FORUM pages 14-18
  Forum Pages d'Histoire

  traduction pour Malancourt!

 

Il y a 52 utilisateurs connus et inconnus. Pour voir la liste des connectés connus, cliquez ici

 Mot :   Pseudo :  
 
Bas de page
Auteur Sujet :

traduction pour Malancourt!

n°75401
chanteloub​e
Posté le 01-03-2010 à 21:25:12  profilanswer
 

Bonjour,
 
Voici un texte trouvé sur internet il y a longtemps mais sorti raide du traducteur automatique. L'un de vous a-t-il ou peut-il trouver le texte allemand  
 
original qu'il faudrait retraduire vraiment sérieusement?
 
 
 
REICHSARCHIV
" DIE TRAGODIE VON VERDUN 1916 (3 UND 4 TEIL) 1929"
 
MARS 1916
 
Dans leur offensive, les 12ème et 22ème R.D. ont pris possession du MORT HOMME et de la forêt de Cumières et ceci à l'issue de durs combats. La 11 Infanterie Division et la 11 RD  prirent possession de l'orée nord du bois d'Avocourt sous la hauteur de la côte 304. Pour la division, en quelques mots, le plan d'attaque de la rive gauche de la Meuse, la zone de combat était après la prise du MORTHOMME, la conquête de la côte 304.
En premier, il fallait prendre le sud-ouest de la forêt d'AVOCOURT, pour éviter le combat .
En 2ème partie, il fallait conquérir les côtes 279-270-275,4, les villages de MALANCOURT et HAUCOURT et le point nord dit " colline des Termites".
 
C'est le 11ème B.J.D. qui est chargé le 20 mars jusqu'au 22 chargé de prendre ces positions.
Depuis le 4 mars, les bavarois préparaient diverses divisions de combat pour la conquête de ces côtes. Dans la densité des sous-bois, il n'y avait pas de possibilité de voir l'ennemi. Les patrouilles en s'avançant avaient du mal, et tombèrent nez à nez sur les avants postes. De dures journées de travail commencèrent. Des tranchées furent creusées assez prêts des lignes ennemis afin de pénétrer assez facilement dans leurs positions et ceci avec l'appui de lances-mines et de lances flammes. Avec des "grenades de 28 cm ? et de lourdes mines ? ils détruisirent les abris et égalisait les tranchées. Sans pouvoir se défendre, les troupes bavaroises subirent de grosses pertes. Plus longtemps que prévu, l'offensive programmée pour le 9 mars ou les jours suivants a due être reportée, du au fait que l'avance sur l'aile gauche n'avançait pas aussi rapidement que prévue et ceci avant la prise du MORT HOMME. Le transfert de l'artillerie lourde fût déplacé du nord des FORGES ouest, dans les forêts de Cuisy et Montfaucon. Pour détruire la première tranchée ennemie, trop proche, 6 Cies de mitrailleuses furent réunies sous le commandement du cdt LINKE, la 11ème, 211, 222, 302, 18 et 33ème Cies de Bavière, avec 50 mortiers dirigèrent leurs tirs contre les lignes arrières. Un bombardement intense précède notre offensive, la forêt s'écroule comme un fétu de paille sous les tirs des lourdes mines, et ceci jusqu'à 3H30 (bombardement prévu de 8h du matin jusqu'à 4h de l'A.M.) les troupes éprouvèrent un soulagement, lorsqu'elles devaient passées à l'attaque ce 20 mars.
Vers 4heures, suite à des explosions de mines, on entendit sur la position du 21 Bavarois Infanterie Bataillon des "hourras" et des tirs d'infanterie ce qui présume la victoire. On n'entendit plus le bruit des mitrailleuses et des fusées rouges et blanches furent tirées. Les premiers prisonniers sortirent des tranchées. Entouré par la fumée des lances flammes les avants gardes des troupes d'assauts ne trouvèrent que des morts et dévastation dans les positions françaises.
 Chaque mitrailleuse française a été prise sous le feu selon les ordres du Lt GUTENBERG (der Feld Flieg.Ubt. 34) , ensuite les troupes d'assaut attaquèrent avec les grenades à main et prirent la 2ème tranchée. Les tirs de mitrailleuses françaises furent réduits au silence au bout de quelques minutes suite à l'assaut des troupes lançant des grenades. Cela ne se passa pas aussi facilement du côté gauche pour le régiment d'Augsbourg. La 8ème Cie attend en vain la destruction du champ de mines et dont les détonateurs sont détruits. De précieuses minutes passèrent, l'artillerie continue à tirer en avant ce qui permit aux troupes se sortir de leurs tranchées et d'ouvrir les tirs. Le Lt de réserve BENISH 4ème bataillon, 6 cie de pionniers essaye en vain de sortir de la tranchée qu'ils occupent, mais la 6ème Cie est reçue par des tirs de mitrailleuses et de grenades, et le Lt de réserve BENISH et le Lt de réserve HENLE tombèrent ensemble. En effet, une "FLATTERMINE"(bombe à ailettes) a détruit et en ensevelissant l'avant des 5ème et 6ème Cie et des pionniers du 4 Bat./29. En vain, la 5ème Cie essaye d'atteindre le groupe 214-215, tandis que le groupe de combat 240-241 devait prendre l'ouest de la forêt. Ceux-ci ne purent progresser suite aux durs combats de grenades. Le renfort du 5ème Bat./3 dans la forêt, la 8ème R./10 n'arrivent pas à déloger l'ennemi. Ce n'est qu'après, que le 7Bat./3 dont le commandant le Lt de réserve FRISCH est tombé et que les français furent poussés hors de la forêt. Les pertes ; 3ème R.I. BAVIERE = 426 hommes, dont 2ème Bat. 237hommes 8ème Cie = 105 hommes et le II./R 10 = 158 hommes, 22ème R.I. BAVIERE 155 hommes, II, III/ Landwehr 120 seulement 50 hommes, ce qui parait peu vu l'intensité des combats.
La 57ème division d'infanterie française était presque complètement anéantie ; 2825 prisonniers, dont 58 officiers ** , 25 mitrailleuses, 3 canons et 9 lançeurs de mines. Tel est le butin récupéré. La capture du commandant de brigade et des 2 commandants de régiments démontre l'intensité des combats.
La prise du flanc de la côte 304, la perte de la forêt d'Avocourt est l'un des évènements les plus importants. Le 22 mars après la victoire devait apporter un peu de répit.
Afin d'unifier les combats sur les positions ennemies, le général en chef du VI ème R.R. (Corps de réserve) a décidé de scinder l'attaque, appellée "SCHLESIEN". Les 2 régiments du 11 R.D.(réserve division ?) . 10 avec 4 pionniers, 29 à droite régiments von KEITH (22) avec pionniers 283 à gauche. A 12 heures, une première attaque sur les côtes 270 et 275,4 devait s'emparer de l'ouest d'HAUCOURT, à 5 heures de l'après midi contre les points essentiels, les côtes 292, 289, 284, HAUCOURT et le sud ouest de MALANCOURT. Cette 2ème attaque devait permettre aux bavarois qui étaient à l'orée du bois d'AVOCOURT de s'emparer de la côte 279, les tranchées 246, 247, 250 et 251. Le combat commencé à 12 heures pile avec la participation des 2 régiments de Sélésie est considéré comme la victoire la plus importante* suite aux durs combats, l'artillerie lourde a perdue 1 officier, 127 hommes, fusa. (?) batterie 207 en une 1/2 heure 18, 14 du même groupe Tretrop 19. 1 er bataillon fa. (?) 21, Lt RITTER VON SCHOPF, il fallait reprendre le 22 mars le matériel d'infanterie derrière les premières lignes car les 3/4 du matériel était enseveli. ** il a été noté 1300 hommes du 111ème R.I. à l'est, 900 hommes du 258 R.I. à l'ouest de la zone combat et 400 hommes du  
(107RIT) suspectà vérifier
 
 
merci d'avance  
Bien cordialement.
CC
 

n°75404
mudra
Posté le 01-03-2010 à 22:26:02  profilanswer
 

Bonjour,
 
Vous pouvez acheter des exemplaires du Reichsarchiv sur internet (e...y) pour environ 5 à 12 euro la pièce, pour Verdun il y a 3 parties si je me trompe pas. Toute la série (tous les batailles, même de l'est) s'élève à 38 livres. Je ne pense pas que ces livres sont entièrement quelque part en ligne.
 
cdt, Wim

n°75405
ALVF
Posté le 01-03-2010 à 22:33:08  profilanswer
 

Bonsoir,
 
Révisez votre "Gothique"!Cinq pages de texte et les deux croquis relatifs à Malancourt joints.
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img963.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img964.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img965.jpg
http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img966.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/2547/img968.jpg
Cordialement,
Guy François.

n°75411
chanteloub​e
Posté le 02-03-2010 à 11:58:44  profilanswer
 

Bonjour Guy François,
 
Merci beaucoup, il va falloir que j'active la famille alsacienne. J'espère qu'un au moins sait encore lire "le Gothique".
 
