Bonjour,
Concernant le MORPION lors de l'attaque allemande du 11 juillet 1916, voici un extrait de la lettre que mon oncle Louis Coquelin de Lisle a écrite en 79 au Secrétaire Général de l'Association Nationale pour le Souvenir de la Bataille de Verdun. Il y dénonce les erreurs qui se sont glissées dans la notice du Mémorial remise aux visiteurs du sentier de la Poudrière de Fleury. Extrait donc :
... D'autre part, en dernière page, l'attaque de l'ouvrage D, dit le Morpion, est relatée d'une façon incompatible avec la relation qu'en donne le journal des opérations du 168ème R.I. français :
Il faut d'abord observer qu'en l'historique de la Garde bavaroise, la carte indiquant les gains allemands de terrain au cours de la journée du 11 juillet 1916, laisse l'ouvrage D dans la zone française.
En réalité, la "patrouille avancée allemande" visée par l'auteur de la notice, était constituée par l'aspirant von PREYSING et le sous-officier LAUFFER qui se glissèrent sans être remarqués sur les arrières du 2ème bataillon du 167ème R.I. et abordèrent l'ouvrage D en sa partie située à l'ouest du 168ème R.I.
Cet ouvrage en terre, long de 200 mètres et large de 100, était selon le journal des opérations et marches du 168ème R.I. défendu par :
1°/ Une compagnie de cette unité réduite à 47 hommes après une semaine passée en 1ère ligne sur le front de Fleury ;
2°/ Une compagnie de mitrailleuses composée de 7 de ces engins dont 5 furent placés en position de tir au saillant N-E de l'ouvrage D, vers le ravin de la Poudrière où l'ennemi était menaçant.
Toujours de même source, en fin de combat, il demeurait 30 hommes sur les 47 précités, les deux bavarois ayant affirmé avoir capturé 11 hommes et un officiers, tous blessés, vraisemblablement surpris par des tirs, dans le dos.
Vers 15 heures ces 30 hommes furent relevés par des éléments du 3ème bataillon du 168ème R.I. revenu au combat depuis Verdun.
Quant à la compagnie de mitrailleuses, elle fut maintenue toute la journée sur l'ouvrage D.
Il est donc inexact de prétendre que les Allemands firent prisonniers "les défenseurs" de cet ouvrage et excessif de critiquer les combattants français pour n'avoir pas poursuivi les deux audacieux Allemands dont il y a lieu de penser qu'ils prirent des précautions pour que leur raid demeure caché.
Il est non moins inexact d'admettre que l'ennemi se soit emparé de la totalité de l'ouvrage D, qui marquerait son extrême avance en direction de Verdun.
Cette caractéristique doit être attribuée à la Poudrière de Fleury devant laquelle tomba le Colonel Coquelin de Lisle.
Voilà donc un petit plus pour ceux qui visitent ce site.
Cordialement.
Message édité par POUDRIERE le 30-11-2011 à 20:09:28
---------------
Patrick Fournié