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Auteur Sujet :

Frontenay sur Dive 14-18

n°76708
regis 79
Posté le 17-02-2017 à 15:35:15  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Il y a cent ans, jour pour jour, le 17 février 1917……...
 
Ce 17 février 1917, Joseph Depoys, mon grand-père, envoie une carte postale à Marie Panier, ma future grand-mère. Il écrit :
« Dimanche 17 février 1917
Ma chère Marie
un petit mot seulement pour te dire bonjour et je t'avais  
dis* que nous devions aller 5 jours un peu à l'arrière et en effet, nous  
arrivons aujourd'hui au bout du 3è jour, pour un dimanche ce n'est  
pas mal. Je ne sais pas pourquoi on a* pas terminé nos 5 jours, mais
il ne faut pas chercher a* comprendre, c'est militaire. Nous n'avons pas  
été trop bien, car pour l'instant, le temps est très froid depuis 3 ou 4 jours
et on couchait dans des granges, il n'y faisait pas chaud, cela ne vaut pas  
nos petites chambres malgré qu'elles sont plus près des lignes.
Amitiés, je t'embrasse bien fort.
Joseph 
»
* = écrit ainsi sur la carte postale
 
Deux jours plus tôt, le 15 février 1917, Marcel Valançon, le frère de mon arrière-grand-mère Constance, épouse Léon Panier et donc l'oncle de Marie Panier citée plus haut, quitte la Maison Maurice à Châtellerault.  
Je me suis longtemps demandé ce que faisait cette maison Maurice.  
Un cousin lointain et membre éminent du Cercle Généaloqique Poitevin m'en a apporté la réponse il y a quelque temps. Dans l'annuaire administratif, militaire, religieux, judiciaire, industriel, commercial et nobiliaire de la Vienne 1914, il est précisé à Châtellerault: « Maurice Henri, chaussures en gros, 12, rue de l'Ancienne Caserne »
 
Cordonnier de profession, mobilisé depuis mai 1916 au 69ème RIT de Châtellerault, il est donc logique de retrouver Marcel Valançon, âgé de 47 ans en 1917, dans cette entreprise de chaussures.
Il la quitte donc ce 15 février 1917, rejoint le dépôt du 69ème RIT avant de rejoindre, pour quelques semaines, le 30 mars 1917 une maison apparemment identique, non pas à Châtellerault, mais à Amboise (37), la Maison Goumin.
 
Mais même à 47 ans, on n'est à l'abri de rien et Marcel Valançon va devoir incorporer un régiment d'infanterie....

n°76782
regis 79
Posté le 20-02-2017 à 20:35:40  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 20 février 1917……...
 
Le 16 janvier 1917, Joseph Thiollet, né à Frontenay en 1892, un des 5 frères Thiollet qui sont partis ou vont partir à la guerre, est muté du 114ème bataillon de Chasseurs à pied au 62ème Régiment d'Artillerie. En fait, depuis le 28 juin 1916, il soigne ses blessures reçues du côté de Verdun.
 
Ce 20 février 1917, selon sa fiche matricule, Joseph Thiollet est de retour au front avec son nouveau régiment. Comme tout artilleur, il est pratiquement impossible de suivre son parcours individuel.  
Le JMO du 62ème RA précise toutefois que le régiment est stationné près de Vesoul et participe, avec ses 3 groupes de batteries, aux manœuvres avec la 13ème DI, dans le camp de Villersexel (Haute-Saône), avant de regagner l'Alsace fin février 1917, puis Château-Thierry en avril et ensuite, en juin 1917, le secteur du Moulin de Laffaux dans l'Aisne.
 
L'historique du régiment précise que « c'est à partir de cette date que chaque groupe de batteries est affecté à un régiment d'infanterie ou à deux bataillons de chasseurs avec qui il restera jusqu'à la fin de la campagne, ce qui permet de mieux se connaître et d'avoir des liaisons plus faciles. Le 1er groupe avec les 20e et 21e bataillons de chasseurs à pied ; le 2e groupe avec le 21e régiment d'infanterie et le 3e groupe avec le 109e régiment d'infanterie. C'est dans ces conditions que malgré de très violents bombardements, le Régiment contribue à maintenir l'inviolabilité du front et participe à de très brillants coups de main, en particulier devant le 1er groupe, où le coup de main dit « du Tas de Fumier » nous rapporte une trentaine de prisonniers. Mais les batteries allemandes sont de plus en plus actives et recherchent principalement l'artillerie »......
 
Heureusement pour lui, Joseph Thiollet n'aura pas d'autres blessures physiques que celles reçues à Verdun.

n°76905
regis 79
Posté le 25-02-2017 à 22:28:37  profilanswer
 

Il y a cent ans et 16 mois environ……...
 
Il me faut aujourd'hui réparer un oubli bien involontaire de ma part.
En relevant tous les enfants nés à Frontenay entre 1867 et 1902 ou y habitant lors du recensement de 1911, j'ai noté un seul René Morin alors qu'ils sont deux, deux frères de surcroît.
 
J'ai bien parlé de René Morin, né en 1881, père de Thérèse, Marie-Louise, Renée et Fernand, affecté à l'annexe de remonte de Bonnevoix dans l'Indre, puis au 17ème Régiment de Chasseurs.
 
J'ai omis de parler de René Morin, son frère aîné, né en 1879, père de Pierre et dont le prénom usuel est ….......Albert.
Eh bien, René Albert Morin est né le 05 août 1879 à Chalandray dans la Vienne, fils de René (oui encore René ) et Louise Amilien.
Il fait son service militaire au 68ème RI dans l'Indre, au Blanc et à Issoudun, du 15 novembre 1900 au 23 septembre 1903.
 
René Albert Morin est mobilisé dès le 06 août 1914 et se retrouve au front dès le 12 août suivant, avec le 69ème RIT de Châtellerault. D'après le JMO et l'historique du régiment, il participe à la défense du camp retranché de Paris et fait partie de cette armée sortie de nulle part qui repousse les Allemands.
 
Le 27 octobre 1914, son régiment cantonne à Goussainville (actuel 95). La fiche matricule de René Albert Morin précise que ce jour-là, il est blessé à la cuisse droite par un éclat d'obus à …......Fontenay ….en Parisis.
Le JMO et l'historique du régiment ne disent strictement rien sur ces combats.
 
Mais René Albert Morin a la peau dure, il n'est pas évacué et …........reste au front avec le 69ème RIT, puis le 206ème RIT jusqu'en mai 1918 !
Sa fiche matricule précise qu'il devient sergent le 01 février 1917, ce que confirme sa petite-fille Nicole que j'ai rencontrée il y a 8 jours.

n°76948
regis 79
Posté le 01-03-2017 à 15:49:35  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 01 mars 1917……...
 
Ce 01 mars 1917, Eugène Vinais, né à Frontenay en 1871 et habitant Roiffé (86) en 1914, change d'affectation. Du 71ème RIT, il passe au 2ème Escadron du Train.
Je l'ai évoqué le 07 avril 2015, lorsque, 100 ans plus tôt, il rejoint le 71ème RIT. Son parcours au sein de ce régiment est possible grâce à l'historique du régiment.
En avril 1915, Eugène Vinais rejoint son unité dans l'Oise, où il restera jusqu'en octobre suivant. C'est la période de l' « amalgame ». puis ce sera la Somme de novembre 1915 à février 1916.
 
Le 71ème RIT et Eugène Vinais n'échappent pas à Verdun. Les compagnies qui ne sont pas affectées au fort de Vaux sont chargées d'exécuter des travaux sous un bombardement incessant, de ravitailler, la nuit, les compagnies des forts et de construire un boyau au fort de Tavannes. Dans un cas comme dans l'autre, la situation n'est pas enviable durant ce mois de mars 1916. Pour ce seul mois, le 71ème RIT, auparavant peu exposé, a 51 tués et 201 blessés.
 
Retour dans l'Oise d'avril 1916 à février 1917, date à laquelle le 71ème RIT est réduit à 2 bataillons. Et Eugène Vinais rejoint alors le 2ème Escadron du Train où son parcours est impossible à suivre, peut-être moins exposé qu'au front, mais sûrement aussi pénible.
 
J'en profite également pour réparer un oubli.
Théodule THOMAS, né à Frontenay en 1878 et habitant Cuhon (86) en 1914, fait partie des soldats du 69ème RIT qui, comme Damien Valançon, ont été affectés au 232ème RI et se sont retrouvés ainsi près de Verdun début janvier 1917. Et comme Damien Valançon, victime du froid intense qui règne à cette période, Théodule THOMAS est atteint, le 13 janvier 1917, de "pieds de tranchées" au fort de Douaumont qu'on ne présente plus.
Curieusement, il reste « aux Armées » jusqu'au 11 juin 1917..........

n°76999
regis 79
Posté le 05-03-2017 à 15:30:40  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 05 mars 1917……...
 
