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gizmo02 Forum Pages d'Histoire : demonts, 1 utilisateur anonyme et 46 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

Liste de fusillés par régiments

n°39237
f.vaudour
En avant et avec le sourire !!
Posté le 12-07-2007 à 10:08:27  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Cette liste est tirée de l'ouvrage ci-aprés, pour ceux qui veulent, je peux scanner les pages concernant un régiment. Les circonstances y sont en general trés détaillées.
 
Les Damnés de la terre
(les crimes de la guerre et de la justice militaire 1914-1918)
Edité par l’Union Pacifiste de France
Avril 1978
 
- 336e RI à Souain
Caporaux Maupas, Girard, Lefoulon, Lechat
Fusillé le 17/03/1915 réhabilité en 1933/34
 
- 63e RI à Flirez
Caporal Morange
Soldats Baudy, Fontamoud, Prévost
Fusillé le 24/04/1915
 
- 60e RI à Crouy
Soldat Bersot
Fusillé en janvier 1915
 
- 347e RI à Verdun
Lieutenant Herduin
Sous-Lieutenant Millant
Fusillés le 11/06/1916
 
- 298e RI à Vingré
Caporal Paul Floch
Soldats Pierre Gay, Claude Pettelet, Jean Quivault, Jean Blanchard, Jean Marie Durandet
Fusillés le 04/12/1914, réhabilités le 21/01/1921
 
- 247e RI à Souain
Soldat François Laurent
Fusillé en octobre 1914
 
- 98e RI au Bois des Loges
Fusillé sur son brancard le 11/10/1914
 
- 106e RI
Soldat Loiseau
Fusillé le 12/10/1914 réhabilité le 17/03/1922
 
- 305e RI
Soldat Léonard Leymarie
Fusillé en novembre 1914
 
- 140e RI
Soldat Joseph Gabrielli
Fusillé, réhabilité le 04/11/1933
 
- 37e RIC
Soldats Chemin, Pillet
Réhabilité le 17/06/1934
 
- 128e RI 2 fusillés
 
- 105e RI 3 fusillés
 
- 70e BCP  
Soldat Joseph Dauphin
Fusillé le 08/06/1917
 
-  327e RI Septembre 1914 7 fusillés dont 1 qui a miraculeusement survécu et qui fut gracié : Watrelos  
 
Bonne journée
 
François

Message cité 1 fois
Message édité par f.vaudour le 12-07-2007 à 14:03:28

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"le passé est la mémoire du futur" P.Valéry
n°39238
vieille ch​ampagne
Florent Deludet
Posté le 12-07-2007 à 10:19:51  profilanswer
 

Bonjour Francois,
Je suis bien interessé par le cas Loiseau du 106 .Merci d'avance pour cette proposition.
cordialement
Florent


Message édité par vieille champagne le 12-07-2007 à 10:21:05

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"- C'est nous...du 106...Nous rentrons. -Oh! pauvres...Pauvres enfants ! "  
Recherche le 106ème R.I de Chalons sur Marne http://ceuxdu106.over-blog.com/
n°39247
Daneck
Posté le 12-07-2007 à 13:31:51  profilanswer
 

f.vaudour a écrit :


 
- 336e RI à Souain
Caporaux Maups, Girard, Lefoulon, Lechat
Fusillé le 17/03/1915 réhabilité en 1933/34
 


 
Il s'agit de Maupas, en fait.  
 
Cordialement,
Daneck
 


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http://photos1418.blogspot.fr/
n°39249
f.vaudour
En avant et avec le sourire !!
Posté le 12-07-2007 à 14:03:07  profilanswer
 

Florent,
 
Je te scanne tout ça ce soir.
 
Daneck,
 
>Il s'agit de Maupas, en fait.  
 
Tout a fait mes doigts ont fourchés.
 
