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  Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

 

gizmo02 et 36 utilisateurs inconnus

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Auteur Sujet :

Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

n°26443
Jean RIOTT​E
Posté le 02-09-2006 à 15:47:22  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
Beaucoup moins popularisés et donc moins connus que les tirailleurs d' Afrique du Nord ou d' Afrique Noire, les tirailleurs indochinois sont souvent oubliés ( comme les tirailleurs malgaches d' ailleurs) ou passés sous silence, lors des commémorations et des manifestations patriotiques.
Pourtant ce sont près de 100000 indochinois qui sont enrôlés entre 1914 et 1919 et qui viennent prendre leur place en France et en Orient.
Je souhaiterais, ici, leur rendre hommage, comme l' a déjà fait ( mieux que moi) le Colloque pour le 80ème anniversaire de la Bataille de Verdun en 1996.
Ce sont d'ailleurs dans les actes de ce colloque que je puise très largement ma documentation, et plus particulièrement dans l'intervention du Capitaine Emmanuel Bouhier, Division Archives Communication du Service Historique de l' Armée de Terre.
 
     L' aide militaire de l' Indochine à la France se traduit avant tout par un apport en hommes non négligeable.
Quels ont été ces concours?
   * Tout d'abord le renvoi en France d' environ 6000 officiers et hommes de troupe de carriière dès le début de la guerre;
   * Puis l'envoi des français d' Indochine mobilisés: sur 2333 mobilisés, 1309 sont envoyés en France, tandis que les 1024 mobilisés sur place assurent le fonctionnement des services indispensables à l'administation de la colonie
   *  L' effort le plus considérable est le recrutement indigène. Après une première tentative qui donne entière satisfaction, ce sont 43430 indigènes qui sont envoyés en France et en Orient, entre 1916 et 1918, répartis en:
            - 4 bataillons combattants
            -15 bataillons d' Etapes
            - des infirmiers coloniaux
            - des ouvriers d' administration coloniaux
sans oublier les 5000 automobilistes prélevés sur les Bataillons d' Etapes et utilisés dans la zone des Armées.
    *  Parallèlement au recrutement militaire indigène, il est fait appel aux travailleurs coloniaux car le besoin en main d' oeuvre se fait de plus en plus sentir dans les usines de munitions, pour les travaux des champs etc... Dès fin 1915 ces travailleurs arrivent en France. Ils seront au total 48981.
Administrés par le service des travailleurs coloniaux ils sont employés comme ouvriers non spécialistes ou ouvriers spécialistes, tous militarisés. Beaucoup eurent de grosses difficultés à s'habituer au travail en usine, au froid...sans oublier la nostalgie, le stress....
A la fin de la guerre certains d' entre eux ainsi que des militaires des Bataillons d' Etapes sont mis à disposition des régions libérées pour rendre à la culture les champs de bataille dévastés.
 
Au total les indigènes indochinois envoyés en France sont:
              - 4800 appartenant aux 4 Bataillons Combattants
              - 24212 appartenant aux 15 Bataillons d' Etapes
              - 9019 infirmiers coloniaux
              - 48981 travailleurs coloniaux
soit 92411 hommes au service de la France.
  ( à suivre)
 
Cordialement.
Jean RIOTTE.


Message édité par Jean RIOTTE le 13-10-2006 à 14:50:18
n°26449
garnier je​an pierre
Posté le 02-09-2006 à 20:04:52  profilanswer
 

Bonsoir
Vérifiez si l'opération est bonne :
 
En 1915 4631 ouvriers indochinois partirent pour la France
en 1916 26098
en 1917 11719
en 1918 5806
en 1919   727.
Comme évoqué par Jean on forma des bataillons de travailleurs OS et ONS encadrés par des chefs et interprètes, où la discipline nécéssaire fut maintenue et un système d'avancement et de récompenses pour encourager les meilleurs.
 
Le gouvernement institua le 29 juin 1916 un service du contrôle et de la main d'oeuvre indochinoise avec des administrateurs et quelques mandarains chargés de visiter fréquemment leurs compatriotes surtout pour ce qui concerne la discipline et la tenue morale des travailleurs.
L'initiative privée fit mieux encore, un comité d'assistance se constitua le 8 janvier 1916 pour accomplir une oeuvre de préservation morale et de philantropie pratique, il veillera sur les ouvriers en dehors des heures de travail il leur fournit des distractions et des jeux, il organisa des hôpitaux et des maisons de convalescence.
 
Concernant l'envoi des tirailleurs en France on recourut aux volontaires, à qui l'on promit une haute paie et diverses primes et allocations.
Dès la première moitié de 1916, les engagements militaires affluèrent comme les engagements de travailleurs.
Le Tonkin donna le plus grand nombre de soldats en 3 ans 43 430 tirailleurs s'embarquèrent pour l'Europe, mais tous ne devaient pas être appelés à combattre.
Deux bataillons seulement furent bataillons de guerre.  
Ils figurèrent avec honneur sur le front de Verdun,dans les Vosges, au chemin des Dames.
Deux bataillons du service des étapes de l'armée d'Orient devinrent des unités de guerre et combattirent sur le front albanais.
Le commandant du 21e bataillon a énuméré dans un rapport officiel les qualités  militaires de ces soldats annamites.
Il concluera en affirmant " ce sont , je crois , les seules troupes indigènes ou l'on puisse dresser des observateurs sachant lire une carte et y situer les observations, des téléphonistes , etc..,"
 
L'aide de l'Indochine ne se bornera pas à l'envoi de troupes, mais ceci est une autre histoire.
Oncle Ho.
Cordialement.
JPierre.


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D'ousqu'on vient, on salue que les morts!
La peur. (G chevallier)
n°26456
Jean RIOTT​E
Posté le 02-09-2006 à 22:16:52  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
(suite)
 
A la mobilisation, les unités stationnées en Indochine comprennent:
  * en Cochinchine:
      - le 11ème RIC, régiment européen à 4 bataillons;
      - un régiment d' artillerie coloniale à 12 batteries;
  * au Tonkin:
      - les 9 et 10èmes RIC, régiments européens à 3 bataillons;
      - un régiment d' artillerie coloniale à 7 batteries;
  * un régiment de tirailleurs annamites à 4 bataillons;
  * 4 régiments de tirailleurs tonkinois à 3 bataillons;
  * et 2 compagnies indigènes du génie.
C' est au sein de ces unités que sont prélevés une partie des personnels appelés à servir en France et en Orient, auxquels se joignent les personnels du recrutement indigène qui constitueront les 4 bataillons combattants et les 15 bataillons d' étapes.
 
Deux bataillons combattants serviront en France: le 7ème et le 21ème.
 
Le 7ème Bataillon Indochinois est formé le 16 février 1916 au Tonkin, à Sept Pagodes à l' effectif de  1000 hommes (Chef de Bataillon DEZ). Débarqué à Marseille, dirigé sur le camp de Fréjus, il est entraîné et sélectionné jusqu'en avril 1917. Le 10 avril il est affecté à la 19ème Division, puis ses unités sont réparties au sein de la 12ème Division:
   - la 1ère Compagnie au 54ème RI à Sept Monts;
   - la 2ème Compagnie au 67ème RI à Ambrief;
   - la 3ème Compagnie au 350ème RI à Sept Monts;
   - la 5ème Compagnie au dépôt divisionnaire de la 12ème Division à Rozicie.
La 4ème Compagnie, la SHR et la Compagnie de Mitrailleuses restent à Montramboeuf sous le commandement du  
CB DEZ.
Le bataillon est engagé avec la 12ème DI à la 2ème Bataille de l'Aisne, au Chemin des Dames les 5,6,7 mai 1917.
Ses compagnies suivent dans l'attaque les régiments auxquels elles sont rattachées et participent au ravitaillement, ou au nettoyage des tranchées ou à l' organisation du terrain conquis.
En juin 1918, le bataillon reprend les tranchées dans le secteur d' Anould (Vosges) et y reste jusqu'au 22juin. Il y repousse une attaque ennemie, puis reprend les tranchées du 24 au 27 au Centre de Résistance Clové (au-dessus de Munster). Deux attaques accompagnées de bombardements et gaz asphyxiants sont repoussées entre les 29 et 30 octobre 1918.
Le bataillon est stationné en Lorraine pendant l' Armistice.
Embarqué à Marseille le 15 février 1919, il rejoint Haïphong où il est dissous.
 
