d'approximations.
Concernant le 8e régiment de tirailleurs, il s'agit bien de la 15e compagnie (lien donné par Annie) du 8e régiment de marche de tirailleurs et non de la 10e compagnie citée dans les articles venus d'outre-manche.
Cette compagnie a effectivement refusé de monter à l'assaut le 14 décembre 1914 alors qu'elle avait été rattachée à un groupement d'attaque de la 75e brigade commandé par le commandant Anis du régiment de marche du 1er tirailleurs de la 38e DI (futur 9e RMT). Cet acte d'indiscipline au combat est relaté par le JMO du 9e RMT (l'employeur du moment) http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 026__T.JPG (page de droite) et le JMO de la 38e DI http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] 059__T.JPG (page de droite).
Comme quoi les JMO ne sont pas toujours strictement langue de bois, ce qui n'excuse pas celui du 8e RMT, totalement silencieux à ce sujet.
 
Dans le lien donné par Annie, il est dit que 4 bataillons de tirailleurs sont engagés en décembre 1914 sur le front de l'Yser. En fait, seul deux bataillons (les 4e et 5e bataillons du 8e régiment de tirailleurs tunisiens) qui composent le 8e RMT y arrivent le 29 octobre 1914 au soir en provenance du front de l'Aisne. Dès le 30 novembre, ce régiment est engagé avec la 42e DI d'abord à Ramscapelle puis le 4 novembre à Dixmude ; le 7 novembre, il rejoint à la 38e DI et la 76e brigade plus au sud, dans le secteur de Pijpegale. Il reste dans ce secteur jusqu'au 7 décembre et le 11 décembre il est au sud d'Ypres dans le secteur de Verbrande-Molen.
Le 14 décembre, le régiment a déjà perdu depuis son arrivée en Belgique : 114 tués, 501 blessés et 896 disparus (le 5e bataillon a totalement été anéanti le 10 novembre 1914 et n'a toujours pas été recréé). Ces pertes totales de 1511 (dont 18 officiers) qui représentent la valeur des deux bataillons existant initialement n'ont pas été compensées par les renforts d'à peine 529 hommes (dont 5 officiers) arrivés de Tunisie.  
Le petit bataillon en ligne le 14 décembre est donc essentiellement composé de jeunes recrues dont la formation est insuffisante et qui manque d'encadrement, élément si important dans ces troupes. Il en est de même pour la compagnie incriminée dont je ne cherche pas à excuser l'acte mais à expliquer une des causes possibles de cette désobéissance.
Les conditions d'exécution de l'ordre, que relate le lien cité par Annie, n'apparaissent pas dans les JMO mais je ne doute pas que pour l'exemple il y ait eu quelque chose à défaut d'une décimation en bonne et due forme.
 
Concernant le 5e régiment de tirailleurs algériens, il s'agit du 2e bataillon de ce régiment. Il était rattaché depuis la bataille de Charleroi au 6e régiment de marche de tirailleurs et le lendemain de cette affaire du 23 septembre 1914, le 3/5e RTA et les reliquats des deux bataillons du 6e RMT (qui fusionneront en un seul petit bataillon) seront intégrés au 2e régiment de marche de tirailleurs.
Cette affaire est parfaitement relatée dans le JMO de la 73e brigade : http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html (pages 23, 24 et 25).
 
Cordialement
Eric
 
Edité pour corriger le numéro du bataillon du 5e RTA

Message cité 1 fois
Message édité par Eric de Fleurian le 31-01-2010 à 18:56:03
n°74238
Charraud J​erome
Posté le 31-01-2010 à 18:17:45  profilanswer
 

Bonsoir

Eric de Fleurian a écrit :


Les conditions d'exécution de l'ordre, que relate le lien cité par Annie, n'apparaissent pas dans les JMO mais je ne doute pas que pour l'exemple il y ait eu quelque chose à défaut d'une décimation en bonne et due forme.


 
Si l'on a aucune preuve d'une décimation réelle, nous avons au moins la preuve de l'intention de décimer (voir mon message du dessus).
Finalement, dans les faits, il n'y a peut-être eu qu'une seule exécution formelle. Et encore, rien n'est sûr puisqu'il "serait fusillé".
En tout cas, pour l'instant pas de relation directe avec Foch.
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 31-01-2010 à 18:21:16

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°74239
Mercadal P
Posté le 31-01-2010 à 18:28:15  profilanswer
 

Bonsoir.  
Voyez aussi J.Frémeaux, p 210.
Au revoir.
P.Mercadal
PS: je lis " le général commandant la compagnie ordonne à son tour ", sauf erreur une compagnie est commandée par un officier subalterne, capitaine voir lieutenant.


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" No hay camino. Se hace camino al andar "  
A.Machado
n°74241
Charraud J​erome
Posté le 31-01-2010 à 18:41:33  profilanswer
 

Bonsoir
Pierre, qu'est ce que le J. Frémeaux? Plus précisement dans lequel de ses ouvrages?
http://www.paris-sorbonne.fr/fr/IM [...] ux2009.pdf
 
Perso dans le JMO de la 38e DI, je lis:  
http://pagesperso-orange.fr/charraudlepin/Pages1418/DI038_DecimationJMO.JPG
"ordre du (général Cdt?) l'armée de décimer la Cie du 8e Tirailleurs qui a refusé d'attaquer les autres tirailleurs sont versés au bataillon (Lagarde?) (1er?) Zouaves".
 
Je mettais un peu plus haut que je ne voyais pas le rapport avec Foch, mais quelle est l'armée(et son chef) dont dépendait alors la 38e DI?
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 31-01-2010 à 18:49:01

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°74242
Mercadal P
Posté le 31-01-2010 à 18:50:18  profilanswer
 

Bonsoir.
" Les colonies dans la Grande Guerre. combats et épreuves des peuples d'Outre-Mer "  
Ce sont les généraux d'Urbal ( 8° Armée ) et de Bazelaire ( 38° Div ) qui sont mis en cause et non Foch ainsi que la 15° cie du 8° Tunisien ( mais c'est peut être le 8° de marche, ce qui somme toute ne change rien au fond de l'affaire ) le 15 décembre 14 dans le secteur de Verbranden-Molen.
Au revoir.
P.Mercadal


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" No hay camino. Se hace camino al andar "  
A.Machado
n°74243
Eric de Fl​eurian
Posté le 31-01-2010 à 18:54:14  profilanswer
 

Bonsoir Jérôme
 
La 38e DI dépendait alors du 32e CA et du détachement d'armée de Belgique, mais j'ai déjà regardé et aucun des deux JMO n'évoque cette question.
De même le bataillon Lagarde appartenait au 4e régiment de marche de zouaves et le JMO du 4e RMZ est tout aussi silencieux que les autres à ce sujet.
D'ailleurs ce genre de transfert, quand bien même il aurait été ordonné, n'aurait vraisemblablement pas été exécuté car cela aurait posé plus de problèmes administratifs et de commandement que cela en aurait réglé.
 