Ce 05 mars 1917, Joseph Depoys, mon grand-père, né à Frontenay en 1890, envoie une carte postale à sa promise. Il écrit :
 
« Samedi 5 mars 1917,  
Ma chère Marie,
je t'adresse quelques lignes aujourd'hui  
pour te donner de mes nouvelles.
Je n'ai par le fait rien de particulier à te faire  
savoir. Nous sommes assez tranquilles  
pour le moment.
Aujourd'hui, il a tombé de la neige  
toute la matinée, d'habitude, il faisait beau.
C'est demain que je vais fêter mon anniversaire,  
mais je crois que l'on ne va pas beaucoup l'arroser,  
car pour l'instant, le pinard manque. Bonne santé.
Je t'en souhaite ainsi.
Celui qui ne t'oublie pas, Joseph
 »
 
Ce 05 mars 1917, le 346ème RI de Joseph Depoys stationne près de Marainviller, près de Lunéville (54). la situation y est effectivement calme.
Pas pour longtemps, car, selon le JMO, le 06 mars, jour de l'anniversaire du grand-père, les Français effectuent un bombardement intense des lignes allemandes, lui-même suivi le 07 mars d'une riposte allemande, elle-même suivie le 08 mars d'une contre-attaque française qui franchit les 2 premières lignes allemandes.  
Aucune victime n'est à déplorer au 346ème RI. Ce ne sera pas le cas lors des nouvelles attaques allemandes de fin mars et début avril 1917.
 
Le grand-père Joseph se veut rassurant auprès de sa bien aimée, mais sur place, la situation n'est pas aussi sûre qu'il veut bien l'écrire.

n°77012
regis 79
Posté le 07-03-2017 à 10:59:18  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 07 mars 1917……...
 
Ce 07 mars 1917, Damien Marsault, né à Frontenay en 1877, quitte le front et son régiment, vraisemblablement le 232ème RI, basé à Ambly-sur-Meuse. En effet, même s'il appartient au 69ème RIT de Châtellerault, les glissements sont fréquents entre régiments de la même ville et mon grand-père, Joseph Depoys, précise dans certains de ses courriers qu'il le rencontre avec les soldats du 232ème dans la Meuse et la Meurthe-et-Moselle, alors que le 69ème RIT évolue entre Paris et la Pas-de-Calais.
 
Damien Marsault fait partie de ces soldats qui ont subi un froid intense du côté de Verdun au début janvier 1917.
Il quitte donc son régiment pour intégrer durant quelques mois l'usine de production d'énergie électrique à Issy-les-Moulineaux.
 
La veille 06 mars 1917, c'est Eugène Rolland, père adoptif de ses 3 nièces, dont les futures Mme Demer et Mme Bezault, né à Frontenay en 1870 qui quitte le 8ème RIT, où il est affecté depuis novembre 1915  pour intégrer la 7ème section d'infirmiers.
 
D'après l'historique du régiment, le 8ème RIT d'Eugène Rolland, participe à des travaux de défense en Alsace avant d'être envoyé à …......Verdun  le 27 mars 1916, où il est essentiellement employé, de nuit, à « l'entretien des boyaux détrempés et encombrés par les arbres abattus ».  
 
Il participe aussi aux travaux de routes et aide les unités du Génie.
L'historique précise : « Les hommes montrent une extrême bonne volonté, se rendant compte de la nécessité de leur travail. »  
 
Le 25 janvier 1917, le 8ème RIT quitte enfin la région de Verdun pour arriver début mars dans la Somme, près de Ham.
Sa dernière période de repos date du …....... 6 au 19 décembre 1915 !
Durant cette période, le bilan est de 115 tués et 274 blessés.  
 
En passant à la section d'infirmiers, Eugène Rolland va pouvoir souffler physiquement. Moralement, ce sera plus dur.....

n°77096
regis 79
Posté le 13-03-2017 à 13:18:30  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 13 mars 1917……...
 
Ce 13 mars1917, Hubert Métayer, né à Frontenay en 1885, change de régiment.  
Engagé militaire dans l'artillerie après son service militaire, il commence la guerre avec le 49ème RA, le régiment local de Poitiers. Il y fait campagne jusqu'au 09 mars 1917, en passant notamment, précise Ch'timiste, par l'Artois de février à juin 1916, puis par Verdun en juin 1916, où le régiment a une centaine de tués, plus de 30 canons détruits et plus de 100 000 obus tirés. C'est  ensuite la Champagne de juin à septembre avant de revenir dans la Somme d'octobre 1916 à janvier 1917.
 
Ce passage par Verdun lui vaudra une citation en 1919 : « Sous-officier de haute valeur, a rendu les meilleurs services à Verdun en 1916 comme agent de liaison avec l'Infanterie »
Car Hubert Métayer monte en grade régulièrement: brigadier le 13 juillet 1907, maréchal des logis le 22 septembre 1909, maréchal des logis-chef 11 avril 1915. Il ne s'arrêtera pas là, puisqu'il sera promu adjudant en 1918, sous lieutenant en 1925 et lieutenant en 1927. Le petit cultivateur de Frontenay prend du galon....
 
Et le voici donc ce 13 mars 1917 rattaché au 90ème RAL (Régiment d'Artillerie Lourde) récemment créé, après une affectation de quelques jours au 83ème RAL.
Instructions, maniements et manœuvres du canon de 115 sont au programme avant la montée au front échelonnée d'avril à juillet 1917 dans le secteur de Nancy et Nomény (54).
 
L'historique du 90ème RAL précise un déplacement de ce régiment en Italie de mi-septembre à mi-octobre 1917 avant de revenir sur Verdun jusqu'en mars 1918.
 
Hubert Métayer restera dans ce régiment jusqu'au 27 juin 1922 …........., avant d'être affecté dans d'autres RAL et de participer à l'occupation des Pays Rhénans......carrière militaire oblige.
 
D'après mes renseignements, au début de la Seconde Guerre, Hubert Métayer est malade et hospitalisé à Poitiers (86). Pour des raisons dites de sécurité, les Allemands empêcheront son épouse de se rendre à son chevet et Hubert Métayer mourra dans des circonstances troubles.

n°77112
regis 79
Posté le 15-03-2017 à 16:19:02  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 15 mars 1917……..
 
Ce 15 mars 1917, Moïse Thomas, né à Frontenay en 1893 et habitant Notre Dame d'Or (86) en 1913, change de régiment.  
Il quitte le 12ème RA pour intégrer le 249ème RA.
D'après l'historique du 12ème RA, ce dernier, auquel appartient Moïse Thomas depuis le 12 juillet 1916, vient de faire ses preuves à la bataille de la Somme de juillet à décembre 1916 avant de participer à des travaux près de Belfort et en Haute-Alsace en février-mars 1917 afin de parer une éventuelle attaque par la Suisse.
 
C'est à ce moment-là que Moïse Thomas rejoint le 249ème RA, réparti en 3 groupes.
 
Selon l'historique du 249ème RA, "le 1er Groupe, chargé d'appuyer la 1ère brigade russe, s'empare avec cette dernière de Corcy (Aisne) le 16 avril 1917 ; le 19 Avril, le Général Netjvolodoff adresse « au Commandant Bony, aux officiers et aux braves artilleurs de son groupe, l'expression de sa plus vive reconnaissance et ses plus chaleureux remerciements pour le concours dévoué qu'ils lui ont prêté sans compter ».  
Dans les secteurs plus à l'ouest, où sont engagés les deux autres groupes, les Français chassent l'ennemi de Loivre (Marne) et le repoussent jusqu'aux lisières de Berméricourt (Marne). A la fin d'Avril, le front se stabilise de nouveau dans la région au nord-est de Reims ; jusqu'au 12 août 1917, le régiment occupe dans cette région plusieurs secteurs : Coucy, Villers-Franqueux (Marne)
".
 
Moïse Thomas va encore traverser la France avec le 249ème RA. Il va rejoindre la Lorraine fin 1917 avant de regagner la Somme pour contrer l'offensive allemande de 1918.
Moïse Thomas fait partie de ces soldats qui resteront au front durant toute la durée de la guerre et même plus : du 02 août 1914 au 09 mars 1919 !

n°77145
regis 79
Posté le 18-03-2017 à 11:44:58  profilanswer
 

Il y a cent ans et 2 jours, le 16 mars 1917……...
 
Ce 16 mars 1917, Maurice Deméocq, né à Frontenay en 1898, fils d'Augustin DEméocq, toujours mobilisé et de Zilda Marsault, sœur aînée des 4 frères Marsault, s'engage pour 4 ans au 49ème RA de Poitiers. Il n'a pas encore 19 ans.
Arrivé à son régiment le 19 mars, il reste « à l'intérieur » jusqu'au 12 décembre 1917, probablement pour faire ses classes avant de connaître le baptême du feu du côté de Bezonvaux, près de Verdun, en février 1918.....
 
Pour mémoire, Maurice Deméocq est le premier mari d'Abéline Thomas de Notre-Dame d'Or (86) et seuls les anciens peuvent s'en souvenir, puisqu'il décède en 1948, si la transmission orale est bonne, d'une péritonite mal diagnostiquée.

n°77148
regis 79
Posté le 19-03-2017 à 09:05:04  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 19 mars 1917……...
 
Nous avons quitté Germain Jamet, natif de Massognes dans la Vienne, mais figure emblématique de Frontenay après guerre, en octobre 1916 en pleine bataille de la Somme.
 