Le 21ème Bataillon Indochinois est formé en France, le 1er décembre 1916, au camp de Saint-Raphael, dans le Var (Chef de Bataillon JENOT). Il comprend: 1 compagnie de marche, 1 compagnie de dépôt, 1 compagnie de mitrailleuses et une SHR. Il est à l'effectif de 21 officiers, 241 européens et 1200 indigènes.
A partir du 5 avril 1917 le bataillon est employé dand l' Aisne: réfection de routes, garde des terrains d' aviation, travaux d' assainissement du champ de bataille.
De fin mai à fin juillet il est dans les Vosges où il repousse plusieurs coups de main. En août il est à Reims.
De retour dans les Vosges il occupe les positions du Centre de Résistance de Montigny.
Il est dissous le 18 avril 1919.
   (à suivre)
 
  Cordialement.
  Jean RIOTTE.


Message édité par Jean RIOTTE le 13-10-2006 à 14:51:55
n°27053
Jean RIOTT​E
Posté le 18-09-2006 à 17:19:10  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
   
   ( suite)
 
  Deux bataillons combattants serviront en Orient ( Macédoine ): le 1er et le 2ème.
 
 Le 10 mai 1916 le 1er Bataillon débarque à Salonique. Commandé par le Chef de Bataillon FIERARD, il comprend 4 lieutenants, 2 sous-lieutenants, et 1000 indigènes.
En janvier 1917 il quitte le camp retranché de Topsin ( au nord de Salonique ) et gagne par voie de terre Veria, Kojani, Serevia, Larissa et Tymros en juin, puis occupe le district de Trikala en juillet 1917.
En août le Bataillon rejoint la région de Monastir avant de se diriger vers Droveno où il relève un bataillon hellénique en premières lignes. Les 19 et 20 octobre le Bataillon attaque entre les lacs Malik et Okrida avec le 175ème RI.
Le 31 juillet 1918, les 2ème et 3ème Compagnies plus la Compagnie de Mitrailleuses sont portées à marche forcée dans le sous-secteur de Selce, aux avant-postes, pour faire face à une attaque autrichienne qui est repoussée. Le 25 août, suite à un repli des troupes italiennes, le Bataillon se retire sur le Groupe de Griba et sur l'  arête Est de Mecan, où il repousse plusieurs attaques bulgares. A partir d' octobre il assure la couverture entre la rivière passant à Belica et la route Struga-Dobra.
Le 30 janvier 1919 il embarque à Salonique et débarque le 6 février à Fiume.
 
 Le 2ème Bataillon est formé le 1er janvier 1916 avec des tirailleurs du 3ème Régiment de Tirailleurs Tonkinois.
Il débarque à Salonique le 17 mai 1916 et relève le 21ème Régiment de Tirailleurs Algériens sur les positions du camp retranché de Salonique.
En août 1916 il fait partie du détachement de la Struma avec les 4ème et 8ème Régiments de Chasseurs d' Afrique et une batterie d' Artillerie à cheval. A l' occasion d' une reconnaissance sur la rive gauche de la Struma le Bataillon s' empare d' une tranchée bulgare et fait des prisonners. Fin novembre 1916 il est envoyé en Albanie où il s' empare, en décembre, du village de Visavic, au nord du lac Malic.
Le 1er janvier 1917 la 1ère Compagnie occupe le village de Veliterna. En avril un détachement du Bataillon occupe les hauteurs de Polena, contre-attaque et bouscule les avant-postes albanais. Le 23 septembre c' est un détachement du Bataillon qui détruit un pont autrichien au cours d' une mission de couverture des mouvements de sa Division.
Courant 1918, plusieurs coups de main sont réussis, tandis qu' en juillet il appuie l' attaque des troupes de la 57ème D.I. Enfin durant l' offensive victorieuse qui décide du sort de l' armée bulgare le 2ème Bataillon se porte dans la région d' Okrida où il participe à l' action générale.
 
      ( à suivre )
 
Cordialement.
Jean RIOTTE.


Message édité par Jean RIOTTE le 13-10-2006 à 14:53:39
n°28402
Jean RIOTT​E
Posté le 13-10-2006 à 14:46:55  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
      (Suite)
 
 Les Bataillons d' Etapes, au nombre de 15, sont envoyés sur le front dès leur arrivée en France. Stationnés à proximité des zones de bataille ils ont pour mission générale d' assurer les communications, le ravitaillement et la garde de certains points sensibles des Armées.  
En effet la nouvelle guerre révèle que seule la puissance matérielle peut détruire les retranchements qui s' opposent à la marche en avant des Armées combattantes. Il faut donc à côté de celles-ci, une autre Armée, une armée de soldats-travailleurs, qui établit au plus prêt du front des voies ferrées, des hôpitaux d' évacuation, des routes, des pistes, des ponts, des champs d' aviation, des cantonnements de repos, des transports de toutes natures...nécessaires à une stratégie moderne. Cette nouvelle armée travaille parfois sous des bombardements meurtriers (comme à Vailly, dans l' Aisne) ou est l' objet de bombardemens aériens.
Ces bataillons ont fait bonne figure par leur comportement, leur discipline et la qualité de leur travail qui leur permettent de livrer en temps et en heure les travaux qui leur sont confiés. Ils soulagent ainsi l' Armée de multiples soucis, lui permettant de se consacrer uniquement à ses missions.
Par ailleurs, n' oublions pas que de ces bataillons sont issus les 5000 automobilistes qui montrent aussitôt les plus heureuses dispositions pour la conduite des camions lourds. En moins d' une semaine d' instruction, tous s' acquittent convenablement de leurs missions. Les ravitaillements sous les bombardements prouvent la valeur et le courage de ces conducteurs.
Donnent aussi toute satisfaction les autres combattants, infirmiers , commis et ouvriers d' administration coloniaux.
 
   ( à suivre)
 
Cordialement.
Jean RIOTTE.


Message édité par Jean RIOTTE le 14-10-2006 à 12:30:13
n°28415
Terraillon​ Marc
Posté le 13-10-2006 à 21:16:39  profilanswer
 

Bonsoir,
 
J'apprends à chaque message de ce fil et j'ai exploré mes fonds de disque dur pour trouver quelques illustrations numériques pour participer à ma manière  ;) .
 
En voici 2 que j'espere opportunes  :jap:  :
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/Angouleme_A_1.jpg
 
Angouleme (1918)
 
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/Auch_A_1.jpg
 
Auch (non daté) 52e Indochinois
 
 
A bientot  :hello:


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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°28425
Jean RIOTT​E
Posté le 13-10-2006 à 23:37:10  profilanswer
 

Merci, Marc, pour ces photos.
Je pense que celle du camp d' Angoulème montrent des travailleurs indochinois employés très certainement dans une usine: poudrerie? armement?
Quant à la seconde, c' est une caserne qui a dû héberger un temps un bataillon combattant puisque, comme dit plus haut, les troupes indigènes (pour reprendre la terminologie d' alors) souffrant trop du froid en période hivernale étaient retirées du front et envoyées dans le sud de la France pour recomplètement et entraînement.
Si quelqu' un a mieux et plus précis....je suis preneur. Merci d' avance.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°28429
Terraillon​ Marc
Posté le 14-10-2006 à 09:50:04  profilanswer
 

Bonjour,
 
Suite des illustrations pour le fil de Jean :
 
http://perso.orange.fr/MT06/Tir_Indo_A_1.jpg
 
 
 
Gravure d'uniforme avant guerre  
 
A bientot  :hello:


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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°28430
Terraillon​ Marc
Posté le 14-10-2006 à 09:52:43  profilanswer
 

Bonjour,
 
Illustration de l'instruction des recrues :
 
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/Tir_Indo_D_1.jpg
 
 
 
A bientot
 
 
 
 


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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°28441
Jean RIOTT​E
Posté le 14-10-2006 à 12:28:07  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
      (suite et fin)
 