Cordialement. CC
 
 
 

n°75417
Yv'
Posté le 02-03-2010 à 12:23:04  profilanswer
 

Bonjour,
 
La lecture du "gothique" ne pose pas de problème particulier, sauf pour l'écriture manuscrite !  
Moi, personnellement, c'est mon niveau d'allemand qui n'est pas suffisant :(  
 
Voici un site intéressant qui donne l'alphabet :
http://www.suetterlinschrift.de/Francais/Fraktur1.htm
 
Yves (qui a déchiffré des actes rédigés en gothique en Alsace)

n°75424
chanteloub​e
Posté le 02-03-2010 à 14:37:23  profilanswer
 

Bonjour,
Je ne suis pas certain que ça va m'aider pour Malancourt mais j'ai appris quelque chose sur le site.
Merci
CC

n°75425
joel guyon​neau
Posté le 02-03-2010 à 15:48:11  profilanswer
 

bonjour
ce qui ressort du message d ALVF croquis de gauche: la base de depart de l'attaque allemande pour conquerir Malancourt, est notamment la corne Sud-Est du bois d'Avocourt.
cette corne etait francaise debut mars 1916, selon mon canevas de tir.
cdlt
 

n°75427
popol
Posté le 02-03-2010 à 16:20:35  profilanswer
 

Bonjour à Toutes & Tous,
Bonjour CC,
 
- Entre deux trains, je me suis permis de tenter la traduction littérale (attention, ce n'est pas mon métier!) du premier alinéa du texte allemand livré aimablement par Guy François. La différence est surprenante:
 
"L’ATTAQUE DE L’AILE OUEST, 20 MARS JUSQU’AU 7 AVRIL
 
Le Bois d’Avocourt, Malencourt, Haucourt, la Butte des Termites
 
Schémas 2 et 3
 
Dans une attaque (offensive) couronnée de succès, les 12e et 22e RD ont pris le «MORT HOMME », les forêts du Corbeau et de Cumières et ont tenu contre une forte contre-attaque. La 11e ID (Infanterie Division) bavaroise et la 11e RD (Reserve Division) prennent possession de l'orée sud du bois d'Avocourt (situé au Nord) et de la cote 304. Tout le plan d’attaque est pour la rive gauche de la Meuse, la division en deux de l’opération est exprimée dans ces mots clairs et simples de l’ordre du corps (d’armée). Après la conquête du « Mort Homme », la cote 304 devait être l’objectif. Le côté sud-ouest du bois d’Avocourt devait être pris au préalable, puisque autrement, de là, l’attaque principale aurait été flanquée. La deuxième partie de l’attaque préparée devait cependant amener en possession allemande les positions rallongées de la cote 304 à l’ouest et au nord-ouest, les cotes 279, 270, 275,4, les villages de Malancourt et d’Haucourt, le point d’appui au nord de la butte dénommée « Termiten-Hügel » (ndlr : butte des Termites, Termitière : Termitenhaufen !). Cette tache revenait à la 11e ID bavaroise pour le 20 (mars), et au deux divisions pour le 22 (mars).
 
Depuis le 4 mars …".
 
Maintenant, j'arrête car j'ai mal aux yeux: malgré ma loupe, les scans sont hélas! trop petits et de faible résolution ...
 
Un bonjour ensoleillé de Bruxelles!


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°75460
chanteloub​e
Posté le 03-03-2010 à 10:20:10  profilanswer
 

bonjour,  
effectivement c'est assez différent.  
je vous contacte par MP du Forum.
Merci
Cordialement CC

n°75547
popol
Posté le 05-03-2010 à 20:19:08  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous
 
- Voici la traduction du 2e alinéa (p. 25-26) du texte allemand livré aimablement par Guy François. Vos remarques sont toujours les bienvenues car je ne suis pas encore un spécialiste de l'artillerie (différence entre Werfer et Mörser, ...?). Maintenant, le 25e FAR m'attend sur le fil sur Maissin ...! A bientôt.
 
(...)
 
 "Depuis le 4 mars, les Bavarois préparaient à l’attaque une des divisions d’assaut des campagnes MACKENSENS en Galicie et en Serbie – le commandant de division, le général de division von KNEUSSL portait « le mérite » pour la conquête de Przemysl – à droite du 22e IR du Palatinat dégagée au milieu (mittelgeräumt) avec la 21e compagnie des pionniers bavarois (Pi.K. 21) sous (le commandement) du général de brigade RAAB auquel était subordonné le groupement d’attaque du lieutenant-colonel NICK – 120e LIR (Landwehr IR) würtembergeois ; à gauche du 3e IR d’Augsburg avec la 4/Pi. 6 (Schlessig) du secteur sous (le commandement) du général de brigade RITTER von SCHOCH. Dans le sous-bois épais et le maquis, il n’y avait rien à voir de l’ennemi. Des patrouilles, qui progressaient avec peine, se heurtèrent toutefois bientôt à ses postes avancés. Des journées de dur labeur commencèrent. Les troupes d’attaque devaient s’établir dans des abris de campagne anti-éclats durant sa propre préparation d’artillerie. Des sapes furent menées tout près jusqu’à l’ennemi, de telle sorte qu’au moment de l’attaque elles rétabliraient la liaison, par dynamitages, avec les têtes de sapes françaises et l’irruption des groupes de choc (Stosstrupp) s’en trouverait soulagée. Des lanceurs de mines et des lance-flammes furent installés ; des galeries de mines furent percées sous terre qui ne restèrent pas cachées à l’ennemi : il se préparait contre celles-ci. Avec des obus de 28cm et de lourdes mines, il détruisait les abris accomplis et nivelait les tranchées. Sans même pouvoir se défendre, les troupes d’élite bavaroises durent supporter les plus lourdes pertes. Et le temps de l’épreuve dura plus longtemps que prévu : car l’attaque qui était fixée initialement pour le 9 mars, ou un des jours suivants, devait être reportée puisque l’aile gauche progressait plus lentement qu’on avait espéré. La réédification de l’artillerie lourde avait lieu seulement après la prise du « Mort Homme ». Tous les mortiers (Mörser) et une partie des obusiers de campagne furent poussés de la gauche, de leurs positions au nord de la forêt des Forges, vers l’aile droite dans les forêts de Cuisy et de Montfaucon. Pour contrebattre efficacement la première tranchée ennemie, six compagnies de mitrailleuses (ou Minen-Werfer?)(M.W.Kompn) furent réunies, à cause de la trop faible distance pour l’artillerie: les 221e, 222e  ,302e ,18e et 33e compagnies bavaroises avec environ 50 mortiers (Werfe :?) sous (le commandement) du capitaine ® LINKE. Des mortiers (Mörser) et des obusiers, le groupe CHRIST dans le secteur RAAB / le groupe BLANC dans le secteur SCHOCH, dirigèrent leur feu vers les lignes arrières. C’était particulièrement favorable à l’action combinée de l’infanterie et de l’artillerie, que le major CHRIST avait son poste de commandement près de la division à la lisière nord de la forêt de Montfaucon."
(...)
 
- Une bonne soirée de Bruxelles
 
 


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°75548
ALVF
Posté le 05-03-2010 à 21:03:24  profilanswer
 

Bonsoir,
 
A la fin du paragraphe, il faut bien lire "six compagnies de Minenwerfer"....avec 50 "Minenwerfer".
Cordialement,
Guy François.

n°75904
popol
Posté le 12-03-2010 à 14:51:05  profilanswer
 

Bonjour à Toutes & Tous  
 
- Voici la traduction du 3e alinéa (p. 26-27) du texte allemand livré aimablement par Guy François:
 
(...)
 
"Après le poids des jours passés, la troupe éprouva l’approche du jour de l’attaque (20 mars) comme une libération. 8h de tir d’efficacité de 08h jusqu’à 16h. Tout ce qui est encore debout dans la forêt se rompt comme des fétus de paille sous les masses explosives des lourdes mines. Après la plus haute augmentation du feu à 15h30, on entend à 16h, dans les abris de combat de la 21e IB bavaroise à droite en avant des explosions de mines, des hourras isolés et presque aucun feu d’infanterie, un signe favorable : les mitrailleuses ennemies semblent réduites au silence. Ensuite, graduellement les autres signes de victoire : des fusées rouges et blanches montantes montrent le progrès des lignes d’attaque, des comptes rendus, des prisonniers retournant en hâte sans protection en rassemblement. Enveloppées dans les nuages de fumée des lance-flammes, les têtes d’avant-gardes des colonnes d’assaut se sont échappées des têtes de sapes. Elles ne trouvent dans la première position ennemie que des corps et des ruines. Chaque mitrailleuse française isolée fut prise séparément sous le feu selon l’excellent commandement du lieutenant von GUDENBERG de la Feld-Flieg. Abteilung 34 (?). Le gros de la troupe et son arrière ne sont pas capables d’atteindre les troupes de grenades à main qui montent déjà irrésistiblement à l’assaut de la deuxième position ennemie. Dans le troisième feu crépitant de l’adversaire, on rompt seulement en quelques minutes avec les grenades à main".
 
(...)
 
Une bonne journée de Bruxelles!  
 
 


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°76115
popol
Posté le 18-03-2010 à 21:00:20  profilanswer
 

Bonjour à Toutes & Tous  
   
- Voici la poursuite de la traduction du allemand livré aimablement par Guy François. Vos remarques et commentaires sont toujours les bienvenus:  
 
(...)
 
