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Auteur Sujet :

65e RI Août 1914 Maissin Anloy

n°15542
lapita
Posté le 12-08-2008 à 17:35:31  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Bonjour,
Je retrouve votre message ; et me permet d'ajouter une petite citation du journal du GP datée du 23/08 et relatif aux gens présents dans Maissin. Je n'y connais rien, mais cela me semble donner quelques infos pour faire tourner votre moulin (?) :
 
"
Tandis que ce travail d’organisation de la position se poursuit nous voyons successivement des groupes de rescapés de la bagarre de la veille rallier le régiment. Parmi ces derniers je vois arriver, avec les débris de sa section, Desmiers [DESMIERS DE CHENON, lieutenant de la 2ème Section de Mitrailleuse du 118 RI]  disparu depuis la veille et dont j’ai emmené les chevaux, le croyant perdu. Il m’apprend que, resté dans le bourg de Maissin lors de la retraite de la division, il s’y est maintenu avec une poignée de soldats des 118, 19, 62, 116 toute la soirée du 22 et la nuit du 22 au 23. Les Allemands ont tenté une attaque de nuit qui a avorté les mitrailleuses ayant fauché la colonne par quatre qui s’avançait par la rue. Jusqu’au matin les tirailleurs débandés qui occupaient les ilots de maison ont repoussé toutes les tentatives de l’ennemi en lui infligeant des pertes sévères ; mais, à l’aube, les Allemands, profitant du repli de la division, ont peu à peu encerclé le village. Les défenseurs survivants, malgré une lutte acharnée, ont été tués ou pris. Desmiers avec sa section décimée a pu s’échapper emmenant une de ses pièces qu’il a pu charger sur une voiture à bras, l’autre est glorieusement tombée aux mains de l’ennemi.
Je m’attendais à un compliment de la part du colonel. Au contraire, il ne trouve qu’un blâme à exprimer à ce pauvre Desmiers pour la perte de sa mitrailleuse.
D’ailleurs les préoccupations de notre chef est différente de celle que j’imaginais. Je m’aperçois que s’il explore fréquemment à la jumelle la route de Paliseul, ce n’est pas pour constater le retour de quelques fractions de son régiment. Une préoccupation d’un autre ordre l’obsède. Sa très précieuse monture a été égarée et cette disparition seule l’inquiète. Jusqu’à l’arrivée qui finira par se produire, de ses chevaux, il restera nerveux, dépêchant à chaque instant un cycliste pour aller reconnaitre l’identité des animaux qui sont en vue.

 
"
 
 

RIO Jean-Yves a écrit :


 
MAIS …
Je passe rapidement sur les noms plus ou moins écorchés ou déformés des officiers cités, tant du 19e que du 35e RAC ; il eut été de bon ton que par respect à leur mémoire ils échappassent post-mortem à ce genre de chose.
 
On y découvre de « curieuses » choses , comme des soldats du 65e dans Maissin jusqu’au 23 au matin alors que ce régiment et le 64e étaient sur Pocheresse (Calvez n‘en parle d’ailleurs absolument pas) , d’autres encore du 17e CA à la Ferme de Bellevue - cf plus bas - soit disant égarés (c‘est plus plausible, vu la déroute de ce dernier, mais quant même…) ; y rajouterai-je une mise en avant un peu trop « voyante » à mon sens de l’action de la 21e DI alors que l’on sait que c’est la 22e qui fut à la pointe des combats …. Et surtout que pensez de la totale occultation-disparition - fut-ce délibéré ? - de la vigoureuse contre attaque allemande de fin d’après-midi au travers notamment du Bois de Hautmont et qui faillit bien réussir  ? Deux ou trois bouts de phrases sous-entendent cette attaque , à qui connaît un peu les faits du jour , mais c‘est tout….


Message édité par lapita le 12-08-2008 à 17:50:40
n°15544
los
Posté le 12-08-2008 à 17:55:00  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Lapita,
 
Un grand merci pour ce témoignage. C'est fabuleux  :bounce: .
Pouvez vous nous donner le nom du grand père de votre femme ?  
Afin de resituer ce témoignage dans la bataille, savez vous de quel bataillon il faisait partie ?
A t'il écrit autre chose sur la bataille de Maissin ?
Un grand merci pour votre carte. Pouvez vous me la faire parvenir sur mon adresse mail (je vous la communique en MP) car celle-ci est trop petite et j'ai du mal à bien la voir.
 