   L' emploi des unités indigènes dans les opérationsa toujours été marqué par une extrême prudence du Commandement des Troupes Coloniales. Les troupes indochinoises n' ont pas échappé à ce préjugé défavorable qui frappait alors toutes les troupes indigènes.On se contente de les employer loin du front, soit dans l' artillerie lourde, soit dans les services de santé ou du train automobile. Ne supportant pas le froid elles sont retirées du front et ce n' est qu ' en mai-juin 1916 qu'elles sont réaffectées sur les champs de bataille après sélection et entraînement dans des camps de la Côte d' Azur ou du Midi de la France pendant l' hiver.
Les bataillons indochinois mis en ligne en 1917 ont eu un comportement parfait. Amenés progressivement au contact de l' ennemi, en commençant par des secteurs "calmes", ils sont amalgamés avec des troupes métropolitaines. Cet amalgame est parfois excessif: des compagnies, voire des sections sont disloquées et placées sous les ordres d' un encadrement ignorant tout de leurs aptitudes et de leurs mentalités.
C' est ainsi qu' en 1917, dans les Vosges, le 7ème Bataillon Indochinois est réparti au sein de la 12ème DI:
  - 1 compagnie au III/54è RI, à raison d' une section par compagnie;
  - 1 compagnie au I/54è RI;
  - 1 compagnie au 67è RI;
  - 1 peloton de mitrailleuses au 67è RI;
  - 1 autre peloton de mitrailleuses au 54è RI.
Cette dislocation annihile l' action du Chef de Bataillon et de la plupart des Commandants de Compagnie, et réduit leur autorité sur le tirailleur indochinois. A aucun moment les bataillons sont engagés de façon homogène.  
En outre les bataillons indochinois ne font que passer d' un secteur à l' autre: le 21ème Bataillon change 11 fois de secteur ou de division entre avril 1917 et novembre 1918.
Pourtant de nombreux rapports et mémoires font état de leurs aptitudes comme tireurs, mitrailleurs, conducteurs automobiles et même observateurs puisque capables de désigner sur une carte des observations faites sur le terrain.Enfin un rapport d' ensemble fait état de ce que les indochinois sont " parfaitement susceptibles de servir dans les compagnies de mitrailleuses et d' utiliser le fusil-mitrailleur "; " d' un tempérament peu impressionnable leur caractère s' adapte parfaitement à la défensive". En revanche " leur capacité offensive est moindre, bien qu' ils sachent judicieusement utiliser le terrain et possèdent sous une frêle apparence une résistance à la fatigue insoupçonnée." Malgré ces observations, aucun régiment n' a été créé. Volonté délibérée ou hésitation du Commandement? Méconnaissance de leur comportement au feu? ou bien encore luttes ancestrales et séculaires entre Annamites, Cochinchinois, et Tonkinois?
  Au final parmi les 43000 combattants indochinois, les pertes s' élèvent à 1123 hommes, soit 2,5% des effectifs contre un peu moins de 20% pour les Français.
Le passage de ces troupes indochinoises et leur contact avec les Européens ont été le germe, dans les esprits, des idées nouvelles d' indépendance, de nationalisme et d' émancipation.
 
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°28459
Terraillon​ Marc
Posté le 14-10-2006 à 16:13:09  profilanswer
 

Bonjour
 
Dernieres illustrations pour compléter le fil tres instructif de Jean :
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/Tir_Indo_C_1.jpg
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/Tir_Indo_E_1.jpg
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/Tir_Indo_F_1.jpg
 
 
http://perso.orange.fr/MT06/Tir_Indo_I_1.jpg
 
 
A bientot  :jap:


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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°28465
Jean RIOTT​E
Posté le 14-10-2006 à 16:57:31  profilanswer
 

Merci beaucoup à Marc et à Fred d' avoir fouillé leurs disques durs et participé à ce fil qui me tenait à coeur.  Français d' Outre-Mer, arrière-petit fils, petit-fils, fils de soldats de l' Armée d' Afrique je n' ai jamais oublié les "indigènes" ( musulmans ou juifs ou asiatiques ) avec qui j' ai été à l' école, joué au football, fait du cross-country, accompli mon service militaire comme on disait. Même si l' Histoire a fait que nos chemins ont divergé, l' homme que je suis devenu, l' officier que j' ai été n' a jamais oublié l' aide qu'ils ont apportée à mon pays dans les moments difficiles des 2 GM. Leur donner leur place, rien que leur place, mais toute leur place.
Cordialement.
Jean RIOTTE.


Message édité par Jean RIOTTE le 16-10-2006 à 09:07:41
n°28485
croc-5962
Fils d'un Poilu du 220° R.I.
Posté le 15-10-2006 à 10:55:36  profilanswer
 

Un petit bonjour en passant :hello:  
Et un petit plus beaucoup moins connu et qui peut interressé à www.9rima.com:
 

Citation :

forum.9rima.com
Guerre de 14-18
Posté le: 21 Juil 2005, 06:56    Sujet du message: Guerre de 14-18  
 
COMMENT FINIT LA GUERRE EN EXTRÈME-ORIENT  
BATAILLON COLONIAL FRANÇAIS DE SIBÉRIE  
 
Extraits de la thèse du colonel Boulié, lieutenant au 16° R.I.C. en 1918  
et de la causerie-débat de M. Borde, marsouin au 9° R.I.Ma. en 1961  
 