Cordialement
 
François


Message édité par f.vaudour le 12-07-2007 à 14:03:54

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"le passé est la mémoire du futur" P.Valéry
n°39263
f.vaudour
En avant et avec le sourire !!
Posté le 12-07-2007 à 18:55:35  profilanswer
 

Bonsoir Florent,
 
Tu trouveras le cas Loiseau dans ta boite aux lettres
 
Cordialement
 
François


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"le passé est la mémoire du futur" P.Valéry
n°39268
vieille ch​ampagne
Florent Deludet
Posté le 12-07-2007 à 19:45:43  profilanswer
 

Merci Francois,  
bien reçu et répondu sur ta messagerie perso.
Florent


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"- C'est nous...du 106...Nous rentrons. -Oh! pauvres...Pauvres enfants ! "  
Recherche le 106ème R.I de Chalons sur Marne http://ceuxdu106.over-blog.com/
n°39271
Daneck
Posté le 12-07-2007 à 21:03:26  profilanswer
 

L'histoire du soldat Bersot a inspiré le film d'Yves Boisset "Le pantalon", il me semble. Mais le film rapporte-t-il fidèlement les faits qui se sont déroulés ?


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http://photos1418.blogspot.fr/
n°39273
83 RI
fidelis , felix , fortis
Posté le 12-07-2007 à 21:16:01  profilanswer
 

Effectivement  le film retrace bien l'histoire dramatique de Bersot  , sauf que le monument aux morts sur lequel il figurerait n'est  pas connu ( en tout cas de  moi  ) seule une stèle au  lieu de son exécution a été inaugurée   et   le lieutenant colonel qui a mené le Conseil de Guerre  n'est jamais devenu général  .

n°39276
Laurent59
Mémoire du 72e et 272e RI
Posté le 12-07-2007 à 21:31:07  profilanswer
 

La liste me semble un peu courte...il en manque non ?
 
Laurent  :hello:


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Histoire du soldat François Louchart 72ème RI .  
Site du 72e et 272e RI Régiments Picards dans la grande guerre.
n°39278
mibelius
croire savoir n'est pas savoir
Posté le 12-07-2007 à 22:07:35  profilanswer
 

bonjour, tous
oui, elle me semble bien courte, la liste, ou plutôt toutes les listes publiées dans les ouvrages consacrés à la question...Les correspondances (publiées ou non!) font état d'exécutions y compris dans des régiments censés ne pas en avoir connu. Motif: les historiens s'intéressent surtout aux fusillés pour l'exemple, aux "cas" comme celui de Bersot. En fait, on a fusillé à la va-vite, pour des vétilles, pour rien. Un exemple? en voici un: un pauvre bougre affamé qui déterre des pommes de terre. Fusillé. Or, moins de 2 semaines plus tôt, son régiment avait reçu l'ordre  de .... déterrer les patates pour remplacer le ravitaillement (inexistant) pendant la retraite de 1914... :pfff:  
Le cas n'est pas isolé  :non:  
 
Mireille B [:gilles roland]  
P.S. Moi, je crois que j'aurais aussi déterré les patates... Bon appétit.


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Mireille
n°39279
Jean RIOTT​E
Posté le 12-07-2007 à 22:10:32  profilanswer
 

Bonsoir François,
Bonsoir à toutes et à tous,
Rien sur le 18ème RI de Pau?... étonnant !
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°39285
f.vaudour
En avant et avec le sourire !!
Posté le 13-07-2007 à 08:11:57  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
>Rien sur le 18ème RI de Pau?... étonnant !
 
J'ai retranscrit tout les cas du livre. C'est vrai qu'il en manque beaucoup, mais ce livre n'a pas vocation à être exhaustif.
Il manque aussi les quatre fusillés du 129e.  
 
Cordialement.
 
François


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"le passé est la mémoire du futur" P.Valéry
n°39292
Jean RIOTT​E
Posté le 13-07-2007 à 14:30:12  profilanswer
 

Bonjour François,
Bonjour à toutes et à tous,
Merci François de cette retranscription. En fait mon étonnement vient du fait que ce qui s'est passé au 18 a été tellement médiatisé (entre autres, l'évasion de Moulian) que je me demandais ce que ce document, que je ne connaissais pas, pourrait apporter de neuf par rapport aux travaux de Pédroncini ou plus récemment de Denis Rolland.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°39293
garnier je​an pierre
Posté le 13-07-2007 à 14:50:54  profilanswer
 

Bonjour
 
Je me faufile dans ce fil , savez vous s'il existe des ouvrages traitants des fusillés de 1914 ?
 