A la droite de la 22e IB bavaroise, le II/120e LIR würtembergeois a atteint, sous (le commandement) du capitaine HAILER et dans une poussée systématique habile et irrésistible, la lisière du bois en « Schunkspitze » (pointe de ?) et en « Achselklappe » (couvercle d’épaule ?). L’effet de panique se propage chez l’ennemi tant vers l’arrière, que le lieutenant ® PROSS avec 10 hommes de la 6e compagnie (6. Kp.) progressent en avant jusqu’au réseau de défense redouté de l’ « Araignée» (« Spinne ») et de nettoyer celui-ci jusqu’en bordure sud-ouest. Conformément à la mission, l’unité est alors retirée jusque « Achselklappe ».  
 
Cela ne se passa pas aussi facilement à l’aile gauche du régiment d’Augsbourg habitué à la victoire. La 8e compagnie attend en vain l’explosion du champ de mines se trouvant devant eux, dont le câble d’allumage (Zündleitung ?) est mitraillé. De précieuses minutes se passent, le barrage roulant d’artillerie s’en va vers l’avant, les garnissons des tranchées ennemies peuvent s’extraire de leurs abris et tirer. Le lieutenant ® BEHNISCH, de la 4e compagnie du 6e régiment de pionniers (4./Pi. 6), qui a dirigé tous les travaux de génie dans le secteur gauche, entraîne (arrache / vorreissen ?) les troupes d’assaut arrêtées d’entonnoirs en entonnoirs. Mais la compagnie est reçue des tranchées bien occupées par le feu des mitrailleuses et par des grenades à main, et les lieutenants ® BEHNISCH et HENLE (chef de compagnie) tombent ensemble. A gauche, le 10e IR (Schlessig), qui avait attendu les (régiments) bavarois, se met maintenant aussi en marche. Là, une fougasse (Flattermine) monte et ensevelit les vagues avancées des 5e et 6e compagnies avec des sapeurs affectés à la 4e compagnie (4./Pi. 29). En vain, la 5e compagnie tente à avancer contre le groupe fortifié (de défense ? Befestigungsgruppe) 214-215 par un champ libre, pendant que le grand point d’appui 240-241 au sud de cela doit être pris par un mouvement de conversion vers l’est d’éléments pénétrant dans la forêt. Cependant, ceux-ci ne progressent pas là dans un combat à la grenade à main dans les fils, les buissons et le labyrinthe de fossés (tranchées) contre un adversaire se défendant tenacement. En vain, les 5./b. 3 (5e compagnie du 3e IR bavarois) et la 8e/10e IR furent engagées respectivement en forêt et à l’extérieur. Dès que, de la droite, la pression de la 7./b. 3 (7e compagnie du 3e IR bavarois) – dont le chef, le lieutenant ® FRISCH, a été également blessé mortellement - se fit sentir, ; le Français fut poussé hors de la forêt. Lorsque les (régiments) bavarois atteignent la lisière est, le point d’appui de l’ennemi est presque dégagé. Il fut ratissé par trois groupes de la 5e compagnie et occupé avec un élément de sûreté.
 
Les chiffres des pertes, 3e IR bavarois > 426 (dont 237 du II/3e IR + 105 de la 8/3e IR) ; II/10e IR >  158 ; 22e IR bavarois > que 155 ; II/ et III/120e LIR > que 50 (*), paraissent bas, mesurés à la taille du succès.
(*) Ndlr : lors de la forte réaction de l’ennemi, l’artillerie lourde perdit 1 officier et 127 hommes. La batterie 207 (Fussart. Battr. 207) perdit 18 hommes en une demi-heure (…);
 
La 57e BI française était presque anéantie : le butin s’élève à 2825 prisonniers dont 58 officiers (**), 25 mitrailleuses, 3 canons et 9 lanceurs de mines.
(**) Ndlr : plus en détail > 1300 du 111e RI à l’ouest, environ 900 du 258e RI à l’est du centre, 400 du III/106e RIT intercalé.
 
L’attaque des (régiments) bavarois ayant été exécutée avec une telle pression, il appert que tous les postes de commandement furent enlevés, le commandant de brigade et les deux commandants de régiments furent faits prisonniers. La position gagnée dans le flanc de la cote 304 menaçait toute la position ennemie avancée sur la rive gauche de la Meuse par un enroulement, si bien que PALAT (La Grande Guerre sur le Front Occidental X – p. 288) indique la perte du bois d’Avocourt comme l’un des événements les plus sérieux dans la bataille. Assurément, après que le vainqueur se soit installé dans une nuit de mars froide et humide dans des tranchées, le succès ne pouvait être assuré qu’avec de nouveaux et lourds sacrifices, en présence du feu d’artillerie écrasant que l’ennemi dirigeait sur les trois côtés des coins sud-est de la forêt.
 
(...)
 
Une bonne soirée bien douce de Bruxelles!
 


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°76182
chanteloub​e
Posté le 22-03-2010 à 14:59:41  profilanswer
 

bonjour,
 
Je rentre de la montagne......
Encore une tranche de traduction qui nous permet déjà, avant même toute analyse critique, de mettre en défaut un certain nombre d'affirmations du genre "aucune défense sérieuse des troupes françaises" concernant  cette affaire.
Que notre ami Popol soit remercié de son travail.
Cordialement  
CC


Message édité par chanteloube le 22-03-2010 à 15:06:04
n°76250
popol
Posté le 24-03-2010 à 20:42:34  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous,
 
- Et voici la suite des événements. Le texte est fort contracté et quelque peu difficile. Nous sommes maintenant en fin de page 29. Bonne lecture attentive et critique!
 
(...)
 
Le 22 mars devait apporter du délestage, lorsque les buts fixés étaient atteints. Pour permettre une plus grande union de feu sur les positions ennemies séparées, le générale commandant la VIe RK (corps d’armée de réserve) avait décidé une division en deux de l’attaque. Sous le mot d’ordre «Silésie » («Schlesien»), qui était donné pour l’attaque entière, les deux régiments d’assaut de la 11e RD (division de réserve), le 10e RIR avec la 4e compagnie de sapeurs du 29e Pi.R (4/Pi.29) à droite / le régiment von REITH (22) avec le 283e Pi.K (?) à gauche, devait prendre à 12h dans un premier élan les deux « Bergnasen » (nez de montagne ?) 270 et 275,4 à l’ouest d’Haucourt, ensuite, à 17h, passer à l’attaque contre l’objectif principal : les points d’appui 292, 289, 284; Haucourt et la partie sud-est de Malancourt sous isolement (Abschliessung) de la partie nord-ouest du village de Malancourt. Cette deuxième progression devait se joindre au Bavarois de l’orée de la forêt d’Avocourt et prendre la cote 279 avec les tranchées 246-247 et 250-251.
 
L’attaque commençant à 12h frappant des deux régiments silésiens est l’un des plus héroïques des riches combats héroïques (!) devant Verdun. Avec un tir de barrage (d’arrêt) d’artillerie le plus fort et de mitrailleuses d’abris en béton non endommagés dans le front, ce feu flanquant s’unit immédiatement, sous lequel déjà tant d’attaque portée courageusement s’écroulait. Des (tranchées) 241-241a-242 et des broussailles du fond du ruisseau Forges, cela frappait avec dégâts dans le flanc du 10e (RIR). De la hauteur au nord de Malancourt, cela entrava l’avance du 22e (IR?). Les groupes d’artillerie BLANC et RYLL reçurent l’ordre de placer là-bas un feu renforcé. Mais, également, les fortifications ennemies à attaquer étaient même disposées sous l’exploitation excellente du terrain, que chacun se trouvait plus vite, que les voisins de la compagnie progressant avec difficulté, immédiatement dans le feu des trois côtés. Et, pourtant, aucune position couchée, aucune possibilité de refluer mais une dure et lente progression en avant dans les tranchées ennemies avec la grenade à main, les plus courageux en avant, comme le Musk. LOCHNYde la 6/22e IR, comme les officiers, l’un après l’autre tué ou couché blessé. Le capitaine UHLENHAUT (I/22e IR), enseveli de même que son état-major, par un obus lourd en sortant de la tranchée,tint la liaison avec ses compagnies jusqu’à 02h dans un abri pour mitrailleuses, dans lequel on l’avait porté, par son agent de liaison (adjudant Leutnant NOWAK). Le capitaine THOMAS (II/22e IR) avança avec ses compagnies d’assaut, il vit tout près devant l’objectif son officier de liaison d’artillerie, le lieutenant ® MENNEKING (Fussa. 4 : 4e FAR?) s’affaisser avec M.G.-Kopfschluss (?) et fut lui-même blessé, lorsqu’il annonce vers l’arrière avec des fusées éclairantes l’arrivée à la tranchée française (*).
 
(*) Le capitaine ® FRITSCH (chef de la 7/33e IR), qui reprit le commandement du II/22e IR, est blessé ; le capitaine ® KEINDORFF atteint mortellement lorsqu’il suivait les vagues d’assaut avancées. Plus loin, au 22e IR, le lieutenant ® SCHULZ (chef de la 5/2e IR) tomba ; au I/10e IR le lieutenant ® DITTEBRAND (chef de la 2/22e IR) fut mortellement blessé.
 