Mes recherches sont axées sur le 19e RI qui faisait partie de la même brigade que le 118e. Si dans les écrits du grand père de votre femme, il est évoqué le 19e RI, vous serait'il possible de me faire part de ces infos?
 
Je suis, moi même, a votre disposition si vous avez des questions sur le sujet.
 
Encore un grand merci pour votre contribution.
Amicalement
Sophie :hello:


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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
http://19emeri.canalblog.com/
n°15546
B Vieillot
Posté le 12-08-2008 à 19:53:03  profilanswer
 

Bonsoir Lapita,  
 
Bienvenue parmi nous. Les témoignages sont toujours les bienvenus sur le forum car ils sont d'abord assez rares et ils éclairent considérablement les faits. Historiquement, bien sur... mais surtout humainement. C'est le sens du travail que je mène en documentaire. Après,  il nous faut bien les remettre dans leurs lieux et dans leurs contextes...  
 
Le grand-père de votre femme a la chance d'avoir été parmi les rescapés du 118e RI.  Pour cette journée, le régiment perd 21 officiers et 1071 hommes !  
 
Le premier témoignage nous donne une bonne perception d'un carrefour (d'après le plan qui est un peu petit, je pense que c'est celui franc bois en direction d'Anloy ).  Le régiment au début de la bataille est coupé en deux et étalé sur 5 Km de front. Le 3e et 1e bataillon sont du coté de Anloy et le 2e bataillon en renfort du 19e RI à l'entrée de Maissin. Aujourd'hui, à coté de ce croisement, il y a le cimetière d'Anloy Heide dans lequel aura lieu la cérémonie le 24 Août prochain (évoqué dans le forum par Anloy). Le capitaine Caron cité commandait la 12e compagnie (3e bataillon). Il est décédé des suites de ces blessures.
 
Pour les éléments dans Maissin du 22 au 23, la 8e compagnie et 2e section de mitrailleuses du 118e RI restent effectivement avec les autres éléments que vous citez. Ils repoussent 3 attaques à minuit, 3 heures et 6 heures, puis retraitent eux aussi. "Une poignée de brave" dit l'historique ! Pas de surprise, si ce n'est la chance pour ces hommes de s'en être sorti ! Parmi eux, le sergent Ronel qui tient une des pièces de mitrailleuses. Le lt Desmiers de Chenon sera tué devant la Boiselle en avril 15.
 
Une seule question : qui est cet homme dont le témoignage est superbe ?  
 
Je vous transmets en privé un document vous permettant de mieux percevoir les enjeux, les tenants et les aboutissants de ce combat. J'ai aussi l'historique du 118e Ri.  
 
Bien amicalement  
Barth


Message édité par B Vieillot le 13-08-2008 à 08:55:08
n°15552
RIO Jean-Y​ves
Posté le 13-08-2008 à 01:45:18  profilanswer
 

Bonne nuit à toutes et à tous
Bienvenue parmi nous Marie Thérèse et Lapita  
 
et merci pour tous ces nouveaux éléments. [:rio jean-yves:3]  
 
Lapita : Superbe témoignage de l'intérieur du 118e RI - et encore je suppose que ce ne sont que de petits extraits - avec une carte en plus (je lis Bois de Framont ?) qui me fait penser à celle faite par mon GP.  
Ce témoignage est historiquement d'autant plus précieux pour moi qu'il me confirme bien que des soldats du 116e RI faisaient effectivement partie de ceux demeurés dans la nuit du 22 au 23 à Maissin ! A priori ceux de la 1e Cie sous les ordres du Lieutenant MELY qui sera tué 4 jours plus tard.
 
Terribles et ô combien révélatrices aussi les quelques phrases sur l'attitude - honteuse voire ignoble à mon sens - du Colonel FRANCOIS !! se préoccupant plus de son cheval que de ses hommes qui payèrent ce jour là le tribu le plus sanglant ..... Alors, le GP : c'est qui ?
 
Comme Sophie, je suis très intéressé par la carte à plus grande échelle ainsi que tous éléments qui concerneraient le 116e RI et le 35e RAC de VANNES.  
Et à votre disposition en retour . Je vous donne mon adresse en MP.
 
MAISSIN n'a pas encore révélé tous les détails de son histoire ! Passionnant !
 
Cordialement
Jean-Yves  :hello:


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Recherches sur les 116e, 294e & 354e RI + 316e RI et 28e & 35e RAC
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n°15556
lapita
Posté le 13-08-2008 à 10:39:39  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Merci pour vos messages, je suis bien surpris que des personnes soient si réactives sur un forum comme celui-ci ; et cela fait bien plaisir de voir des passionnés par ces temps si matérialistes. Bref...
 