Début janvier 1917, son régiment, le 408ème RI est toujours positionné en Picardie, dans l'Oise cette fois, à 20 km à l'Ouest de Compiègne.
D'après l'historique du régiment, on prépare les tranchées et les boyaux en vue de la prochaine attaque. Les soldats travaillent de nuit, mais le sol est gelé et retarde considérablement l'avancée des travaux. En plus, le bruit, ainsi généré dans le dur par les pelles et les pioches, alertent les Allemands qui bombardent les positions françaises à l'aveuglette. Mais l'ennemi se retire et il faut faire vite pour rester au contact.
 
Le 17 mars 1917 au soir, le 408ème RI et Germain Jamet atteignent Catigny, toujours dans l'Oise, à 25 km au nord de Compiègne. Il faut attaquer l'ennemi dans sa retraite. On délivre des civils français vivant sous la botte de l'ennemi depuis plus de 3 ans. Plusieurs reconnaissances sont à réaliser, permettant un faible nombre de prisonniers, mais faisant toutefois 4 tués et 27 blessés.
 
Dans la nuit du 18 au 19 mars 1917, ordre est donner de se porter sur Guiscard, à 15 km au nord de Catigny et de l'occuper solidement. L'objectif est atteint sans prise de contact avec l'ennemi, enfin presque, puisque 2 soldats sont tués et 19 autres sont blessés, quasiment tous de la 3ème Compagnie du 1er bataillon.
 
Et ce 19 mars 1917, parmi les blessés figure Germain Jamet, blessé à la main gauche par un éclat de grenade.
 
Germain Jamet, qui n'a peur de rien, selon sa fille Bernadette, est touché. Il va quitter le front ...le temps de se soigner et le revoilà de retour, selon sa fiche matricule, dès le 28 avril suivant, dans la Somme.
 
L'armée a besoin de Germain Jamet, car elle sait qu'elle peut compter sur lui pour des coups de main...........

n°77201
regis 79
Posté le 24-03-2017 à 09:16:19  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 24 mars 1917……...
 
Ce 24 mars 1917, Joseph Depoys, mon grand-père, né à Frontenay en 1890, envoie une carte postale à sa promise :
 
« Samedi 24 mars 1917,
Ma chère Marie,
à mon tour, je viens t'offrir mes meilleurs vœux et et souhaits
à l'occasion de ton anniversaire qui doit être, si je me souviens,  
le 28 courant et ta 24ème année terminée. Ce chiffre te paraît
peut-être élevé, 24 et être encore fille, toi qui me disais que tu
ne t'étais jamais trouvée si vieille comme à présent. Enfin, ça ne  
durera peut-être pas toujours. .............................................
........................................................................, espérons  
que cela viendra le plus vite possible.
Bonne santé, c'est ainsi que je te souhaite.  
Reçois mes amitiés les plus sincères et je t'envoie par la  
présente un doux baiser d'amour.
Ton petit ami, Joseph
 »
 
Ce 24 mars 1917, Joseph Depoys est toujours en position en Lorraine, près de Marainviller.
Le 6 mars précédent, un violent tir d'artillerie ennemi a lieu au Bois des Arrieux, tir préparatif à l'attaque allemande du jour suivant. Cette attaque est repoussée entre autres par deux compagnies du 346ème, suivie d'une contre-attaque française le 8 mars, permettant d'avancer jusqu'à la 3ème ligne allemande et de « nettoyer » plusieurs abris. Curieusement et heureusement d'ailleurs, aucune perte n'est à signaler au 346ème RI.
Ce ne sera pas le cas le 29 mars 1917, où un nouveau tir d'artillerie allemand fait 6 victimes dans le régiment de Joseph Depoys, tir pour une fois non suivie d'une attaque d'infanterie ennemie.
Le JMO ne relate pas de combats en avril et mai 1917, mais déplore des victimes tous les 4 ou 5 jours, comme par « routine ».
 
Joseph Depoys et son 346ème RI ne sont pas au bout de leurs peines. Verdun, où les combats n'ont jamais vraiment cessé, les attend au mois de juin 1917 …........

n°77217
rirou
Posté le 25-03-2017 à 20:48:35  profilanswer
 

Bonjour,
 
je suis l'arrière-arrière petite fille d'Ernest Couillebault. Hélène avait parlait à ma mère, la fille de Roger Richard de votre travail. Je viens d'en terminer la lecture ayant une jambe dans le plâtre j'ai enfin eu du temps :) . Etant une passionnée d'histoire (j'ai fait des études en ce sens), j'ai beaucoup aimé votre travail de titans. Mais ce que j'ai encore plus apprécié, c'est de suivre mon aïeul dans cette grande guerre et tous ses copains qui  portent des noms qui ont bercé mon enfance. Je passais  bcp de temps avec mon grand-père au cimetière de Frontenay car il y entretenait les tombes de sa maman et de son frère. Alors les noms que vous évoquez, je les ai lu à maintes reprises sur les tombes comme celle de Roger Aubourg qui jouxte celle de mon arrière grand-père Camille Richard. Votre travail c'est pour moi comme une madeleine de Proust car je n'ai malheureusement plus bcp l'occasion de venir à Frontenay car les personnes de ma famille proche sont soit décédées, soit ont quitté le village, comme Hélène par exemple. Pour en revenir à mon aïeul, je crois savoir qu'il n'a pas  vu son fils Louis naitre et même pendant plusieurs mois. Vous évoquiez une seule naissance en 1915, je crois que c'était mon tonton Louis.  Bravo pour votre travail, j'espère encore vous lire.
 
Blandine :hello:

n°77226
regis 79
Posté le 26-03-2017 à 09:55:48  profilanswer
 

Bonjour Blandine,
eh bien, je suis ravi de vous faire revivre votre enfance dans ce paisible village de Frontenay-sur-Dive.
On pense que c'est une bourgade où il n'y a rien ou presque rien à voir.  
C'est toujours faux quand il s'agit de son pays natal comme moi ou celui de ses racines comme vous.
Les constructions du bourg n'ont quasiment pas évolué depuis cinquante ans et je connais presque chaque maison avec les habitants qui les occupaient à ce moment-là.
Avec cinq anciens de Frontenay, dont le plus jeune a 85 ans, j'ai encore plus remonté le temps et découvert les relations familiales qui existaient avec tous ces braves jeunes gens du pays qui sont allés se faire broyer le corps et le moral dans cette sale guerre 14/18.
En contactant une centaine de personnes environ dont votre cousine Hélène, j'ai récupéré des centaines de portraits des gens de cette période 1910-1920, dont 101 portraits de soldats (sur 140 recensés) nés à Frontenay ou y habitant en 1911, date du recensement le plus proche de 1914 et environ 150 photos de mariages où nous identifions au maximum possible chaque participant.
C'est un travail immense, mais quand on y met le petit doigt, le corps entier est avalé........
Puissent mes quelques commentaires comme l'attention portée par les lecteurs occasionnels ou réguliers leur rendre hommage et les faire garder dans notre mémoire.
 
Régis A.

n°77231
regis 79
Posté le 26-03-2017 à 12:53:00  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 26 mars 1917……...
 
Ce 26 mars 1917, Damien Valançon, né à Frontenay en 1878, père de Robert et Camille, qui a été victime de « pieds de tranchées » et parésie (perte de mobilité) des membres inférieurs au mois de janvier précédent, envoie une carte postale depuis Bar-le-Duc, à sa cousine Marie Panier, qui deviendra plus tard ma grand-mère. Il écrit :
 
« Le 26 mars 1917,
Ma chère Marie,
C'est de sur mon lit que je vous  
envoi* un bonjour car malgré que lon*  
pourré* se levé* on a* pas le droit s'est*  
tenue* militairement pour ma santé sa*  
ne va pas plus mal mais je ne cause pas  
tant que vous. J'espère que vous soyez* tous
en bonne santé. Votre cousin qui vous embrasse
tous, Valançon Jules (Damien) hôpital Central  
Pavillon Larrey Salle 6/5 Bar-le-Duc (Meuse)
 »
 
* = écrit ainsi dans le texte
 
Ce 26 mars 1917, Damien Valançon en est à deux mois et demi de convalescence. Il y restera jusqu'au mois d'août 1917, pour repartir à nouveau au front, cette fois-ci avec le 8è Escadron du train des Equipages …........

n°77252
regis 79
Posté le 27-03-2017 à 13:55:14  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 27 mars 1917……...
 
Ce 27 mars 1917, Joseph Depoys, mon grand-père, né à Frontenay en 1890, envoie une carte postale à Marie Panier, sa future, avec un peu d'humour et en précisant quelques conditions de sa vie au front:
 
« Mardi 27 mars 1917,
Ma chère Marie,
à l'occasion du 1er avril, je t'envoie ces quelques petits poissons,
c'est par hasard que je t'ai trouvé cette petite carte qui m'a fait envie.
En songeant à toi, je te la fais parvenir aussitôt car nous n'avons  
pas tout ce que l'on désire. Nous sommes en lignes depuis le commen-
cement du mois et en pleine forêt, on ne voit personne, que les soldats,  
c'est nouveau pour nous ?
Le plus embêtant, c'est le pinard qui manque. Voilà 3 jours
qu'il n'y en avait pas, on avait simplement notre demi-litre ordinaire.  
Ce n'est pas beaucoup pour une journée, vu qu'il n'y a pas  
de bonne eau pour boire. Aujourd'hui, nous avons eu du vin à 23 sous le  
litre, c'est un peu cher pour un soldat. A part cela, tout va bien, mais
le mauvais temps sévit toujours, (avec) la neige et le froid.
Bonne santé. Ton ami dévoué qui t'aime et qui t'embrasse bien fort.
Depoys Joseph
 »

n°77272
regis 79
Posté le 30-03-2017 à 10:53:14  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 30 mars 1917……...
 