Cordialement
JP


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D'ousqu'on vient, on salue que les morts!
La peur. (G chevallier)
n°39296
Stephan @g​osto
Posté le 13-07-2007 à 14:56:11  profilanswer
 

Bonjour,
 
Je pense que l'excellent livre du général Bach, "Fusillés pour l'Exemple. 1914-1915", correspond à ce que vous recherchez.
 
Amicalement,
 
Stéphan


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ICI > LE 74e R.I.
Actuellement : Les trois pipes du 74e !
n°39297
garnier je​an pierre
Posté le 13-07-2007 à 14:59:03  profilanswer
 

Bonjour
 
Je vous remercie
 
Cordialement
JP


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D'ousqu'on vient, on salue que les morts!
La peur. (G chevallier)
n°39298
philippe c​rozet
Posté le 13-07-2007 à 16:45:40  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
14 juin 1915 : Joseph GABRIELLI
 
Un simple d’esprit condamné à mort
 
Gabrielli, berger de son  état, n’avait jamais quitté la Corse, ni même son village natal près de Corte, quand il fut mobilisé au 140e régiment d’infanterie alpine.
Bien qu’il soit illettré et arriéré mental, on l’affecte à la 6e compagnie où on a plus besoin de son corps que de son esprit. Le 8 juin 1915, au cours d’une attaque, il est légèrement blessé. Son chef l’envoie se faire penser au poste de secours.
En revenant, il s’égare et ne retrouve plus sa compagnie.
On le retrouve cinq jours plus tard, terré au fond d’une cave à Colincamps (Pas de Calais).
Interrogé il déclare (avec peine, car il parle très mal le français) aux gendarmes.
Mon régiment est rentré dans la tranchée la nuit du 6 au 7. J’ai pris part à plusieurs combats. Dans la nuit du 12, ma compagnie est partie à l’attaque, j’ai suivi mes camarades, mais à la fin des combats, je ne les ai pas retrouvés. Je suis revenu à la tranchée, mais, comme il n’y avait plus personne de  mon régiment, je suis parti sans savoir où j’allais. Je suis arrivé à Colincamps vers quinze heures, j’ai cherché ma compagnie sans la retrouver, c’est alors, que j’ai eu l’idée de descendre dans la cave d’une maison abandonnée où je suis resté pendant deux jours. J’ai perdu mon fusil et mon sac dans la tranchée. »
Le rapport rédigé par le commandant de la prévôté donne une autre version des faits :
«  Le soldat GABRIELLI a disparu de sa compagnie le 8 juin au matin et a été signalé par son caporal d’escouade comme manquant à l’appel. Dans la même journée, des soldats de la compagnie faisant le service de ravitaillement ont attesté avoir vu GABRIELLI  au poste de secoure du bataillon. »
D’après l’enquête faite auprès de ses chefs, et de ses camarades, il ressort que GABRIELLI est considéré comme un débile profond, élevé à l’état sauvage et surtout employé à creuser des latrines ou des tranchées.
Il est néanmoins traduit devant le conseil de guerre spécial du 140e R.I.A.
Voici la transcription d’une partie de l’interrogatoire de l’accusé faite par le commissaire du gouvernement.
Question_Quand avez-vous quitté votre compagnie et à quelle heure ?
Réponse_Je ne m’en souviens pas…
Q_ Pourquoi l’avez-vous quittée ?
R_ J’ai reçu un obus près de moi et je ne me rappelle plus rien…
Q_Combien de jours êtes vous resté absent de votre compagnie ?
R_ Trois jours.
Q_ Pourquoi n’avez-vous pas cherché à regagner votre compagnie  le plus tôt possible ?
R_J’ai cherché partout et je n’ai pas trouvé.
Q_ Où avez-vous été trouvé ?
R_ Dans une cave.
Q_ Est-ce dans une cave que vous cherchiez votre compagnie ?
R_ Je n’y ai couché qu’une nuit.
Q_ Pourquoi avez-vous dit aux gendarmes avoir quitté votre poste le 12 courant alors qu’en réalité vous êtes porté absent depuis le 8 juin ?
R_ Les gendarmes n’ont rien compris…
Q_ Pourquoi avoir dit que vous étiez resté absent trois jours, alors que vous êtes porté manquant  de puis le 8 au matin et que vous n’avez été retrouvé que le 13 juin à 18 heures, c'est-à-dire six jours après ?
R_Je ne peux pas m’expliquer.
Q_Avez vous quelque chose à rajouter pour votre défense ?
R_ Je suis ici pour défendre la France !
 