Le premier bataillon (I/10e IR) souffre le plus terriblement. La 1/10e IR perd beaucoup de sang devant l’ouvrage 212 bien protégé par des barbelés. Avec les restes des 2/ et 3/10e IR, le lieutenant ® Maximilien MÜLLER pénètre, l’impossibilité d’une progression frontale étant établie, en s’incurvant à gauche de la pente de la cote 270 jusqu’au point 198 et, de là, attaque de flanc la ligne 198-201, pendant que dans son dos les Français sont encore assis dans leurs tranchées. Aucun de ses agents de liaison n’atteint le bataillon. L’ordonnance de combat (Gefechtsordonnanz ?) GRELLERT de la 1. (1ère compagnie : 1/10e IR?) trouve cependant le chemin de la 3e compagnie et lui amena la 4e compagnie qui, sous le commandement du lieutenant ® REUTER, prit maintenant par l’ arrière la tranchée 208-206. L’ouvrage 212 se rend seulement avec deux mitrailleuses (M.G.) le matin suivant. En luttant contre la ligne 239-213, les 5/ et 8e/10e IR perdent leur chef : l’Oblt. d. L. von KÖDRITZ mortellement blessé, l’Oblt. d. L. DINTER grièvement blessé ; l’Oblt. ® comte PONINSKI (chef de la 6/10e IR) pénètre, jetant lui-même continuellement des grenades à main, avec les débris des trois compagnies dans la tranchée, la 7e (compagnie) progresse encore un peu contre 201.
 
(...)
 
Une bonne soirée de Bruxelles!
 
 
 
 


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°76345
popol
Posté le 28-03-2010 à 18:45:28  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous,
 
- Voici la suite de la traduction des pages 30 et 31. Il subsiste des maladresses de style ...dues peut-être à la migraine ...!
 
(...)
Il était 14h (heure allemande !), lorsque des fusées éclairantes rouges et blanches de l’artillerie annoncèrent que la première partie de la mission était résolue, que la cote 270 comme la 275,4 était prise. Mais les bataillons tiraillés ensemble (zusammengeschossenen) n’étaient plus capables de porter l’attaque plus loin. La position gagnée ne pouvait être tenue qu’avec cela, vers le soir les III. bataillons furent intercalés en première ligne. Jusqu’à midi, le temps était beau et clair. Alors la pluie commença, qui rendit toute la position défoncée. Des abris étaient peu disponibles.  Les hommes épuisés devaient passer la nuit pluvieuse, une portion de fer froide seulement dans l’estomac, (…).
 
Le général von KNEUSSL, le commandant de la 11e ID bavaroise, avait reçu avec de gros soucis les rapports sur la résistance vigoureuse que trouvait la division voisine. Etant conscient, que l’attaque de sa division à 17h10 devait mener à une catastrophe, si les Silésiens n’attaquaient pas plus loin avec, il demanda en répétant auprès de l’état-major du corps d’armée, si l’attaque avait lieu précisément. Le général von GOSSLER était résolu d’atteindre l’objectif fixé et mit alors à disposition qu’un bataillon du 25e RIR bavarois de la 11e RID. Le général von HERTZBERG donna encore une fois à 16h30 au 10e RIR l’ordre précis de porter en avant, à 17h purement et simplement, avec son aile droite vers la butte dite « Termitten-Hügel » pour rendre possible la progression de la division bavaroise. Mais comme les conditions se révélaient plus grandes que la volonté des plus hauts états-majors éloignés, qui recevaient l’autre jour une image approximative de la situation sur base de tous les rapports parvenus.
 
Les Bavarois attaquent cependant à 17h10. Le 3e IR (Regt. 3) avait relevé son II/3e IR fortement éprouvé par le III/3e IR (capitaine DETZNER). Les III/ et I/13e IR (I./b.R.13) s’avancèrent en ligne pour le I/3e IR (I/b.3) ; la M.G.Ss. Trupp 45 ( ? M.G.: mitrailleuses) sous (le commandement) de l’Oblt ® SCHROPP resta avec la 1./b. 3 (1/3e IR?) dans le coin de la forêt en saillie pour couvrir par son feu le débouché du 13e IR dans le flanc. La détérioration commença à l’aile gauche du 3e IR. Plus fatalement lorsque cette mitrailleuse du petit bois Fay, qui tourna l’assaut du 117e IR sur Beaumont le 24 février vers une issue mortelle (voir p. 134 et s. vol 13), le point d’appui 240-241-241a agit ici (de même). Ici comme là, le commandement – qui ordonnait l’attaque – mais également la troupe, était devant l’obscurité sur le danger menaçant. Calmée, la 21e IB bavaroise avait reçu (entgegengenommen) le rapport du II/3e IR (II./b. 3) que le point d’appui était libre d’ennemi et occupé par quelques groupes du bataillon. Le chef du bataillon même, le capitaine SCHNEIDER, y avait été temporairement. La déception fut grande lorsque, après la relève des patrouilles (II.), des patrouilles du IIIe bataillon furent reçues par le feu des fusils et des grenades à main de la sape vers 241a ! Immédiatement, la compagnie de l’aile gauche (9/3e IR) reçut l’ordre d’une reconnaissance précise. Le chef de compagnie même, le lieutenant ® KLOPPER – comme aussi dans l’après-midi son successeur, le lieutenant ® BISLE – fut blessé par la sape en progressant. La compagnie se chargeait avec le plus grand zèle de sa mission ; mais ses rapports ne donnaient aucune clarté, peut-être par suite du manque d’officiers. La sape en question devait se diriger immédiatement au chemin vers Malancourt , ne semblait pas mener vers le point d’appui mais vers 239, une conception que l’adjoint du bataillon – le lieutenant ® KARDEL exprimait également dans un rapport à 10h30. Cependant, cette tranchée 238-239 ne concernait en rien les Bavarois : elle devait être prise par le 10e RIR. La brigade reçut, certes, bientôt, après que cela ait commencé, le rapport que le feu des mitrailleuses du point d’appui entravait sa progression. Cependant, la confusion était facilement possible dans la configuration du terrain, les points de fixation n’offrant que peu de points de repères, et cela se rencontrait réellement dans les rapports ! Au bataillon, la manière de vue devint dans les premières heures de la matinée une certitude, comme il ressort d’une demande répétée urgente, de diriger le feu de mines de ce côté-là, puisque les patrouilles des 12e et 10e compagnies cherchant le contact furent également atteintes (angeschossen) et qu’au moins la partie Est du point d’appui était encore aux mains de l’ennemi. Malheureusement, on dut cependant renoncer à la collaboration projetée de lanceurs de mines, puisque tous les 19 lanceurs légers mis en place à la division étaient devenus inutilisables depuis le 20 mars par le « surmenage » du matériel ; le fait d’avancer des lanceurs moyens et des munitions appropriées s’avéra impossible, suite à l’état des boyaux, au feu ennemi, à l’état d’épuisement des équipes. Malgré les rapports parvenant du III. (?) relatifs à l’occupation partielle du point d’appui, le lieutenant-colonel Frhr. von STENGEL, commandant du 3e IR bavarois, s’en tient à l’attaque ordonnée. Autre chose n’était aussi pas du tout possible, puisqu' il était exclu, par manque général de lignes téléphoniques, d’arrêter encore l’attaque des unités encadrantes.
(...)
 
Une bonne soirée dominicale de Bruxelles
 


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°76348
chanteloub​e
Posté le 28-03-2010 à 20:29:53  profilanswer
 

Bonsoir,
Encore une fois merci.
Cordialement CC

n°76357
chanteloub​e
Posté le 29-03-2010 à 15:20:22  profilanswer
 

bonjour à toutes et à tous,
 
 Voici une rédaction fort  libre que je vous propose.  
J’ai éliminé tout ce qui n’est pas nécessaire à la compréhension de l’opération. (en italique ce que je ne comprends pas vraiment ou me semble de l’ordre du détails ( bien que je respecte infiniment la mémoire des soldats et officiers Allemands tombés)
 