Ce 30 mars 1917, Marcel Valançon, né à Frontenay en 1874 et cordonnier de son état, rentre, toujours dans le cadre de sa mobilisation, à la maison Gounin à Amboise.
Cette entreprise, comme pour la maison Maurice à Châtellerault que Marcel Valançon vient de quitter, travaille dans la chaussure. Une rapide recherche sur internet initiée par des amis généalogistes précise dans le répertoire numérique de la série U des AD 37 : Gounin et Godiveau, puis Gounin frères, fabricant de chaussures (Amboise, 1895-1932).
 
Marcel Valançon, mon arrière-grand-oncle, va y rester jusqu'au 22 juin 1917 avant de rejoindre ................le 144ème RI, basé à Bordeaux où il habite depuis 1910 environ.
 
Ce même 30 mars 1917, André Valançon, né à Frontenay en 1896, le fils de Marcel précédemment cité, se bat toujours avec le 319ème RI. Installé à la limite de l'Oise et de l'Aisne d'août à décembre 1916, le régiment combat toujours dans le triangle Compiègne-St Quentin-Soissons, en ce début 1917, selon l'historique du régiment.
Ce 30 mars 1917, le régiment compte ses victimes des combats des 2 jours précédents : 10 le 28 et 15 le 29, tout ça pour garder le contrôle d'un bois et établir avec d'autres régiments des passerelles sur un ruisseau.
 
L'Allemand recule, mais ne s'avoue pas vaincu............
le 319ème RI et André Valançon vont rester dans l'Aisne jusqu'en décembre 1917 et combattre au tristement célèbre « Chemin des Dames » ainsi qu'au Plateau de Californie.

n°77290
regis 79
Posté le 01-04-2017 à 12:44:26  profilanswer
 

Ce 01 avril 1917, c'est la réorganisation des Régiments d'Artillerie. Pas moins de 8 soldats de Frontenay sont ainsi mutés :
 
- Joseph Amauger, né à Frontenay en 1895, engagé militaire depuis 1913, quitte le 62ème RA effectuant des travaux en Alsace pour rejoindre le 224ème RA qui se bat en Lorraine, à Parroy au nord-est de Lunéville, avant de se retrouver dans l'Aisne en juillet 1917,
 
- Maurice Amauger, né à Frontenay en 1897, frère du précédent, du 20ème RA de Poitiers d'où il vient de faire ses classes, se retrouve au front ce 01 avril 1917 avec le 226ème RA du côté des Monts de Champagne avant d'aborder Verdun à compter d'août 1917. Il restera dans ce régiment appelé en Orient jusqu'en septembre 1919,
 
- Lucien Courlivant, au front durant toute la guerre, né à Aulnay (86) mais habitant Frontenay, épicier et traiteur bien connu dans cette bourgade, père de Pierre et Jean, est muté du 4ème groupe au 5ème groupe d'Artillerie d'Afrique,
 
- Hyacinthe Depoys, né à Frontenay en 1894, mais qui habite Usseau (86) en 1914 après avoir suivi ses parents à Parçay-sur-Vienne (37), au front d'avril 1915 à juillet 1917, quitte le 45 ème RA. Ce dernier est en train de préparer l'offensive du Chemin des Dames dans l'Aisne lorsque Hyacinthe Depoys rejoint le 245ème RA qui va se battre …............ au même endroit durant toute l'année 1917,
 
- Octave Marsault, né à Frontenay en 1880, au front d'avril 1915 à juin 1917, passe du 49ème RA, qui vient de batailler dans la Somme d'octobre 1916 à janvier 1917, au 256ème RA, qui va se battre au printemps au Chemin des Dames, à Craonne, au Plateau de Californie, puis en Champagne au début de l'été avant de …..........rejoindre l'Italie en novembre 1917,
 
- Omer Négrault, né à Frontenay en 1883, père de Marcel, au front sans discontinuer de juin 1915 à mars 1919, quitte le 20ème RA  en poste dans la Somme pour intégrer le 5ème groupe d'Artillerie d'Afrique, le même que Lucien Courlivant,
 
- Octave Sergent, né à Frontenay en 1885, maréchal-ferrand du bourg comme le sera plus tard son fils Adrien, durant toute la guerre au front, laisse le 33ème RA, en place dans la Somme de juillet 1916 à février 1917 et au Chemin des Dames depuis février 1917, pour occuper une place au 220ème RA affecté essentiellement en Lorraine pour le reste de 1917,
 
- Onésime Thiollet, né à Frontenay en 1886, père de Rémy et de Marie, future Edgard Barbier, qui quitte le 49ème RA comme Octave Marsault précédemment cité, pour rejoindre le 53ème RA, appelé à combattre autour de St Quentin dans l'Aisne d'avril à juillet 1917, puis à la Cote 304 de juillet à septembre 1917.
 
En ce début avril 1917, après plusieurs reculs de l'armée allemande, parfois surprenants pour certains, obligeant les armées alliées à se déplacer sans cesse, beaucoup d'efforts vont se concentrer sur l'Aisne et le Chemin des Dames. Mais quand l'ennemi s'arrête de reculer, il est tenace et ne lâche pas facilement le combat............
 
Un peu plus loin que l'Aisne, à la Cote 304, Onésime Thiollet va en subir les conséquences, au mois d'août 1917...........

n°77370
regis 79
Posté le 09-04-2017 à 03:52:54  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 09 avril 1917……...
 
Ce 09 avril 1917, Joseph Depoys, mon grand-père, né à Frontenay en 1890, envoie une carte postale de Lorraine à Marie Panier, sa future :
 
Lundi 9 avril 1917,
Ma chère Marie,
je n'ai pas voulu laisser passer les fêtes de Pâques sans te donner  
un peu de mes nouvelles qui sont naturellement toujours les  
mêmes. Je suis toujours en ligne et je ne sais pas pour combien de  
temps. Je voulais t'écrire hier, et nous avons eu une petite  
alerte, notre corvée de soupe fut attaquée par les boches. Je vous en
expliquerais* le récit si je peut* aller en permission, heureusement que
j'avais reçu un colis aujourd'hui. Les boches ont voulu remettre ça, mais  
ce coup-ci, ils ne reviendront plus, pas les mêmes toujours. Enfin, pour les  
fêtes de Pâques, c'est bien remarquable, on s'en rappellera. A part cela ici, le
temps est très beau depuis 8 jours.
Bonne santé, c'est ainsi que je te souhaite.  
Ton ami qui t'aime et qui t'embrasse. Joseph
 
J'ai recherché cette attaque allemande sur le ravitaillement du 8 avril 1917. En vain, car aucun JMO ne le mentionne, que ce soit celui du 346ème RI de Joseph Depoys, tout comme ceux des 356ème et 367ème en poste à côté du premier cité.
 
Dans le texte de Joseph Depoys, certaines lettres sont soulignées. son code est toujours le même et la censure militaire ne doit pas être trop exigeante. Joseph Depoys est en poste à Emberménil, en Meurthe-et-Moselle, à 40 km à l'est de Nancy.

n°77401
regis 79
Posté le 11-04-2017 à 03:36:11  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 11 avril 1917……...
 
Depuis le 15 novembre 1916, Elie Recouppé, né à Frontenay en 1876, est en poste avec le 327ème RI.
Le 06 avril 1917, il cantonne à Beaurieux, dans l'Aisne, entre St Quentin (02) et Reims (51)
Les travaux d'organisation à l'offensive du Chemin des Dames étant bien préparés, le 327ème RI passe à l'attaque avec les autres régiments de sa division.
Le 10 avril, quelques échauffourées ont lieu entre les différentes parties, faisant une dizaine de victimes.
 
Ce 11 avril 1917, même si l'offensive du Chemin des Dames ne commence officiellement que quelques jours plus tard, Elie Recouppé participe à l'attaque du jour, à Craonnelle.  
D'après le JMO, une fausse attaque ne fait pas réagir l'artillerie de l'ennemi comme prévue.  
Puis a lieu une reconnaissance offensive d'une compagnie du 327ème RI qui prend momentanément possession de tranchées adverses de premières lignes. De violents tirs de barrage de l'artillerie allemande et la reprise des tranchées par les Germains empêchent une grande partie des soldats de cette compagnie de regagner ses lignes.  
 
Les pertes du jour s'élèvent à 12 tués, 50 blessés et 15 disparus. Parmi les blessés figure Elie Recouppé, blessé par un éclat d'obus à la main gauche.  
 
Elie Recouppé va être retiré du front pour être soigné. Pas pour longtemps, car le 16 mai suivant, il est de nouveau « aux Armées »..........

n°77423
regis 79
Posté le 12-04-2017 à 03:58:08  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 12 avril 1917……...
 