C’est un interprète corse qui traduisait au fur et à mesure les questions et les réponses.
Malgré les témoignages des soldats et de son commandant de compagnie confirmant  l’irresponsabilité de l’accusé, le conseil de guerre le reconnait coupable d’abandon de poste devant l’ennemi et le condamne à mort.
La sentence est lue à 20 heures et GABRIELLI  est fusillé une heure plus tars. Dix ans après, un témoin, M DUPOMMIER, qui avait assuré la défense de l’accusé, raconte l’exécution.
« Au cours de ces quatre années de guerre, j’ai vu de terribles choses. Je ne crois pas avoir assisté à un plus triste spectacle que cette exécution. GABRIELLI, affolé, courrait devant les fusils en criant : » Maman, maman, je ne veux pas mourir… » Il se cramponnait convulsivement, tantôt à l’aumônier, tantôt à moi ; il a fallut planter un poteau sur la tranchée de deuxième ligne pour l’y ligoter. Cela a duré une demi-heure. Les hommes du peloton d’exécution étaient terriblement émus. Un seul être demeurait impassible : c’était le commandant POUSSEL (tué quelques mois plus tard en Champagne). Après le coup de grâce, cet officier m’a dit  « Voila une mort qui épargnera bien des vies humaines » J’ai répondu « Vous avez mon commandant, une étrange conception de la justice et vous venez d’assumer une bien effroyable responsabilité devant DIEU(1) »
 
Le 4 novembre 1933, la cour spéciale militaire annule le jugement du conseil de guerre et réhabilite GABRIELLI.
 
 
(1) Lettre de Louis DUPOMMIER avocat au barreau d’Annecy et président d’honneur des anciens combattants de Thônes à M BERHON, avocat de la famille GABRIELLI, le 31 octobre 1925.
 


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Amicalement
 
n°39299
Charraud J​erome
Posté le 13-07-2007 à 17:03:19  profilanswer
 

Bonjour
Même si mes recherches ne m'ont jamais fait croiser le chemin d'un fusillé au sein de la 17e DI, voici un cas qui me reste en travers de la gorge et que nous avions abordé il y a quelques temps déjà:
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 4693_1.htm
 
Cordialement
Jérôme Charraud


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Les RI et le département de l'Indre le blog - Les soldats de l'Indre le blog
n°39309
83 RI
fidelis , felix , fortis
Posté le 13-07-2007 à 20:02:39  profilanswer
 

Bonsoir ,  
 
  Ce récit ( soldat Gabriellli ) me trouble profondément et la disproportion affolante entre les faits ,  le sujet en cause ( simple d'esprit ) et la sanction m'interroge très sérieusement . Les récits officiels ,  notamment les historiques de Régiment ne mentionnent que succession d'actes de bravoure , de patriotisme récurrent . Ceci peut sembler pertinent  , cohérent cependant dans la réalité  l'acceptation de la mort probable ,qui est le quotidien du soldat , des sous-officiers , des officiers subalternes ou supérieurs ( certes moins exposés )  est sûrement beaucoup  plus atténuée . J'en veux pour preuve notamment dans les années 1914 -1915  les récits d'exécutions sommaires  dans un cadre juridique absent ou mal défini ; on connaît mal l'ampleur des requêtes d'exemption médicale pour  éviter le front et  les tranchées . on parle de mutilations volontaires ( coups de feu ,  injection de pétrole , usage de produits irritants ) qui sont la partie amont de la peur de mourir dans des conditions souvent sordides . Vous me passerez l'étalage de considération familiale mais un de mes grands oncles ( qui est à  l'origine depuis 20 ans de recherches )  est un de ces exemples de tentative de fuite de la mort probable . Incorporé à 20 ans , caporal deux mois plus tard , cassé de son grade  deux mois après pour s'être fait porter malade quand la compagnie allait aux tranchéées , n'avoir pas été reconnu par le médecin major de 1 ° classe  ,  tué deux  mois aprés  . Comment quantifier cette partie non visible de  l'iceberg . Mon grand oncle n'est pas un cas isolé , c'est impossible .