A partir du 4 mars, les Bavarois préparèrent l’attaque d’une des divisions d’assaut des compagnies MACKENSENS  de Galicie et de Serbie –le général de division von KNEUSSL avait été décoré pour la conquête de Przemysl – à droite du 22e IR du Palatinat dégagée au milieu (mittelgeräumt) avec la 21e compagnie des pionniers bavarois (Pi.K. 21) sous (le commandement) du général de brigade RAAB auquel était subordonné le groupement d’attaque du lieutenant-colonel NICK – 120e LIR (Landwehr IR) würtembergeois ; à gauche du 3e IR d’Augsburg avec la 4/Pi. 6 (Schlessig) du secteur sous (le commandement) du général de brigade RITTER von SCHOCH.
Les patrouilles progressant avec peine à travers le sous-bois épais et les buissons ne voyaient pas l’ennemi se heurtèrent bientôt à des postes avancés.  
Des journées de dur labeur commencèrent alors car les troupes d’attaque étaient disposées si prés des lignes françaises qu’il fut prévu qu’elles s’abriteraient dans des abris anti-éclats durant la préparation de leur propre artillerie.
 Des sapes furent aussi creusées qui allaient presque jusqu’à l’ennemi, de telle sorte que par explosion des fourneaux,  au moment de l’attaque, elles  se raccorderaient avec les têtes des sapes françaises facilitant l’irruption des groupes de choc. Des minenverfer et des lance-flammes furent aussi installés.  
Mais les galeries de mines furent découvertes par l’ennemi. Avec des obus de 280 et de lourdes marmites, les Français détruisaient les abris finis et nivelaient les tranchées. Dans ces conditions, les  troupes d’élite bavaroises endurèrent donc de lourdes pertes et leur attente dura bien plus longtemps que prévu car  l’attaque qui avait  été fixée au 9 mars ou à l’un des jours suivants, dut être reportée puisque l’aile gauche de l’attaque préparatoire progressait bien plus lentement qu’on ne l’avait espéré. Le transfert de l’artillerie lourde devant avoir lieu seulement après la prise du « Mort Homme » qui ne se produisit pas à la date prévue, tous les mortiers et une partie des obusiers de campagne furent donc déplacés de leurs positions au nord de la forêt des Forges à gauche, vers l’aile droite dans les forêts de Cuisy et de Montfaucon.  
 Pour battre efficacement la première tranchée ennemie, car la faible distance séparant les lignes interdisait l’usage de l’artillerie, six compagnies de mitrailleuses (ou Minen-Werfer?)(M.W.Kompn) furent réunies : les 221e, 222e  ,302e ,18e et 33e compagnies bavaroises avec environ 50 mortiers (Werfe :?) commandé par le Capitaine LINKE.
Des  mortiers et des obusiers, (groupe CHRIST  ) dans le secteur RAAB; le groupe BLANC dans le secteur SCHOCH, dirigèrent leur feu vers les lignes arrières.  
Le  major CHRIST ayant installé son poste de commandement tout près de la division d’attaque, à la lisière nord de la forêt de Montfaucon se trouvait dans une position tout à fait favorable à l’emploi combiné de l’infanterie et de l’artillerie.
 
Après la terrible angoisse de l’attente, la troupe accueillit l’annonce du jour de l’attaque (20 mars) comme une libération.  
L’attaque fut précédée de 8h de pilonnage (de 8h jusqu’à 16h)  
Tout ce qui était encore debout dans la forêt se rompit comme fétus de paille, haché par les gros obus.
22IB
 Le maximum de feu fut atteint à 15h30 et à 16h, à droite, en avant des abris de combat de la 22e IB bavaroise on entendit les explosions des mines, aussitôt suivies, signes d’une attaque victorieuse, de hourras isolés et de presque aucun coup de fusils. Les mitrailleuses ennemies semblaient donc avoir été  efficacement réduites au silence.
Ensuite, successivement, on enregistra les autres signes de victoire : fusées rouges et blanches jalonnant  le progrès des lignes d’attaque, propos des prisonniers refluant en hâte, en masse et sans gardiens.  
Enveloppées dans les nuages de fumée des lance-flammes, les avant-gardes des colonnes d’assaut bondissant des têtes de sapes n’avaient trouvé dans la première position ennemie entièrement dévastée que des corps et des ruines. Chaque mitrailleuse française avait été prise séparément sous le feu, comme l’avait habilement  demandé le lieutenant von GUDENBERG de la Feld-Flieg. Abteilung 34 (?).
 Le gros de la troupe française et ses arrières ne purent endiguer le  flot de grenadiers qui montaient déjà à l’assaut de la deuxième position. Les dernières résistances furent balayées en quelques minutes avec les grenades à main.
 
 A la droite de la 22e IB bavaroise, le II/120e LIR würtembourgeois sous le commandement du capitaine HAILER a atteint, dans un élan irrésistible, la lisière du bois en « Schunkspitze » (pointe de ?) et en « Achselklappe » (couvercle d’épaule ?).
 L’effet de panique se propagea si rapidement vers l’arrière, que le lieutenant Pross avec seulement  10 hommes de la 6e compagnie  progressa jusqu’au réseau de défense si redouté de l’ « Araignée» (« Spinne ») et le nettoya jusqu’à la  bordure sud-ouest. Conformément aux ordres, l’unité fut alors ramenée en arrière jusque « Achselklappe ».  
 
Cela ne se passa pas aussi facilement à l’aile gauche du régiment d’Augsbourg. La 8e compagnie attendit en vain l’explosion des mines se trouvant devant elle, car le câble de mise à feu était coupé. De précieuses minutes furent perdues, le barrage roulant d’artillerie avançant, les garnisons des tranchées ennemies purent sortir de leurs abris et tirer. Le lieutenant  BEHNISCH, de la 4e compagnie du 6e régiment de pionniers (4./Pi. 6), qui a dirigé tous les travaux de génie dans le secteur gauche, entraîna les troupes d’assaut immobilisées d’entonnoirs en entonnoirs. Mais se trouva face à des tranchées bien occupées, le feu des mitrailleuses  et les  grenades à main firent des ravages.  Les lieutenants BEHNISCH et HENLE (chef de compagnie) tombèrent ensemble.
A gauche, le 10e IR (Schlessig), qui avait attendu les (régiments) bavarois, se mit maintenant aussi en marche. Mais là, une fougasse explosa et ensevelissant les vagues avancées des 5e et 6e compagnies et les sapeurs affectés à la 4e compagnie.  En vain, la 5e compagnie tenta d’avancer à découvert vers le réduit 214-215, pendant que le grand point d’appui 240-241 au sud était pris par un mouvement d’enveloppement  vers l’est par des éléments pénétrant dans la forêt. Cependant, ceux-ci ne progressèrent pas facilement dans un combat à la grenade à main dans les fils, les buissons et le labyrinthe de tranchées, contre un adversaire se défendant tenacement. En vain les  5./b. 3 (5e compagnie du 3e IR bavarois) et la 8e/10e IR furent engagées respectivement en forêt et à l’extérieur mais dés que, de la droite, la pression de la 7./b. 3 (7e compagnie du 3e IR bavarois) – dont le chef, le lieutenant ® FRISCH, a été également blessé mortellement - se fit sentir, les Français furent poussés hors de la forêt. Lorsque les (régiments) bavarois atteignirent la lisière est, le point d’appui de l’ennemi était presque occupé. Il fut ratissé par trois groupes de la 5e compagnie et occupé par un élément de sûreté.  
 
Les chiffres des pertes,  
3e IR bavarois > 426 (dont 237 du II/3e IR + 105 de la 8/3e IR) ;
 II/10e IR >  158 ;  
22e IR bavarois > que 155 ;
 II/ et III/120e LIR > que 50  
(*), paraissent bas, mesurés à la taille du succès.  
(*) lors de la forte réaction de l’ennemi, l’artillerie lourde perdit 1 officier et 127 hommes. La batterie 207 (Fussart. Battr. 207) perdit 18 hommes en une demi-heure (…);  
 
Je ne comprends pas bien ça
 
La 57e BI française était presque anéantie :
le butin s’élève à 2825 prisonniers dont 58 officiers ,  
25 mitrailleuses, 3 canons et 9 lanceurs de mines.  
1300 hommes du 111e RI à l’ouest,  
900 hommes du 258e RI à l’est  
 400 hommes du III/106e RIT au centre  
 
L’attaque ayant été exécutée avec une telle rapidité, tous les postes de commandement furent enlevés, le commandant de brigade et les deux commandants de régiments furent faits prisonniers.  
 
La position gagnée dans le flanc de la cote 304 menaçait toute la position ennemie avancée sur la rive gauche de la Meuse d’ encerclement, si bien que PALAT (La Grande Guerre sur le Front Occidental X – p. 288) indique la perte du bois d’Avocourt comme l’un des événements les plus sérieux dans la bataille.  
Assurément, après que le vainqueur se fut installé dans une nuit de mars froide et humide dans des tranchées, le succès ne pouvait être assuré qu’avec de nouveaux et lourds sacrifices, en présence du feu d’artillerie écrasant que l’ennemi dirigeait sur les trois côtés des coins sud-est de la forêt
 
 
Le 22 mars devait apporter un peu de calme puisque les buts fixés étaient atteints.  
 
(à suivre)
 
J'accueille avec la plus grande humilité et la plus grande sympathie toutes propositions de rectifications, de corrections  etc....
Cordialement
CC


Message édité par chanteloube le 29-03-2010 à 15:26:39
n°76369
terrasson
Vai i mesme pas paur
Posté le 29-03-2010 à 21:13:10  profilanswer
 

Bonsoir Claude  
bonsoir tout le monde
ce n est pas de correction que je vais vous parler mais de merci pour cet extrait.Je comprend encore mieux l acharnement auprés de ces positions notamment de la cote 304 et du mort homme.Le IX éme  corps  a assuré la garde  de la region de fin avril jusqu au 20 mai je crois .Ces attaques allemandes montrent bien le desir de s emparer de ces point hauts certes ils ont etes enlevés repris enlevés rerepris mais jamais les allemands ne s y sont installés
Merci pour ces recits
bien cordialement
Christian Terrasson
adischats


Message édité par terrasson le 30-03-2010 à 21:28:15

---------------
soldat forcat a pas jamai portat plan lo sac.Es pas l'ome que gana  es lo temps
n°76375
chanteloub​e
Posté le 29-03-2010 à 22:09:59  profilanswer
 

Bonsoir,
Merci.  
Je suis en cours de frappe de divers Jmo,  là encore des indications précieuses et qui confirment ce que je commence à percevoir.  
Cordialement CC

n°76705
popol
Posté le 10-04-2010 à 17:53:57  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous,
 
- Voici la traduction des pages 32 et 33 du texte allemand, livré aimablement par Guy François. Bonne lecture attentive et critique ...!
 
