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  Réinsertion combattants après-guerre

 

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Réinsertion combattants après-guerre

n°54805
saintchamo​nd
Posté le 29-08-2008 à 11:02:15  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
A-t-on une idée plus précise sur la réinsertion des combattants dans la société française d'après-guerre ? Fut-elle facile ou non ? Outre les travaux de Bruno Cabanes ("La Victoire Endeuillée" ) et ceux d'Antoine Prost, d'autres chercheurs se sont-ils penchés sur cette problématique ? Y a-t-il des textes à lire sur Internet sur ce sujet à lire en ligne ? Merci de toutes vos suggestions, renvois sur précédents fils et lumières.
 
Bonne journée à tous,
 
Jérôme

n°54806
LABARBE Be​rnard
Posté le 29-08-2008 à 12:26:51  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Très intéressant sujet mais je crains qu'il faille considérer la chose au cas par cas selon les individus. Mais osons le "globalement", la classe paysanne a du peut-être avoir moins de dégâts d'ordre psychologique que les autres. Je ne pense pas à la rudesse de leur vie avant guerre pour expliquer cela car si elle les avait préparé à l'effort et rendu endurants, elle ne les avait pas habitué aux horreurs qu'ils ont vu, à la mort et à la souffrance de leurs camarades. Mais il y avait la tribu au retour, la famille autour de la table, le village où tout le monde se connait, comme avant (ou presque). Dans les villes certains ont pu se retrouver bien seuls, des célibataires, ou même des hommes mariés mais sans entourage très nombreux, et pour tout dire un peu paumés quoi.
En ce qui concerne la réinsertion "sociale", professionnelle, il y a eu du changement... J'ai lu quelque part (désolé pas de ref mais je me souviens d'un ouvrage sérieux) que dans les années d'immédiate après guerre, 700 000 paysans sont "montés à la vile". Ce fut le cas d'ailleurs pour mes deux grands pères. Au bout de quelques mois voire une année de vie patriarcale, de caisse commune (petite...) gérée par le père, d'autorisation à demander pour acheter quoi que ce soit, le ras-le-bol et le désir d'aller voir ailleurs a gagné beaucoup d'anciens jeunes combattants. Cette guerre malgré les souffrances de toutes sortes leur avait fait découvrir d'autres horizons pas forcément bleus, connaitre des camarades d'autres régions, de la ville aussi, et puis ils se sentaient pris je pense par un formidable désir de liberté et d'indépendance. Je parle de mes grands pères landais mais je pense que l'on peut appliquer la chose à bien d'autres régions paysannes. Ils sont donc "montés" à Bordeaux, mais c'est une autre histoire, et si l'indépendance fut au rendez-vous, ce ne fut pas l'Eldorado... C'est ainsi que dans le grand Sud-Ouest, le département du Gers en particulier, on vit arriver des milliers d'immigrés italiens, attirés par ces régions sinistrées et aux terres à l'abandon. Il ont apporté un nouveau type de charrue, développé le maïs passons... Françis Cabrel, et bien son grand-père fut de ceux là, les ritals, qui en même temps qu'ils trouvaient du travail, sauvaient sans le savoir une région agricole. Mais je m'égare, une de mes spécialités.
Cordialement,
Bernard


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Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°54807
flafla91
Posté le 29-08-2008 à 12:56:47  profilanswer
 

LABARBE Bernard a écrit :