Cordialement
Eric


Message édité par Eric de Fleurian le 31-01-2010 à 18:55:07
n°74247
carnot
Posté le 31-01-2010 à 20:28:36  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
D'abord, merci pour vos recherches et vos réponses qui éclairent cette tragique histoire de décimation.
Pour répondre à Jérôme, Le Naour évoque en note 244 de son livre une référence à un article que je ne connais pas:
 
"Gilbert Meynier: Pour l'exemple. Un sur dix! Les décimations en 1914."
Politique aujourd'hui Janvier-Février 1976, P. 55-70."
 
Si quelqu'un connait cet article...
 
Bonne soirée à tous .  
ps: cela fait bizarre de voir la phrase dans un JMO: ordre de décimer
cela me parait même incroyable de retrouver trace d'un tel crime!!
Mais je suis peut-être naif!

n°74249
Charraud J​erome
Posté le 31-01-2010 à 20:58:17  profilanswer
 

Bonsoir

carnot a écrit :


"Gilbert Meynier: Pour l'exemple. Un sur dix! Les décimations en 1914."
Politique aujourd'hui Janvier-Février 1976, P. 55-70."


 
Merci pour les références. Gilbert Meynier est historien à Nancy 2, spécialiste de l'Algérie, comme Jacques Frémeaux (Paris Sorbonne).
Je n'ai pas l'article en question et suis moi aussi intéressé.
 

carnot a écrit :


cela me parait même incroyable de retrouver trace d'un tel crime!!


Attention à la présomption d'innocence. Rien n'indique pour l'instant que la décimation ait eu lieue. Même la fiche NMPF utilise le conditionnel.  
L'ordre existe, a-t-il été exécuté? :lol:  
 
 
Cordialement
Jérôme Charraud


Message édité par Charraud Jerome le 31-01-2010 à 21:01:15

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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°74255
chanteloub​e
Posté le 31-01-2010 à 23:17:06  profilanswer
 


Bonjour à toutes et à tous,
Cette discussion est exemplaire du défaut de méthode historique qui est parfois, assez rarement tout de même, le fait de chercheurs qui repartent de sources non vérifiées. De cascade en cascade on finit par affirmer des choses dont plus personne ne retrouve la source originale.
Nous qui fouillons et "farfouillons" les documents auxquels nous avons accès, nous dont on dit parfois que nous sommes les petites mains des universitaires, j'ai même lu les mots de porteurs de valises (ce qui est valorisant lorsqu'on sait à quoi il est fait allusion) il nous appartient de faire savoir que nous ne sommes pas d'accord sur tels ou tels détails importants -c'est le cas ici-
J-Y le Naour est un remarquable chercheur, là, il semble ne pas avoir eu soin de confirmer sa source.  
J'ai déjà dit ailleurs ce que je pensais d'un autre chercheur (par ailleurs fort respectable) qui s'obstinait à colporter le mythe de la défaillance du 15 ème ca sans prendre de précautions de langage. Je dis aujourd'hui, ici, qu'il nous faut mettre au clair cette histoire de décimation, pour faire cesser cette affirmation ou au contraire dire qu'il y a  de fortes présomptions que cet acte terrible ait eu lieu.
 
Manifestement l'ordre a été donné sinon il n'y aurait pas autant de "traces" dans les documents officiels.  
Il nous faut cibler les régiments avec précision, au moins deux sont cités avec de fortes probabilités:
8 RMT et pour le transfert 3 RMZ ou 4 RMZ ( on verra ensuite pourquoi 3 RMZ )
Manifestement aussi nous n'avons d'informations que par le biais d'autres unités, plus hautes dans la hiérarchie, ce qui laisse entrevoir une tentative d'occultation des faits au niveau du régiment.  
On a trace d'une exécution probable (très probable même compte tenu du patronyme assez répandu) le 15 /12/14 à YPRES un soldat du 8RMT mais on a trace aussi de quatre autres exécutions le 16/12/14
un soldat du 8RT fusillé le 16 prés de Poperinghe,
un soldat du 8RTM fusillé le 16 prés de YPRES,
un soldat du 8RT fusillé le 16 à YPRES, et  
d'un soldat du 3 RMZ fusillé le 16 en Belgique (lieu illisible)
beaucoup de concomitances me semble-t-il.
Avis aux spécialistes de JMO ...allons voir de plus prés ces régiments!
 
J'ai ma petite idée, attendons ce que va donner la chasse.
Cordialement CC
 
 
 
 
 
 

n°74256
Mercadal P
Posté le 01-02-2010 à 06:57:22  profilanswer
 

Bonjour.
Voici la source que donne J.Frémeaux ( et d'autres ):
http://guy.perville.free.fr/spip/a [...] rticle=186
Au revoir.
P.Mercadal


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" No hay camino. Se hace camino al andar "  
A.Machado
n°74259
Mercadal P
Posté le 01-02-2010 à 07:48:58  profilanswer
 

Bonjour.  
On peut lire ceci:
"L’auteur est obligé de reconnaître que l’intégration des soldats algériens à l’armée française (après les paniques, les désertions et les répressions des années 1914-1915) fut un grand succès, dû au paternalisme des officiers."
Au revoir.
P.Mercadal


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" No hay camino. Se hace camino al andar "  
A.Machado
n°74260
chanteloub​e
Posté le 01-02-2010 à 08:45:21  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous....
il y a du encore du travail....
 
Je viens d'avoir un échange avec le général Bach dont je me doutais bien qu'il avait étudié cette question. Voici ce qu'il me dit:
 
[En ce qui concerne la " décimation Foch" il suffit de compulser à Vincennes le carton 16 N 194 qui contient l'ordre manuscrit de Foch, très explicite, demandant la décimation d'une compagnie du 8° RMT et les comptes-rendus d'exécution de cette mesure par le général de Bazelaire. Le dossier est très fourni en pièces diverses  autour de cette affaire.
Il me semble que Jean Claude Notin dans son livre paru en 2008 sur Foch décrit cet " incident"]

 
Ces propos recoupent probablement les informations sur les exécutés que j'ai réunies.  
Il serait tout  fait intéressant que l'un de nous se rende à Vincennes et photocopie les pièces du dossier 16 N 194 et nous en fasse profiter.
Nous mettrions ainsi un point final aux "approximations historiques" sur ce sujet. Publions l'ordre écrit de FOCH et notre ami Carnot aura la réponse à sa question un tout petit provocatrice. Je dis ceci dans le bon sens de l'expression.
Cordialement.
CC


Message édité par chanteloube le 01-02-2010 à 08:49:58
n°74265
chanteloub​e
Posté le 01-02-2010 à 09:17:10  profilanswer
 

j'ajoute qu'il serait bien d'aller voir "ça"
 
 
Les tirailleurs tunisiens, dont quatre bataillons ont été engagés en décembre 1914 sur le front de l’Yser, au sein de la 38e division d’infanterie, en ont, eux aussi, été l’objet.  
Ils avaient manifesté leur refus d’embarquer à Bizerte, estimant qu’ils ne pouvaient pas être contraints à aller combattre en Europe, et leur mouvement avait été réprimé.
 