(...)  
 
En outre, l’occupation de ce point, apparemment seulement faible par l’ennemi, était-elle vraiment une raison d’abandonner le plan d’attaque préparé depuis longtemps ? Cependant des mesures devaient être prises pour neutraliser le point d’appui. Le bataillon ordonna à cette fin : « les 2/ et 10/3e IR sont destinées, l’une avec une demie section ou une section abondamment munie de grenades à main, à la liquidation des nids (de résistance) français immédiatement dès le début (de l’attaque) vers 5h10 ». De quoi on avait aucune idée : c’était la force de la garnison ennemie.
 
Le bataillon se mit en marche ponctuellement. La 9e compagnie (3/3e IR), il est vrai, reste fixée à la lisière de la forêt par le feu ouvert immédiatement. La 12/3e IR, qui se trouve déjà avec ses éléments les plus avancés dans le point d’appui, se porte en combattant dans la tranchée sur 241. La 10/3e IR (lieutenant MAGON) et la 11/3e IR (Oberleutnant RIED) montent à l’assaut dans un élan vigoureux à droite du point d’appui en passant par la hauteur. Là, cela se passe terriblement. Les marteaux connus, comme les doigts osseux de la Mort, retentissent dans leur dos : trois mitrailleuses ennemies se révèlent dans le point d’appui et fauchent les rangs des assaillants comme la faux voyageant dans les tiges (!). Et, en même temps, commence un tir de barrage fou, du devant de la cote 304, de droite et à droite en arrière. Dans ce tourbillon de feu, toute vie semble devoir périr. Les mitrailleuses crient « en arrière ! » qui renversent en courant. Il n’y en a qu’un : en avant ! En haut de la colline ! Des petits groupes sans chef atteignent la tranchée française à la route Haucourt – Esnes. La garnison ne rend aucune résistance aux désespérés. Mais de derrière, où toutes les vagues suivantes sont fixées par le point d’appui, aucune aide ne vient et on doit tenir jusqu’à l’obscurité dans le feu d’enfer en haut sur la montagne. Aucun rapport des valeureuses compagnies ne parvient à l’arrière. Des bruits courent que l’Oberleutnant RIED a été capturé blessé et que sa compagnie a attaqué par delà la cote 279. Presque à 17h20, le capitaine KORRN, commandant le bataillon de réserve, a jeté en avant la 2e compagnie en soutien par la dépression de terrain au sud-est du point d’appui. Des hommes de la 10/ et de la 11/3e IR, sans chef, furent intégrés (eingeordnet), le feu des mitrailleuses éclaircit les rangs. Les débris se terrent dans le groupe de buissons dans la dépression. A la pointe de la 3/3e IR, V.F. HAUSER tombe lorsqu’il débouche directement sur le point d’appui. Le cri retentit de l’avant : « Tout le monde en arrière ! » (« Alles zurück ! »). Le sous-officier SCHÖN rassemble cependant environ 60 hommes avec lesquels il se lie aux compagnies arrivant du IIe bataillon de la brigade de réserve poussé en avant. Le capitaine SCHNEIDER, chef du bataillon dépêché à l’avant, a été blessé à la lisière de la forêt, les compagnies furent fracassées en partie dans le feu de barrage. L’ O.St. HYRONIMUS, chef de la 7/3e IR, qui connaît le mieux ici le terrain, devient maintenant l’âme de l’attaque et après une lutte exaspérée de grenades à main, l’ouvrage de tranchée fut conquis vers 20h30, la garnison – encore 200 hommes et un major – fut capturée. Selon ses dires, le mot de l’énigme fatale était maintenant trouvé. En effet, le II/3e IR (II./b.3) n’avait occupé que la partie ouest du point d’appui et avait passé au III/3e IR. Les Français étaient cachés ultérieurement dans des abris, par un obstacle particulier de fils de fer, et ont été renforcés dans la nuit par un demi bataillon du 105e RI poussé en avant par le creux du ruisseau Les Forges. Dans le désordre des tranchées, la délimitation d’un tel groupe de fortifications paraissant très clairement sur la carte n’est pas aisément reconnaissable par un groupe se déplaçant dans le feu ennemi : une erreur, comme elle exista ici, est donc absolument explicable.
 
Le feu flanquant des mitrailleuses de gauche, de la tranchée 251-249, et aussi du point d’appui, rend dès l’abord impossible une approche fluide du III/13e IR (III./b. R. 13). Homme par homme, on progresse d’entonnoir à entonnoir. A droite, les vagues du I/13e IR bondissent vivement en avant par le fond de prairie. Aucun feu d’artillerie sur la ligne entière pendant les vingt premières minutes. Seulement à 17h, cela commence avec une puissance destructive. Mais aussi auprès du I/13e IR, le feu flanquant des mitrailleuses, ici de droite, constitue déjà à l’avance un but pour l’effort en avant. L’une (mitrailleuse) de ce côté dissimulée de la vue derrière la haie attire les hommes de la 4/13e IR. Ils rampent à travers la haie et se jettent vivement dans une tranchée enlevée, non occupée le long de la hauteur. A peine sont ils là-dedans, des coups au but d’obus ennemis s’écrasent dedans. Un feu de barrage éclatent dans les vagues (d’assaut) en arrière. La 1/13e IR n’est pas capable d’exécuter sa conversion de couverture de flanc (?). Des débris atteignent, sans le chef de compagnie disparu (lieutenant ® CARL), la tranchée citée où le capitaine ® LUDWIG, chef de la 4/13e IR, réunit cent fusils. A gauche, on voit des formes grises isolées et des petits groupes qui bondissent sur la hauteur, la plupart de la 2/13e IR, dont le chef (capitaine ® HAMBURGER) est tombé. Devant l’obstacle de la position principale française 245-246, ils doivent également rester couchés, creusant la terre humide. Encore plus loin à gauche, de forts éléments des 10/ et 11/13e IR parviennent à l’obstacle ennemi. Son chef énergique, l’Oberleutnant LENK, qui les avait amenées si loin par son exemple brisé de fatigue (todesmutig), tombe. Mais bien que peu à peu presque tous les gradés (porteurs de sabre) de deux compagnies soient supprimés (le chef de la 10/13e IR, le lieutenant ® WILDENAUER, est blessé ; le lieutenant ® KLEIN de la 10/13e IR avec un coup au ventre mortel), les survivants coupent des passages à travers l’obstacle et pénètrent dans la tranchée ennemie de laquelle le Français se retire après pour emprunter des boyaux dirigés vers l’arrière et commence ensuite le feu, le premier feu frontal que les assaillants reçoivent. Le matin suivant, le commandant de bataillon FICHTNER téméraire et seul sur la hauteur découvre une image effroyable : la 11/13e IR en entier est comme morte ou blessée devant et dans l’abattis (Drahtverhau) ennemi de fils de fer.  
 
(...)
 
Une bonne soirée (bien douce et ensoleillée de Bruxelles) !    
 
 
 


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°76710
chanteloub​e
Posté le 10-04-2010 à 19:18:22  profilanswer
 

bonsoir,
 
Notre ami Popol nous en redonne une tranche...merci, merci beaucoup. Je vais la mettre au bout de ce que j'ai déjà proposé en toute humilité ( une rédaction trés personnelle mais dans l'esprit et sans grosses erreurs j'espère!)
Par ailleurs, j'ai presque terminé la frappe  de la partie Herr de RFV  décembre 15 février 16 c'est assez édifiant comme révélateur de l'impréparation du secteur .... et ça va se payer de dizaines de milliers de morts.  
Cordialement CC

n°77310
popol
Posté le 30-04-2010 à 18:26:26  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous,
Bonsoir CC  
 
- Voici la traduction "brute" promise des pages 34 et 35 du texte allemand, livré aimablement par Guy François. Bonne lecture attentive et critique ...! Attention, nous sommes dans la gadoue ....! :
 
(...)
 
"Le commandement reste également ici, jusqu’à minuit, sans aucune nouvelle de la situation à l’avant. Le feu de dispersion empêche chaque liaison. La brigade apprend pour la première fois à 2h30 par deux officiers revenant, que l’attaque a complètement échoué. De faibles petits groupes reviennent peu à peu - baignés dans la boue, en partie sans botte, sans armes, puisque les fusils salis sont inutilisables – à la lisière du bois, l’œil avec cette expression figée que donne la conscience de ne plus pouvoir éprouver le pire.  
 
Ce 22 mars est une des pages sanglantes du livre de la Tragédie de Verdun (*). L’esprit d’attaque le plus brillant des troupes, qui ont été mises en œuvre à l’attaque relativement fraîches et inutilisées, se brisa à la nuit de la mécanique habilement utilisée par l’adversaire. La situation tactique conduisit l’attaque dans une action double de flanquement. Les forces d’artillerie engagées à la neutralisation de la hauteur flanquante au nord de Malancourt suffisaient aussi peu comme les mesures prises (Groupe SCHROPP) pour éliminer le feu flanquant de droite. L’incident infortuné, qui permettait à l’ennemi le flanquement des deux côtés et l’action sur le dos, acheva l’écroulement de l’attaque allemande.
 
