Bonsoir à tous,
Bonsoir Pierre,
Extrait de Sous les obus avec le 6-7, de Maurice Pascal : "17 octobre 1916. On m'annonce, ce matin, la mort du commandant Gouraud, chef du 1er bataillon du 67, frère du général Gouraud. Cela ne m'étonne pas, il devait se faire tuer. Il était très brave, un peu exalté et ne se rendant certainement pas un compte exact du danger. Il était légendaire au 67. On l'appelait "mon frère Henri" et tout le monde l'aimait bien.
A Verdun, son bataillon allant à l'attaque, il s'écrie : "Saint-Michel, protégez mon bataillon !" Il expliquait ensuite que sa famille était vouée à Saint-Michel. Le "frère Henri" captura Samory le jour de la Saint-Michel.
Avisant, à Rupt, un soldat descendant de Verdun, il le met en face de lui et lui dit : "Tu es sale, tu es boueux, tu es dégoûtant... tu es un brave, je te salue !" et il le fit, comme il le disait.
Il était sorti de Saint-Cyr en 1895 et avait passé presque toute sa vie militaire dans l'Est. Capitaine au début de la guerre, il fut bientôt chef de bataillon. A Verdun, avec son bataillon, il gagnait sa troisième citation, en repoussant la furieuse attaque du 23 juin, après laquelle le régiment tout entier fut cité à l'ordre de l'armée.
Le 16 octobre, le bataillon de Gouraud avait enlevé une tranchée. Dans la nuit, le commandant visitait la nouvelle position conquise, encourageant ses hommes, quand une balle, lui traversant le cou, le renversa mort."
C'est tout ce dont je dispose. Je laisse à votre soin de recouper la date et les circonstances de sa mort, qui semble donc n'avoir pas été immédiate.
Bien cordialement,
Eric Mansuy
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« Un pauvre diable a toujours eu pitié de son semblable, et rien ne ressemble plus à un soldat allemand dans sa tranchée que le soldat français dans la sienne. Ce sont deux pauvres bougres, voilà tout. » Capitaine Paul RIMBAULT