Ce 12 avril 1917, Raphaël Depoys, né à Frontenay en 1897, change de régiment. Selon le JMO, le 95ème RI de Raphaël Depoys s'est battu près de Verdun en juillet 1916, puis dans la Somme en décembre suivant, enfin au Four de Paris à 40 km à l'est de Verdun de janvier à mars 1917.
C'est à ce moment que Raphaël Depoys rejoint le 265ème RI qui se bat dans l'Aisne depuis décembre 1917. Raphaël Depoys va rester dans le même secteur jusqu'en mai …..........1918.
 
Ce 12 avril 1917, le 265ème RI cantonne à Ly-Fontaine, à 15 km en dessous de St Quentin dans l'Aisne. Ce jour est plutôt calme. Confections de réseaux de tranchées, pose de barbelés, transports de matériels sont au programme.  
Et puis il fait laisser parler l'historique du régiment : " Depuis quelques jours, il fait un temps épouvantable : pluie, neige, grêle, un vent glacial ; chaque nuit de fortes gelées, chaque jour des averses continuelles. Aucun abri : nous campons, trempés, dans la boue que le froid durcit ; nous y creusons, sous les obus, quelques tranchées où l'eau s'amasse. Impossible de faire du feu, de se sécher, de réchauffer les aliments ; partout, les Allemands nous guettent des hauteurs qui nous dominent. La moindre fumée révèle aussitôt notre présence et attire un bombardement".  
 
Ce qui fait que chaque jour de ce mois d'avril 1917 va apporter son lot de victimes.  
 
Le 265ème RI ne sera lancé sur le plateau du Chemin des Dames qu'en septembre 1917.
 
C'est dans ce contexte que Raphaël Depoys va intégrer le 265ème RI. Il n'est pas au bout de ses peines, le petit gars de Frontenay.  Il va rester pendant plus d'un an au Chemin des Dames et alentours, le Chemin des Dames avec ses 200 000 morts en deux mois d'offensives.....................

n°77455
regis 79
Posté le 13-04-2017 à 16:00:36  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 13 avril 1917……...
 
Ce 13 avril 1917, Samuel Savattier, né à Frontenay en 1897, affecté au 214ème RI depuis octobre 1916, est envoyé au front. C'est dramatique pour ce soldat exempté de service militaire pour cause de cataracte !
Je ne sais pas s'il en a été soigné et si les soins existaient à l'époque, toujours est-il que Samuel Savattier va se retrouver en cantonnement avec son nouveau régiment à Plancher-les-Mines (Haute-Saône), entre Belfort et Remiremont.
Pendant un mois environ, le régiment va changer de cantonnement quasiment tous les jours naviguant entre les Vosges, la Haute-Saône et le Haut-Rhin.
Le 29 avril 1917, alors que depuis un mois, la situation est plutôt calme, ordre d'attaquer est donné au groupe franc du régiment à Ueberstass, dans le Haut-Rhin. Le coup de main, éventé par un guetteur ennemi, bousculé par un feu nourri de l'artillerie allemande, ne donne pas le résultat espéré. Même si tous se sont bien battus, l'opération est un échec, laissant 3 tués et 16 blessés sur 70 combattants français.
 
Samuel Savattier doit savoir que le secteur n'est pas si tranquille que ça, d'autant plus que d'autres coups de main français sont programmés, sans compter les impromptues attaques allemandes....................

n°77540
regis 79
Posté le 20-04-2017 à 12:09:17  profilanswer
 

Il y a cent ans et 2 jours, le 18 avril 1917……...
 
Ce 18 avril 1917, Ambroise Achard, né à Frontenay en 1898, frère de Roger et de Maurice, respectivement au front depuis août 1914 et décembre 1915, oncle d'Ambroise qui sera futur maire de cette bourgade, commence sa campagne contre l'Allemagne. Il est appelé au service militaire au 114ème RI de Parthenay (79) ce jour.
Sa fiche matricule précise qu'il mesure seulement 1,50m et qu'il est élève ecclésiastique …....à Rome au moment de son appel au service militaire.
Ambroise Achard va faire ses classes avant d'être envoyé au front en avril 1918, va y être blessé quelques mois plus tard dans l'Oise, puis va connaître en quelques mois une ascension fulgurante dans différents grades...............
Il réalisera même un coup d'éclat à 2 jours de l'Armistice, ce qui lui vaudra une citation !
Pas banal pour un ecclésiastique !
Nous y reviendrons en temps utile.
 
Dans le même temps, le 114ème RI participe aux combats du Chemin des Dames......
Les pertes sont importantes : 28 tués, 114 blessés et 4 disparus le 18 avril 1917, 47 tués, 155 blessés et 20 disparus le 19 avril 1917, 8 tués et 45 blessés le 20 avril 1917. Avec un passage à Ypres en 1914 et 1915, à Verdun en 1916, le Chemin des Dames et la Somme en 1917 puis l'Oise en 1918, le 114ème RI de Parthenay va totaliser près de 4000 tués.

n°77555
regis 79
Posté le 21-04-2017 à 08:54:33  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 21 avril 1917……...
 
Ce 21 avril 1917, c'est la fin de la campagne contre l'Allemagne pour Eugène Couillebault, né à Frontenay en 1875, de Florence Couillebault et de père inconnu. Il quitte le 36ème RIT intégré en décembre 1916.
 
Le 36ème RIT n'est pas un régiment de combat, il assiste ce dernier. La meilleure définition en est donné par l'historique du régiment, ce dernier étant en place à Arcis-sur-Aube ce 21 avril 1917 depuis plusieurs mois :
 
« Le 36e va créer, ce qu'on appellera plus tard « l'industrialisation du front » et s'y transformer en bataillons d'étapes, éléments fondamentaux du groupement de troupes d'étapes, organe de commandement et de production, ayant mission de :  
- Satisfaire les besoins de l'armée opportunément, économiquement,
- Maintenir toujours la troupe militairement prête,
- Conserver, à l'ensemble industriel, une mobilité relative pour, éventuellement, pouvoir suivre, à distance, l'armée dans ses mouvements, sans cesser jamais de pourvoir à ses besoins.  
 
Le groupement réalise ainsi, pour produire, l'unité de commandement et de direction.  
 
Le 36ème RIT dispose pour cela de procédés sans cesse améliorés, avec un personnel diversifié, des installations industrialisées, auprès de quais d'embarquement adaptés, en outillage mécanique très accru, mu électriquement par force obtenue économiquement avec les sous-produits de fabrication (sciures et déchets). La main-d'œuvre militaire française, raréfiée, est supplée par la main-d'œuvre indigène, prisonnière, civile, féminine. Les derniers éléments du 36e en constituent l'ossature et en assurent la direction, la conduite, avec chefs de chantiers, moniteurs, pour la production d'un matériel varié, où, bientôt, le baraquement prend place prépondérante, avec rendement quotidien atteignant 120 mètres, prêt au montage, clef à la serrure. L'exploitation forestière est, elle-même, modernisée avec le rail (plus de 55 kilomètres de voie étroite) et l'emploi de plus de cinquante attelages de bœufs. ….............etc. »

 
C'est cette atmosphère que va quitter Eugène Couillebault pour être détaché, pendant plusieurs mois, aux Tréfileries et Laminoirs de Bugles qui me semblent être en Normandie.
 
Si quelqu'un du forum peut confirmer.........

n°77572
regis 79
Posté le 22-04-2017 à 09:39:45  profilanswer
 

Précision de l'ami Robert Beaufrère: il s'agit en fait de Rugles, dans l'Eure.
 
La pierre métallique de son sous-sol permit à Rugles d'être un centre très important de l'industrie des épingles puis des aiguilles.  
En 1857, à Rugles, 2 500 ouvriers travaillaient à la fabrication des épingles et 3 600 à la fabrication des clous, en particulier la pointe de Paris, clou très solide, servant à la fabrication des charpentes de bateaux.  
Rugles fut à cette époque la capitale de la "Pointe de Paris".

 
En recherchant sur le site de l'entreprise Rugles-Areva, on y apprend:
"1907 : implantation de la société Tréfileries et Laminoirs du Havre sur l’établissement, mise en place d’une activité de cartoucherie".
 
Je pense donc qu'Eugène Couillebault, âgé de 46 ans, est affecté soit à la fabrication de cartouches, soit à la fabrication des étuis pour lesdites cartouches.
 
Pour plus d'information, voir sur "tréfileries et laminoirs de Rugles", puis "l'armement mondial, les cartouches - Arme et passion", sans faire la promotion de quoi que ce soit, juste pour prouver le bien-fondé du passage de mon concitoyen dans cette entreprise en 1917.

n°77588
regis 79
Posté le 22-04-2017 à 21:36:26  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 22 avril 1917……...
 
Ce 22 avril 1917, Narcisse Drouet, né à Frontenay en 1891, est en poste avec son régiment, le 346ème RI, dans la Forêt de Parroy, dans la Meurthe-et-Moselle. Ce régiment occupe le secteur, réputé calme, avec, entre autres, le 356ème RI et le 367ème RI. Curieusement, ce 22 avril 1917, le JMO du 346ème ne note aucun combat, celui du 356ème relate des échanges entre les artilleries française et allemande, et celui du 367ème ne mentionne rien du tout.
 