n°39361
philippe c​rozet
Posté le 14-07-2007 à 18:31:54  profilanswer
 

Bonsoir à tous
 
5 août 1915 : les gardes sacs CHEMIN et PILLET
 
A la 20e compagnie du 37e régiment d’infanterie coloniale, on s’était aperçu que les sacs laissés dans la tranchée pendant les attaques étaient régulièrement pillés, c’est pourquoi le commandant de compagnie avait décidé de nommer deux hommes dont la mission consistait à garder les sacs des soldats qui partaient à l’assaut. Comme c’était une « plaque », on avait choisi des hommes ayant charge de famille, c’est ainsi que CHEMIN et PILLET avaient été désignés.
Dans la nuit du 22 au 23 juin 1915, alors que leurs camarades montent à l’attaque dans la région du Ban de Sapt, CHEMIN et PILLET prennent leur faction auprès des sacs.
La consigne est formelle, quels que fussent les bombardements, en aucun cas ils ne devaient s’éloigner des sacs.
Or ce jour là, la 20e compagnie venait de « toucher » un nouveau commandant, lequel ignorait complètement la consigne donnée par son prédécesseur aux gardes sacs.
Le lendemain de l’attaque, on procède à l’appel afin d’établir l’état des pertes. Evidement CHEMIN et PILLET ne peuvent répondrent à l’appel de leur nom puis qu’ils sont restés à l’arrière.
Comme ils ne figurent ni parmi les morts ni parmi les blessés, ils sont portés « disparus au combat ».
Trois heures plus tard, le capitaine apprend que les deux « disparus » ont été retrouvés prés des sacs. Il les convoque, les engueule, écoute leurs explications, ne leur met aucune punition, mais il fait un rapport expliquant à ses supérieurs comment il a retrouvé les deux soldats portés manquant.
Ce n’est qu’un mois plus tard, alors qu’ils remontent au front, que les deux soldats apprennent qu’une information a été ouverte contre eux à la suite d’une plainte déposée par le colonel du régiment.
Le 4 août 1915, après une instruction rapide, ils sont présentés au conseil de guerre et inculpés d’abandon de poste devant l’ennemi. Au cours de la séance, l’accusation fait état de prétendus aveux verbaux et écrits des condamnés dans lesquels ils reconnaissent s’être enfuis et réfugiés à l’endroit où se trouvaient les sacs. Or les deux hommes étaient totalement illettrés…
« Comment auraient ils pu rédiger leurs déclarations sans faire de fautes d’orthographe ? » demande leur défenseur aux juges.
Pour le conseil, cela n’a aucune importance : les juges ne retiennent que les témoignages obtenus par la persuasion, auprès de soldats n’osant pas contredire leurs supérieurs. Par contre, on ne tient aucun compte des témoins qui veulent déposer pour affirmer que CHEMIN et PILLET avaient bien été désignés pour garder les sacs et qu’ils n’avaient fait qu’obéir à la consigne.
Le 4 août 1915, à 19 heures, les deux hommes sont condamnés à mort par la cour martiale.
G. REAU a recueilli le témoignage de l’abbé LEJOSNE, aumônier qui a accompagné les deux gardes sacs jusqu’au poteau d’exécution.
« C’est moi, dit il, qui fus chargé d’apprendre à CEMIN et PILLET la sentence prononcée par le conseil de guerre. L’exécution devait avoir lieu à 10h 30 du matin. Les deus soldats ne s’étaient pas rendu compte de la gravité des faits qui leur étaient reprochés. Ils ne voulurent pas croire qu’ils allaient être passés par les armes. Quand ils comprirent qu’ils devaient abandonner toute espérance, ils entrèrent dans une crise d’angoisse. CHEMIN, qui était originaire de Tullier (Charente Inférieure), montrait la photographie de ses cinq enfants. Il embrassait leur image en disant : »Est-ce possible ? Dire que je ne les reverrai plus ! Et pourtant je n’avais pas voulu fuir…On ne sait donc pas ce que c’est que d’être couver de terre par un obus ? »
« L’autre condamné, le soldat PILLET, qui était célibataire, me demanda de faire parvenir quelques  souvenirs à sa vieille mère ».
« Devant le poteau d’exécution, CHEMIN, s’adressa aux douze hommes du peloton et leur cria »Mes amis, je suis père de familles, vous n’allez pas me tuer ! » Attaché au poteau, CHEMIN hurlait  « Grâce mon colonel, grâce pour mes enfants ! »La sentence ne put être lu complètement, car la révolte grondait dans les rangs des soldats. Craignant une mutinerie, le colonel donna l’ordre à l’adjudant qui commandait le peloton d’ouvrir le feu. »
Le 5 août 1915  PILLET et CHEMIN tombaient sous la salve à 10h40. On avait mis plus d’un mois pour les inculper et moins d’un jour pour les juger et les tuer.
 
