Bonjour à tous,
L'abbé Evrard, curé de Pettoncourt, dernier village de la Lorraine annexée, dans son ouvrage "Couarrails à Morhange" souligne que le premier contact entre les Français et la population est emprunt de malaise, que les soldats avaient escompté un accueil plus enthousiaste.
L'auteur observe qu'en ce début de guerre, la plupart des villages, en bordure sur la frontière, occupés par les troupes françaises de couverture, subissent le harcellement des patrouilles allemandes venues en reconnaissance. Les engagements entre Français et Allemands deviennent vifs et des soldats sont tués de part et d'autre.
De nombreuses fermes, le long de la Seille, transformées en observatoire où y venaient tour à tour Français et Allemands sont détruites. La situation des fermiers est devenue telle qu'ils se trouvent entre l'enclume et le marteau, ne sachant plus quelle attitude adopter face aux uns et aux autres, encourant la vengeance, le pillage, l'incendie ou la déportation. Les militaires les considèrent comme des nids à espions et de repaires de prussiens.
L'incendie de la ferme de Merlinsol sur le ban de Chambrey est rapporté dans le journal du lieutenant Morin (5e escadron du 5e Hussards) - Journée du 13 août 1914 - C'est l'exemple même d'une reconnaissance où les Français finissent par déloger l'ennemi de la ferme et trouvent le corps du soldat Tassery (153e R.I.) tué dans des conditions ignobles au cours d'une patrouille. S'ensuit une visite des bâtiments, puis ordre est donné d'incendier le corps de logis, les hangars, les étables avec tout le bétail en présence du propriétaire, M. Thiriet et de sa famille.
Le Lt Morin les escorte jusqu'à Pettoncourt puis sont emmenés comme otages et déportés dans le sud de la France.
Ce fait a été également rapporté par un habitant de Chambrey dont la population a été choquée.
Cordialement.
J.Didier