Pourtant, selon sa fiche matricule, Narcisse Drouet est blessé ce 22 avril 1917 pour la 3ème fois, d'une plaie contuse à l'épaule droite (contuse : qui a été altéré par un choc, un objet contondant).  
 
Cette troisième blessure fera l'objet, en décembre 1917, d'une citation dans son nouveau régiment, le 356ème RI.
 
Narcisse Drouet fait-il partie de ces corps francs, indépendants des compagnies de ces 3 régiments, habitués à réaliser des coups de mains, comme le relate les JMO desdits régiments ? Peut-être, car c'est un baroudeur reconnu comme tel.
 
Voici un autre témoignage, celui du 125ème RI aussi dans le secteur :
"Malgré le calme du secteur, le régiment n'était pas au repos. En effet, afin de ne pas laisser l'ennemi tranquille, il s'était créé par bataillons, des groupes francs, qui avaient pour mission de tenter des coups de main. Périlleuses aventures au début, mais, devant le succès et les résultats, bon nombre de poilus se portaient volontaires, tous avaient à cœur de capturer des prisonniers. Les Allemands tentèrent à plusieurs reprises des actions sur nos postes, mais devant la vigilance de tous, ils ne purent même pas aborder nos lignes et laissèrent à chaque fois des cadavres sur le terrain."
 
Je ne sais pas combien de temps va durer la convalescence de Narcisse Drouet, mais ce qui est sûr, c'est qu'il sera de nouveau au front en novembre 1917 avec le 356ème RI et qu'il va subir l'attaque allemande dans la Somme en 1918...................

n°77721
regis 79
Posté le 28-04-2017 à 22:11:53  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 28 avril 1917……...
 
Ce 28 avril 1917, Germain Jamet, né à Massognes (86) en  1896, personnalité du village de Frontenay après-guerre, est de nouveau « aux Armées ». Il a soigné sa blessure du 19 mars précédent dans l'Oise à la main gauche et se retrouve, toujours avec son régiment d'origine, le 408ème RI, du côté de Villers-St-Christophe (02) et Fluquières (02), à la croisée des départements de l'Aisne, de l'Oise et de la Somme. Dans cette région, peu d'activités du 408ème RI face à l'ennemi durant le mois de mai 1917, les boches concentrant leurs tirs sur l'artillerie française depuis leur camp retranché de la ville de St Quentin.
 
Une mise en réserve est effectuée au nord de l'Oise pour donner un peu de repos au 408ème RI en mai-juin 1917 suivie d'une remontée en ligne durant 15 jours dans l'Aisne, où le réaménagement des tranchées est à faire de nuit, sous les coups de main des Germains qui n'hésitent pas employer des grenades suffocantes.
 
Selon l'historique du régiment, Germain Jamet n'est pas au bout de ses peines. Il va se retrouver avec son régiment fin juillet 1917 à la cote 304 (55),  fin août suivant à St Mihiel (55), en octobre de nouveau à Verdun (55), durant l'hiver 1917-1918 à Vauquois (55) avant de rejoindre le …..Chemin des Dames dans l'Aisne en mars 1918......
Et comme si tous ces malheurs ne suffisaient pas, Germain Jamet et son 408ème RI remettront une nouvelle fois les pieds à Verdun en août 1918 !

n°77735
regis 79
Posté le 30-04-2017 à 19:23:44  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 30 avril 1917……..
 
Des nouvelles de Victorien Meunier, né à Frontenay en 1890, cousin issu-de-germain de Marie Panier, ma grand-mère et habitant Ste-Maure de Touraine depuis 1896 environ. Je l'avais évoqué en juillet dernier, ne lui connaissant pas de descendance directe. J'ai fini par retrouver en octobre suivant une nièce, fille de Léopold, jeune frère de Victorien, qui a récupéré toutes les photos de famille dont le portrait de Victorien Meunier en militaire.
Cette nièce se souvient de rendre visite à la famille à Frontenay dans les années 30-40.
Victorien Meunier n'est pas revenu de la guerre, le beau-frère non plus, le père est mort en 1918 et c'est Léon Panier, mon arrière-grand-père, le père de Marie, qui devient le tuteur de Léopold, encore mineur en 1918.
 
J'imagine la facilité du tutorat à 200 km de distance à cette époque avec les moyens de communication du moment!
 
Pour en revenir à Victorien Meunier, selon l'historique du régiment, il est toujours avec le 131ème RI, se battant dans la Somme en septembre-octobre 1916, passant l'hiver par un froid terrible dans l'Aisne, à Berry-au-Bac et ses environs.
 
Le 16 avril 1917, le JMO précise qu'une attaque française du 5ème CA dans le secteur de Juvincourt requiert le soutien du 131ème RA qui doit assurer les positions conquises. Jusqu'au 2 mai 1917, l'artillerie ennemie est très active, et les pertes de chaque jour révèlent un lourd bilan au total : 49 tués et 217 blessés.
 
Ce 30 avril 1917, l'artillerie ennemie bombarde les lignes françaises avec des obus à gaz.  
Le même jour, Victorien Meunier, devenu caporal en septembre 1916, reçoit la citation suivante : chef de pièce énergique, intelligent, s'est particulièrement distingué dans tous les engagements auxquels le régiment a pris part, faisant preuve de bravoure et d'un grand sang-froid, Croix de Guerre avec étoile de bronze.
 
Victorien Meunier n'en restera pas là, gravissant à nouveau un échelon qui lui sera peut-être fatal.......

n°77775
regis 79
Posté le 03-05-2017 à 23:31:11  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 03 mai 1917……...
 
Ce 03 mai 1917, 3 nouvelles recrues vont faire leur début de campagne contre l'Allemagne, avec un parcours quasi-identique:
 
Tout d'abord, Aimé Dubois, né à Frontenay en 1898, fils d'Octave, déjà mobilisé depuis novembre 1915, à la 9ème section territoriale d'infirmiers et de Anna Zilda Manreau, est dirigé sur le 49ème RA de Poitiers pour y faire ses classes. Il partira au front en mars 1918 avec le 49ème RA, puis sera rapidement versé au 214ème RA, avec une démobilisation en octobre 1919,
 
Ensuite, Abel Mercier, père de Jean, Michel et Pierre, né à St Jean de Sauves (86) en 1898, qui prendra épouse à Frontenay après guerre et y passera toute sa vie, suit le même parcours qu'Aimé Dubois : classe avec le 49ème RA, puis départ au front en janvier 1918 avec le 49ème RA puis le 214ème RA, avec une démobilisation en octobre 1919,
 
Enfin Georges Métais, né au Verger-sur-Dive (86) en 1898, qui prendra lui aussi épouse à Frontenay et en sera le maire pendant près de 30 ans, fait lui aussi ses classes au 49ème RA de Poitiers. Il partira au front en avril 1918 avec le 49ème Ra, puis le 235ème RA, avec une démobilisation en juin 1920, après un passage dans l'Armée d'Orient.
 
Il est bien sûr difficile d'en savoir plus sur le parcours de ces artilleurs.

n°77792
regis 79
Posté le 04-05-2017 à 21:56:46  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 04 mai 1917……...
 
Ce 04 mai 1917, Joseph Depoys, mon grand-père, envoie une carte postale à sa future :
 
« Vendredi 4 mai 1917,
Ma chère Marie,
Je t'adresse simplement quelques lignes ce soir pour te donner
quelques nouvelles car je ne dispose pas de beaucoup de temps.
On se prépare pour remonter en lignes demain matin de bonne heure.
Je t'envoie une vue d'une petite chapelle bâtie en pleine forêt
et où les soldats vont à la messe, ceux qui peuvent et ceux qui veulent.
J'ai reçu ta charmante carte du 29 avril et j'espère que je  
pourrai te voir en personne, de même que la belle demoiselle que  
tu m'as envoyée, le 10 courant au matin à moins d'ordre contraire,
et si l'heure des trains n'est pas changée. Ton ami qui t'embrasse
bien tendrement. Joseph
 »
 
Ce 04 mai 1917, le 346ème RI de Joseph Depoys est toujours en Lorraine, dans la Forêt de Parroy (54).  
Le secteur y est plutôt calme, l'activité, selon l'historique du régiment, « se résumant » à des coups de main pour faire des prisonniers......
                                                     http://images.mesdiscussions.net/pages14-18/mesimages/13426/DepoysJoseph1917.05.04recto.jpg

n°77924
regis 79
Posté le 11-05-2017 à 20:44:15  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 11 mai 1917……...
 
Un lecteur du forum m'a rappelé un événement qui m'est passé inaperçu : le 1000ème jour de guerre le dimanche 29 avril 1917.
A cette date, du petit village de Frontenay aux 600 âmes environ en 1914, sur 113 soldats effectivement recensés comme tels,  
- 11 ont perdu la vie,  
- 11 sont ou ont blessés et  
- 46 sont en campagne contre l'Allemagne depuis le début de la guerre.  
- Parmi ces derniers, 12 (pour ceux qui sont renseignés sur les 46) sont à leur 1000ème jour de guerre au front (permissions non déduites), notamment les artilleurs.  
- 3 autres encore sont prisonniers en Allemagne.
 