Bonjour à tous,
Très intéressant sujet mais je crains qu'il faille considérer la chose au cas par cas selon les individus. Mais osons le "globalement", la classe paysanne a du peut-être avoir moins de dégâts d'ordre psychologique que les autres. Je ne pense pas à la rudesse de leur vie avant guerre pour expliquer cela car si elle les avait préparé à l'effort et rendu endurants, elle ne les avait pas habitué aux horreurs qu'ils ont vu, à la mort et à la souffrance de leurs camarades. Mais il y avait la tribu au retour, la famille autour de la table, le village où tout le monde se connait, comme avant (ou presque). Dans les villes certains ont pu se retrouver bien seuls, des célibataires, ou même des hommes mariés mais sans entourage très nombreux, et pour tout dire un peu paumés quoi.
En ce qui concerne la réinsertion "sociale", professionnelle, il y a eu du changement... J'ai lu quelque part (désolé pas de ref mais je me souviens d'un ouvrage sérieux) que dans les années d'immédiate après guerre, 700 000 paysans sont "montés à la vile". Ce fut le cas d'ailleurs pour mes deux grands pères. Au bout de quelques mois voire une année de vie patriarcale, de caisse commune (petite...) gérée par le père, d'autorisation à demander pour acheter quoi que ce soit, le ras-le-bol et le désir d'aller voir ailleurs a gagné beaucoup d'anciens jeunes combattants. Cette guerre malgré les souffrances de toutes sortes leur avait fait découvrir d'autres horizons pas forcément bleus, connaitre des camarades d'autres régions, de la ville aussi, et puis ils se sentaient pris je pense par un formidable désir de liberté et d'indépendance. Je parle de mes grands pères landais mais je pense que l'on peut appliquer la chose à bien d'autres régions paysannes. Ils sont donc "montés" à Bordeaux, mais c'est une autre histoire, et si l'indépendance fut au rendez-vous, ce ne fut pas l'Eldorado... C'est ainsi que dans le grand Sud-Ouest, le département du Gers en particulier, on vit arriver des milliers d'immigrés italiens, attirés par ces régions sinistrées et aux terres à l'abandon. Il ont apporté un nouveau type de charrue, développé le maïs passons... Françis Cabrel, et bien son grand-père fut de ceux là, les ritals, qui en même temps qu'ils trouvaient du travail, sauvaient sans le savoir une région agricole. Mais je m'égare, une de mes spécialités.
Cordialement,
Bernard


 
Bonjour,
pour ma part mon 'beau'  grand-père s'est suicidé quelques années après la guerre (région IDF),
on ne sait pas tout dans le détail (sujet assez tabou à l'époque) mais las des souffrances physiques et morales
il a mis fin à ces jours ....
Donc oui , j'imagine que c'est une affaire assez personnel ..
Fabien

n°54809
stcypre
retraité et Handicapé
Posté le 29-08-2008 à 13:16:21  profilanswer
 

Bonjour,  
 
Mon grand-père à son retour en France (après une captivité dure et épuisante) est rentré malade... Il est resté allongé durant presque toute l'année 1919... Puis un beau jour convoqué par un médecin (semble-t-il militaire) il est embauché à l'usine à gaz de Toulouse (future GDF) où il sera ... paveur.
Après la deuxième guerre il est mis en longue maladie et décédera en 1951...
Ah!!  il faut dire qu'il avait été blessé ... par gaz (sic) en 1915 en Champagne et qu'il présentait une forme de tuberculose.... même si elle ne fut pas la cause "annoncée" de son décès.
Après cela on comprendra que mon GP fut contre les asso. d'anciens combattants, et qu'il n'a jamais voulu être fiché à l'Onac, ni d'avoir aucun hochet, comme il disait...
Cordialement.


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la vérité appartient à ceux qui la recherchent et non à ceux qui croient la détenir.
n°54811
armand
Posté le 29-08-2008 à 13:51:01  profilanswer
 

Bonjour
 
Mon GP  a trouvé du boulot et une bonne situation grace au "réseau" des anciens du 132 donc promotion sociale.  En 1931, la faillite de la Banque Chapuis à Reims  ébranle la situation économique familiale. Sa demande de pension à titre de blessures est rejetée le 14 novembre 1933.
 
Il était Membre actif de l'UNC. Il a affirmé son hostililté à à la manifestation du 6 février 1934 dont parmi les organisateurs de la manifestation figurait des associations d'anciens combattants.
 
Cdt
Armand
 


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Cordialement
Armand
Sur les traces du 132ème RI " Un contre Huit " et du 294ème RI (le "29-4" )
n°54813
Laurent59
Mémoire du 72e et 272e RI
Posté le 29-08-2008 à 18:03:02  profilanswer
 