1918  
Le 3 mars 1918, un traité de paix, séparée des Alliés, est signé à Brest-Litovsk entre l’Allemagne et la Russie des bolcheviks.  
Cette paix séparée, libérant les Empires Centraux sur leur flanc oriental, a pour conséquence immédiate l'envoi de plusieurs dizaines de divisions allemandes dans les tranchées du front occidental, principalement face à nos valeureux Poilus.  
Ces divisions permettront l’offensive allemande de la 2° bataille de la Marne que Ludendorff et Hindenbourg préparent pour le printemps. En effet, l’Allemagne va aligner 192 divisions, soit 20 de plus que les Alliés.  
Dés ce moment, l’idée d’un appui aux forces antibolcheviks, éventuellement suivi d’une intervention militaire directe des Alliés, commence à faire son chemin.  
Dans le secret des états-majors à Hanoi, certains bruits d’ambassades ou de courriers étrangers ne sont pas aussi apaisant que ceux que l’on entend dans les salons ou les restaurants huppés de la capitale du Tonkin. Les nouvelles de Sibérie et surtout de la Russie font craindre des mouvements révolutionnaires.  
C’est pourquoi en ce début de juillet, la citadelle s’agite. Des ordres sont arrivés depuis peu de temps de Paris. L’état-major se prépare à envoyer quelques éléments vers des contrées où il n’a pas l’habitude d’opérer.  
Le régiment de Hanoï, le 9° Régiment d’Infanterie Colonial, est mis en alerte.  
Le chef de bataillon Mallet est désigné pour commander les premières forces françaises pour la Sibérie. Il forme un groupement en prenant sous ses ordres deux compagnies et deux sections de mitrailleuses du 9° R.I.C.. Une fois prêt, le bataillon se met en mouvement pour le port de Haïphong.  
Le 4 août, le vapeur français fait de nouveau escale en Chine, à Takou, et embarque deux compagnies du 16° R.I.C. et une compagnie du 3° Zouaves. Ces trois compagnies forment groupement et sont commandée par le capitaine Feneurstein. Ces éléments sont également incorporés au bataillon du 9° Régiment d’Infanterie Colonial. Cela double les effectifs français.  
Le jour même, le vapeur “André Lebon” lève l’ancre et se dirige maintenant droit sur la Sibérie.  
Dans la nuit finissante, le vapeur “André Lebon” arrive en vue de Vladivostok. Ce 9 août à 6 heures du matin, il accoste et se met à quai. Peu après, c’est une force de 1136 hommes exactement, sous commandement du chef de bataillon Mallet, que l’on voit descendre la passerelle du vapeur “André Lebon”. Le rassemblement se fait sur les quais.  
Le Bataillon Colonial Français de Siberie est ainsi composé.  
A l’État-major du B.C.S. le Chef de bataillon Mallet a comme adjoint le capitaine Dunant, un officier adjoint le lieutenant Tosse, puis les médecins-major Jouvelet et Guerneray.  
Les compagnies de combats du 2/9° R.I.C. se composent des 2 compagnies. La 6° compagnie, forte de 228 (229?) marsouins, commandé par le lieutenant Deseille et la 8° compagnie, forte de 226 (228?) marsouins, commandé par le capitaine Schill qui a pour adjoint le lieutenant Rivette, à ces deux compagnies s’ajoutent les 2 sections de mitrailleuses. Parmi les marsouins du 2/9° R.I.C., on compte 277 tirailleurs tonkinois.  
Les compagnies de combats du 16° R.I.C. se composent des 2 compagnies. La 8° compagnie, forte de 230 marsouins, commandé par le capitaine Feneurstein, qui a pour adjoints les lieutenants Fumk et Brauenstein et la 11° compagnie, forte de 230 marsouins, commandé par le capitaine de Vaux, avec pour adjoints les lieutenants Basail et Seguinel.  
Le 5° Zouaves fournit sa 5° compagnie, forte de 202 zouaves, commandée par le capitaine Pauzon qui a pour adjoints les lieutenants Gadars et Bies et le sous-lieutenant Jeffrey.  
Les marsouins du 16° Régiment d’Infanterie Colonial, sous les ordres du capitaine Feneurstein, sont originaires d’Alsace et de Lorraine.  
En effet, il y avait une forte proportions d’alsaciens et lorrains dans les régiments coloniaux. Une des raisons à cela est que le ministère de la Guerre les éloignait du front français, leur évitant ainsi de tomber dans les mains des armées allemandes qui les déclaraient “déserteur” et les fusillaient aussitôt.  
A peine rassemblé, le bataillon colonial français reçoit l’ordre de rejoindre le front de l’Oussourik (Oussouri?) à Kraïevsky, où sont déjà positionné des éléments alliés et Blancs de Sibérie. Le commandant Mallet divise ses troupes en deux groupes:  
=> le premier aux ordres du capitaine Schill avec les 2 compagnies du 9° R.I.C. et les deux sections de mitrailleuses,  
=> le second aux ordres du capitaine Feneurstein avec les deux compagnie du 16° R.I.C. et celle du 3° Zouaves.  
Aprés le repas de midi, les marsouins du B.C.F.S. sont regroupés et en rangs se dirigent vers la gare de Vladivostok en traversant la ville.  
Arrivés à la gare de chemin de fer, les deux groupes du bataillon colonial grimpent dans les wagons et partent vers leurs positions, mais dans deux trains différents. Le groupe Schill part pour la ville de Doukovskoïe, près de Kraïevsky, afin de stopper l’avance bolchevik. Peu après, le groupe Feneurstein le rejoint et ensemble partent vers leurs secteurs attribués.  
Les positions sont atteintes le 13, où sont déjà positionné des éléments alliés et où la manœuvre générale doit s’articuler autour de la voie ferrée à Doukovskoïe.  
Mais est-ce un accueil folklorique local? Dés leur arrivée sur le front, les marsouins subissent immédiatement des tirs bolcheviks. En fait, le bataillon subit son épreuve du feu courageusement, mais sans perte.  
Les forces américaines et japonaises atteindront, à elles deux, prés de 25 000 hommes. La seule force militaire est donc constituée part ces troupes, elles pourraient constituer la force de frappe des Alliés. Mais les japonais ne frapperont jamais en opération de guerre, hormis près de Kraïevsky, et les américains resteront toujours “l’arme au pied” à Vladivostok !!  
Devant l’importance de cette force alliée débarquant en Sibérie, les bolcheviks réagissent. Du 15 au 20 août, de violentes attaques bolcheviks sont lancées contre les troupes françaises. Le bataillon français subit des tirs d’artillerie, entrecoupés d’escarmouches et de manœuvres dilatoires, voulant peut-être dissuader les marsouins.  
Cependant une nuit, un coup de main bolchevik sur le poste de commandement russe, qui sont des cosaques du Tsar et gardé entre autres par une douzaine de français, provoque la disparition de 4 Zouaves.  
L’été sibérien est difficile pour les européens. Les moustiques pullulent, l’eau et la nourriture ne sont pas de très bonne qualité. Depuis leur départ d’Indochine, les hommes ne se sont pas encore habitué au climat du nord-est de la Sibérie, certains n’ont pas retrouvé de forces. A Doukovskoïe, Vultury René, un de nos marsouins atteint par la maladie, succombe le 20 août 1918.  
Ce même jour, les Rouges lancent une violente offensive sur Vladivostok avec 30 000 hommes, dont des prisonniers allemands, appuyé par cinq trains blindés.  
L’avant-garde de cette offensive bolchevik se heurte, près de Kraïevsky, à une force de quatre mille hommes commandée par le colonel Pichon, comprenant 4 bataillons tchèques, le bataillon français, positionné dans la ville de Doukovskoïe, un fort détachement de cosaques et un bataillon anglais qui vient de les rejoindre.  
A quelques kilomètres en arrière, le général Oï commande une force japonaise très importante qui ne bouge pas.  
Le combat qui s’engage est très dur. Usant de leur supériorité numérique, les Rouges essaient d’enfoncer le centre du front allié. Devant sa résistance, les bolcheviks tentent le débordement en enfonçant l’aile droite du dispositif allié.  
Curieusement, pendant toute cette journée de combats et malgré les demandes du colonel Pichon, les forces japonaises restent “l’arme au pied” à quelques kilomètres en arrière, refusant d’intervenir.  
Le 25° Bataillon Middlesex Regiment est assailli par des forces trop importantes et pli sous l’attaque. Le colonel Pichon doit ordonner la retraite générale sur les lisières de Doukovskoïe, la position de rechange.  
Les éléments alliés s’étant repliés sur leur ligne, les japonais se trouvent au contact le 21 août. Commence alors une résistance passive entre les belligérants durant trois jours, comme s’ils reprenaient des forces avant l’assaut.  
Dans la soirée du 22, un coup de main des marsouins permet de faire des prisonniers. Un des bolcheviks informe le commandant Mallet de l'imminence d’une attaque avec des forces évaluées à 4 500 hommes.  
Celle-ci se déclenche le 23 août à 5 h 00 du matin. Le groupe Schill, positionné à l’avant du dispositif, reçoit la première vague d’assaut. Même avertit, il est évident qu’il ne pourra tenir longtemps, sa position de pointe le rend vulnérable. Ordre lui est donné de se replier sur les lisières de Doukovskoïe. Là, le bataillon a ordre de tenir coûte que coûte, ce qu’il exécute avec courage.  
Regroupés, les marsouins du B.C.S. résistent courageusement. Ils multiplient les contre-attaques malgré de lourdes pertes. Le front ne faiblit pas.  
Le colonel Pichon, commandant du Corps Expéditionnaire Alliés, ordonne au général Oï d’engager immédiatement ses troupes pour brisé l’offensive ennemi. Le 24, les forces alliées, enfin soutenues par les japonais, passent à une contre-attaque générale et mettent en fuite les forces de l’Armée Rouge.  
Ce sera la seule opération militaire où les forces militaires japonaises s’engageront et combattront vraiment en Sibérie!!  
Le bilan de ces combats est de 300 morts pour les japonais. Les forces britanniques sont sortis indemnes de ces dures journées.  
Le soir, le commandant Mallet compte ses hommes. Les pertes ont été très lourdes. Les marsouins Le Floch Louis et Moiraud Félix tués, quinze marsouins ont été blessés plus ou moins gravement.  
L’affaire étant terminée, le détachement français est relevé et se tient en arrière des lignes.  
Au début septembre à Doukovskoïe, le bataillon français doit se séparé des tirailleurs tonkinois. Ceux-ci sont regroupés en une compagnie et rejoignent Vladivostok. Ils ont pour mission de garder la zone maritime de Vladivostok où arrivent les détachements alliés, les approvisionnements et matériels nécessaire à ceux-ci.  
Une bonne nouvelle arrive au B.C.F.S., des renforts sont annoncés et doivent les rejoindre.  
Cependant, Tchèques et Blancs sont contraints d’abandonner Samara, capitale du Kamoutch. Leur retraite semble une déroute. Malgré l’avance des armées bolcheviks, les troupes russes et alliés se dirigent en direction de l’ouest sibérien.  
Quelques éléments du bataillon français vont se joindre à eux avec les renforts annoncés. Le 9 octobre, ces renforts français arrivent à Vladivostok. A peine débarqués, ils rejoignent les troupes du B.C.F.S. à Doukovskoïe. Il s’agit d’une batterie d’artillerie, forte de 175 hommes, et détachée des 4° et 5° Régiment d’Artillerie Colonial venant de Chine, comme les précédents détachements arrivés en juillet.  
Aussitôt réunies, ces troupes se dirigent vers l’ouest par voie ferrée. Du fait des contraintes dû à l’état du chemin de fer sibérien et surtout liées aux événements, ce voyage va durer de plusieurs semaines au lieu d’une dizaine de jours. Le Transsibérien traverse Kharbine, Tchita, Irkoutsk, Krasnoïarki, Tomsk, Omsk, Tchelyabinsk et atteint Ourfa.  
Durant le long voyage du bataillon français un incident malheureux se produit le 2 novembre 1918. Au cours d’un arrêt dans la petite ville de Blelia, un convoi de munitions explose tuant trois Zouaves parmi nos soldats.  
Repartant tant bien que mal, le train continu sa route et va atteindre Ourfa trois semaines plus tard, sans combat.  