Et les pertes vont malheureusement continuer, car la guerre est loin d'être finie......et personne ne s'est quand elle va s'arrêter !
Ce 11 mai 2017, nous en sommes à 1012 jours de guerre et il en reste encore 549 …........

n°77959
regis 79
Posté le 15-05-2017 à 17:11:45  profilanswer
 

Il y a cent ans et un jour, le 14 mai 1917……...
 
Ce 14 mai 1917, Chéri Meunier, né au Verger-sur-Dive (86) en 1879 et habitant Villiers de Frontenay depuis au moins 1911, père de Hélène et futur beau-père de Robert Moine, entre de nouveau en campagne contre l'Allemagne.  
Il est affecté à l'un des 3 régiments d'infanterie de Châtellerault, sans autre précision selon sa fiche matricule.
N'ayant pas fait de service militaire suite à un problème de santé, employé comme infirmier de novembre 1914 à avril 1915, il n'est toutefois pas envoyé au front.  
Il restera « à l'intérieur » jusqu'en février 1919............

n°78063
regis 79
Posté le 23-05-2017 à 13:40:32  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 23 mai 1917……...
 
Ce 23 mai 1917, Joseph Depoys, mon grand-père, envoie une nouvelle carte postale à sa promise :
«Mercredi 23 mai 1917,  
Ma chère Marie bien aimée,
je te fait* parvenir quelques lignes aussitôt mon arrivée non pas sans
avoir le cœur serré à venir de passer quelques heures si douces près de toi.
Je suis bien arrivé hier 22 à destination de la gare et j'ai passé quelques
heures avec Ernest Thomas ce qui nous a fait bien plaisir à nous
deux. J'ai fait très bon voyage.
Je repart* aujourd'hui rejoindre ma compagnie, il est question  
que nous allons être changé* d'ici peu, je te tiendrai au courant
sur notre situation, cela ne me surprendrait pas que l'on partirait.
Cela fait déjà du temps que nous sommes par ici. Bien le bonjour  
à tout le monde chez toi.
Celui qui songe toujours à toi. Joseph
Bons baisers. Joseph
 »
 
* = écrit ainsi dans le texte
 
Comme il l'annonce le 4 mai, Joseph Depoys est venu en permission à Frontenay vers le 10 mai 1917 et rentre donc de permission ce 23 mai 1917.
Ernest Thomas, qui deviendra maire de Frontenay de 1922 à 1938 est le frère de Léopold, parrain de Léopold Joseph Depoys.
Joseph Depoys fait bien de profiter de cette permission. Le lieu du changement annoncé n'est pas encore précisé, mais le mois de juin 1917 s'annonce doublement terrible pour lui …..........
 
Ce 23 mai 1917, Joseph Drouet, né à Frontenay en 1877, mari d'Alexida Couillebault et père d'Emilie, que j'avais évoqué en novembre 2014, est mobilisé pour la première fois. La commission de réforme de mars 1917 le considère comme apte au service et Joseph Drouet intègre le 69ème RIT de Châtellerault.
Joseph Drouet sera affecté avant fin 1917 au 66ème RI, puis dans un régiment de combat, un comble pour un réformé du service militaire. Mais quand on manque de bras, tout le monde valide est sollicité.
 
Ce 23 mai 1917 aussi, Isidore Bironneau, né à Frontenay en 1876, époux de Marie Mélanie Auriau, et que j'avais aussi évoqué en novembre 2014, est mobilisé pour la première fois . Comme pour Joseph Drouet, la commission de réforme de mars 1917 est passé par là et Isidore Bironneau est envoyé au 9ème escadron du train. Isidore Bironneau abordera les zones de combats fin 1917 et y restera jusqu'à la fin de la guerre. Dur aussi quand on n'a pas fait de service militaire.

n°78165
regis 79
Posté le 28-05-2017 à 21:16:00  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 28 mai 1917……...
 
Ce 28 mai 1917, Augustin Deméocq, né à Frontenay en 1871, mari de Zilda Marsault et père de Maurice, quitte le 5ème régiment de chasseurs. Il est détaché pour travaux agricoles de catégorie A à Frontenay.
 
Pour mémoire, le 5ème Régiment de Chasseurs à cheval est basé en temps en paix à Châlons-sur-Marne, aujourd'hui Châlons-en-Champagne. Le JMO de ce régiment n'existe pas pour 1917. L'historique du régiment ne comporte que 4 lignes pour cette année-là et précise que « le 5ème Régiment de Chasseurs se trouve près de Soissons (02) en avril 1917. Il est engagé au nord est de cette ville du 27 avril au 10 mai aux carrières de Fruty à Barrisis au bois et participe aux diverses reconnaissances lors des affaires du Moulin Laffaux et du Moulin Motte ».  
 
Augustin Deméocq ne le sait pas encore, mais il ne sera plus jamais mobilisé. Il a 46 ans.
Dans le même temps, son fils unique, Maurice, lui, fait ses classes depuis mars 1917 au 49ème RA de Poitiers (86) et connaîtra le feu en décembre de la même année.
 
Augustin Deméocq vivra jusqu'en 1953 à Frontenay, où il aura la douleur de perdre en 1948 ce fils unique, d'une péritonite mal diagnostiquée.

n°78173
regis 79
Posté le 29-05-2017 à 22:16:23  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 29 mai 1917……...
 
Ce 29 mai 1917, Emile Depoys, mon arrière-grand-père, âgé de 61 ans, écrit à son fils Joseph Depoys reparti au front apès sa permission de mi-mai à Frontenay :
" Mon cher fils,
aujourd'hui mardi je fait réponse a ta lettre que nous avons reçu
dimanche nous somme bien contant que tu a fait un bon voillage
s'est ton changemant que tu nos parle que sera encore le plus dangereut
la tante helene grand mère a marie Gillat est morte et enteré de vendredi dernier
hier lundi jai passe la hout da la vigne de la cour ce nété pa bien fasile
maintenant que set fait je naurai pas cru avans de comansé que je laurai mise
dans un si bonne eta mais il a falu passé la hout plusieurs foi jai donc prie la  
jument et la mule
jai comansé a beché les vigne de lyon cette semaine elle sont bien
belle plus que je ne panse
je ne vai rien de nouveau a tapramdre depui ton dépar  
nous sommes toujour en bonne santé je desire que ma lettre  
te trouve dememe
ton pere qui t'embrase
Depoys Emile
"
 
Cette lettre, retranscrite telle quelle, est envoyée à:
Depoys Joseph 346ème Regt d'infanterie 19ème compagnie
2ème section secteur postal n°84
Elle porte le tampon de la poste de Montreuil-Bellay (49) en date de ce même jour.  
 
C'est la dernière lettre qu'Emile Depoys envoie à son fils Joseph  ........
 
Ce même jour, le 346ème de Joseph Depoys est toujours en Lorraine, dans la forêt de Parroy. Pas pour longtemps...........

n°78194
regis 79
Posté le 01-06-2017 à 07:06:28  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 01 juin 1917……...
 
Ce 01 juin 1917, selon l'historique du régiment, le 346ème RI de Joseph Depoys, mon grand-père, relevé quelques jours plus tôt en forêt de Parroy (54), s'apprête à subir un entraînement intensif durant 2 semaines au camp de Saffais (54).
Ça n'augure rien de bon. Émile Depoys, le père de Joseph, dans sa lettre du 29 mai précédent, craint pour son fils. Il a raison, car c'est Verdun et ses alentours qui attendent le 346ème RI à la fin de ce mois.
 
Joseph Depoys va donc participer aux combats de fin juin 1917, mais un événement inattendu et dramatique le fait revenir à Frontenay plus tôt que prévu.
Ce 01 juin 1917 au soir, son père Émile meurt, écrasé sous la charrette tirée par sa jument. Une ornière, la charrette qui bascule et emballe le cheval, l'écrasement puis un coup de sabot de la jument en pleine tête, c'est la mort immédiate pour Émile Depoys, célèbre travailleur comme le stipule l'épitaphe de sa tombe toujours en place à Frontenay.
Hasard du moment et du lieu, lorsque l'épouse d'Emile Depoys s'inquiète de ne pas le voir revenir de son travail, c'est le futur beau-père de Joseph Depoys, Léon Panier, qui est le premier sollicité pour dégager le malheureux arrière-grand-père et la jument prise dans les harnais.
 
Joseph Depoys est prévenu, obtient un laisser-passer pour venir aux obsèques de son père. « Faites comme vous pourrez! » lui lâche son supérieur.
Je ne sais pas à quelle date est prévu l'enterrement, mais lorsque Joseph Depoys arrive à Frontenay, sa mère Marie-Louise et sa sœur Radégonde lui apprennent que la cérémonie vient juste de se terminer !
 
Combien de fois ai-je entendu ces propos de ma mère, rapportés par son père Joseph Depoys,  sur la mort de cet aïeul ?
 
Et Joseph Depoys repart au front, près de Verdun, où la guerre va reprendre ses « droits »......
 
Sa mère et sa sœur se sont alors regardées : « Désormais, il n'y a plus que nous deux pour continuer la ferme...... »

n°78220
regis 79
Posté le 02-06-2017 à 22:56:56  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 02 juin 1917……...
 