Il s'agit bien du lieutenant Le Pivain, qui survivra à la guerre, et connaitra bien d'autres aventures dont les récits 1920... sortent du cadre et passent de la Bulgarie, à la Russie, au Sahara, etc.
 
Le récit couvre les batailles d'Août 1914 à Décembre 1914 (Maissin --> à la Boisselle), puis une partie 1917 (destruction du zeppelin L.39 à Compiègne en Mars 17). Manifestement, il a du exister les écrits pour 1915/1916 et j'ai espoir de les retrouver...
L'intérêt est qu'il existe également plusieurs album photos prises par le lieutenant tout au cours de la guerre (des centaines) qu'il faudra que je scanne, voire identifie....
 
La découverte est assez récente (3 jours !!!) et mon inculture sur la guerre de 14 est avérée... Ne m'en veuillez donc pas si je répond mal à vos questions...
 
Si j'ai bien compris il a suivi dans un premier temps le 1er bataillon =
"Au sortir de Paliseul je vois le 1er Bataillon prendre une route qui se détache à droite. Je soupçonne que le colonel va me le faire suivre mais comme je n’ai reçu aucun ordre et que je tiens à ne manquer aucune occasion de faire remarquer que les sections de mitrailleuses sont des organes de régiment et non de bataillon je continue à garder ma place dans la colonne. Bientôt me parvient l’ordre escompté d’avoir à rejoindre sans délai le 1er Bataillon et, orientant ma section à travers champs, je gagne la route de droite où ma bicyclette me permet de forcer de vitesse pour aller prendre les ordres du chef de bataillon à la disposition duquel je suis placé."
 
Il croise Doucet, qui visiblement n'est pas à la hauteur, puis se retrouve dans un bois en première ligne avec les hommes de la 1ère compagnie, puis retourne en arrière, traversant un champs, il croise :
"En arrivant sur la chaussée j’y trouve le 3ème Bataillon, le Commandant Hanquelle en tête, qui débouche à son tour du bois de Framont à l’ouest de la route et progresse droit devant lui. Le Commandant marche en tête avec les éclaireurs. En face la fusillade crépite soudain et toute la route, qui est rectiligne, est aussitôt balayée de projectiles. Je me jette dans un petit bois de sapins qui s’avance en pointe entre les voies d’Anloy et de Maissin et, à l’abri d’un talus qui le borde, je continue ma marche vers l’arrière croisant les éléments du 3ème Bataillon qui continuent à arriver.
Le carrefour des deux routes est un point de concentration du feu et les projectiles y tombent en pluie ; il y passe de temps à autre certaines rafales de mitrailleuses qui font de l’arrosage sérieux à en juger par les blessés et les morts qui jonchent le sol, aussi inutile de s’y attarder et je le passe en vitesse. Au delà je retrouve le refrain, déjà connu, des balles fichant dans les troncs ou broyant les branches avec les échos prolongés de leurs claquements dans les profondeurs de la futaie.
"
 
Il récupère plus loin ses hommes avec mitrailleuses (recroisant au passage Hanquelle, blessé à la jambe, ainsi qu'un homme paralysé de terreur dans un fossé, puis des éléments du 3eme bataillon battant retraite en panique et affolés) et repasse le fameux carrefour. Puis voici ce qu'il dit du 3ème bataillon =
"A la jumelle je scrute le terrain. Où donc se trouve le 3ème Bataillon qui devrait nous encadrer. J’aperçois  bien quelques pantalons rouges étendus blessés ou morts sur la pente qui remonte doucement en face mais rien par ailleurs. Il s’est véritablement évanoui pendant la demi-heure qui s’est écoulée entre son engagement et notre arrivée. Plus tard j’apprendrai qu’en effet, dans une contagion de folie téméraire sans aucune préparation par le feu, les quatre capitaines ont lancé leurs compagnies à l’assaut dans une ruée d’une splendide audace mais manifestement insensée. Leur élan furieux les ayant portés, malgré des pertes sévères, jusqu’aux tranchées ennemies ; ces malheureuses unités se sont trouvées en face de réseaux de fil de fer dissimulés sur la pente et là ont été décimées par la mousqueterie, une contre-attaque a anéantis leurs débris. Tous les cadres sont tombés à l’exception de deux officiers de réserve dont celui qui fuyait dans les bois." [il avait croisé cet officier de réserve paniqué et fuyant, qui lui avait donné de mauvaises indications sur les positions ennemies]
 
Assez longs échanges de mitrailleuses, puis retraite.
 