Mais entre-temps, en Europe les forces alliées ont repoussées les allemands qui demandent l’arrêt immédiat des hostilités. La guerre est gagnée, les poilus ont vaincu aprés quatre années de très durs combats.  
11 novembre 1918  
L’Armistice est signé entre les Alliés et les puissances de l’Axe.  
52 mois de guerre, de combats acharnés et ininterrompus. 1 380 000 morts, 3 500 000 blessés, une ou plusieurs fois, dont 650 000 amputés ou définitivement handicapés.  
Mais l’armistice n’est pas la paix. L’état de guerre des forces militaires françaises est maintenu par le gouvernement de Georges Clemenceau jusqu’à la signature d’un traité de paix.  
L’Armistice du 11 novembre 1918 annule le traité de Brest-Litovsk signé le 3 mars 1918 entre les puissances de l’Axe et les bolcheviks. Les Alliés vont se réunir pour de long mois de pourparlers afin d’établir les conditions de paix et établir la carte de la nouvelle Europe en créant de nouveaux états qui exigent leur indépendance.  
L’arrêt des combats sur le sol français, à partir de ce 18 novembre, permet la libération et l’évacuation de 500 000 hommes de troupes allemandes des territoires russes. C’est le début de la retraite de ces forces encore présentes au Caucase, en Ukraine, en Pologne et dans les Pays Baltes.  
De ce fait, les forces bolcheviks sont libre de tout danger à l’Ouest, elles peuvent se tourner contre les Armées Blanches ou Alliées des fronts du Nord et du Sud de la Russie, ainsi que de l’Oural et de Sibérie.  
Le 21 novembre le bataillon français arrive à Ourfa sans avoir eu à combattre. Peu après, l’ensemble des forces françaises en Sibérie prend officiellement le nom de: “Bataillon Colonial de Sibérie”. Il prend garnison dans la ville où il y restera deux mois environ.  
Dans la lointaine ville de Ourfa, en cette veille de Noël 1918, la température descend au dessous des - 40 degrés.  
En effet, l’hiver de 1918/1919 est l’un des plus rudes que l’on est connu depuis longtemps. Au plus fort de cet hiver sibérien, les jours passent par des températures normale qui “montent” à moins 20, mais les nuits, elles descendent et dépassent allègrement les moins 50 degrés. Malgré cet ennemi mortel, supplémentaire et incontournable, le bataillon français remplit cependant toutes les missions qui lui sont dévolu avec un grand courage et sans défaillance aucune.  
Bien loin des douceurs climatiques indochinoises dont les marsouins étaient habitués...  
Le Bataillon Colonial de Sibérie quitte Ourfa et, revenant vers l’Est, prend garnison dans la ville de Tchelyabinsk le 11 janvier 1919. Durant son stationnement, 6 officiers et 543 sous-officiers et marsouins sont démobilisés et quittent le Bataillon Colonial de Sibérie pour l’Indochine.  
Amputé de la moitié de ses hommes, le bataillon français n’en poursuit pas moins ses missions. En plus des missions d’escortes, les marsouins prennent en charge et instruisent au métier des armes les volontaires des armées blanches.  
Il semble que le bataillon français, ou ce qu’il en reste, quitte la garnison de Tchelyabinsk le 3 mars 1919 pour embarquer à bord de trains ou convois ferroviaires.  
Il a pour mission l’escorte de convois d’armes et de munitions sur le Transsibérien, dans la partie occidentale de la Sibérie, de Tchelyabinsk à Ourfa et Penza. Ces missions sont extrêmement dangereuses, car les convois sont dirigés par des employés russes, polonais ou sibériens, rouges ou blancs, sous la surveillance de la Légion Tchèque. Quant on connaît le rude climat sibérien et ajouter à la longueur de cette voie ferrée à travers tout un continent, on ne peut qu’imaginer les difficultés.  
Par suite du manque de routes et l’immensité de la Sibérie, les trains servent à l'approvisionnement de tous, des Alliés, des Armées Blanches de l’amiral Koltchak, de la Légion Tchèque et des divers mouvements antibolcheviks. Dans cette Sibérie livrée au chaos et à l’anarchie, il y a toutes sortes de personnages qui profitent de cette situation pour organiser des trafics de devises, d’immenses trafics de denrées alimentaires et surtout trafics d’armes et de munitions que tous le monde convoite.  
Il faut prendre en compte les trains entiers de biens le plus souvent pillés dans les villes et villages aux cours des avances ou reculs des belligérants et qui sont acheminés vers Vladivostok en priorité, et souvent aux détriments des convois de munitions qui font tant défauts aux troupes au contact des bolcheviks.  
Dans ce tourbillon de l’histoire et loin de toute civilisation, le plus fort fait la loi et l’emporte. D’où les difficultés multipliées par les attaques de convois par des forces bolcheviks et autres groupuscules locaux sans foi ni loi. Malgré tout ces paramètres, les missions du bataillon français sont fermement mais correctement remplies.  
Durant cette période très difficile, une décision des autorités françaises décide de la dissolution du “Bataillon Colonial de Sibérie”.  
Cependant les troubles graves, les longues distances, les difficultés de communications, les déplacements continuels empêchent l’annonce de cette décision. Dans l’ignorance de cette nouvelle, le bataillon colonial continue fidèlement sa mission.  
Dans cet enfer russe, ce chaudron du diable, une bonne nouvelle atteint finalement les marsouins du bataillon dans ce pays en désarroi.  
Le “Bataillon Colonial de Sibérie”, qui maintient son nom, par ordre du ministre de la guerre en date du 30 avril 1919 obtient une Citation à l’Ordre de l’Armée.  
Cette distinction remonte le moral des marsouins. Cela démontre leur bravoure, leur courage, leur discipline et la fidélité au cours des multiples missions en milieu hostile et dans des conditions militaires et politiques très difficiles. Les marsouins n’en poursuivent pas moins leurs missions avec le même courage et conscience.  
Sept semaines après son attribution, la citation du “Bataillon Colonial de Sibérie” est insérée au J.O.R.F. le 24 juin 1919. Le fanion du Bataillon Colonial de Sibérie porte désormais les dates de cette campagne en Extrême-Orient issue de la Grande Guerre: “1914-1919”.  
28 juin 1919  
Versailles. Dans la même galerie des Glaces qui a vu la naissance de l’empire germanique du Kaiser Guillaume I, les Alliés et les plénipotentiaires allemands signent un traité de paix.  
Ce traité met fin officiellement à un situation de conflit armé entre la France et l’Allemagne. Il met fin de “l’état de guerre” des armées françaises qui a duré de la mobilisation le 2 août 1914 à ce 28 juin 1919. La suppression de l’état de guerre va permettre la libération de nombreux poilus encore sous les armes.  
En Sibérie, le colonel Pichon quitte le commandement du Corps Expéditionnaire Allié après la signature du traité de Paix de Versailles.  
En Crimée, les combats ne cessent pas. Les armées blanches exercent une forte pression sur les bolcheviks, ceux-ci reculent de toutes parts. Le 30 juin, les armées blanches placées sous les ordres du général Wrangler s’emparent de Tsaritsyne.  
Par contre, la situation militaire se dégrade de plus en plus rapidement en Sibérie à partir de juillet. Les Rouges ont réoccupé tout l’Oural et les armées blanches sibériennes donnent des signes de désagrégation de plus en plus évidents.  
Afin d’éviter de tomber sur des forces très importantes et ne pouvant compter sur les armées blanches, le Bataillon Colonial de Sibérie reçoit l’ordre de se replier sur Vladivostok le 15 juillet. Le voyage s’annonce long et périlleux comme à l’habitude, très pénible car chaotique et plein de péripéties et qui va durer deux longs mois au lieu d’une quinzaine de jours. Mais cela ne rebute pas nos marsouins qui en ont vu bien d’autres depuis une année terrible.  
Après plusieurs semaines d’un long voyage, la ville de Vladivostok est enfin atteinte le 14 septembre. Retiré du front extrême-oriental, le Bataillon Colonial de Sibérie ne serra plus engagé militairement. Retrouvant un peu de calme, il prend garnison dans le grand port sibérien, retrouvant ainsi les quelques tirailleurs tonkinois encore là. Il y demeurera jusqu’au milieu de l’hiver 1919/1920.  
Dans le courant du mois d’octobre, l’avance bolchevik est devenue décisive, Omsk est menacé directement par la 27° division de l’Armée Rouge.  
Les Missions Militaires alliées commencent leurs préparatifs d’évacuations. A la fin de ce mois, toutes ont déjà abandonnées la ville de Omsk, prenant la direction de l’Est, alors que les bolcheviks sont déjà arrivé à moins de 60 kilomètres de la ville.  
En Sibérie, une tragédie s’annonce. C’est le début d’une véritable débâcle des armées de l’amiral Koltchak.  
Devant la tournure rapide des événements en Russie, les Alliés commencent à évacuer leurs troupes de la Sibérie. Durant plusieurs semaines, des trains rapatrient progressivement des détachements de russes blancs, britanniques et autres vers Vladivostok.  
Dans un froid glacial, que l’on ne connaît que dans les hivers sibériens, le bataillon colonial français embarque sur un vapeur le 14 février 1920. Ils abandonnent ces immenses terres où la misère et la mort, plus que la vie, règnent en maître en ces temps troublés.  
Du 9 août 1918 au 14 février 1920: 19 mois.  
Ce sont 19 mois de combats, de souffrances physiques et morales, 19 mois où les marsouins et bigors ont tant donnés et souffert avec courage et discipline, 19 mois de gloire pour nos couleurs présentent sur ce front de Russie orientale, ce lointain théâtre d’opération de Sibérie bien oublié de la mère patrie.  
Peu après, le vapeur largue les amarres et quitte Vladivostok et la Sibérie, emmenant avec lui le Bataillon Colonial de Sibérie. Sorti du port russe, le navire, aux membrures chargés de givre, met la barre au sud en direction de la Chine.  
Fin du  
“Bataillon Colonial de Sibérie”  
Après quelques semaines de voyage, à l’aube du 4 mars 1920, le vapeur atteint le port chinois de Tientsin et où il se met à quai. Les éléments de ce qui reste du bataillons débarquent dans cette ville d’Extrême-Orient et se dirigent vers le cantonnement qui lui est désigné.  
Aussitôt installés, les marsouins et bigors sont appelés et réunis dans la cour. Là, étonnés, ils apprennent que par décision administrative le bataillon est dissous le jour même.  
Ainsi disparaît de l’ordre de bataille, le “Bataillon Colonial de Sibérie” dont les officiers, sous-officiers, marsouins, bigors, zouaves et tirailleurs tonkinois ont vaillamment remplies avec courage, abnégation et sans faiblir, toutes les missions qui lui ont été confiées et ont été remplies dans des conditions de guerre effroyable, de politiques extrêmement délicate et difficile, et dans des climats très rude pour tous, hommes et bêtes.  
Le 5 mars 1920 au matin, les rescapés de la campagne de Sibérie de 1918 à 1920 sont réunis une dernière fois au centre du cantonnement. Pour eux, la guerre est bien finie.  
Après un dernier appel, les anciens du “Bataillon Colonial de Sibérie” sont détachés de leurs unités respectives: 9° R.I.C., 3° Zouaves, 4° et 5° R.A.C., puis ils sont rattachés au 16° Régiment d’Infanterie Colonial.  
Avec regret, les anciens du 9° Régiment d’Infanterie Colonial ne reverront pas la citadelle d’Hanoi. Mais ils sont toujours dans la famille coloniale restant dans le vaste empire de Chine.  
D’après l’Historique du 9° R.I.C.-R.I.Ma. les pertes du “Bataillon Colonial de Sibérie” sont lourdes. Aux combats, il y a 5 tués, 5 disparus, 21 blessés dont 5 mourront de leurs blessures. Il faut ajouter 6 morts de maladie et 26 cas de gelure de pieds. En tout à 21 morts et 42 blessés.  
 