(*) Le 3e IR bavarois perdit le 21 mars 150 hommes tués, parmi lesquels le capitaine Frhr. von HACKE commandant le I/3e IR ; le 22 mars 5 officiers et 450 hommes. Le 13e RIR bavarois perdit 15 officiers et 729 hommes. Le 22e IR prussien perdit 20 officiers et 608 hommes, le 10e RIR environ 600 hommes avec 25 officiers. Le 283e Pi R perdit 3 officiers et 42 hommes. La 4/29e Pi R perdit 57 hommes du 20 au 24 mars.
Mentionnons comme prisonniers : environ 200 hommes du 141e RI français (défense de la cote 275,4), 200 hommes du 258e RI (cote 270 et au sud), 100 hommes du 3e RI (compagnies intercalées séparément dans la position au nord de Malancourt – Béthincourt), presque 400 hommes du 105e RI (de la 26e DI alignée en renfort).
 
De cette manière, que la division bavaroise avait été rejetée de la position ennemie des coins saillants de la forêt d’Avocourt, elle se vit tout de même exposée les jours suivants à l’effet pleinement concentré de l’artillerie ennemie. Le 23 mars fut un jour terrible pour les troupes affaiblies et ébranlées de la lutte de la veille, trouvant seulement une pauvre couverture dans des trous de terre humide. Des parties entières de tranchées furent bouleversées et des garnisons enterrées (*). Seulement avec peine, des groupes de reconnaissance ennemis qui se hasardaient vers la lisière de la forêt, vers 20h, pouvaient être rejetés par l’engagement de quelques mitrailleuses. Pour le comblement des brèches au I/ et III/13e IR, des compagnies du II/13e IR avancées en avant ne parvinrent vers l’avant qu’à des ruines. Ce que la pluie de fer des obus épargnait, restait figé dans la boue. La pluie s’échappait continuellement par le bas dans toutes les dédales des tranchées arrières en un labyrinthe de boue dans lequel tous les cadavres disparaissaient et les blessés piétinés étouffaient. Des bottes – et avec eux souvent des bas et des pantalons – restèrent enfuies (dans la boue) en un tel nombre, qu’un ordre de la 192e IB du 27/04 demande au commandant du régiment de service de faire collecter des pièces d’habillement perdues dans la boue (!). Les gens s’aidèrent finalement en liant solidement des sacs de sable sur les bottes et en entourant la jambe de rubans jusqu’aux genoux. Plus longtemps le temps pluvieux durait, plus ces situations devenaient insupportables : chaque liaison avec la ligne avancée, le transport des blessés, comme l’approvisionnement en moyens de subsistance, en eau et en matériel, devenaient un problème quasi insoluble; (situations) qui avant tout entouraient les relèves dans la nuit sinistre d’impressions de frayeur qui sont restées inoubliables à tous les participants, si bien que l’historique du 192 IR indique une telle nuit de relève comme la plus sombre du régiment devant Verdun. Les canonniers avaient aussi difficile, dont les pièces se trouvaient dans la boue jusqu’aux essieux et que chaque changement de position demandait des efforts surhumains. Et comme dans la forêt d’Avocourt, les bataillons souffraient également sur les « nez de la montagne » (Bergnasen) devant Haucourt sous la pluie qui perdure. Les hommes de troupe tombaient malades, les fusils se souillaient ; les fusils, les cartouches, les sacs disparaissaient dans la boue qui se révélait plus forte que tout le bon vouloir de la troupe. Quand Napoléon I évoque, à l’occasion de sa campagne d’automne 1806 en Pologne, la crotte comme le cinquième élément, les combattants de Verdun ont appris avant tout à le connaître dans ce secteur sous la forme la plus parfaite.
 
(*) Les chiffres des pertes du 23 mars sont de 202 pour le 13e RIR bavarois (90 pour le 24/03), de 156 pour le 3e IR bavarois (62 pour le 24/03), de 213 pour le I., III./b. 22 (265 pour le 24/03 au IIIe bataillon 21)."
 
(...)
 
- Une bonne soirée fleurant le muguet ... de Bruxelles!
 


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°77426
chanteloub​e
Posté le 03-05-2010 à 13:53:11  profilanswer
 

Bonjour Popol,
Merci de cette nouvelle traduction qui éclaire encore un peu l'histoire de ce secteur clef de Verdun.
Cordialement CC

n°77528
popol
Posté le 05-05-2010 à 20:49:52  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous,  
Bonsoir CC  
   
- Voici la traduction "brute" promise des pages 36 et 37 du texte allemand, livré aimablement par Guy François. Il subsiste encore des imperfections de style. Bonne lecture attentive et critique ...!  
 
(...)
 
" La relève rapide des troupes de combat éprouvées devenait une nécessité, à quoi le VIe RAK mettait la 192e IB à disposition. Avec les Saxons des 192e IR, 192e FAR, 192e Pi K étaient réunis dedans les Westphaliens du 193e IR et les Bavarois du 25e IR, les éléments organiques de corps d’armée formés en totalité seulement en août 1915, qui avaient reçu un baptême du feu lourd et plein de gloire au combat d’automne en Champagne. Dans le secteur sud de la forêt d’Avocourt, le III/22e IR (bataillon le plus durement emporté à gauche) fut relevé d’abord dans la nuit du 24 mars par le III/193e IR, le I/22e IR ne fut relevé que le 27 mars par le II/22e IR, qui avait aussi déjà épuisé ses forces dans un dur service et travail quotidien (Tagedienst) derrière la position. Les II/13e IR, II/25e IR (ce dernier en point d’appui 240-241-241a) allèrent occuper désormais, de droite à gauche, le secteur Est (de la forêt d’Avocourt). Peu après avoir regagné le poste de combat du régiment près de la lisière orientale du bois, le lieutenant-colonel SEEMÜLLER – commandant le 25e IR bavarois – a été blessé par un éclat d’obus. Le major DÜMLEIN – commandant le II/13e IR – se chargea des ordres dans le secteur. Le 10e RIR silésien et le 22e IR furent relevés seulement pour trois jours par le II/192e IR bzw I/193e IR pour recevoir des renforts et rassembler des forces pour la poursuite de l’attaque.
 
Le pilonnage ennemi sur la forêt d’Avocourt continuait et laissait les troupes récemment mises en ligne – qui auraient pu rendre le brillant dans l’assaut frais - fondre là dedans, comme la neige dans le soleil printanier (*). Chaque jour, des appels à l’aide de la troupe allèrent à leur propre artillerie – qui faisait son possible – d’atteindre les batteries ennemies et de battre également par un feu de répression (Straffeuer) les positions d’infanterie française. La masse des lourdes batteries devait cependant changer de direction de tir tout autour pour la nouvelle attaque vers l’Est.
 
(*) Le III/193e IR perdit lors de sa première journée en position 3 officiers et 125 hommes ; le I/25e IR perdit du 23 au 27/03 2 officiers et 264 hommes.
 
Le général von GOSSLER s’était décidé à atteindre désormais le but du 22 mars dans des poussées locales (isolées) pour pouvoir réunir une puissance d’artillerie plus forte sur les objectifs d’attaque. L’action de flanquement gênante de l’attaque du 22 mars de la hauteur au nord de Malancourt fit apparaître avant tout comme nécessaire l’enlèvement de celle-ci de la position avancée en bordure nord du village. Après un jour supplémentaire, revendiqué par l’artillerie pour le regroupement avec le renfort de nouvelles batteries de mortiers, cette attaque fut menée de manière brillante par les I/ et II/156e IR avec la Pi. K 192 (compagnie de pionniers) sous la conduite du lieutenant-colonel CREDE. La distance considérable de la position française, à environ 1km des tranchées propres, exigea que les unités d’assaut soient avancées tôt jusque 16h sur le champ libre, trempées jusque la peau dans une pluie torrentielle. Mais la même pluie les protégeait de l’artillerie ennemie. Aucun avion français dans les airs.  Et pendant que le propre feu neutralisait encore les occupants des tranchées de l’adversaire, les compagnies parcouraient l’étendue comportant encore toujours 700-800m, elles prirent avec de faibles pertes (5 officiers et 90 hommes pour les deux bataillons) la position française entière et poussèrent même jusque dans Malancourt avec des éléments, pendant que de l’ouest la 7/22e IR sous (la conduite) du lieutenant ® JAGLO (blessé) progressait jusqu’à la brasserie et là, sous la distinction particulière, le sous-officier SCHUHMACHER (Pi K 283) sortit seul 200 prisonniers des caves (*).  
 
(*) Le 163e RI de la 76e DIR se trouvant en vis-à-vis, qui avait relevé la 29e ID, perdit plus de 500 prisonniers.
 