Bonjour, l'"après" guerre a du être traumatisant pour certains. Il faut se réinsérer dans une société avec laquelle ils étaient parfois coupé de toutes informations. Le traumatisme de la souffrance et de la misère, essayez d'en parler ? mais là personne ne vous écoute, l'esprit de camaraderie qu'on ne retrouve plus au delà de la dure vie en tranchée.  
Mon arrière grand père amputé d'un bras gauche en 1916 a connu un parcours difficile, un mélange de nostalgie des anciens camarades et de souffrance intérieur toujours dissimulée derrière une rudesse de propos. Comme une carapace insensible à tout. Un homme pourtant gentil avec toute la générosité d'un gars de ch'nord !. La guerre l'a transformé...un des rares plaisirs de sa vie était le dimanche à table, la petite ivresse du pernod ou du vin moyen le rendait euforique, les histoires de guerre revenaient de temps à autre, histoires très vite coupées par un "pépé tu nous saoules avec ta guerre".  
Il rentre chez lui en janvier 1917, amputé d'un bras, il touche une maigre pension et "ceux de l'arrière" lui trouve un emploi de ... facteur ! avec un bras sur un vélo et une grosse sacoche dans le dos,  il y en a eu des gamelles...
Non ça n'a pas du être facile tous les jours; il décède sans faire de bruit un soir dans son lit dans sa 83e années.  
 
Laurent  
 
PS: la fin du film "Capitaine Conan" décrit parfaitement un certain traumatisme de cet "après guerre".


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Histoire du soldat François Louchart 72ème RI .  
Site du 72e et 272e RI Régiments Picards dans la grande guerre.
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n°54814
patrick co​rbon
Posté le 29-08-2008 à 19:30:34  profilanswer
 

Bonjour Jérôme, bonjour à tous,
 
Oups, merci Jérôme de me le rappeler sans le faire exprès j'ai un peu oublié de citer mes références dans un autre post qui traitait de la démobilisation et en particulier de celle des Prisonniers. C'est ce livre de Bruno Cabanes "La victoire endeuillée" cité par Jérôme qui reprend la fameuse thèse dont j'ai alors parlé. Il éclaire sur les états d’âmes du moment où la joie de l'armistice fut de courte durée pour être remplacé par une forte anxiété face à l’avenir et au monde de l’arrière qu’ils ne connaissaient plus. On y lit une énorme soif de reconnaissance du soldat qu’elle soit morale ou matérielle. Enfin l’auteur détaille l’occupation de la Rhénanie, toute la démobilisation, le rapatriements des prisonniers amis et ennemis qui fut un exercice difficile compte tenu de la conjoncture.
C'est un incontournable qui contient beaucoup de références aux sources utilisées. L'ouvrage est construit autour de témoignages et du ressenti des soldats. L'auteur a eu accès aux archives du contrôle postal qui suivait statistiquement leur moral. C'est donc un peu une relation entre les évènements, les mesures politiques prises par les échelons supérieurs et la réaction des hommes face à celles-ci et à l’inconnu.  
 
 Cette véritable déstabilisation affective due à la crainte de l'avenir et à la perte des repères habituels conduisent à ce que l’auteur appelle un véritable syndrome de fin de guerre. Syndrome qui s’est amplifié à leur retour car bien souvent la reconnaissance qu’ils attendaient n’a pas été forcément celle qu’ils espéraient.
 
Bien souvent les ouvriers n’ont pas du retrouver leur poste de travail ni d’ailleurs leur nid douillet. Beaucoup d’entreprises ont disparues et bien souvent leur place devait être  prise par les affectés spéciaux  (les planqués comme disait mon grand-père). A la maison, dans le village son retour n’a été forcément toujours bien ressenti. Cela devait du style pourquoi lui il est vivant alors que ….
Sans parler des couples défaits, il y en eu. Notre poilu a du découvrir avec stupeur ce monde où on avait appris à se passer de lui. L’homme mûr qui revenait reprenait finalement la place de l’adolescent qui était parti et devait être considéré comme tel. Pour lui, qui n’a pas suivi l’évolution de la société, il a du découvrir avec stupeur l’émancipation des femmes. Il devait y avoir de quoi d'être déboussolé.
 
L’état providence n’était pas aussi développé que maintenant. Il suffit pour s’en convaincre de voir que l’assistance aux prisonniers de guerre était laissée aux bons soins d’associations privées.  
Tout naturellement je pense que le poilu s’est tourné vers les associations d’anciens combattants pour retrouver une solidarité perdue.  
Pour les invalides néanmoins des postes se sont créés. Ce sont  les fameux emplois réservés. Gardes champêtres, facteurs, employés de mairie, etc.  
Pour les prisonniers, rejetés de tous par suspicion, ce sont ces mêmes associations qui ont pourvu à leurs colis qui ont œuvré à leur réinsertion. Elles sont souvent départementales (L’Oeuvre Marnaise par exemple) mais c’est surtout la croix rouge qui a fait un effort sans précédent. François Cochet dans son article sur les prisonniers de guerre Marnais paru dans le bulletin n°16 (1989) de l’Association  Nationale du Souvenir de Verdun parle de devoir de l’aumône laissé à l’appréciation de l’individu.
 