 
 
ÉPILOGUE  
Cette campagne de Sibérie, effectuée par le “Bataillon Colonial de Sibérie” de 1918 à 1920, clôt ainsi un des épisodes méconnus d’une des actions de l’armée française qui se sont déroulés à travers le monde, faisant suite à la Première Guerre mondiale de 1914-1918.  
Ces prolongements de la guerre en Europe centrale et en Extrême Orient ont été les conséquences de la révolution russe de 1917 et du traité de paix de Brest-Litovsk de 1918, qui ont déséquilibrés les forces en faveur des Puissances Centrales.  
Révolutions et traités de paix séparés dont les conséquences faillirent retourner le sort des armes contre les Alliés.  
Mais c’était sans compter sur l’immense courage et l’incroyable héroïsme de nos valeureux Poilus qui n’ont jamais doutés de la Victoire.  
 
Pourquoi le fanion du B. C. S. porte les dates de “1914-1919?  
Pourquoi pas “1914-1918”, les 4 années de la Grande Guerre, ou “1914-1920”, année de son retour de mission en Sibérie.  
Explication possible du choix de cette date: 1919 est l’année des dernières opérations militaires du B. C. S. avant son retour sur Vladivostok. “1914-1919” sont les 5 années de “l’état de guerre” où l’armée française a été maintenue sous les armes jusqu’à la signature du Traité de paix de Versailles, le 28 juin 1919.  
 
La thèse du colonel Boulié a été présentée à la faculté de Lettres de Nice  
La causerie-débat de M. Borde a été tenue à la Maison du Combattant, à Nice, le 2 avril 2003  
 
(j'étais à cette dernière, mais il n'y a pas tout: cartes, plans, projection photos....)
_________________
> Service militaire - Période pendant laquelle on mange mal mais qui nourrit la conversation pour la vie.  
Pierre Daninos
 forum.9rima.com Index du Forum -> Histoires du 9ème R.I.C. / R.I.Ma. dans le djebel kabyle
    


 
 
A votre service et à bientôt
croc

n°28510
Loic Lilia​n
Posté le 16-10-2006 à 04:00:52  profilanswer
 

un fil trés interessant, une petite indication pour la carte postale de la Caserne Lannes qui est posterieure à la Grande Guerre :
le Bataillon du 52e Régiment Indochinois était en garnison à Auch entre 1930 et 1933 environ :jap:


Message édité par Loic Lilian le 16-10-2006 à 04:06:25

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A Moi Auvergne
n°28511
Terraillon​ Marc
Posté le 16-10-2006 à 07:02:10  profilanswer
 

Bonjour et merci Loic pour cette précision !
 
A bientot


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Cordialement
Marc TERRAILLON
n°28517
Jean RIOTT​E
Posté le 16-10-2006 à 11:38:01  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
Merci Loïc pour cette précision. J' en prends bonne note.
 