Ce 02 juin 1917, Gustave Penot, le père de Marcel et d'André, né à Frontenay en 1875, quitte le 66ème RI de Tours. Il est détaché, comme beaucoup à cette période, pour travaux agricoles de catégorie A à Frontenay. Il est complètement démobilisé en novembre 1917. Il a 42 ans.
 
Gustave Penot ne connaît jamais le front, passant toute sa campagne contre l'Allemagne, du 06 août 1914 au 02 juin 1917, « à l'intérieur ».
 
Gustave Penot décède en novembre 1945 à Frontenay, sans y avoir habité en permanence après la guerre.

n°78230
regis 79
Posté le 04-06-2017 à 21:51:13  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 04 juin 1917……...
 
Ce 04 juin 1917, Roger Achard, né à Frontenay en 1890, quitte le 95ème RI pour intégrer le 413ème RI.
Le 95ème RI s'est vaillamment battu en avril 1917 lors de l'offensive de Champagne, au Bois de la Grille, près de Villers-Marmery (51), subissant de lourdes pertes en 8 jours de combats. Rien que le 17 avril, jour de l'attaque française, on dénombre 99 tués, 368 blessés et 172 disparus, car l'aviation n'a pas repéré certaines batteries allemandes qui ripostent violemment à cette attaque.
 
Roger Achard est transféré au 413ème donc, ce 04 juin 1917, parce que ce dernier vient aussi de subir, en mai 1917, de lourdes pertes dans des lieux devenus emblématiques : Craonne et le plateau de Californie, au Chemin des Dames.
Le 413ème se réorganise près de la Fère-en-Tardenois (02) début juin, mais le répit va être de courte durée.
Dès le 16 juin, les victimes du 413ème RI vont se compter presque par dizaine chaque jour, pendant 3 semaines, à Craonnelle (02) et ses environs.
 
Après un peu de repos en région parisienne, c'est un autre lieu fort en symbole qui attend le 413ème RI et Roger Achard au mois d'août 1917: le Moulin de Laffaux (02), toujours au Chemin des Dames. Il vont y rester 2 mois, subissant des bombardements par obus toxiques.......et donc de lourdes pertes.
 
Roger Achard passe à travers à chaque fois, pour le moment............

n°78251
regis 79
Posté le 05-06-2017 à 22:25:04  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 05 juin 1917……...
 
Ce 05 juin 1917, Gustave Guillon, né à Frontenay en 1871 et futur beau-père d'Abel Mercier, quitte la manufacture St Gobain à Pierre Bénite (9) pour rejoindre l'usine St Gobain de St Benoît (86).
 
Officiellement, Gustave Guillon n'est plus en campagne contre l'Allemagne, mais il n'est pas chez lui non plus à diriger sa ferme, comme le sont déjà d'autres soldats.
 
Que fait-il à St Benoît ? On trouve la réponse sur le site de St Gobain lui-même :
« En 1914, l’échec de la guerre de mouvement installe le conflit dans la durée : la guerre de tranchées, dans lequel le rôle de l’artillerie est prépondérant, provoque une augmentation brutale de la consommation des poudres et explosifs et des produits chimiques nécessaires à leur obtention.  
 
Premier producteur français d’acide sulfurique à la veille de la guerre, Saint-Gobain est appelé à jouer un rôle majeur dans la mobilisation industrielle : de 5.400 tonnes par mois en 1914, la production passe à plus de 100.000 tonnes par mois en juin 1918.  
Les bénéfices des usines, globalement équilibrés entre la branche chimique et la branche verrière avant la guerre, sont assurés à hauteur de 90 % par la première en 1918
".
 
Et sur le site de l'ex région Poitou-Charentes, on trouve:  
" en 1912, la société Saint-Gobain ouvre une usine d’engrais et d’acide sulfurique dans la commune de St Benoît (86). Cette usine est desservie par un embranchement ferroviaire pour le transport des marchandises ».  
 
Apparemment, Gustave Guillon travaille à la fabrication de composants nécessaires aux munitions et participe ainsi à l'effort de guerre sans être soldat certes, mais pas sans risques non plus..........

n°78307
regis 79
Posté le 10-06-2017 à 09:38:17  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 10 juin 1917……...
 
Ce 10 juin 1917, cela fait 2 jours qu'Hubert Marsault, né à Frontenay en 1882, père d'Yvette et Edith, a repris le chemin de la guerre.
Retiré du front pour soigner sa blessure reçue aux Chambrettes (commune d'Ornes - 55) au mois de janvier précédent avec le 232ème RI, Hubert Marsault fait partie du groupe de 357 soldats qui rejoint le 08 juin 1917 un nouveau régiment, le 409ème RI, où « évolue » déjà un autre soldat de Frontenay, Abel Depoys.
 
Selon l'historique du régiment, le 409ème RI, qui s'est illustré à la bataille de Verdun en mars 1916, à la bataille de la Somme en septembre-octobre de la même année, puis en Lorraine début 1917, se trouve en ce mois de juin dans la Marne, à Nesle-le-Repons et ses environs.  
Instructions et repos sont à l'ordre du jour pendant un mois.
 
Le 409ème RI va ensuite occuper en juillet 1917 le secteur de Reims à l'est du Saillant de Courcy.  L'ennemi y tente de fréquents coups de main.
Puis ce sera l'Aisne avec le Chemin des Dames en septembre-octobre 1917.
Si Hubert Marsault et Abel Depoys passent au travers des balles et des obus à cet endroit-là, il n'en sera pas de même lorsqu'ils reviendront dans l'Aisne en mai 1918. L'un des deux verra son destin basculer...........

n°78318
regis 79
Posté le 10-06-2017 à 23:35:04  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 10 juin 1917……...
 
Ce 10 juin 1917 aussi, Aimé Rolland change de régiment. Né à Frontenay en 1876, benjamin de 2 frères eux aussi partis en guerre, surnommé « Luc » ou plus péjorativement « Reluchet », il est muté du 201ème RIT au 73ème RIT.
 
Le 201ème RIT est employé début 1917 à différents travaux et services (service des eaux, défense de parcs d'artillerie et d'aviation puis du 3 avril au 9 juin, au service des routes et aux dépôts de vivres et de munitions).  
Mais le 201e territorial est dissous le 10 juin et c'est ainsi qu'Aimé Rolland aborde le 73ème RIT, selon sa fiche matricule.
Difficile d'en savoir plus, car l'historique de ce régiment annonce sa dissolution ….... au 9 avril 1917 !
Quelque soit son nouveau régiment, Aimé Rolland ne va pas y rester longtemps, car sa fiche matricule précise aussi « évacué 22/06/1917 pour respiration emphysimateuse et poussées de bronchite ».
Aimé Rolland ne repartira jamais au front, il sera même démobilisé en décembre 1917.
Après guerre, sans descendance, Aimé Rolland habite à Frontenay, près de la sacristie, dans un logement qui serait classé aujourd'hui insalubre et y meurt en 1956.

n°78329
regis 79
Posté le 11-06-2017 à 23:36:55  profilanswer
 

Il y a cent ans, jour pour jour, le 11 juin 1917……...
 
Ce 11 juin 1917, Germain Valançon, né à Frontenay en 1893, cousin germain de mon arrière-grand-mère Constance Valançon, change de régiment. Engagé volontaire en 1913 avec le 7ème Hussard de Niort, Germain Valançon se retrouve au front dès le début du conflit.
 
Selon l'historique du régiment, après l'arrêt des Allemands sur l'Yser en 1914, le 7e régiment de Hussards, paradoxe pour un régiment de cavalerie, participe à la guerre de tranchées en 1915 en Artois, puis suit à Verdun le 9e C. A. en avril 1916 avant d'exécuter dans la Somme le service des liaisons, de l'observation, ainsi que le ravitaillement par bâts, de l'artillerie, l'état du terrain rendant impossible le ravitaillement normal des batteries. Ces missions sont moins glorieuses qu'en 1914, mais indispensables aux combattants de première ligne.
 
A partir de février 1917, par suite de la nouvelle organisation de la cavalerie divisionnaire, les différents escadrons sont affectés à chacune des D. I. du 9e C. A..
C'est dans ce contexte que Germain Valançon est versé ce 11 juin 1917, au 125ème RI, en poste à ce moment-là à Epernay, régiment qui vient de s'engager en avril-mai au Chemin des Dames et au plateau de Craonne. Le JMO annonce une  chaleur accablante en cette mi-juin 1917 et c'est la raison pour laquelle les déplacements se font essentiellement de nuit par marches de 18 à 20 km pour rejoindre la région de Berry-au-Bac et Sapigneul, à la frontière entre l'Aisne et la Marne. Les travaux de défense, l'aménagement de tranchées et d'abris sont au programme chaque jour.
 
Le régiment est alors envoyé en Lorraine d'août 1917 à avril 1918, en forêt de Parroy, puis au Grand-Coronné de Nancy avant d'être rapatrié d'urgence dans la Somme, suite à l'offensive puissante des Allemands en Artois, offensive menaçant à nouveau Paris.
 
Germain Valançon va connaître des périodes « plutôt » calmes pendant 10 mois. Ce sera autre chose avec la bataille de la Somme en 1918..........

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