Quelle répression et comment?
CC

n°74267
Mercadal P
Posté le 01-02-2010 à 09:28:37  profilanswer
 

Bonjour.
Est-ce que ce cas ( la décimation ) figure dans l'ouvrage du Gal Bach qui traite des fusillés pour l'exemple des années 14-15 ?
Au revoir.
P.Mercadal


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" No hay camino. Se hace camino al andar "  
A.Machado
n°74270
Charraud J​erome
Posté le 01-02-2010 à 10:08:31  profilanswer
 

Bonjour

Mercadal P a écrit :

Bonjour.
Est-ce que ce cas ( la décimation ) figure dans l'ouvrage du Gal Bach qui traite des fusillés pour l'exemple des années 14-15 ?
Au revoir.
P.Mercadal


 
Je n'ai pas repris la lecture de l'ouvrage en question, et ne peut confirmer si le fait est relaté. Je note cependant page 416 une phrase abordant le cas de 18 tirailleurs et 9 légionnaires. Mais la structure de la phrase situe cette affaire en 1915 et rien ne dit qu'il s'agit d'une décimation (J'ai pu loupé le passage, je n'ai fait qu'un survol).
 
Merci à Claude de recadrer le débat et d'en faire une synthèse.
Avec du recul, je relis le fil et constate la pertinence de notre réflexion commune. Au fil des messages, la discussion s'affine et se précise, évolue en fonction des éléments trouvés.  
Je ne connais pas le carton 16N194, mais je fais confiance au général Bach sur ce point. Comme Claude, si un forumeur passe au SHD, ...
 
Cordialement
Jérôme Charraud
 


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Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la Grande Guerre le blog
n°74272
chanteloub​e
Posté le 01-02-2010 à 10:31:18  profilanswer
 

bonjour,
 
Je ne suis pas certain que le général Bach évoque de façon explicite  cet épisode peu glorieux.  
Son ouvrage date de 2003, les éléments ont pu remonter depuis.
Attendons que l'un de nous passe au SH.  
J'essaie de traduire le JMO 38 DI en attendant.
CC

n°74289
Eric de Fl​eurian
Posté le 01-02-2010 à 15:04:45  profilanswer
 

Bonjour Claude
Bonjour à tous
 
Votre référence au 3e RMZ m'interpelle. En effet, dans ce secteur il n'y a que deux bataillons du 3e régiment de zouaves et encore sont-ils relevés dans la nuit du 12 au 13 décembre 1914, puis basculent avec leur régiment : le 8e régiment de marche de zouaves, sur Dunkerque puis Nieuport.
Ce serait donc un cas de fusillé non lié à l'affaire qui nous intéresse.
 
Explications complémentaires :
- le 3e RMZ (37e DI), composé des 1er, 5e et 11e bataillons du 3e Zouaves, est dans l'Oise, secteur de Tracy-le-Mont, Quennevières.
- le 3e bis RMZ (à cette époque, il est encore appelé 3e régiment de marche de zouaves) de la 45e DI, composé des 3e, 6e et 12e bataillons du 3e Zouaves, est en Artois.
- le 8e RMZ (à cette époque, il est encore appelé régiment de marche de zouaves de la division marocaine), composé des 1er bataillon du 1er RZ, 3e bataillon du 2e RZ, 2e (Commandant Cortade) et 4e (commandant Lagrue) bataillons du 3e RZ, est avec la 2e brigade du Maroc (8e RMZ et 7e RMT) qui a quitté temporairement la DM (toujours en Champagne à l'est de Reims) pour venir en Belgique.
 
Concernant le transfert des tunisiens de la 15e compagnie du 8e RMT au bataillon Lagarde (11e bataillon du 4e RZ appartenant au 4e régiment de marche de zouaves de la 38e DI), j'ai dit plus haut dans ce fil que je ne pensais pas qu'il ait été réalisé pour des raisons d'ordre administratif et humaines. En effet,
- sur le plan administratif, le recrutement n'a pas la même origine : européens de France ou d'AFN pour les zouaves, indigène pour les tirailleurs. Si zouaves et tirailleurs ont toujours combattu côte à côte, en Algérie, en Tunisie et au Maroc, le mixage d'unités de zouaves et de tirailleurs (exclusivement algériens ou tunisiens, les unités de tirailleurs marocains étant strictement homogènes) n'est réalisé que de façon limitée : au début de la guerre avec le 1er RMZT de la 3e brigade du Maroc (1er RMZT et 9e RMZ) et le 2e RMZT (d'abord isolé, puis qui rejoindra la 48e DI en février 1915) ; il est ensuite étendu à deux autres régiments en juin 1915 : le 3e RMZT, initialement un régiment de marche de zouaves qui perd un de ses trois bataillons (passé au 8e régiment de marche de tirailleurs de la 4e brigade du Maroc pour devenir le 4e RMZT) et reçoit le 3/4e RTT venu du Maroc ; le 4e RMZT, initialement un régiment de tirailleurs à trois bataillons de tirailleurs tunisiens, perd le 2/4e RTT qui part au Maroc et reçoit le 6/4e RZ venant du futur 3e RMZT (ex 7e RMZ).
Pour être exhaustif, il faut aussi citer les 1er et 2e RMZT de la 2e brigade du Maroc de la division marocaine dont seul le 2e comportait effectivement un bataillon de zouaves. Ces deux régiments seront dissous le 1er octobre 1914 suite aux pertes de la bataille des frontières et de celle de la Marne et les bataillons de tirailleurs fusionneront au sein du futur 7e RMT (2e BM de la DM) tandis que le bataillon de zouaves du 2e RMZT rejoindra le futur 8e RMZ.
On peut donc constater que ce mixage n'existe pas en dessous du niveau bataillon, contrainte de recrutement oblige.
Il faut signaler qu'à la fin de la guerre il n'y a plus de régiments mixtes même si les 1er et 4e RMZT gardent cette appellation alors qu'ils sont devenus de fait des régiments de marche de tirailleurs à trois bataillons de tirailleurs ; les 2e et 3e RMZT ont quant à eux été dissous et transformés en régiments de marche de tirailleurs, respectivement les 6e et 13e RMT. Ceci s'explique essentiellement par les problèmes de recrutement des zouaves plus que par des problèmes d'aptitude au combat.
- sur le plan humain, compte tenu du recrutement, la cohabitation au sein de petites unités, section et compagnie aurait posé des problèmes. En effet, la vie quotidienne dans les régiments de tirailleurs était vécue au rythme des grandes fêtes religieuses musulmanes, le commandement des tirailleurs par l'encadrement européen était à la fois paternaliste (il fallait faire le relais avec les familles restées en AFN -transmettre et donner les nouvelles, il fallait régler toutes les chicayas) et ferme (il fallait sanctionner avec rigueur les fautes et écarts de tous ordres sous peine d'être incapables de commander au feu - il fallait être reconnu comme le chef et il fallait montrer l'exemple). A l'inverse, les zouaves vivaient au rythme des fêtes chrétiennes, étaient capables d'initiative au petits échelons. Le mixage partiel ou le combat côte à côte de ces deux recrutements donnaient d'excellents résultats au combat car la furia des zouaves entraînaient les tirailleurs qui étaient d'excellents combattants mais dont le fatalisme traditionnel pouvait prendre le dessus si leurs chefs avaient disparus - ce qui explique certaines débandades ou certains retraits intempestifs constatés çà et là, mais globalement peu nombreux sur l'ensemble du conflit.
 