La photographie du caporal Nguyen Huah Nha, du 2ème Groupe d' aviation/153ème Escadrille, présentée par Frédéric sur ce Forum, que je remercie au passage, me rappelle quelques destins individuels cités par Jacques Frémaux dans Les colonies dans la Grande Guerre.
  " Deux fils de l' ancien maire de Cholon se distinguèrent particulièrement. Le colonel DO HUU CHAN, élevé en France, et sorti de Saint-Cyr, commande en 1914 un régiment de réserve, le 363ème R I , et termine la guerre au même grade, comme chef d'état-major de la 3ème région militaire à Rouen. Son frère, DO HUU VI, également Saint-Cyrien, passé de la Légion à l' Aviation, s' est distingué au Maroc de 1912 à 1913. Sur le front français, il fait fonction de commandant adjoint d' un groupe de bombardement, et participe à des raids sur les villes allemandes de Karlsruhe et Ludwigshafen. Abattu, très grièvement blessé, et désormais handicapé pour le service aérien, il réintègre la Légion en 1916, avec le grade de capitaine. Il est tué en juillet 1916 sur la Somme, alors qu' il commandait la 7ème compagnie du célèbre Régiment de Marche de Légion Etrangère."
  Autre destin individuel signalé par le Bulletin du Comité de l' Asie française de 1915: celui " du soldat TRAN THAN CAN, "Annamite de Cochinchine", boursier de la colonie, diplômé de l' Ecole d' agriculture de Tunis, sorti ingénieur d' agriculture coloniale de l' école de Nogent-sur-Marne " volontaire au 112ème d' infanterie alors que, ses études terminées, il devait repartir pour son pays."
Dernier cas: " CAO DAC MINH, professeur à l' Ecole des Langues Orietales, engagé volontaire à la Légion en 1915, mort en 1918 caporal aviateur."
  Des destins individuels similaires nous en trouvons chez les originaires de tout l' Empire colonial français. Ils soulignent leur volonté, leur courage, et l' accumulation des difficultés auxquelles ils ont dû se mesurer. Ces destins nous permettent surtout de réfléchir sur la manière dont ces hommes ont partagé, ou tenté de partager, une communauté de destin avec les français.
 
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°32501
giovanel
Invité
Posté le 10-01-2007 à 18:55:31  answer
 

Bonsoir, savez vous sur quel site ou à quel organisme je peux m'adresser pour tenter de trouver des éléments sur mon grand père JEAN GIOVANNELLI qui était commandant de troupes indochinoises à HANOI vers 1930 et aprés.
 
Cordialement
 
Christian Maurel

n°32504
Jean RIOTT​E
Posté le 10-01-2007 à 19:36:29  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
Bonsoir Christian,
En règle générale les dossiers personnels des officiers sont conservés au Château de Vincennes, au Service Historique de la Défense. Ils sont soumis à la loi des 120 ans, qui interdit toute divulgation dans les 120 ans qui suivent la date de naissance du personnage. Mais vous pouvez obtenir une dérogation en faisant une demande écrite et en prouvant votre lien de parenté.
A cet effet, voici l'adresse du site du SHD:
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
ainsi que les coordonnées de la salle de communication des Archives (Château de Vincennes, pavillon des Armes):Tel. 01.41.93.20.95 - Télécopie: 01.41.93.20.O3 - ouverture: du mardi au vendredi de 9h à 17h.
Avant tout déplacement éventuel il est préférable de téléphoner.
Bon courage.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°32508
XSL
Posté le 10-01-2007 à 20:32:27  profilanswer
 

Bonsoir à tou(te)s !
 
La photo ci-dessous a été prise à l'Hôpital Temporaire N°29 de la 18° RM.
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/1317/Inconnu%20-%201.jpg
 
Est-ce un Indo-chinois ?
 
Xavier

n°32540
garnier je​an pierre
Posté le 11-01-2007 à 16:18:32  profilanswer
 

Citation :

Est-ce un Indo-chinois ?  


 
 
Bonjour
 
Chéchia même.
 
Cdlt
 
JP

n°32544
XSL
Posté le 11-01-2007 à 19:23:07  profilanswer
 

Bonsoir et merci à JP pour sa réponse pleine d'humour !
 
C'est justement en particulier la chéchia qui m'en faisait douter car pour moi c'est un couvre-chef africain. D'autant plus que l'Hôpital Temporaire N° 29 a accueilli principalement des Africains. A ma connaissance aucun Indo-chinois. Alors, que faisait-il dans cette galère ?! Incorporé dans un régiment d'Africains ? Et son uniforme ? Qu'en pensent les spécialistes ? Zouave ?
 
Cet homme est pour moi un mystère ...

n°32553
Stephan @g​osto
Posté le 11-01-2007 à 20:58:39  profilanswer
 

Bonsoir Xavier,
 
Juste une hypothèse : ce n'est peut-être pas son uniforme. J'ai rencontré des cas similaires sur des vues de groupe en hopitaux.  
 
J'ai par exemple une photo prise dans un hôpital de Nice, en décembre 1914, et sur laquelle figurent, parmi divers blessés, deux sénégalais dont l'un est revêtu d'une capote du 173e R.I. Dans son texte, l'expéditeur de la carte précise : "Vous allez juger par cette photo qui est un vrai souvenir de guerre que nous fesons bon ménage avec ces bons sénégalais", ce qui exclut, je pense, que ce sénégalais était du 173e, et que cette capote lui fut donnée ou prêtée.
 
Amicalement,
 
Stéphan


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ICI > LE 74e R.I.
Actuellement : Les trois pipes du 74e !
n°37153
brownbear
Posté le 21-05-2007 à 08:44:09  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
J'ai été très heureux de trouver sur ce site autant de renseignements sur les troupes Indochinoises ayant participé à la Grande Guerre. Malheureusement je n'y ai pas encore trouvé trace du 20ème bataillon Indochinois dont je possède en collection la médaille dont je joint la photo. Cette médaille module 32mm est en argent (mention argent et poinçon tête de sanglier sur la tranche ce qui indique une fabrication française) et son avers évoque le Cambodge, tandis qu'au revers figure l'inscription "20E Bataillon Indochinois 1916-1917". Le ruban largeur 27mm est rouge et bleu ciel (même couleurs que la Croix T.O.E.)  
Quel est ce mystérieux Bataillon? et à quoi a t'il participé? Quelqu'un connaît t'il cette médaille?
 
Merci d'avance à tous ceux qui m'aideront.
 
Bien cordialement,
Alain

n°37154
brownbear
Posté le 21-05-2007 à 09:25:53  profilanswer
 

Re-Bonjour,
 
Je m'aperçois que les photos de ma médaille du 20è Bataillon Indochinois ne sont pas passées car trop lourdes. Les voici (j'espère) en noir et blanc. Bien sûr je puis les adresser en couleurs à ceux qui le souhaiteront.
 
Bonne journée,
Alain

n°37156
rohmer
Posté le 21-05-2007 à 10:33:37  profilanswer
 

Bonjour à Toutes et Tous,
 
Merci jean pour ce sujet.
Ne pas oublier le camp Galliéni de Fréjus, (Var), détruit en 1961.
 
Il servit de base pour les troupes "anamites" arrivant sur le sol français.
Et ensuite de base pour les troupes françaises se préparant à rejoindre l'Indochine, pour une autre guerre.( paroles d'Anciens).
 
Il laisse place à l'actuelle Nécropole des Guerres d'Indochine.
La Pagode, construite par les soldats de la 1ère guerre, est toujours visible, elle est entretenue à titre privé.
 
Senones (Vosges) et les casernes du 1er BCP : les Anciens du village parlaient aussi de Coloniaux et "d'Anamites "dans ces lieux.....!  
 
Mais je n'ai pas encore trouvé de textes, alimentant leurs dires.
 
Bien cordialement.
Evelyne.

n°38001
belge
Pugna Nobilis Princeps
Posté le 12-06-2007 à 21:49:17  profilanswer
 

Bonsoir à tous,  
Je persiste et signe : mon grand-père, témoin oculaire, en 1914, de la Bataille de Charleroi ( Belgique ) notamment à Châtelet ( Ville voisine de Charleroi ) m'a toujours affirmé avoir vu des troupes "annamites avec des chapeaux plats " du côté de Gosselies (ville voisine de Charleroi ) à l'endroit de l'actuel aéroport de Charleroi/Bruxelles Sud.  Il a ensuite reconnu ce même genre de soldats ....à la TV lors de la Guerre du Vietnam. Il m'a toujours aussi raconté que quelques-uns de ces soldats s'étaient défendus jusqu'au dernier dans une maison que, par après, la "ceinture de la route de la Basse Sambre " avait fait "oublier".
Ce témoignage a été contesté par d'autres "locaux", car aucune troupe de cette sorte n'est officiellement signalée dans la région à cette époque, mais je l'ai toujours cru et le crois encore et vos témoignages, notamment celui de la "suite et fin " du récit de notre Ami Jean RIOTTE( que je félicite et remercie beaucoup au passage) confirment ses récits.  
J'ai par ailleurs lu que même les travailleurs affectés aux Troupes Coloniales savaient, quand il le fallait, se battre à la baïonette et combattre comme des lions... ( Pierre MIQUEL, La Poudrière d'Orient-4, Le Beau Danube Bleu )  
Merci à vous et...merci à eux tous.
De Belgique, cordialement.


