Reprise du message précédent :
Bonsoir à tous,
Il faut que l'on sache ce que fut la belle conduite de Jean de La Ville devant Verneuil. Après sa mort, le 28 novembre, son capitaine, M. Bordes, l’a racontée dans une lettre émouvante à sa mère. C'est à lui qu'il convient de laisser ici la parole :
« Le 2 novembre, à l'aube, les Allemands attaquaient le saillant de Verneuil que défendait la rive droite de l'Aisne. Celle-ci franchie, c'était la Marne, 70 kilomètres de plaine sans défense. Tout leur effort se portait là à ce moment. J'avais vainement demandé du renfort. Nous étions très peu nombreux contre une avalanche de Boches. La préparation d'artillerie avait été si terrible que, dès les premières heures, les chefs étaient tous tombés. Je dis au sergent de Mirmont de prendre le commandement de la gauche de la tranchée, face au bois des Boules, position très importante parce que rien ne la protégeait et que, par là, on gagnait directement Verneuil et l'Aisne. Je me réservais la partie la plus longue, vers Beaune et Chivy, protégée par les grandes carrières. Le soir du 2, nous avions dû céder une grande partie du terrain; mais le sergent de Mirmont n'avait pas reculé d'un pouce. Resté seul avec une poignée d'hommes qu'il électrisait, il allait de l'un à l’autre, faisant face à tout, magnifique de sang-froid, terrible de vaillance, endiablée. Aussi les Boches ne l'ont pas manqué. Le 28 novembre, ils attaquaient cette partie irréductible des tranchées.
« Dans deux jours, votre fils allait être sous-lieutenant. J'en étais heureux pour lui, mais ennuyé pour moi qui le perdais. C'était un compagnon délicieux, un ami exquis, ne causant pas beaucoup mais si bien ! Il avait une intelligence claire et savait tant de choses ! Il était mon bras droit. Il nous a rendu des services inappréciables. Non seulement il avait un courage fantastique, mais, avec cela, une simplicité, un calme, une pondération inouïes : un vrai chef. Le commandant, qui l’avait observé, m'avait dit: « Vous avez là un homme remarquable et il n'est que sergent ! Dépêchez-vous d'en faire un officier ! Ah ! il a été sublime ! Oui, je le répète, Sublime !»
On a trouvé, dans le carnet de route d'un de ses compagnons rescapés du 2 novembre, cette phrase venant après un bref récit du combat : « Sans le courage et le sang-froid du sergent de Mirmont, nous étions tous tués et la mitrailleuse prise. »
C'est pour sa belle conduite à Verneuil, le 2 novembre, que la médaille militaire a été attribuée à sa mémoire par arrêté du 27 mai 1920, paru au Journal Officiel du 23 octobre 1920.
Extrait de:
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Message édité par bruno17 le 29-07-2009 à 14:10:31
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Bruno Baverel.
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