En ce même 28 mars, le pilonnage atteignit sur la lisière sud de la forêt d’Avocourt une force jusqu’alors non atteinte. L’ennemi détruisait systématiquement, un obus placé à côté de l’autre, le secteur gauche de la 10e compagnie du III/193e IR pour se créer une poche (point de rupture). Le feu s’arrêta la nuit entière, s’intensifia encore une fois le 29 mars entre 4h et 6h jusqu’au feu de pilonnage. L’attaque eut lieu à 6h avec une brigade fraîche de la 76e DIR : les 210e et 157e RI. Le faible reste non blessé de la 10/193e IR ne peut résister à l’effort principal. Le chef de compagnie tombe en captivité avec 50 hommes et les Français avancent, avec des pantalons clairs (!), dans la forêt éclaircie (gelichtet). D’abord, le lieutenant ® BRÜGGEMANN jette en avant sa 7e compagnie d’un ancien abri français. Le lieutenant ® BOHMANN laisse sa section se renverser (niederwerfen) dans une tranchée menant en avant et tirer les masses denses de l’ennemi dans le flanc gauche. « Occupez la tranchée et ne pas la quitter ! » sont ses derniers mots lorsque le plomb mortel l’atteint. A l’aile droite, la 12e compagnie sous (la conduite) du lieutenant ® HEESEMANN (qui tient bon, blessé, avec sa compagnie) est restée maître de sa position et, en association avec la 11e compagnie accourant à l’aide sous (la conduite) du lieutenant ® KNEBEL, a repoussé les Français jusqu’à la lisière de la forêt avec les grenades à mains et sous les hourras. En outre, le jeune lieutenant ® HÄUSER tombe en tête de sa section. Cependant, en même temps avec l’aile gauche des Westphaliens, l’ennemi a enfoncé l’aile droite du 13e RIR bavarois. Le lieutenant BAUER, chef de la 9e compagnie, tombe. Des grenades à main pleuvent déjà vers l’abri du bataillon. L’officier de liaison (Adjutant), le lieutenant ® LUDWIG, sauve la situation lorsqu’il repousse l’adversaire par un feu d’infanterie  avec quelques agents de transmission et amène alors avec le lieutenant ® KIESSLING deux mitrailleuses de réserve en position."
 
(...)
 
- Une bonne soirée (bien froide ...) de Bruxelles!      


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°77678
popol
Posté le 12-05-2010 à 21:25:45  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous,  
Bonsoir CC    
   
- Voici la traduction "brute" promise des pages 38 et 39 du texte allemand, livré aimablement par Guy François. Il subsiste encore des imperfections de style. Mon devoir de vacances est enfin achevé, à vous de jouer! Bonne lecture attentive et critique ...!  
 
(...)
 
"Précisément une colonne ennemie serrée s’avance sur le (Mittelgeräumte ?), là elle est prise de la droite par une mitrailleuse bavaroise, pendant que de gauche le feu d’infanterie furieux des Westphaliens, derrière une ondulation de terrain, frappe dans ses rangs. Alors le chef de la 9/193e IR (V.F. GADINGER), avec 20 hommes, débouche avec des grenades à main. Le commandant du I/210e RI français se rend avec le reste de son unité. L’aile gauche du III/13e RIR est particulièrement compromise puis qu’aucune liaison n’a été atteinte avec le II/25e IR lors de la relève nocturne. Le chef de la 12e compagnie, le lieutenant ® SCHNEIDL, n’a revu personne depuis qu’il avança en reconnaissance avec son compagnon dans la nuit et la tempête. Dans une position désespérée, bientôt complètement cernés par les Français, le V.F. FICHTNER se tient avec sa section poussée en avant à la lisière de la forêt. Les hommes d’escorte tirant, il libère même 38 camarades menés prisonniers et nettoie avec eux les nids français aux alentours. V.F VOLLRATH (10e cie) et le caporal BRUNNER (12e cie) rétablissent la liaison avec lui, ils se sont réunis dans le désordre du combat et progresse jusque la ligne avancée dans une lutte infatigable de grenades à main, en prenant une caisse entière de grenades à main (œufs) à un Français tombé. Les hommes d’escorte tirant, il libère même 38 camarades menés prisonniers et nettoie avec eux les nids français aux alentours. Un enveloppement complet de l’aile gauche était empêché, parce que, par hasard, une partie de la 8/13e RIR n’avait pas été relevée dans l’obscurité et empêchait maintenant dans les postes à la lisière de la forêt, éloignés les uns des autres, la pénétration de l’ennemi. Seulement à 19h, arriva la contre-attaque ordonnée à plusieurs reprises par la division, mais la contre-attaque du II/193e IR et du I/13e RIR sous (la conduite) du major MARQUARDSEN (commandant le II/193e IR) fut différée par les difficultés de terrain. Les 5e et 6e/ 193e IR, s’avançant en direction Est sur l’aile gauche, atteignirent avec de faibles pertes la lisière Est de la forêt ; les 7e et 8e/193e IR ne progressaient cependant pas, sur l’aile droite, dans le feu de nombreuses mitrailleuses que l’ennemi avait déjà menées dans le bois. Ainsi, la lisière sud de la forêt – qui avait été occupée jusqu’à maintenant par une ligne de postes - resta dans la main de l’ennemi qui se terrait le plus fort.  Au cours du temps suivant, où le combat passait ici tout à fait à la guerre de position avec ses relèves régulières, ce nid de Français se révéla être une position excellente contre le feu de l’artillerie française qui épargnait la position allemande avancée, pour ne pas mettre en danger leurs propres troupes. La contre-attaque projetée au début fut ainsi laissée tombée en définitive par le commandement. « Votre bataillon a accompli l’indescriptible » : avec ces mots, le général bavarois von SCHOCH serra la main du major WUNDERLICH, commandant le jeune bataillon westphalien III/193e IR. Ce dernier avait perdu, en huit jours de combat jusqu’au 31 mars, 480 hommes. Cependant, la plus haute louange s’adressait également au III/13e RIR qui était encore capable de combattre une semaine après le terrible 22 mars.
 
La poussée de diversion française avait attiré sur soi une partie du feu de barrage allemand mais n’avait d’ailleurs pu déranger le cours des mesures d’attaque allemandes. Au 30 mars, le double village Malancourt – Haucourt devrait être pris par attaque du Nord et de l’Ouest. Avec le même esprit d’attaque comme au 28, les 2/ et 4/156e IR pénétrèrent du Nord dans Malancourt et s’entraidèrent aussi avec le groupe nord du 22e IR (12/ et 2/22e IR), en avant, entre les ruines des maisons à la rue du village de telle sorte que le point d’appui à l’église fut pris ainsi que de nombreux Français (*) ; mais les compagnies progressant du sud-ouest vers les alentours du village restèrent immobilisées, en partie littéralement dans le terrain forestier ou les prairies complètement marécageuses, en partie dans le feu de mitrailleuses à l’entrée surélevée du village au point 194, contrôlant l’avant-terrain. Le groupe du sud du 22e IR (10/ et 9/22e IR) souffrit également durement sous le feu de barrage ennemi. La 7/10e RIR devait à nouveau dégager le point 202 déjà atteint, qui se trouvait complètement sous eau. Au contraire, la 7/156e IR prit dans un assaut brillant le point d’appui 192a à l’Est du village. L’officier adjoint du bataillon apporta encore dans la nuit, vers l’avant dans la tranchée, la croix de fer 1ère classe (E.K. I) au chef de la compagnie, le lieutenant ® BECKMANN (tué le 09/04/1916), qui avait emmené sa compagnie à travers un feu flanquant de gauche de mitrailleuses.
 
(*) Pertes : 22e IR (5 officiers, 144 hommes), II/10e IR (42), I/156e IR (1 officier : le lieutenant ® HILLENBRAND, 64 hommes). Nombre de prisonniers : quelque 300 (hommes) des 69e et 70e RI, deux régiments de la 11e DI française avec lequel le célèbre XXe CA marchaient maintenant également au front à l’ouest de la rive de la Meuse : une preuve que le commandement français estimait grand le danger menaçant par l’attaque allemande des derniers jours.
 
A ce succès, plusieurs autres suivirent mais, contrairement au caractère ancien (sonstig) des combats de Verdun – où chaque pas en avant devait coûter un flot de sang allemand – (ils furent) non sanglants."
 
- Une bonne soirée (bien froide ...!) de Bruxelles


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°77980
chanteloub​e
Posté le 26-05-2010 à 07:41:05  profilanswer
 

Bonjour Popol,
 
J'étais loin de toute informatique pendant ces jours, je vous demande donc de me pardonner le temps mis à vous remercier.
Votre travail  a permis de mettre un terme à bien des incertitudes et confirme ce que je pensais, à savoir l'importance des moyens que les Allemands ont mis en oeuvre pour attaquer 304. Merci mille fois de votre concours. je suis certain que tous les internautes passionnés par cet épisode vous sont reconnaissants. Bien entendu ce que vous avez apporté est à croiser avec les sources françaises.
 
Votre participation, d'un altruisme rare, illustre bien ce que internet apporterait si tous agissaient comme vous en partageant leurs travaux. Malheureusement  "l'éditionnalite" à compte d'auteur ou sur des maisons confidentielles, qui peut, évidemment, se comprendre mais limite les apports, sévit pour le plus grand bien des  "éditeurs".
 
Bien cordialement CC


Message édité par chanteloube le 27-05-2010 à 09:15:01
n°78022
chanteloub​e
Posté le 27-05-2010 à 09:13:25  profilanswer
 

bonjour,
 
Je rajoute, pour être tout à fait précis et ne blesser personne, que je n'ai absolument rien contre les vrais éditeurs "petits ou grands", qui font un travail difficile comportant des risques financiers parfois importants mais que je suis particulièrement "énervé" par les "faux éditeurs" qui proposent des éditions bidons à compte d'auteur.
Cordialement
CC


Aller à :
Ajouter une réponse
  FORUM pages 14-18
  Forum Pages d'Histoire

  traduction pour Malancourt!