Cordialement
Patrick


Message édité par patrick corbon le 29-08-2008 à 19:32:52
n°54816
lorrain54
Posté le 29-08-2008 à 19:36:15  profilanswer
 

Bonsoir a tous, voici une anecdote un peu a coté du sujet, il y a trente ans environ dans un petit village des Vosges profondes, en conversant avec une femme âgée,tres vieille fille après avoir parlé de la grande guerre je lui demande si elle n'avait pas trouvée d"homme a son gout , elle me répond des larmes dans les yeux mon pauvre monsieur après 18 il n"y avait plus d'homme,!! voila une situation difficile et pourtant vrai, bonne fin de journée, Jean-Louis.


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Dites le a tous, " Il ne fait pas bon mourir".
n°54819
Henri Asto​ul
La tranchée des baïonnettes
Posté le 29-08-2008 à 22:02:41  profilanswer
 

LABARBE Bernard a écrit :

Bonjour à tous,
Très intéressant sujet mais je crains qu'il faille considérer la chose au cas par cas selon les individus. Mais osons le "globalement", la classe paysanne a du peut-être avoir moins de dégâts d'ordre psychologique que les autres. Je ne pense pas à la rudesse de leur vie avant guerre pour expliquer cela car si elle les avait préparé à l'effort et rendu endurants, elle ne les avait pas habitué aux horreurs qu'ils ont vu, à la mort et à la souffrance de leurs camarades. Mais il y avait la tribu au retour, la famille autour de la table, le village où tout le monde se connait, comme avant (ou presque). Dans les villes certains ont pu se retrouver bien seuls, des célibataires, ou même des hommes mariés mais sans entourage très nombreux, et pour tout dire un peu paumés quoi.
En ce qui concerne la réinsertion "sociale", professionnelle, il y a eu du changement... J'ai lu quelque part (désolé pas de ref mais je me souviens d'un ouvrage sérieux) que dans les années d'immédiate après guerre, 700 000 paysans sont "montés à la vile". Ce fut le cas d'ailleurs pour mes deux grands pères. Au bout de quelques mois voire une année de vie patriarcale, de caisse commune (petite...) gérée par le père, d'autorisation à demander pour acheter quoi que ce soit, le ras-le-bol et le désir d'aller voir ailleurs a gagné beaucoup d'anciens jeunes combattants. Cette guerre malgré les souffrances de toutes sortes leur avait fait découvrir d'autres horizons pas forcément bleus, connaitre des camarades d'autres régions, de la ville aussi, et puis ils se sentaient pris je pense par un formidable désir de liberté et d'indépendance. Je parle de mes grands pères landais mais je pense que l'on peut appliquer la chose à bien d'autres régions paysannes. Ils sont donc "montés" à Bordeaux, mais c'est une autre histoire, et si l'indépendance fut au rendez-vous, ce ne fut pas l'Eldorado... C'est ainsi que dans le grand Sud-Ouest, le département du Gers en particulier, on vit arriver des milliers d'immigrés italiens, attirés par ces régions sinistrées et aux terres à l'abandon. Il ont apporté un nouveau type de charrue, développé le maïs passons... Françis Cabrel, et bien son grand-père fut de ceux là, les ritals, qui en même temps qu'ils trouvaient du travail, sauvaient sans le savoir une région agricole. Mais je m'égare, une de mes spécialités.
Cordialement,
Bernard


 
Bonsoir.
Il n'y a pas eu que des Italiens ou autres immigrés pour prendre en main des terres abandonnées.
La raison était démographique. La terre avait toujours d'autant besoin de bras et les "géniteurs" avaient été décimés.
J'ai beaucoup d'ancêtres Vendéens qui sont partis en Dordogne, en Aveyron ou ailleurs. Jean Yole a beaucoup écrit là dessus.
Henri


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Henri
n°54829
LABARBE Be​rnard
Posté le 30-08-2008 à 14:34:07  profilanswer
 