"Au carrefour je retrouve le capitaine Bontz qui se replie avec la 1ère Compagnie. Il confirme mes craintes, la droite débordée, Kieffer, Coseul, de Barbeyrac, Bongier, Kermarec tombés morts ou blessés, les Allemands avancent dans le bois. "
 
S'en suit un RdV avec le capitaine Bontz pour maintenir des positions, que celui-ci ne tiendra pas. Cela l'oblige, lui et Serrant, à retourner en arrière encore.
 
"En sortant de Framont quelle n’est pas ma stupéfaction de trouver là, installé derrière le remblai du chemin de fer que j’ai indiqué comme position à ma petite troupe, un bataillon du 65ème. Par suite de la savante manœuvre d’Eydoux qui a fait se croiser avant l’engagement les deux colonnes de division de son corps d’armée ce bataillon, détaché sur le flanc de la 21ème Division, se trouve, en réalité, couvrir celui de la 22ème. Il se trouve à point pour nous recueillir. Je me mets sous les ordres du chef de bataillon qui nous place, Serrant et moi, à ses ailes et là encore nous attendons en vain la ruée de la cavalerie allemande."
 
S'en suit, la nuit, puis toute la retraite, des passages de "taubes" lâchant des bombes sur les colonnes etc.... pas du tout transcrit encore
 
J'espère que ces courts extraits vous apporterons qq renseignements. Effectivement, le récit de la bataille de Maissin est plus développé (une dizaine de page), certains personnages en prennent visiblement pour leur grade (Eydoux, etc) et je commence tout juste à le transcrire sur ordinateur, et je pourrai le passer aux personnes intéressées.
 
Amicalement


Message édité par lapita le 13-08-2008 à 10:46:05
n°15558
CRASSET de​ Maissin
Posté le 13-08-2008 à 15:19:11  profilanswer
 

Pour Mr Vieillot en réponse à ces passages repris ci dessus  
     
Dans le cimetière il y a une tombe bien différente des autres (voir Photo Rotonde 01.JPG).    
 
Le cimetière Pierre Massé a été remis en état en .....par une Sté française ??? qui s'occupe de l'entretien des cimetières (j'ai entendu parler en ce temps là d'un Mr Juin ) mais il faudrait vérifier tout de même Vous pourriez en apprendre plus chez ces personnes  Le représentant de la France aux cérémonies était un militaire ( Je pense Col ?? Marchant ? ? ) et il est souvent présent en aoüt  Vous le verrez sans aucun doute J'ai entendu aussi dire que des sépultures auraient été ramenées ici venant de je ne sais où Tous ceci est à contrôler Il y avait aussi un organisme à Liège qui s'occupait de fleurir les tombes peut être est ce encore le cas et où nous versions en ma jeunesse une cotisation pour ces fleurs sur les tombes du cimetière à Maissin


Message édité par CRASSET de Maissin le 13-08-2008 à 15:22:06
n°15559
los
Posté le 13-08-2008 à 17:26:33  profilanswer
 

Bonjour à tous
Bonjour Lapita
Merci beaucoup pour ces nouveaux extraits des écrits du lieutenant Le Pivain.  :bounce: c'est fabuleux :bounce:
Ces extraits nous apportent de précieux éléments sur les 1er et 3e bataillon du 118e RI qui ont fait face aux attaques Allemandes venant d'Anloy. J'ai grand hate de lire la suite  :love: .
 
Le bois de Framont cité sur la carte est , je pense, le Franc Bois.  

Citation :

Plus tard j’apprendrai qu’en effet, dans une contagion de folie téméraire sans aucune préparation par le feu, les quatre capitaines ont lancé leurs compagnies à l’assaut dans une ruée d’une splendide audace mais manifestement insensée.


Je constate que la frénésie d'attaque n'était pas specifique au 19e RI et au colonel Chapes (Surement du à l'état d'esprit de l'époque).

Citation :

En sortant de Framont quelle n’est pas ma stupéfaction de trouver là, installé derrière le remblai du chemin de fer que j’ai indiqué comme position à ma petite troupe, un bataillon du 65ème.


Je pense que le lieutenant Le Pivain a retrouvé, à ce moment là, la moitié du 3e bataillon du 65e RI qui avait été retenu à Paliseul pour garder le Q.G. du C.A. D'après une carte du "Pugens" la 9e et 10e compagnies du 65e RI sont à Framont en cette fin de journée du 22 aout.
 
