Bonjour à tous,
Merci pour vos messages, je suis bien surpris que des personnes soient si réactives sur un forum comme celui-ci ; et cela fait bien plaisir de voir des passionnés par ces temps si matérialistes. Bref...
Il s'agit bien du lieutenant Le Pivain, qui survivra à la guerre, et connaitra bien d'autres aventures dont les récits 1920... sortent du cadre et passent de la Bulgarie, à la Russie, au Sahara, etc.
Le récit couvre les batailles d'Août 1914 à Décembre 1914 (Maissin --> à la Boisselle), puis une partie 1917 (destruction du zeppelin L.39 à Compiègne en Mars 17). Manifestement, il a du exister les écrits pour 1915/1916 et j'ai espoir de les retrouver...
L'intérêt est qu'il existe également plusieurs album photos prises par le lieutenant tout au cours de la guerre (des centaines) qu'il faudra que je scanne, voire identifie....
La découverte est assez récente (3 jours !!!) et mon inculture sur la guerre de 14 est avérée... Ne m'en veuillez donc pas si je répond mal à vos questions...
Si j'ai bien compris il a suivi dans un premier temps le 1er bataillon =
"Au sortir de Paliseul je vois le 1er Bataillon prendre une route qui se détache à droite. Je soupçonne que le colonel va me le faire suivre mais comme je n’ai reçu aucun ordre et que je tiens à ne manquer aucune occasion de faire remarquer que les sections de mitrailleuses sont des organes de régiment et non de bataillon je continue à garder ma place dans la colonne. Bientôt me parvient l’ordre escompté d’avoir à rejoindre sans délai le 1er Bataillon et, orientant ma section à travers champs, je gagne la route de droite où ma bicyclette me permet de forcer de vitesse pour aller prendre les ordres du chef de bataillon à la disposition duquel je suis placé."
Il croise Doucet, qui visiblement n'est pas à la hauteur, puis se retrouve dans un bois en première ligne avec les hommes de la 1ère compagnie, puis retourne en arrière, traversant un champs, il croise :
"En arrivant sur la chaussée j’y trouve le 3ème Bataillon, le Commandant Hanquelle en tête, qui débouche à son tour du bois de Framont à l’ouest de la route et progresse droit devant lui. Le Commandant marche en tête avec les éclaireurs. En face la fusillade crépite soudain et toute la route, qui est rectiligne, est aussitôt balayée de projectiles. Je me jette dans un petit bois de sapins qui s’avance en pointe entre les voies d’Anloy et de Maissin et, à l’abri d’un talus qui le borde, je continue ma marche vers l’arrière croisant les éléments du 3ème Bataillon qui continuent à arriver.
Le carrefour des deux routes est un point de concentration du feu et les projectiles y tombent en pluie ; il y passe de temps à autre certaines rafales de mitrailleuses qui font de l’arrosage sérieux à en juger par les blessés et les morts qui jonchent le sol, aussi inutile de s’y attarder et je le passe en vitesse. Au delà je retrouve le refrain, déjà connu, des balles fichant dans les troncs ou broyant les branches avec les échos prolongés de leurs claquements dans les profondeurs de la futaie."
Il récupère plus loin ses hommes avec mitrailleuses (recroisant au passage Hanquelle, blessé à la jambe, ainsi qu'un homme paralysé de terreur dans un fossé, puis des éléments du 3eme bataillon battant retraite en panique et affolés) et repasse le fameux carrefour. Puis voici ce qu'il dit du 3ème bataillon =
"A la jumelle je scrute le terrain. Où donc se trouve le 3ème Bataillon qui devrait nous encadrer. J’aperçois bien quelques pantalons rouges étendus blessés ou morts sur la pente qui remonte doucement en face mais rien par ailleurs. Il s’est véritablement évanoui pendant la demi-heure qui s’est écoulée entre son engagement et notre arrivée. Plus tard j’apprendrai qu’en effet, dans une contagion de folie téméraire sans aucune préparation par le feu, les quatre capitaines ont lancé leurs compagnies à l’assaut dans une ruée d’une splendide audace mais manifestement insensée. Leur élan furieux les ayant portés, malgré des pertes sévères, jusqu’aux tranchées ennemies ; ces malheureuses unités se sont trouvées en face de réseaux de fil de fer dissimulés sur la pente et là ont été décimées par la mousqueterie, une contre-attaque a anéantis leurs débris. Tous les cadres sont tombés à l’exception de deux officiers de réserve dont celui qui fuyait dans les bois." [il avait croisé cet officier de réserve paniqué et fuyant, qui lui avait donné de mauvaises indications sur les positions ennemies]
Assez longs échanges de mitrailleuses, puis retraite.
"Au carrefour je retrouve le capitaine Bontz qui se replie avec la 1ère Compagnie. Il confirme mes craintes, la droite débordée, Kieffer, Coseul, de Barbeyrac, Bongier, Kermarec tombés morts ou blessés, les Allemands avancent dans le bois. "
S'en suit un RdV avec le capitaine Bontz pour maintenir des positions, que celui-ci ne tiendra pas. Cela l'oblige, lui et Serrant, à retourner en arrière encore.
"En sortant de Framont quelle n’est pas ma stupéfaction de trouver là, installé derrière le remblai du chemin de fer que j’ai indiqué comme position à ma petite troupe, un bataillon du 65ème. Par suite de la savante manœuvre d’Eydoux qui a fait se croiser avant l’engagement les deux colonnes de division de son corps d’armée ce bataillon, détaché sur le flanc de la 21ème Division, se trouve, en réalité, couvrir celui de la 22ème. Il se trouve à point pour nous recueillir. Je me mets sous les ordres du chef de bataillon qui nous place, Serrant et moi, à ses ailes et là encore nous attendons en vain la ruée de la cavalerie allemande."
S'en suit, la nuit, puis toute la retraite, des passages de "taubes" lâchant des bombes sur les colonnes etc.... pas du tout transcrit encore
J'espère que ces courts extraits vous apporterons qq renseignements. Effectivement, le récit de la bataille de Maissin est plus développé (une dizaine de page), certains personnages en prennent visiblement pour leur grade (Eydoux, etc) et je commence tout juste à le transcrire sur ordinateur, et je pourrai le passer aux personnes intéressées.
Amicalement
Message édité par lapita le 13-08-2008 à 10:46:05