Bonjour à tous,
Patrick, merci pour cet excellent résumé de La victoire endeuillée.
Henri, j'ai cité les italiens et particulièrement le Gers car ils sont venus en masse. Je ne doute pas que des Vendéens soient partis en Dordogne ou ailleurs mais il s'agit là d'une autre migration une "interne" en quelque sorte. Cela dit, les géniteurs avaient été décimés certes mais n'exagérons rien et si cela entre dans le sujet démographique, la fuite des campagnes pour la ville de la part des survivants est un fait avéré et primordial.
Pour les autres messages, je lis ce que je pensais, il s'agit bien du cas par cas...
Merci à tous et cordialement,
Bernard


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Le blog  et   Le site Mémoire du 57
n°54837
Jean RIOTT​E
Posté le 31-08-2008 à 10:41:19  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Merci Jérôme d'avoir initié un sujet très intéressant.
Le GP maternel de mon épouse a eu le bras droit fracassé par une balle. Mal soigné il n'en a jamais retrouvé l'usage. Il a obtenu un emploi réservé de facteur (comme on disait à l'époque) aux PTT, dans sa région d'origine: l'Ain (Peyrieu). Il commença avec un vélo, puis passa sur moto !! Je suppose que lui aussi a du s'offrir quelques gadins.
Ni mon épouse ni moi nous souvenons qu'il ait "souffert" de son état. Il est vrai que c'était un bon vivant, un homme très gai, aimant la plaisanterie et prenant la vie du bon côté. Lui aussi ne parlait jamais de sa guerre si ce n'est pour en rappeler les bons moments de camaraderie... et les farces faites aux sous-officiers , voire aux officiers !!
Mon GP maternel, militaire de carrière, a été grièvement blessé aux jambes et fit un long séjour en hôpital (Houlgate et Amélie-les-Bains). Il réintégra l'Armée qu'il quitta en 1927 pour acheter un lot de colonisation au Maroc, lot qu'il défricha, bâtit sa ferme, les bâtiments d'exploitation (écuries - magasins - chai - abreuvoirs - poulailler...), amena l'eau courante etc...
Et ce en dépit de blessures mal soignées et de graves séquelles (jambe gauche plus courte de 7 cm et 27 éclats d'obus restés dans le corps !!).
Quant à mon GP paternel, que je n'ai jamais connu, il obtint un emploi réservé dans les Eaux et Forêts.
Le GP paternel de mon épouse a été tué 2 semaines avant l'Armistice.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°54866
saintchamo​nd
Posté le 01-09-2008 à 11:11:31  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Et merci de vos réponses et de votre intérêt. Je n'ai pas lu le livre de Cabanes, et je découvre le travail de Prost lentement. En ce qui concerne, la migration démographique des "paysans", pour le peu de recherche que j'ai effectuée (et notamment avec la somme de Georges Duby), celle-si semblait bien engagée des campagnes vers les villes avant-guerre. Le conflit ne semble avoir été qu'un accélérateur.  
 
Bonne journée,
 
Jérôme

n°54869
f.vaudour
En avant et avec le sourire !!
Posté le 01-09-2008 à 13:49:39  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Dans le language médical, je crois que la maladie dont a souffert bon nombre d'anciens combattants se nomme Le syndrome de stress post-traumatique. Il s'agit d’une sorte de retour permanent de l’événement traumatisant (Guerre, accident, attentat, viol), sous forme de cauchemars, ou d’envahissement de la conscience chez le sujet éveillé, de souvenirs fréquents.
 
Ces troubles s’accompagnent souvent d’insomnies, de dépression, d’irritabilité, parfois de violences ou de conduites pathologiques (alcoolisme…). ils peuvent entraîner une totale désadaptation sociale (Alain Gerbault et sa navigation solitaire) et pousser jusqu'au suicide. Prés de nous, Les américains ont connu le phénomène avec la guerre du vietnam et les anglais avec la guerre des Malouines malgré le caractère professionnel de leur armée. Je vous laisse donc imaginé l'état de nos pauvres poilus aprés quatre ans d'horreurs continues.
 
Bonne journée,
 
François


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"le passé est la mémoire du futur" P.Valéry
n°54884
david149
Posté le 02-09-2008 à 00:30:40  profilanswer
 

Bonjours à tous!
 
