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  A la frontière Lorraine - Août 1914

 

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A la frontière Lorraine - Août 1914

n°35441
jacques di​dier
Posté le 31-03-2007 à 18:49:43  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
   L'abbé Evrard, curé de Pettoncourt, dernier village de la Lorraine annexée, dans son ouvrage "Couarrails à Morhange" souligne que le premier contact entre les Français et la population est emprunt de malaise, que les soldats avaient escompté un accueil plus enthousiaste.
  L'auteur observe qu'en ce début de guerre, la plupart des villages, en bordure sur la frontière, occupés par les troupes françaises de couverture, subissent le harcellement des patrouilles allemandes venues en reconnaissance. Les engagements entre Français et Allemands deviennent vifs et des soldats sont tués de part et d'autre.
   De nombreuses fermes, le long de la Seille, transformées en observatoire où y venaient tour à tour Français et Allemands sont détruites. La situation des fermiers est devenue telle qu'ils se trouvent entre l'enclume et le marteau, ne sachant plus quelle attitude adopter face aux uns et aux autres, encourant la vengeance, le pillage, l'incendie ou la déportation. Les militaires les considèrent comme des nids à espions et de repaires de prussiens.
L'incendie de la ferme de Merlinsol sur le ban de Chambrey est rapporté dans le journal du lieutenant Morin (5e escadron du 5e Hussards) - Journée du 13 août 1914 - C'est l'exemple même d'une reconnaissance où les Français finissent par déloger l'ennemi de la ferme et trouvent le corps du soldat Tassery (153e R.I.) tué dans des conditions ignobles au cours d'une patrouille. S'ensuit une visite des bâtiments, puis ordre est donné d'incendier le corps de logis, les hangars, les étables avec tout le bétail  en présence du propriétaire, M. Thiriet et de sa famille.
Le Lt Morin les escorte jusqu'à Pettoncourt puis sont emmenés comme otages et déportés dans le sud de la France.
Ce fait a été également rapporté par un habitant de Chambrey dont la population a été choquée.
 
Cordialement.
J.Didier
 

n°35444
claubobi
Posté le 31-03-2007 à 19:20:44  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Jacques,
Je confirme ce fait. Car je m'intéresse tout particulièrement au 153 auquel appartenait mon GP. J'ai en ma possession un document confirmant ce fait. Ce sont les souvenirs de 14/18 d'un tirailleur marnais du 153. A la page 8 de son document, voici ce qui est écrit : Bientôt le canon de fait entendre plus près que d'habitude dans la direction de Lunéville et fait rage jusque vers onze heures.A notre droite, un moment, on distingue très bien à plusieurs kms de nous, des lignes d'infanterie qui gravissent la côte; plus loin, une fusillade assez vive.
Quelques instants après, une épaisse fumée s'élève: c'est une ferme incendiée par représailles. Ses occupants civils avaient reçus à coups de fusils une patrouille française qui s'en approchait. Un des soldats était tombé blessé.
Il refusa d'être transporté à bras par ses camarades car sa blesure le faisait trop souffrir, ceux-ci partirent rendre compte de leur mission.
Les brancardiers envoyés pour ramener le blessé le retrouvèrent la tête fendue, achevé d'un coup de sabre.
Bientôt toute la ferme s'effondrait dans les flammes....
Seul différence avec vous, ce fait est relaté en date du 11août.
Merci quand même d'avoir évoqué le 153, car rares sont  les récits ou commentaires sur ce régiment  
Bonne soirée à tous et bon daimanche. Claude


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CBLG => http://153ri.free.fr
n°35445
Profil sup​primé
Posté le 31-03-2007 à 19:21:34  answer
 

Salut Jacques,
 
ce triste sort fut le lot des frontaliers de l'infâme frontière. Il est à commun à celui des fermes, maisons forestières, marcaireries, hôtels, scieries, douanes et autres micro-hameaux de la ligne bleue des Vosges dont la destruction et souvent, soit au mieux l'arrestation et la concentration, au pire l'assassinat de leurs habitants, ont largement alimenté la littérature martyrologe contemporaine.  
Sur ce point, relire opportunément entre autres  
FOMBARON Jean-Claude - HORTER Jacques - GUERRE Robert 1914-1918. Sainte-Marie-aux-Mines, ville du front. Jérôme do Bentzinger (Colmar) 1998 303 pages
et  
FOMBARON Jean-Claude - HORTER Jacques 1914-1918. La Grande Guerre dans le Val de Lièpvre. Jérôme do Bentzinger (Colmar) 2005 334 pages.
Bonne soirée à tous
Yann Prouillet

n°35465
Eric Mansu​y
Posté le 01-04-2007 à 10:15:10  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Bonjour Jacques,
 
Le récit auquel vous faites référence est-il bien celui qui a été publié dans Vivat Hussar en 1991 ? Simple curiosité, car le lieutenant Morin était le grand-père de l'un de mes collègues de travail, qui possède son carnet. Il serait agréablement surpris de voir son nom évoqué ici !
 