Concernant l'engagement des tunisiens enfin, j'ai lu (mais je ne sais plus où mais quelques éléments dans ce lien http://www.persee.fr/web/revues/ho [...] ords=free) qu'effectivement les premières ponctions demandées pour compenser les premières pertes n'ont pas été bien acceptées en Tunisie et ont donné lieu à quelques refus suivis de mises en ordre plus ou moins musclées.
La participation des tunisiens sur le front français y est assez importante puisqu'au début de la guerre sont envoyés 9 bataillons (sur les douze existant dont trois restent au Maroc - deux du 4e RTT et un du 8e RTT) répartis dans 5 régiments de marche : le 4e RMT et le 8e RMT au sein de la 38e DI (chacun à deux bataillons), le 8e RMT de la 4e brigade du Maroc (futur 4e RMZT) à trois bataillons, le 1er RMZT de la DM (futur 7e RMT) avec un bataillon, le 2e RMT de la 45e DI (futur 1er RMT) avec un bataillon.
Au printemps 1915, ces 9 bataillons sont répartis dans seulement 4 régiments de marche : le 4e RMT à la DM avec 3 bataillons du 4e RTT, le 8e RMT à la 38e DI avec 3 bataillons du 8e RTT, le 4e RMZT (qui rejoint la 38e DI fin 1915) avec deux bataillons du 8e RTT et le 3e RMZT avec un bataillon du 4e RTT.
A l'été 1918, avec la création d'un nouveau bataillon au 8e RTT et la dissolution (ou le retour en AFN du 3/4e RTT lors de la dissolution du 3e RMZT), les 9 bataillons de tunisiens toujours présents sur le front français sont répartis en trois régiments de marche homogènes : le 4e RMT (il quittera la DM en août 18 et passera à la 2e DM nouvellement créée) à trois bataillons du 4e RTT, le 8e RMT (il quittera la 38e DI à la mi-septembre 18 pour rejoindre la 56e DI) à trois bataillons du 8e RTT et le 4e RMZT (toujours à la 38e DI) à trois bataillons du 8e RTT.
Ces trois régiments ont plutôt bien combattus puisque le 4e RMT et le 4e RMZT terminent la guerre avec la fourragère rouge (6 palmes) tandis que le 8e RMT termine avec la fourragère aux couleurs de la médaille militaire (5 palmes).  
Les pertes sont éloquentes puisque, pour le seul 4e RMT, le décompte du capitaine Mennerat (dans Tunisiens héroïques au service de la France) donne les chiffres suivants : 2059 tués, 10259 blessés et 3165 disparus. je n'ai pas encore terminé le même décompte pour les deux autres régiments mais ils semblent du même ordre de grandeur.
 
Comment expliquer l'ordre de Foch (décimation et transfert des restes dans une autre unité de style totalement différent) à l'égard de cette compagnie alors que, comme je l'ai dit plus haut dans le fil, le 8e RMT était à ce moment là réduit à un petit bataillon mal instruit (beaucoup de jeunes) et mal encadré (beaucoup de pertes dans l'encadrement européen non compensées) ? Méconnaissance des unités indigènes ? Nécessité de faire un exemple mais a-t-il donné le même type d'ordre pour d'autres unités métropolitaines ?
Je n'ai pas les réponses à ces questions et s'il y en a, je serais heureux de les connaître.
 
Cordialement
Eric
 
Edité pour complément
Nota : avez-vous la liste nominative de ces fusillés du 8e RMT pour voir si ces noms apparaissent sur le JMO qui donnent des pertes nominativement dans cette période.


Message édité par Eric de Fleurian le 01-02-2010 à 15:14:37
n°74293
chanteloub​e
Posté le 01-02-2010 à 16:06:28  profilanswer
 

Bonjour Eric,
Je vous remercie de ces explications on ne peut plus exhaustives.
En ce qui concerne le 3 RMZ il peut s'agir d'une concomitance bien que je n'y crois pas beaucoup....
Pour "la décimation" je pense qu'il faut attendre que l'un de nous soit allé à Vincennes. Le général Bach me dit qu'on y trouvera le rapport du général BAZELAIRE sur l'exécution des ordres de Foch.
 
Vous  écrivez: Concernant l'engagement des tunisiens enfin, j'ai lu (mais je ne sais plus où mais quelques éléments dans ce lien http://www.persee.fr/web/revues/ho [...] ords=free) qu'effectivement les premières ponctions demandées pour compenser les premières pertes n'ont pas été bien acceptées en Tunisie et ont donné lieu à quelques refus suivis de mises en ordre plus ou moins musclées.
 
Je vais essayer d'en savoir plus.
Cordialement CC


Message édité par chanteloube le 02-02-2010 à 16:16:34
n°74306
chanteloub​e
Posté le 01-02-2010 à 19:00:04  profilanswer
 

bonsoir,
Qui peut m'aider à terminer le décryptage de ces documents?
Je suis à bout de ressources....et mes lunettes spéciales écritures pattes de mouches ne me servent de rien.
Merci d'avance
 CC
 
les ......sont à remplir.........
 
édité pour faire le ménage


Message édité par chanteloube le 01-02-2010 à 19:55:20
n°74309
Arnaud Car​obbi
Alc ixh xan
Posté le 01-02-2010 à 19:41:03  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Voici lesdites images en format plus lisible. Bonne lecture !
 
Bien cordialement,
Arnaud
 
http://img251.imageshack.us/img251/4642/shdgrgr26n3330010059cop.jpg
http://img690.imageshack.us/img690/4642/shdgrgr26n3330010059cop.jpg
http://img20.imageshack.us/img20/4642/shdgrgr26n3330010059cop.jpg
http://img685.imageshack.us/img685/4642/shdgrgr26n3330010059cop.jpg
 


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Le parcours du combattant de 14-18 Dernière mise à jour : 27/01/2012
Projet 2011-2012 Séance 8 - 06/12/2011
n°74310
chanteloub​e
Posté le 01-02-2010 à 19:54:15  profilanswer
 

merci Arnaud;
 
les références:
 
JMO 38 DIV   pages décembre  (59)  
 
les ......sont à remplir.........
 
Merci.
CC

n°74317
chanteloub​e
Posté le 01-02-2010 à 21:33:01  profilanswer
 

petit bonsoir,
Je reprends, un peu en arrière, pour P. MERCADAL . Non, le général  n'a pas évoqué cette affaire .
 
l'autographe de Foch existe dans le carton indiqué,  en sur-impression du compte-rendu du général d'URBAL. Il semble aussi qu'une sanction avait été demandée parce que le lieutenant-colonel commandant le régiment incriminé avait eu "un peu de retard" dans l'exécution des ordres. Ce qui confirme donc la date du 16/12/14 et l'heure.
le lieu reste à confirmer. Pour l'instant il est donné pour "Verbranden Molen"
 
Reste à avoir les photos de ces documents.
 