Ils ont été réhabilités le 17 février 1934.
 
 
 
 
 


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Amicalement
 
n°39657
p Lamy
çà marmitte par ici !
Posté le 20-07-2007 à 11:03:41  profilanswer
 

Bonjour François,
je serais intéressé par le 70e BCP - Joseph Dauphin.
Merci de vos copies
Cordialement
P. Lamy

n°39670
p Lamy
çà marmitte par ici !
Posté le 20-07-2007 à 15:20:53  profilanswer
 

Et pour compléter l'esprit du témoignage de 83e RI, j'ai eu le témoignage d'un ancien malgré nous incorporé en juin 1917 dans l'armée allemande qui m'a rapporté avoir connu une personne de son village ou d'un village environnant, qui s'était piqué les jambes avec du pétrole, pour en subir les conséquences physiques et ne pas être incorporé dans l'armée du Kaiser...Inutile de préciser que les souffrances engendrées furent terribles et que la personne mourut prématurément de cette action...
P. Lamy


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"C'est le Vin qui a fait gagner la Guerre"
Jean-Louis Billet, agent de liaison au 70e BACP
n°39679
f.vaudour
En avant et avec le sourire !!
Posté le 20-07-2007 à 19:32:56  profilanswer
 

Bonsoir,
 
>je serais intéressé par le 70e BCP - Joseph Dauphin.
>Merci de vos copies
 
Pas de probleme, je vous le ferais mi-aout à mon retour de vacances.
 
Cordialement
 
François


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"le passé est la mémoire du futur" P.Valéry
n°39699
guryrv
Posté le 21-07-2007 à 12:35:47  profilanswer
 

bjr
je suis interessé par :
 
347e RI à Verdun  
Lieutenant Herduin  
Sous-Lieutenant Millant  
Fusillés le 11/06/1916  
 
merci d'avance pour ce service, cordialement Rv

n°39703
f.vaudour
En avant et avec le sourire !!
Posté le 21-07-2007 à 13:42:16  profilanswer
 

Bonjour,
 
Finalement j'ai eu le temps de les scanner
 
Le cas Dauphin
 
http://perso.orange.fr/regiments.havrais/photos/DAUPHIN_01.jpg
http://perso.orange.fr/regiments.havrais/photos/DAUPHIN_02.jpg
 
Le cas Herduin
 
http://perso.orange.fr/regiments.havrais/photos/HERDUIN_01.jpg
http://perso.orange.fr/regiments.havrais/photos/HERDUIN_02.jpg
http://perso.orange.fr/regiments.havrais/photos/HERDUIN_03.jpg
http://perso.orange.fr/regiments.havrais/photos/HERDUIN_04.jpg
 
Cordialement
 
François


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"le passé est la mémoire du futur" P.Valéry
n°39718
guryrv
Posté le 21-07-2007 à 22:21:01  profilanswer
 

bonsoir
 
merci pour vos scans, cordialement RV

n°39744
p Lamy
çà marmitte par ici !
Posté le 23-07-2007 à 08:41:20  profilanswer
 

Merci pour vos documents.
Cordialement.
P. Lamy


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"C'est le Vin qui a fait gagner la Guerre"
Jean-Louis Billet, agent de liaison au 70e BACP
n°39756
mibelius
croire savoir n'est pas savoir
Posté le 23-07-2007 à 14:16:20  profilanswer
 

garnier jean pierre a écrit :

Bonjour
 
Je vous remercie
 
Cordialement
JP


 
Précisons que tout le Forum attend, la langue pendante, la parution du tome 2 de Fusillés pour l'exemple, annoncée dans le premier volume. Quelq'un sait-il pour quand ?
 