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Clansman
n°38091
kevin
Posté le 15-06-2007 à 11:10:17  profilanswer
 

Bonjour a tous
 
Voici 2 photos d'indochinois en France:
 
http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/memoire/0084/sap01_cvl00156_p.jpg  http://www.culture.gouv.fr/Wave/image/memoire/0084/sap01_cvl00155_p.jpg
 
Cdt, Kévin

n°46598
Giem
Posté le 26-12-2007 à 07:41:54  profilanswer
 

Bonjour!!
 
Votre forum est passionant.  
 
(1)Photo mystere, postée le 10.01.2007 par XSL. Je peux vous assurer qu'il ne s'agit pas d'un Indochinois "normal", c'est a dire, un vietnamien ("Kinh" ) de peau claire, semblable aux Chinois, comme ceux qui peuplent le Delta du Fleuve Rouge (Nord), la bande cotiere d'Anam (centre), ou le Delta du Mekong (Sud).  Bien que j'en doute, il n'est pas absolument exclut que l'homme appartienne a l'une des nombreuses minorites ethniques que comptait l'Indochine.
 
(2)Je cherche partout des details sur la garde Indochinoise (periode 1930-1945), malheureusement, je n'en trouve pas. Quelqu'un peut-il m'aiguiller?
 
Par avance merci,
 
Cordialement,
 
Soleil Vert  
Dai Doi Truong

n°46604
Jean RIOTT​E
Posté le 26-12-2007 à 09:20:39  profilanswer
 

Bonjour,
Je pense que vous devriez vous tourner vers le Service Historique de la Défense, section Gendarmerie, au Château de Vincennes.
Je crois me souvenir que la Garde Indochinoise était encadrée par la Gendarmerie.
Etant actuellement en déplacement je n'ai pas l'adresse exacte sous la main.
Une âme charitable, passant par là, pourra peut-être vous dépanner...
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°46629
pouldhu
Posté le 26-12-2007 à 21:07:28  profilanswer
 

bonjour, Je vais tenter de faire suivre un lien pour une photo d'un camp dit "annamites" à Bucy le long
http://etablissements.ac-amiens.fr [...] amites.htm
A+
Gilles

n°55253
racines tr​anchees
Posté le 15-09-2008 à 16:13:58  profilanswer
 

bonjour à tous,voici la photo d'indochinois du service automobile.Ils semblent avoir recrée un "coin de pays"en faconnant la couverture de leur appenti dans le style "pagode".Cordialement,didier.http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2838/groupes%2036%20009.jpghttp://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/2838/groupes%2036%20008.jpg

n°55259
valier
Posté le 15-09-2008 à 19:13:55  profilanswer
 

XSL a écrit :

Bonsoir à tou(te)s !
 
La photo ci-dessous a été prise à l'Hôpital Temporaire N°29 de la 18° RM.
 
Est-ce un Indo-chinois ?
 
Xavier


 
bonsoir à tous,
C'est un Zouave. Et je ne lui trouve pas du tout l'air indochinois. :??:  
 
Cordialement
 
Jacques


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Un Homme n'est jamais tout à fait mort tant qu'il y a quelqu'un pour prononcer son nom.
n°55968
Ferns
Où vas-tu Paul ? Vers L'Aisne
Posté le 12-10-2008 à 21:52:05  profilanswer
 

 :hello: bonjour,  
Au final parmi les 43000 combattants indochinois, les pertes s' élèvent à 1123 hommes, soit 2,5% des effectifs contre un peu moins de 20% pour les Français.  
Le passage de ces troupes indochinoises et leur contact avec les Européens ont été le germe, dans les esprits, des idées nouvelles d' indépendance, de nationalisme et d' émancipation.  
 
Cordialement.  
Jean RIOTTE.

Pouvez-vous citer votre source s'il vous plaît ? C'est très important pour moi.
 
D'avance merci
 
cordialement,
Ferns


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L'homme en campagne a les mêmes besoins qu'en temps de paix ; ces besoins deviennent même plus impérieux, étant exacerbés par une existence plus active et plus énervante.(Henry Mustière)
n°55983
Jean RIOTT​E
Posté le 13-10-2008 à 16:09:35  profilanswer
 

Bonjour Jérôme,
J'ai cité mes sources dans le préambule à cet hommage aux combattants indochinois.
Il se situe dans le premier message ouvrant ce fil.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

n°56022
garnier je​an pierre
Posté le 14-10-2008 à 17:42:22  profilanswer
 

Bonjour à tous.
 
On peut les trouver là :
 
 
http://www.stratisc.org/TC_5.htm
 
 
Cordialement
JP


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D'ousqu'on vient, on salue que les morts!
La peur. (G chevallier)
n°56216
Ferns
Où vas-tu Paul ? Vers L'Aisne
Posté le 19-10-2008 à 22:00:14  profilanswer
 

Bonsoir Messieurs,
  Je me suis mal exprimé, je voulais savoir si cela avait été publié
  ( editeur, année etc...). Ok, merci Jean-Pierre.
Encore merci,
 
Cordialement,
 
 Ferns


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L'homme en campagne a les mêmes besoins qu'en temps de paix ; ces besoins deviennent même plus impérieux, étant exacerbés par une existence plus active et plus énervante.(Henry Mustière)
n°98916
Chalons
Posté le 13-04-2013 à 00:14:01  profilanswer
 

Bonjour et merci pour toutes ces informations.
 
Je suis à la recherche de détails concernant les troupes indochinoises qui ont participé à la construction d'ouvrages d'art et de voies ferrées militaires en 1916-17 à proximité de Châlons sur Marne.
 
Il semble que des militaires indochinois faisant partie du 5ème régiment du Génie aient participé à la construction d'une ligne ferrée n° 09bis qui contourne Chalons et passe notamment par Coolus. A cet endroit un pont a été construit sur la Marne (longueur 120m) et a par la suite été surnommé le pont de Annamites.
 
Quelqu'un aurait-il des informations à ce sujet?
 
Merci par avance.

n°102412
denis33
Posté le 11-11-2013 à 00:57:20  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,
 
Pour ceux que cela intéresse...
 
http://amphitrite33.canalblog.com/ [...] 03801.html
 
Bien cordialement,
 
Denis
 


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Mon blog sur le 149e RI
n°106791
robin des ​bois
Posté le 08-06-2014 à 09:18:07  profilanswer
 

 Pour différentes raisons , je m'intéresse
 
- à la guerre 14-18 et plus spécialement Verdun : l'arrière grand-père de mes enfants ayant été tué  au Chemin des Caurettes(entrée du tunnel du Kronpritz), près du MortHomme le 12 avril 1916
 
- à l'Indochine , après des séjours au Cambodge et au Vietnam  
 
je découvre avec un grand intérêt ce forum (grâce au lien "Journal du Cambodge" ) et plus particulièrement les posts de Jean RIOTTE vu" leur qualité"
 
Pour commencer, je souhaiterais lui demander SVP des compléments d'info sur les points suivants , faits à partir de ce constat :" l'Indochine de Papa": quatre protectorats (Tonkin, Annam, Laos et Cambodge) et une seule  Colonie, "la Cochinchine ou Basse Cochinchine"  
 
1°) quelle différence SVP dans "l'enrôlement des militaires indochinois "selon qu'ils relevaient d'un Protectorat ou de la Colonie ?
 
2°) juridiquement quel était leur statut supposé ? Par exemple " pour un "sujet  Français " ou "un sujet indigène"?
 
3°) le recrutement des soi-disant "volontaires militaires" ? idem selon leurs appartenance à la "Colonie "ou les 4 Protectorats  
 
4°) Le recrutement des soi-disant " travailleurs volontaires" (cf Immigrés de Force de Pierre DAUM .. mais plus sur 39/45)
 
5°) retour à la vie civile  et droits des anciens combattants , selon qu'ils appartenaient la Colonie de Cochinchine ou aux 4 Protectorats  
 
 
Merci d'avance, et merci aussi d'avoir prêté attention à ce post

n°106808
lavande
Posté le 09-06-2014 à 12:27:10  profilanswer
 

Bonjour Robin,
 Ravie de vous voir sur cet excellent forum. Auriez-vous la gentillesse de bien vouloir faire" un mot" de présentation! comme nous l' avons tous fait.  
 Amities. Lavande.


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