Cordialement CC


Message édité par chanteloube le 01-02-2010 à 21:37:29
n°74330
Mercadal P
Posté le 02-02-2010 à 08:37:58  profilanswer
 

Bonjour.
Merci pour toutes ces précisions.
Je lis dans le texte de M.de Fleurian:  
" il fallait sanctionner avec rigueur les fautes et écarts de tous ordres sous peine d'être incapables de commander au feu "
Si, effectivement les troupes maghrébines comprennent fort bien d'être soumises à un commandement somme toute féodal ( mieux les Marocains que les autres, même ceux qui sont de tribus prêtes à contester l'autorité du sultan et il y en a ) il ne suffit pas d'être sévère voire cruel pour être obéi au rif : il faut surtout payer de sa personne et partager les risques de la troupe.
Pour ces raisons que je crois que cette punition collective n'a pas été vraiment comprise mais vécue comme une double injustice: injustice parce que pour un tirailleur le général ( li j'noural ) c'est un personnage qu'il ne connaît pas, qui pour lui ne représente rien ( l'horizon du tirailleur c'est au plus loin le colonel commandant le régiment  et un général n'a même pas la parcelle d'autorité religieuse que peut avoir le sultan pour un Marocain par exemple ) et de ce fait n'a pas le droit de le punir, et injustice aussi parce que son capitaine ( si kobtan ou au moins les cadres de sa section ) qui devrait dans ce cas le protéger car il est censé connaître le pourquoi et le comment des évênement ne l'a pas fait ou n'y a pas réussi.
Une punition consistant en une sorte de rachat par la participation à une contre-attaque, par exemple, dont on sait qu'elle sera  difficile, coûteuse en vies humaines, aurait certainement été mieux comprise et tout aussi exemplaire tout en sauvegardant les formes admises par ces troupes.
Au revoir.
P.Mercadal


---------------
" No hay camino. Se hace camino al andar "  
A.Machado
n°74336
chanteloub​e
Posté le 02-02-2010 à 09:51:44  profilanswer
 

Bonjour P.Mercadal,
 
J'apprécie à sa juste valeur votre intervention qui me semble, pardonnez moi cette familiarité, frappée du coin de l'expérience. Elle redonne à "notre petite recherche" sa dimension humaine. Vous avez eu bien raison d'envisager le propos sous cet angle.
 
Je vais d'ailleurs, tout de suite, aller voir ce que l'on dit des attaques lacales dans le secteur, dans les JMO des unités impliquées.
 
Sauf erreur de ma part il y a aussi: le 162 RI et le 1Tirailleurs et des Zouaves  mais je me méfie des dénominations des régiments "exotiques" souvent faussement annoncés , y compris dans les documents officiels.
 
 
Cordialement CC

n°74345
Eric de Fl​eurian
Posté le 02-02-2010 à 14:17:13  profilanswer
 

Bonjour à tous
Bonjour Claude
 
Ci-joint la transcription du JMO de la 38e DI pour la journée du 14 décembre 1914 avec des commentaires (tirés des autres JMO), entre () et en italique.
 
Rappel de la situation générale : la 38e DI qui combattait au nord d'Ypres (secteur de la Maison du passeur) a basculé au sud d'Ypres dans le secteur de Verbranden-Molen où elle a relevé (dans la nuit du 11 au 12 décembre) la brigade Cros (2e brigade du Maroc) et la brigade Castaing (brigade coloniale). Tournée face au sud, sa gauche accrochée à la voie ferrée et en liaison avec la 42e DI, elle est installée : la 75e brigade à gauche et la 76e brigade à droite. Le 14, elle doit attaquer vers le sud (effort dans la zone de la 75e brigade).
 
14 décembre 1914
Ordre général de l'armée n° 182 à 186
Ordres de la division joints
Mission : attaquer sur tout le front
Effectifs : les mêmes
Réserves de division :

  • bataillon Bornéque du 1er Z à Kruisstraat
  • bataillon Wilhelm du 1er Z à Kruisstraat


7h00 préparation par l'artillerie jusqu'à 7h45
Secteur nord, ordre d'opérations joint
en 1ère ligne :

  • au nord : 2 compagnies de tirailleurs (il s'agit des 7e et 10e Compagnies du 2/9e RTA appartenant au 1er RMT), 1 bataillon du 4e Zouaves (Lagarde) (il s'agit du 11/4e RZ du 4e RMZ)
  • au sud : 1 bataillon du 1er Zouaves (Richaud)

en 2e ligne : 2 compagnies du 8e Tirailleurs (appartenant au 4/8e RTT, le seul bataillon restant à ce régiment qui est commandé par le commandant Caron)
Bataillon d'assaut : commandant Anis (il commande le 3/9e RTA appartenant au 1er RMT)

  • 2 compagnies du 1er Tirailleurs (Anis) (il s'agit des 9e et 12e compagnies du 3/9e RTA)  
  • 1 compagnie du 1er Tirailleurs (Bidaut) (il s'agit de la 5e compagnie du 2/9e RTA appartenant au 1er RMT et sous les ordres du commandant Bidaut)
  • 1 compagnie du 8e Tirailleurs (il s'agit de la 15e compagnie, 4e bataillon)
  • 1 section de volontaires de zouaves (d'un effectif de 20 hommes, elle est fournie par le 1er RMZ)
  • 1 section de mitrailleuses (Lagarde) (11e bataillon du 4e RMZ)
  • 2 sections du génie (le JMO du 9e RMT -ex 1er RMT - parle d'une seule section coupée en 2 demi-sections)

Réserve : commandant Bidaut

  • 2 compagnies Bidaut (il s'agit des 6e et 8e compagnies du 2/9e RTA)
  • 1 compagnie Caron (donc du 8e Tirailleurs)  


8h00 : 1 compagnie du 1er Tirailleurs (Bidaut) (en fait la 5e compagnie) s'élance à l'assaut et prend la première tranchée allemande. Elle est appuyée par la section de zouaves volontaires (Lasserre) (en fait le capitaine Lasserre commande la 5e compagnie et non la section de volontaires).
Malheureusement, l'impossibilité de soutenir cette attaque en raison du feu ennemi amène l'anéantissement pour les hommes de cette compagnie. 25 hommes reviendront.
Boyaux trop lents et trop tardifs malgré tous les efforts et les ordres donnés. (constat sous la forme d'une phrase énigmatique)
 
10h00 : le bataillon Richaud n'a pas encore déclanché sa compagnie d'attaque. Mitrailleuses ennemies.
 
8h30 : 1 compagnie du bataillon Caron (colonne d'attaque) a refusé de sortir de ses tranchées. Vigoureuses contre-attaques allemandes sur la 42e DI voisine.
La 75e brigade n'a pas encore attaquée, mais est soumise à un bombardement assez sérieux.
 
12h00 : 1 compagnie du bataillon Bornéque (qui a été envoyé de Kruisstraat à Blauwe-Poort, moins 1 compagnie laissée à Lankhof) est envoyée en réserve de sous-secteur sud.
 
13h00 : elle renforce en 1ère ligne le bataillon Richaud.
 
13h30 - 16h00 : violentes attaques sur le bataillon Richaud qui sont repoussées toutes deux.
Le bataillon Richaud, d'accord avec le bataillon Anis, cherche à progresser à la sape.
 
21h00 à 23h00 : vive canonnade et fusillade allemande sur tout le front du secteur, mais pas de nouvelle attaque.
 