Mireille B [:gilles roland]


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Mireille
n°39779
Denis Roll​and
Posté le 23-07-2007 à 21:28:31  profilanswer
 

Bonsoir,
Il n'est pas certain qu'il sorte un jour.
Pour ceux qui s'intéressent à cette question je leur propose un article déja ancien (1996) avec une liste de 40 fusillés de la 6e armée en 1914-15. Le fichier est téléchargeable sur ce lien
http://www.histoireaisne.fr/memoir [...] ge_133.pdf
Dans le même ouvrage il y a plusieurs articles sur 14-18
Cordialement
Denis Rolland

n°43389
f.vaudour
En avant et avec le sourire !!
Posté le 20-10-2007 à 20:08:34  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
J'ai chiné un autre ouvrage sur les fusilles :
 
Les Crimes des Conseils de Guerre
R.G. Reau 1925 "Edition du Progrés Civique"
 
Les cas suivant sont cités :
 
Les quatres caporaux de Suippes (336e RI)
Vingré (298e RI) + Articles de journaux de 1966
Chapelant (98e RI) + un article de journal.
Bersot (60e RI)
Flirey (63e RI)
Herduin et milan (347e RI)
Prouilly (2e ri de la légion)
L'affaire des gardes-sacs (37e colonial)
Les mutilés de Verdun (40e, 58e, 173e RI et 24e BCP)
Loiseau (106e RI)
Leymarie (305e RI)
 
Je peux faire des scans mais je ne pourrais les envoyer que dans une semaine.
 
Cordialement
 
François Vaudour


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"le passé est la mémoire du futur" P.Valéry
n°43412
adalberon
Dura lex sed lex !
Posté le 21-10-2007 à 17:45:30  profilanswer
 

Bonjour à tous !
 
Dans "L'Adieu aux armes", Hemingway évoque le procès sommaire et l'exécution d'un lieutenant-colonel de l'armée italienne. Ce récit s'appuie-t-il sur des faits réels ? On sait que le roman est largement autobiographique, la question mérite donc d'être posée. Par ailleurs, existe-t-il des cas similaires dans l'armée française, pour des officiers de ce niveau ? Merci d'avances aux spécialistes !
 
Cordialement,


Message édité par adalberon le 26-10-2007 à 23:35:51

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Adal
n°43467
patoune
ne pas oublier
Posté le 22-10-2007 à 20:11:50  profilanswer
 

 bonjour je suis interressé par les 2 fusillés du 128e régiment d'infanterie ,des soldats de ma région appartenaient a ce régiment
merci d'avance salutations


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patoune
n°44802
boucan38
Posté le 18-11-2007 à 12:05:03  profilanswer
 

Bonjour,
 
Je m'invite dans votre discussion avec quelque retard mais juste pour un témoignage tout en pudeur et en sobriété :
 
BROUSSEY EN WOEVRE
6 décembre 1914
XXXI° CA – 76 °D.I.     157 ° Régiment d’Infanterie Alpine  3° bataillon
 
Récit de l’exécution d’un soldat fusillé pour abandon de poste devant l’ennemi
Extrait du carnet de route d’un sous officier du 157 ° RIA
 
5/12. repos à Broussey
 
6/12 On vient me réveiller à 5 h, ordre de tenir la section prête pour 6 h et demie. J'exécute l'ordre. J'apprends qu'on va fusiller un condamné à mort. On tire au sort les 12 hommes du peloton d'exécution. Je n'en suis pas. Nous allons sur la place d'exécution ;  c'est un champ contre la plus haute maison du village. Un talus y a été élevé pour absorber les balles. Nous trouvons là le restant de la compagnie et la 9° compagnie. Ce sont les seules troupes cantonnées ici.  
 
On nous place en ligne de colonne de compagnie, face au talus, à 20 m environ. Le peloton est rassemblé en avant sous le commandement d'un adjudant. Nous attendons longtemps ; la nuit se dissipe peu à peu, le temps est très clair et il fait froid.  
 
A 7 h  1/4 par un ordre du capitaine de Saint Sirmin, commandant d'armes, nous mettons baïonnettes au canon et présentons les armes. On amène le prisonnier (il est vêtu d'un pantalon rouge tombant et d'une petite veste) conduit par 4 gendarmes. Il est pâle mais marche courageusement ; près de lui, lui donnant la main s'avance l'aumônier du régiment qui lui parle à voix basse. Arrivé devant le talus, un homme lui bande les yeux avec un bandeau blanc pendant qu'un officier lit la condamnation. Je n'entends confusément que les mots : Article .... désertion ... abandon de poste ....mort.
 