En esperant ne pas être trop hors-sujet, voici la fin du film américain "Chercheuses d'Or 1933". La chanson raconte le retour des soldats américains, plein de gloire à leur départ, et maintenant oubliés et desoeuvrés après la crise de 1929. Avec la longue file d'anciens combattants attendant qu'on leur donne à manger. Le tout dans le plus pur style des années 30.  :love:  
"Remember my forgotten men" ("Rappelez-vous mon homme oublié" )
 

SWF file

n°55131
geojeff
Posté le 09-09-2008 à 21:04:28  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Voici le cas d’un ancien poilu rapporté dans un article du numéro 15 (juin 2007) de la revue STRADE, recherches et documents Corse et Méditerranée. Il s’agit d’une communication présentée en 2006 au colloque de Lama (Haute-Corse) dont le thème était la « Mémoire des Hommes » : Lama, un village pendant la Grande Guerre, Simon BACCELLI
 

Citation :

« François-Antoine Massiani […] avait reçu un éclat d’obus dans la boîte crânienne et subi, lui aussi, une trépanation, à la suite de quoi on le ramena au village. Il portait, sur la partie du crâne que l’on avait ouverte, une plaque en argent recouverte d’une petite calotte en cuir.
Il paraissait tellement vieux, quand il marchait en traînant les pieds, les bras ballants et le visage triste, qu’on l’appela prématurément Ziu Totto.
Fréquemment, il était pris de convulsions, s’écroulait sur le sol comme une masse et restait quelques minutes inanimé. On disait qu’il avait u malcadutu (l’épilepsie). Comme il y avait toujours un œil qui le surveillait, on criait aussitôt :
- corrite, corrite, Ziu Totto hè cascatu (Courez, Courez, Ziu Totto est tombé)
 
[…] On faisait porter en permanence à Ziu Totto une sorte de spatule (l’abaisse-langue pour employer le terme médical) au bout d’une cordelette pendue à son cou. Quand, pris de convulsions, il s’écroulait sur le sol, le premier arrivé devait le plus rapidement possible introduire la spatule entre ses dents et lui plaquer la langue sur le plancher de la bouche.
La dernière crise d’épilepsie du pauvre Ziu Totto se produisit sur la placette du Puntapede. Il s’écroula brusquement sur le sol. On attendit vainement qu’il reprenne connaissance. On finit par comprendre. On le transporta chez lui et on l’étendit sur son lit. Pour l’Etat Civil, on le déclara mort vers 4 heures du matin. C’était le 16 juin 1924. Il avait 30 ans.
 
[…] En 1920, comme dans la quasi-totalité des communes de France, on décida d’ériger un monument commémoratif à la mémoire des enfants de la commune morts pour la patrie. Un comité chargé de conduire cette opération fut désigné par le conseil municipal. Il se composait de :
- COSTA François Marie, Président
- SANTINI Noël, trésorier
- MASSIANI Antoine, Secrétaire
- CIAVALDINI Paul François, membre
- MASSIANI François Antoine, membre
 
François Antoine c’était Ziu Totto qui, souvenez-vous, avait été trépané et tombait souvent dans le village. Ziu Totto, le frère du lieutenant Antoine Massiani tué le 31 octobre 1914. On l’avait mis dans ce comité, non pas pour les services qu’il pouvait y rendre, le pauvre, car il n’avait plus la tête à ça, mais parce qu’il était une mémoire vivante de toute l’atrocité de cette guerre. »


 
Amicalement
Jean-François
 

n°55138
Jean RIOTT​E
Posté le 10-09-2008 à 11:05:15  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Merci Jean-François pour ce témoignage.
Oui..." la mémoire vivante de toute l'atrocité de cette guerre"...
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°55168
joelle
Posté le 12-09-2008 à 03:45:28  profilanswer
 

Oserais je aprés ce dramatique témoignage en donner 2 : la soeur de mon GP qui a perdu son fiancé à la G est restée "vieille fille" disait on; par contre le frére de mon GP a connu sa future épouse lors d'un repos à Ecueil prés de Reims et de là est née une lignée de viticulteurs champenois, mes cousins!........... cordialement joelle


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joelle
n°55169
armand
Posté le 12-09-2008 à 09:16:30  profilanswer
 

joelle a écrit :