Secteur sud : ordre d'opération joint
En 1ère ligne :

  • Nord : bataillon Pruneau 4e Zouaves (il s'agit du 3/4e RZ appartenant au 4e RMZ)
  • Sud : bataillon Fouchard 4e Zouaves (il s'agit du 5/4e RZ appartenant au 4e RMZ)

En 2e ligne

  • Nord : bataillon Bonnery 4e Zouaves (il s'agit du 4/4e RZ appartenant au 4e RMZ)
  • Sud : bataillon Jèze 1er Tirailleurs (il s'agit du 1/1er RTA appartenant au 1er RMT)

En réserve de secteur : 1 compagnie du 1er Tirailleurs.
 
7h45 : l'attaque du sud (1 compagnie du 1er Tirailleurs) s'empare de la 1ère tranchée ennemie, malgré de fortes pertes (60 à 80 m du front). Elle est soutenue par une deuxième compagnie de tirailleurs, puis par une troisième (la 1ère étant ramenée en arrière pour se reconstituer). Une quatrième compagnie est poussée en réserve derrière le bataillon Fouchard. 180 m de front occupés. (il s'agit de l'attaque du bataillon Jèze détaché à la 76e brigade).
 
11h00 : le bataillon Bornèque est envoyé de Kruisstraat au colonel commandant la 76e brigade, puis une seule compagnie lui est laissée, les trois autres compagnies remontant vers Blauwe-Poort.
 
7h45 : l'attaque du nord (1 compagnie Pruneau) réussit à gagner les tranchées allemandes sur 150 m. Elle s'y installe et est relevée ultérieurement par deux compagnies Bonnery.
 
14h00 : deux contre-attaques sur ces deux compagnies sont repoussées.
 
19h00 à 21h00 : fusillade sur le front. Aucune nouvelle contre-attaque ne se produit. Troupes empilées dans les tranchées.
 
14h00 : 1 compagnie du bataillon Wilhelm a été envoyée à Lankhof pour renforcer la réserve de secteur, réduite à 1 compagnie Bronèque et une compagnie du 1er Tirailleurs éprouvée.
 
Stationnement : sur place pour les unités engagées, sauf relève à intervenir. Le 4e bataillon d'infanterie légère d'Afrique (en fait il s'agit du 3e BILA) est mis à disposition de la division.
Le bataillon Wilhelm va en réserve de CA à Vlamertinge. Dans la nuit, les unités sont réparties ainsi que suit : (artillerie en position aux Trois Rois, route de Dickebusch, route de Kruisstraat, sortie d'Ypres).
Secteur nord :  

  • 1ère ligne : 2 compagnies Anis (1er Tirailleurs), 3 compagnies Lagarde (4e Zouaves), 1 compagnie Richaud (1er Zouaves), 1 compagnie Bronèque (1er Zouaves)
  • 2e ligne : 1 bataillon Caron (8e Tirailleurs) 3 compagnies, 2 compagnies Anis (1er Tirailleurs), 3 compagnies bataillon Bidaut (1er Tirailleurs).
  • Réserve : 3 compagnies bataillon Bronèque.

Secteur sud

  • 1ère ligne : 2 compagnies Bonnery (4e Zouaves), 2 compagnies 1er Tirailleurs (ces 4 compagnies aux tranchées occupées le matin), 2 compagnies Bonnery (4e Zouaves), 2 compagnies Pruneau (4e Zouaves), 1 bataillon Fouchard (4e Zouaves).
  • 2e ligne : 2 compagnies Pruneau (4e Zouaves), 1 compagnie 1er Tirailleurs.
  • Réserve : 2 compagnies 3e BILA

Réserve de division : 2 compagnies 3e BILA
Réserve de CA : bataillon Wilhelm 1er Zouaves.
 
Ordre de reprendre les attaques le lendemain. En conséquence, préparation des colonnes d'assaut et des fonction comprises (doute sérieux sur ce dernier élément de rédaction)
1 section de mitrailleuses du 5e chasseurs d'Afrique a été envoyée à la 75e brigade. Elle est placée entre les deux sous-secteurs de celui nord, à la corne du bois.
 
La transcription du 15 décembre à suivre
Cordialement
Eric
 
 

n°74346
chanteloub​e
Posté le 02-02-2010 à 15:05:13  profilanswer
 

bonjour,
 
Merci Eric...c'est un travail remarquable.
Attendons les photographies des documents.  
Ce sera mieux que leur transcription toujours sujette à discussion.  
Cordialement
 CC
 
pardon d'exagérer mais où peut-on trouver le JMO du 1er Z ??


Message édité par chanteloube le 02-02-2010 à 15:12:57
n°74348
Eric de Fl​eurian
Posté le 02-02-2010 à 15:41:41  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Transcription du JMO pour la journée du 15 décembre 1914 et début de la journée du 16.
 
15 décembre
 
Ordre général N° 187 - ordres particuliers
Ordre de la division
Effectifs : 11 bataillons
Mission : la même. Même préparation d'artillerie.
Nuit calme
 
Secteur Nord : l'attaque doit être prononcée à gauche par 1 compagnie Anis (1er Tirailleurs), à droite par 1 compagnie Richaud (4e Zouaves) (en fait 1er Zouaves), en liaison avec la 42e DI et la 76e brigade.
7h45 : les attaques n'étant pas soutenues, ne progressent pas. Toute la journée, bombardement assez violent sur Verbranden-Molen avec pertes, et sur le front du bataillon Richaud (1 mitrailleuse démolie). Vive fusillade sur le front.
Soirée calme.
 
Secteur sud
7h45 : 1 1/2 compagnie du 4e BILA (en fait 3e BILA) prononce l'attaque au nord du canal. Elle est repoussée avec de grosses pertes, et une contre-attaque ennemie enlève celles des tranchées que nous avions conquises la veille avec disparition d'1 compagnie 1/2. Attaque repoussée par la 1ère ligne.
8h00 : 2 compagnies d'infanterie légère d'Afrique renfort à Kruisstraat sont envoyées au colonel commandant la 76e brigade.
8h00 : l'attaque au sud du canal ne peut déboucher en raison d'une mitrailleuse ennemie.  
Fusillade toute la journée.
Soirée et nuit calme.
 
Relèves
Secteur nord : relève du bataillon Lagarde par le bataillon Bronèque dans le sous-secteur nord.
Secteur sud : relève du 1er Tirailleurs (bataillon Jèze) au sud du canal par 2 compagnies du bataillon d'Afrique.
 
Cantonnements : les mêmes
 
Ordre du général commandant l'armée de décimer la compagnie du 8e Tirailleurs qui a refusé d'attaquer, les autres tirailleurs seront versés au bataillon Lagarde (4e Zouaves).
 
16 décembre
Ordre général du CA n° 188
Ordre de la division
Effectifs : 11 bataillons
Mission : la même, attaque sur le front, à gauche par la 75e brigade, en liaison avec la 42e DI qui attaque la cote 60 ; à droite par la 76e brigade, en liaison avec la 75e brigade.
 
Secteur nord. L'attaque du bataillon Richaud a essayé de déboucher vers 14h00. Elle a été arrêtée par une feu violent de mitrailleuses.
Devant le bataillon Bornèque, organisation allemande de la cote 59 se poursuit.
Contre le chemin de fer, l'attaque de la 42e DI s'arrête au fortin allemand de la cote 60, mais nous ne pouvons l'appuyer que par le feu. Les compagnies du 1er Tirailleurs...
 