Bien sincèrement,
Eric


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"Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout." Capitaine Paul Rimbault.
n°50466
etico48
ne pas subir
Posté le 27-03-2008 à 22:30:02  profilanswer
 

salut jem'appele stephane je recherche depuis peut des info sur le 15-3 car c'etait le regiment de mon arriere grand père donc je vien de retrouvè les papiersil est mort à crévic en mrt et moll à quatre km de son lieu de naissance alors qu'il  avait été recruté dans la seine...quel hasard, non ? j'aimerais avoir des renseignement sur ce regiment si s'est possible  merci.

claubobi a écrit :

Bonjour à tous, bonjour Jacques,
Je confirme ce fait. Car je m'intéresse tout particulièrement au 153 auquel appartenait mon GP. J'ai en ma possession un document confirmant ce fait. Ce sont les souvenirs de 14/18 d'un tirailleur marnais du 153. A la page 8 de son document, voici ce qui est écrit : Bientôt le canon de fait entendre plus près que d'habitude dans la direction de Lunéville et fait rage jusque vers onze heures.A notre droite, un moment, on distingue très bien à plusieurs kms de nous, des lignes d'infanterie qui gravissent la côte; plus loin, une fusillade assez vive.
Quelques instants après, une épaisse fumée s'élève: c'est une ferme incendiée par représailles. Ses occupants civils avaient reçus à coups de fusils une patrouille française qui s'en approchait. Un des soldats était tombé blessé.
Il refusa d'être transporté à bras par ses camarades car sa blesure le faisait trop souffrir, ceux-ci partirent rendre compte de leur mission.
Les brancardiers envoyés pour ramener le blessé le retrouvèrent la tête fendue, achevé d'un coup de sabre.
Bientôt toute la ferme s'effondrait dans les flammes....
Seul différence avec vous, ce fait est relaté en date du 11août.
Merci quand même d'avoir évoqué le 153, car rares sont  les récits ou commentaires sur ce régiment  
Bonne soirée à tous et bon daimanche. Claude


n°51138
eric74
Posté le 17-04-2008 à 21:06:01  profilanswer
 

claubobi a écrit :

Bonjour à tous, bonjour Jacques,
Je confirme ce fait. Car je m'intéresse tout particulièrement au 153 auquel appartenait mon GP. J'ai en ma possession un document confirmant ce fait. Ce sont les souvenirs de 14/18 d'un tirailleur marnais du 153. A la page 8 de son document, voici ce qui est écrit : Bientôt le canon de fait entendre plus près que d'habitude dans la direction de Lunéville et fait rage jusque vers onze heures.A notre droite, un moment, on distingue très bien à plusieurs kms de nous, des lignes d'infanterie qui gravissent la côte; plus loin, une fusillade assez vive.
Quelques instants après, une épaisse fumée s'élève: c'est une ferme incendiée par représailles. Ses occupants civils avaient reçus à coups de fusils une patrouille française qui s'en approchait. Un des soldats était tombé blessé.
Il refusa d'être transporté à bras par ses camarades car sa blesure le faisait trop souffrir, ceux-ci partirent rendre compte de leur mission.
Les brancardiers envoyés pour ramener le blessé le retrouvèrent la tête fendue, achevé d'un coup de sabre.
Bientôt toute la ferme s'effondrait dans les flammes....
Seul différence avec vous, ce fait est relaté en date du 11août.
Merci quand même d'avoir évoqué le 153, car rares sont  les récits ou commentaires sur ce régiment  
Bonne soirée à tous et bon dimanche. Claude


 
 
Bonjour,
 
Je peux apporter quelques détails sur ce fait tragique qui c'est déroulé le 12 août 1914. Il s'agit d'un ordre signé du 12 août du général Wirbel commandant la 77ème brigade (153RI et 146RI) dont faisait partie la victime. Ce document provient des archives de la 77ème brigade conservé à Vincennes:
Général commandant 77ème Brigade à Colonel 146ème et Colonel 153ème
 
Ce matin 12 août, un soldat de la 12ème compagnie du 153ème, grièvement blessé à la ferme de Merlinsol a du être laissé sur place par la patrouille de 4 hommes dont il faisait partie et dont la caporal était également blessé.
On l'a retrouvé achevé d'un coup de lance par les Uhlans et la figure écrasée à coup de botte au mépris de toutes les lois de la guerre et de toute humanité.
Je porte ce fait à la connaissance des troupes de la 77ème brigade afin qu'elles sachent les procédés allemands.
Lorsqu'elles verront leurs adversaires agiter des drapeaux blancs ou mettre la crosse en l'air, qu'elles se méfient; on n'est jamais sur avec ces gens là qu'ils ne préparent pas quelques lacheté. Un homme averti en vaut deux
Cet ordre sera lu à toutes les compagnies.
Moncel - 12 août 12H30
signné Wirbel

 
Le capitaine Lenclos  commandant la 11ème compagnie du 153RI envoyé en reconnaisance dans le secteur de la ferme Merlinsol écrit dans son rapport daté du12 août à 18H:
Pettoncourt 12 août 1914 18H
Quelques Ulhans et fantassins se sont montré sur la lisière de la forêt dans le demi-cercle entourant Gremecy. Un patrouiller allemand a été tué. C'est un fantassin du 18ème régiment de Landau. J'ai fait porté ses effets, sac, cartouches et baïllonette. On a pas trouvé son fusil.
Une forte patrouille (st Toussaint) a été voir la ferme incendiée. Il n'y a rien.
Je vous envoie la famille faite prisonnière à la ferme Merlinsol. Le colonel a dit de les arrêter. Je me barricade dans Pettoncourt cette nuit.
signé Lenclos

 
Le soldat allemand tué appartenait à la 7ème compagnie du 18ème régiment d'infanterie bavaroise du IIème Corps d'Armée Bavarois
 
Eric


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