Oserais je aprés ce dramatique témoignage en donner 2 : la soeur de mon GP qui a perdu son fiancé à la G est restée "vieille fille" disait on; par contre le frére de mon GP a connu sa future épouse lors d'un repos à Ecueil prés de Reims et de là est née une lignée de viticulteurs champenois, mes cousins!........... cordialement joelle


 
Bonjour Joélle
 
Moi aussi  :bounce:  
 
Mon GP dont je faisais était plus haut rencontre sa future épouse lors d'un tournée de theatre amateur à Ecueil immédiatement apres la PGM. Ma GM quitte la vigne pour la ville. C'etait une promotion sociale (à l'epoque).
Mes cousines sont toujours "viticultrices"  à Ecueil
 
Cdt
Armand


Message édité par armand le 12-09-2008 à 09:17:19

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Cordialement
Armand
Sur les traces du 132ème RI " Un contre Huit " et du 294ème RI (le "29-4" )
n°55981
mireille s​alvini
toujours se souvenir d'eux
Posté le 13-10-2008 à 13:14:28  profilanswer
 

bonjour à toutes et à tous,
 
tout d'abord je remercie vivement David pour son extrait de cinéphile "chercheuses d'or"
j'ai vraiment beaucoup aimé,il y a beaucoup de symboles à dénicher en le visionnant
notamment à la 3ème minute et 24 secondes:quand l'homme vautré par terre est relevé sans ménagement par le policier,la jeune femme blonde écarte la veste et que voit-on ?...une superbe croix de guerre (française,bien sûr) avec palme...qui force le respect,même du policier...
comme quoi,en 1933,la croix de guerre avait un statut et un prestige à nulle autre pareille,puisqu'elle prévalait entre toutes,même pour un ancien soldat américain.
il y a d'autres choses aussi à voir qui font réfléchir...tous ces anciens combattants à la soupe populaire,la douleur des femmes qui ne les reconnaissent plus...
bref,j'ai adoré  :love:  
 
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par ailleurs,j'ai un document de près de 500 pages concernant les emplois réservés aux anciens militaires et marins,blessés de guerre (réformés n°1):
autre aspect (essentiel) de la réinsertion des anciens combattants qui se voyaient là proposer toute une série d'emplois fonctionnaires,en fonction de leurs infirmités (quotas des emplois) et de leurs capacités (examens de passage aux modalités détaillées dans ce livre)
voici quelques pages scannées pour s'en faire une idée
certains détails sont typiquement administratifs  ;)  
(si besoin,un clic sur l'image pour l'agrandir)
 
 
Texte de loi
 
http://images2.hiboox.com/images/4208/abb85f9ff69719101929be5097ec91e7.jpg
 
http://images0.hiboox.com/images/4208/0af1d6410cf878672e013f9360a21e90.jpg
 
types de blessures et classement officiel (liste exhaustive qui laisse songeur)
 
http://images4.hiboox.com/images/4208/0933e86ac0be098d6c7807b7b11368db.jpg
 
http://images0.hiboox.com/images/4208/33b8af5cdfe5a446f0e509d54cbdf475.jpg
 
http://images1.hiboox.com/images/4208/38a793aec753774a65f6a3e5f99efaf6.jpg
 
 
 
 
exemples d'emploi réservé
 
http://images1.hiboox.com/images/4208/d1205c6e80c5a01abb91a95aecb6bb86.jpg
 
 
http://images2.hiboox.com/images/4208/3a7cb0b68ebe9f569e45467bd6c8d9f7.jpg
 
 
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exemples d'emploi avec conditions d'examen,traitements (salaires)...
 
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amicalement,
Mireille


Message édité par mireille salvini le 13-10-2008 à 17:36:14
n°57921
monte-au-c​reneau
Pas Kaput ! Kamarad !
Posté le 25-11-2008 à 16:21:22  profilanswer
 

Ma toute petite part de témoignage :
 
...Les Régions Libérées...
 
Bonjour,
Un de mes grands Père est allé travailler aux  "Régions libérées", disait-il, pour remettre en état le réseau ferroviaire dévasté (secteur de Challerange).
 
N'y avait-il pas un "ministère des Régions libérées ? à l'époque.
 
Aurevoir.


Message édité par monte-au-creneau le 25-11-2008 à 16:22:48

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Les soldats victorieux et las rentreront chez eux. Mais Vous ne rentrerez jamais.                                     Unis comme au front, mais anonyme dans la mort

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