Fin de la transcription
 
Rappel de la composition de la 38e DI : général de Bazelaire
75e brigade : colonel Vuillemin

  • 1er régiment de marche de zouaves : lieutenant-colonel de Bigault de Granrut ; 4e, 5e et 11e bataillons du 1er RZ
  • 1er régiment de marche de tirailleurs : colonel d'Anselme ; 1er bataillon du 1er RTA, 2e et 3e bataillons du 9e RTA. Ce régiment est parti à la guere avec le drapeau du 1er RTA qu'il a perdu à Charleroi ; il devient le 14 décembre 1914 le 3e régiment de marche de tirailleurs, puis le 29 mars 1915, le 9e régiment de marche de tirailleurs. (le régiment qui fera pratiquement toute la guerre sous l'appellation de 1er régiment de marche de tirailleurs est à ce moment là dénommé 2e régiment de marche de tirailleurs et il appartient à la 45e DI - il y a aussi un 2e régiment de marche de tirailleurs à la 37e DI ; normal, ces deux derniers régiments ayant été mis sur pied par le 2e RTA).

76e brigade : colonel Capdepont

  • 4e régiment de marche de zouaves : lieutenant-colonel Eychène ; 3e, 4e, 5e et 11e bataillons du 4e RZ
  • 8e régiment de marche de tirailleurs : lieutenant-colonel Vallet ; 4e et 5e bataillons du 8e RTT (le 5e bataillon n'existe plus depuis le 10 novembre 1914, date à laquelle il a été anéanti et il ne sera recréé qu'en février 1915).


Cordialement
Eric

n°74349
Eric de Fl​eurian
Posté le 02-02-2010 à 15:46:21  profilanswer
 

Bonjour Claude
 
Le JMO du 1er RMZ existe, mais il ne débute sur MDH que le 8 avril 1917 : http://www.memoiredeshommes.sga.de [...] iewer.html
Et je ne suis pas certain qu'il existe avant.
 
Cordialement
Eric
 
Edité pour ajout
Je confirme, il n'y a pas de JMO disponibles pour le 1er RMZ avant le fascicule débutant le 8 avril 1917.


Message édité par Eric de Fleurian le 02-02-2010 à 15:51:23
n°74350
chanteloub​e
Posté le 02-02-2010 à 16:13:55  profilanswer
 

merci Eric.  
Votre transcription va permettre à chacun de mieux comprendre le problème.
CC

n°74396
chanteloub​e
Posté le 03-02-2010 à 10:57:45  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Il semble qu'il soit un peu plus compliqué que je ne le pensais d'ouvrir ce carton  16 N 194 , nous nous contenterons donc de ce que nous avons!
 
Le général Foch a bien donné l'ordre de décimer une unité ayant refusé de sortir.
 
Proposé par M. Eric de Fleurian un rappel de la situation générale :  
 
la 38e DI qui combattait au nord d'Ypres (secteur de la Maison du passeur) a basculé au sud d'Ypres dans le secteur de Verbranden-Molen où elle a relevé (dans la nuit du 11 au 12 décembre) la brigade Cros (2e brigade du Maroc) et la brigade Castaing (brigade coloniale). Tournée face au sud, sa gauche accrochée à la voie ferrée et en liaison avec la 42e DI, elle est installée : la 75e brigade à gauche et la 76e brigade à droite. Le 14, elle doit attaquer vers le sud (effort dans la zone de la 75e brigade).
 
I Ce que nous savons:  
 
Unité:8°RMTT
Attaque:  le 15/12/14.
Lieu: Verbranden-Molen  
Exécutions:  le 16/12/14
Exécutions attestées: 4  
Exécution probable: 1
Lieux d'exécution mentionnés: Ypres, région de Ypres.
Le JMO de l'unité ne mentionne pas le fait.....

 
[#3800c6]II Sources:
Transcription du JMO du 38°DI pour la journée du 15 décembre 1914 et début de la journée du 16.  
 
15 décembre  
 
Ordre général N° 187 - ordres particuliers  
Ordre de la division  
Effectifs : 11 bataillons  
Mission : la même. Même préparation d'artillerie.  
Nuit calme  
 
Secteur Nord : l'attaque doit être prononcée à gauche par 1 compagnie Anis (1er Tirailleurs), à droite par 1 compagnie Richaud (4e Zouaves) (en fait 1er Zouaves), en liaison avec la 42e DI et la 76e brigade.  
7h45 : les attaques n'étant pas soutenues, ne progressent pas. Toute la journée, bombardement assez violent sur Verbranden-Molen avec pertes, et sur le front du bataillon Richaud (1 mitrailleuse démolie). Vive fusillade sur le front.  
Soirée calme.  
 
Secteur sud  
7h45 : 1 1/2 compagnie du 4e BILA (en fait 3e BILA) prononce l'attaque au nord du canal. Elle est repoussée avec de grosses pertes, et une contre-attaque ennemie enlève celles des tranchées que nous avions conquises la veille avec disparition d'1 compagnie 1/2. Attaque repoussée par la 1ère ligne.  
8h00 : 2 compagnies d'infanterie légère d'Afrique renfort à Kruisstraat sont envoyées au colonel commandant la 76e brigade.  
8h00 : l'attaque au sud du canal ne peut déboucher en raison d'une mitrailleuse ennemie.  
Fusillade toute la journée.  
Soirée et nuit calme.  
 
Relèves  
Secteur nord : relève du bataillon Lagarde par le bataillon Bronèque dans le sous-secteur nord.  
Secteur sud : relève du 1er Tirailleurs (bataillon Jèze) au sud du canal par 2 compagnies du bataillon d'Afrique.  
 
Cantonnements : les mêmes  
 
Ordre du général commandant l'armée de décimer la compagnie du 8e Tirailleurs qui a refusé d'attaquer, les autres tirailleurs seront versés au bataillon Lagarde (4e Zouaves).[/#8d0071]

 
Transcription due à  M. de Feurian.
 
III Un document carte venant du 161 RI:
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/75/SHDGRGR26N8440010054T.jpg
 
Le général Bach confirme que le carton 16 N 194 " contient " un ensemble de documents confirmant cet épisode et en particulier l'ordre de décimation de la main de Foch.
 
 Il semble important de savoir que l'unité mise en cause avait été rudement réprimée pour avoir contesté son embarquement mais on n'a pas plus d'informations.
 
Les tirailleurs tunisiens, dont quatre bataillons ont été engagés en décembre 1914 sur le front de l’Yser, au sein de la 38e division d’infanterie, en ont, eux aussi, été l’objet.  
Ils avaient manifesté leur refus d’embarquer à Bizerte, estimant qu’ils ne pouvaient pas être contraints à aller combattre en Europe, et leur mouvement avait été réprimé.

 "Gilbert Meynier: Pour l'exemple. Un sur dix! Les décimations en 1914."  
Politique aujourd'hui Janvier-Février 1976, P. 55-70."
 
