Bonsoir à tous.
Je viens de lire vos propos, étant à la recherche d'informations sur mon grand-père qui était caporal au 149e RI. De la classe 1908, il fut incorporé de 1909 à 1911. Puis il fut rappelé le 1-8-1914 pour être démobilisé le 31-3-1919. Or, il est décédé en 1959 lorsque j'avais 16 ans, âge où l'on ne sent pas concerné par la vie de nos anciens. Malgré mes questions vers l'âge de 10-12 ans, il est toujours resté vague refusant d'aborder le sujet. Ses enfants (mon père et mes oncles) n'en savaient pas plus. Est-ce par pudeur ou bien avait-il vécu des événements dont il ne voulait plus se souvenir ? Il a fait la bataille de la Somme entre autres. J'ai découvert cela récemment, car ayant retrouvé ses médailles, j'ai voulu en savoir plus en consultant sa fiche matricule aux archives.
Au cours de ma scolarité j'ai eu des professeurs qui avaient fait la Grande Guerre, je pense notamment à notre professeur d'histoire. Nous l'avons écouté pendant des heures. De plus, il était professeur de musique, et au début de chaque cours, nous avions toujours la bonne question qui nous permettait d'échapper au cours de solfége. Par contre je ne suis pas d'accord sur le fait qu'en 1964 tous les jeunes s'en foutaient, car pour le 50e anniversaire, les commémorations furent nombreuses ainsi que les rétrospectives à la radio et sur la télévision (il n'y avait qu'une chaine en N&B). Les programmes scolaires en faisaient mention avec des vétérans qui faisaient des conférences dans les écoles. Le 11 novembre fut particulièrement fêté, surtout que le général De Gaulle, président de la République, avait tenu à ce que cela fut grandiose. Je m'en souviens très bien, car je venais de terminer un séjour de 2 ans aux frais de l'Etat, notamment 18 mois en Allemagne. Pour les allemands, ce fut beaucoup plus discret, voire occulté.
Hélas, aujourd'hui, personne ne se souvient. Les jeunes ignorent ce qu'est le "Chemin des Dames" ou bien l'Escadrille Lafayette. Pire, la Voie Sacrée, artère vitale (selon Pétain) qui sauva Verdun, est totalement inconnue par nos dirigeants. J'en veux pour preuve que la gare "Meuse-TGV" est située sur son parcours. On n'a pas voulu l'appeler "Voie Sacrée-TGV". Cette route large de 7 m, relie Bar-le-Duc à Verdun sur 60 km. Elle a vu, par semaine, passer 90 000 soldats, des milliers de camions et 50 000 tonnes de matériel. Les camions faisaient plus d'un million de km par semaine. Pour l'empierrement, des carrières furent creusées tout au long du parcours. Plus d'un millier de permanents étaient répartis le long du trajet pour la maintenir en état (1 hommes tous les 60 m) de jour comme de nuit, été comme hiver, malgré les bombardements. Le dégel était la période la plus difficile.
Aujourd'hui, route déclassée au rang de départementale, elle garde ses bornes kilométriques si particulières, surmontées d'un casque de poilu et sur la face, la palme des martyrs.
George PINEAU qui a longuement écrit sur la "Voie Sacrée" a conclu par cette phrase: "Pélerin de la Voie Sacrée, pélerin de Verdun, souviens-toi". Hélas, les responsables de l'Education Nationale n'ont pas lu ce livre.
Et enfin, n'oublions pas qu'au moment où les allemands attaquaient Verdun, lors de "la quiétude du pays" selon Pétain, la presse parlait de "bourrage de crâne" ce qui faisait serrer les poings de colère des hommes du front.
J'aimerai que ceux dont cette période est floue, lisent ce livre:
VERDUN de Jacques-Henri LEFEBVRE aux éditions du mémorial. Collection "Histoire et Recherches". Il y a beaucoup de lettres, d'anecdotes et de commentaires.
Bonne soirée
Jean-Claude
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La réalité c'est ce qui reste quand on refuse d'y croire.