On fait placer le condamné à genoux face à nous. L'aumônier lui dit encore quelques mots puis s'éloigne.
 
Dans un silence profond on entends : Chargez - Joue - Feu. Le dernier commandement est couvert par le crépitement unique des douze coups de fusil. On voit très distinctement les jets de flamme converger vers la poitrine, et au même moment, du dos s'échappe un nuage rouge fait de gouttelettes de sang entraînées au dehors par les balles qui sifflent en entrant dans la terre.
 
Le corps a un soubresaut violent, puis reste immobile une seconde, et tombe doucement sur le côté ; le chef du peloton s'approche et tire dans la tempe un coup de revolver destiné à arracher la dernière parcelle de vie qui aurait pu subsister. On constate la mort, tous les hommes ont la gorge serrée.  
 
C'est affreux de mourir ainsi. On repose les armes et rentre la baïonnette.  
Les brancardiers soulèvent le corps : sur la poitrine on ne voit rien mais le dos, dans un cercle comme une assiette, est en bouillie, le drap de la veste est arraché et la chair tombe en lambeaux et en bouillie ....
Les deux compagnies défilent devant le cadavre et nous rentrons pensifs pendant que le soleil s'élève, radieux, au dessus de l'horizon.
 
 

n°44804
guryrv
Posté le 18-11-2007 à 12:20:13  profilanswer
 

bjr
 
pouvez vous m'envoyer les cas suivant, merci   cordialement RV
 
- 347e RI à Verdun  
Lieutenant Herduin  
Sous-Lieutenant Millant  
Fusillés le 11/06/1916  

n°44818
Christophe​ Schlegel
Posté le 18-11-2007 à 15:18:54  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous.
 
J'ai un cas bizarre sous les yeux.
j'ai deux soldats du 250° RI
avec le même nom de famille, né au même endroit.
ils seront fusillés dans le secteur d'Andechy le 12 octobre 1914.
 
c'est sûrement des frères, mais qu'ont ils fait ?
si quelqu'un a des infos sur eux je suis forcement preneur.
cordialement.


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Christophe Schlegel
n°44820
Le Crabe-T​ambour
Posté le 18-11-2007 à 15:42:16  profilanswer
 

Bonjour,
 
Merci de cette initiative !  
 
Je serais intéressé par le cas Bersot, du 60ème RI...
 
Bien cordialement,
 
Laurent.

n°44821
adalberon
Dura lex sed lex !
Posté le 18-11-2007 à 15:50:25  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
J'en profite pour demander si quelqu'un a des informations sur un certain Pierre SERRE, chasseur au 11ème BCA, qui aurait été fusillé le 16/03/1916 (source Olivier GAGET sur http://www.memorial-genweb.org). Merci d'avance.
 
Cordialement,


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Adal
n°44829
alain
L'As de Coeur
Posté le 18-11-2007 à 18:02:11  profilanswer
 

Bonsoir, je suis aussi intéressé par le soldat Bersot du 60 e .
mon mail alain.tribouley@orange.fr
merci d'avance  
Alain

n°44842
vfrederic6​2
Posté le 18-11-2007 à 20:52:37  profilanswer
 

Bonsoir à tous et à toutes
 
nous avons aussi le cas du soldat MERVELAY Lucien du 174°R.I. éxécuté à Saint Amand sur Fion le 03 avril 1915 avec trois autres hommes d'autres régiments en présence de la 95° brigade
 
un fil précédent en avait deja fait mention mais je ne l'ai pas retrouvé
 
bien cordialement
frederic :hello:

n°44846
Denis Roll​and
Posté le 18-11-2007 à 21:46:35  profilanswer
 

Bonsoir,
Pour le 250e RI, voir le livre de Bach : les deux sodats se sont fait couper les doigts à la hache par un troisième qui a été aussi condamné à mort.
Pour le 157 RIA il s'agit de  FORTOUL Alphonse né le  21/04/1893 à REVEL abandon de poste et désertion en présence de l'ennemi.  
Cordialement
Denis Rolland

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