Au départ de la discussion  une question de Carnot:
Dans le livre de Jean-Yves le Naour sur les fusillés, on peut lire cette incroyable histoire ( P. 128-129)  
 
" Parce qu'elle ne s'est pas ébruitée, l'histoire des tirailleurs tunisiens décimés sur le front de l'Yser en décembre 1914 n'est jamais venue en justice,par exemple. Complètement épuisé, le 8° tirailleurs avait refusé de sortir des tranchées, comme plus tard le 336° régiment d'infanterie à Souain. Il s'en était suivi la colère du général Foch, commandant le groupe des armées du nord, qui réclama la décimation d'une compagnie pour servir d'exemple. Le 15 décembre 1914, on désigna donc un homme sur dix au hasard, sans décision de justice, puis on les promena ces infortunés devant leurs camarades avec une pancarte où était inscrit le mot " lâche" en français et en arabe avant de les passer par les armes. Restée inconnue, cette affaire n'a jamais pu être défendue."
 
proposé par P MERCADAL un éclairage humain de l'affaire:Si, effectivement les troupes maghrébines comprennent fort bien d'être soumises à un commandement somme toute féodal ( mieux les Marocains que les autres, même ceux qui sont de tribus prêtes à contester l'autorité du sultan et il y en a ) il ne suffit pas d'être sévère voire cruel pour être obéi au rif : il faut surtout payer de sa personne et partager les risques de la troupe.  
Pour ces raisons je crois que cette punition collective n'a pas été vraiment comprise mais vécue comme une double injustice: injustice parce que pour un tirailleur le général ( li j'noural ) c'est un personnage qu'il ne connaît pas, qui pour lui ne représente rien ( l'horizon du tirailleur c'est au plus loin le colonel commandant le régiment  et un général n'a même pas la parcelle d'autorité religieuse que peut avoir le sultan pour un Marocain par exemple ) et de ce fait n'a pas le droit de le punir, et injustice aussi parce que son capitaine ( si kobtan ou au moins les cadres de sa section ) qui devrait dans ce cas le protéger car il est censé connaître le pourquoi et le comment des évênement ne l'a pas fait ou n'y a pas réussi.  
Une punition consistant en une sorte de rachat par la participation à une contre-attaque, par exemple, dont on sait qu'elle sera  difficile, coûteuse en vies humaines, aurait certainement été mieux comprise et tout aussi exemplaire tout en sauvegardant les formes admises par ces troupes.

 
Merci à tous.
CC


Message édité par chanteloube le 04-02-2010 à 00:22:24
n°75820
carnot
Posté le 10-03-2010 à 20:40:47  profilanswer
 

"Le 8e tirailleurs a-t-il supporté plus de fatigues que les autres régiments?
1) Si oui, qu'on le repose
2) Si non, qu'on prenne IMMEDIATEMENT DES SANCTIONS: les meneurs ou 10 hommes tirés au sort sur la compagnie qui a refusé de selever, et qu'on les passe par les armes
3) Qu'on me rende compte sans aucun retard de ce qui a été fait.
FOCH"
 
voilà sur le rapport d'humbert, l'écriture rageuse de Foch
 
J'ai l'honneur de vous rendre compte que l'ordre de Monsieur le Général D'Urbal commandant de la 8eme Armée a été exécuté aujourd'hui 17 décembre à 16heures 30.
Les dix tirailleurs désignés par le sort ont été fusillés après les formalités prescrites dans ledit ordre.
Un ordre en arabe a été lu aux tirailleurs pour leur expliquer les motifs de la décision du général.
Aucun incident
Le lieutenant-colonel Vallet commandant le 8e Bataillon à monsieur le général commandant la 38e division
 
L'exécution a, parait-il fortement imprssionné les tirailleurs et on pense qu'elle aura un effet salutaire
c'est une compagnie de zouaves qui en a été chargée
17 décembre 1914 Humbert commandant le 32e CA
 
vu et transmis D'URBAL
 
vu et transmis FOCH
 
voilà des extraits édifiants de ce fameux carton 16N194 du SHD qui montre que les généraux Foch, d'urbal, humbert et leurs sbires portent la responsabilité de la décimation d'une cie du 8e tirailleurs: 10 innnocents fusillés pris au hasard! Un crime inexcusable!
 
bonne soirée à tous
Bruno

n°75822
chanteloub​e
Posté le 10-03-2010 à 20:49:00  profilanswer
 

Bonsoir
Bruno me pardonnera cette re-écriture, de son document qui termine la discussion.
 
carton 16N194 du SHD
 
Le 8e tirailleurs a-t-il supporté plus de fatigues que les autres régiments?
1) Si oui, qu'on le repose
2) Si non, qu'on prenne IMMEDIATEMENT DES SANCTIONS: les meneurs ou 10 hommes tirés au sort sur la compagnie qui a refusé de selever, et qu'on les passe par les armes
3) Qu'on me rende compte sans aucun retard de ce qui a été fait.
FOCH"

 
Sur le rapport de Humbert, de la main de Foch
 
J'ai l'honneur de vous rendre compte que l'ordre de Monsieur le Général D'Urbal commandant de la 8eme Armée a été exécuté aujourd'hui 17 décembre à 16heures 30.
Les dix tirailleurs désignés par le sort ont été fusillés après les formalités prescrites dans ledit ordre.
Un ordre en arabe a été lu aux tirailleurs pour leur expliquer les motifs de la décision du général.
Aucun incident

 
Le lieutenant-colonel Vallet commandant le 8e Bataillon à monsieur le général commandant la 38e division
 
 
L'exécution a, parait-il fortement impressionné les tirailleurs et on pense qu'elle aura un effet salutaire
c'est une compagnie de zouaves qui en a été chargée

 
17 décembre 1914 Humbert commandant le 32e CA
 
vu et transmis: D'URBAL
 
vu et transmis: FOCH


Message édité par chanteloube le 10-03-2010 à 20:55:23
n°75823
valier
Posté le 10-03-2010 à 21:02:56  profilanswer
 

carnot a écrit :

10 innnocents fusillés pris au hasard! Un crime inexcusable!


 
Diable, Fouquier-Tinville ne se serait pas exprimé autrement.
 
Que pouvons-nous savoir de l'état d'esprit d'un décisionnaire en décembre 1914, aujourd'hui en mars 2010, au chaud derrière notre ordinateur ?
 
La seule nuance que l'on pourrait avancer serait de remettre un peu les choses dans leur contexte : Une guerre, en train de mal partir et qui a pu être, in-fine, gagnée par de telles décisions humainement très difficile. C'est peut-être là tout le choix entre la résistance et la capitulation.
 
Jacques
 


---------------
Un Homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom.
n°75829
chanteloub​e
Posté le 10-03-2010 à 22:38:34  profilanswer
 

Bonsoir Jacques,
Il se peut que vous ayez raison...
Dans ce cas, glissez-vous un moment dans la peau du colonel commandant ce régiment qui justement n'était pas le "décisionnaire", et donnez-nous un exemple de la lettre que vous écririez à la famille de l'un des exécutés. En vous souvenant, évidemment, qu'ils avaient été choisis au hasard.
CC

n°75920
chanteloub​e
Posté le 12-03-2010 à 20:10:02  profilanswer
 

Bonsoir,
La dernière pièce est arrivée.  
 
De la main de FOCH
Merci Carnot.
 
Cordialement CC
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/75/IMG2689.jpg

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