Encore merci pour ce partage.
Amicalement
Sophie :hello:


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n°15560
CRASSET de​ Maissin
Posté le 13-08-2008 à 17:44:12  profilanswer
 

Bonsoir Je viens de recevoir la carte du bois de Framont  
Il ne s'agit pas du village de Maissin mais du croisement qui se trouve au sud de Maissin en allant vers Sart Jéhonville et Bertrix Ce carrefour comprend le chemin venant de Framont Paliseul et allant vers Anloy ( où se trouve le cimetière dit d'Anloy) et la route vers la gauche va à Maissin et à droite vers Bertrix Il se trouve à environ 2 kms du centre de Maissin Bien à vous


Message édité par CRASSET de Maissin le 13-08-2008 à 18:22:19
n°15561
RIO Jean-Y​ves
Posté le 13-08-2008 à 17:48:42  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
bonjour Lapita.
 
Jusqu'à ces dernières 24 heures, et depuis presque 5 ans maintenant, je pensais le témoignage "de l'intérieur" de mon GP unique sur Maissin et les premières semaines de guerre au sein de la 22e D.I Bretonne.
Les quelques extraits que vous avez rajoutés montre un témoignage tout aussi exceptionnel, sinon plus !  
Celui-ci confirme en tout cas une nouvelle fois le rôle meurtrier des mitrailleuses allemandes ce jour-là, mais aussi les trop grandes témérité et confiance en eux des officiers, tout comme le furent celles du Colonel CHAPES à la tête du 19e RI. Un défaut des "Finistériens" ? mais qui couta extrêmement cher .
 
Je suppose que sur la retraite, Lenharrée (là aussi les témoignages manquent - le 118e s'est-il réellement effondré d'un coup sous l'assaut ennemi comme on l'a dit) ou encore la Somme (l'épisode sanglant de la Boiselle ne va pas intéresser que moi ... ;) n'est-ce pas Sophie) c'est tout aussi passionnant ! De même que les appréciations sur les officiers supérieurs.
Et si en plus vous avez des photos, alors là ...... Rien de tel pour exciter la "curiosité" Bretonne ! :ouch:  
 
Prenez le plus grand soin de ces documents et si je puis user d'un conseil amical, ne le dispensez sur le net qu'avec parcimonie, pour éviter la mésaventure qui m'est arrivée (la parution d'extraits des écrits de mon GP après un "pillage" sans autorisation). L'avantage de notre tranchée, c'est qu'on peut aussi passer en MP en plus de la voie "classique" (mails).
 
Quant à

Citation :

mon inculture sur la guerre de 14 est avérée


vous trouverez ici des "passionnés" qui pourront vous aider au fur et à mesure... et qui eux-même ont commencé sans rien connaitre, ou si peu, et n'arrêtent pas d'apprendre.  
Il suffit ainsi de disposer de deux qualités que sont la curiosité et ... la patience.
Et on se laisse vite prendre au jeu.....
Amicalement :hello:  
Jean-Yves
 
(Additif : un joli tir groupé de Bretagne et de Maissin que nos 3 messages  :) . Je vois que Sophie & moi sommes encore sur la même longueur d'ondes .... à force de patauger dans les mêmes tranchées  ;) )


Message édité par RIO Jean-Yves le 13-08-2008 à 17:55:11

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Recherches sur les 116e, 294e & 354e RI + 316e RI et 28e & 35e RAC
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n°15562
CRASSET de​ Maissin
Posté le 13-08-2008 à 17:53:16  profilanswer
 

sagatore a écrit :

Bonsoir à tous,  
Petite contribution issue du très bon livre de Madeleine Dom "Histoire de la résistance" Soldats sans uniformes, les combattants volontaire de la guerre 1940-1945 Tome 1.
 
Les ateliers de la gare  
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] .jpg1..jpg
 
La gare  
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] .jpg1..jpg
 
La maison Lebutte incendié durant les combats du 22 et 23 août  
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] .jpg1..jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] .jpg1..jpg
 
L'école en 1916
 
http://images.mesdiscussions.net/p [...] .jpg1..jpg
 
Histoire peu connue ...
 
http://img145.imageshack.us/img145 [...] nuelc1.jpg
 
http://img46.imageshack.us/img46/2 [...] ue1di0.jpg
 
http://img47.imageshack.us/img47/2 [...] ue2pv9.jpg
 
Bonne soirée à tous  
Sébastien  


 
Bonsoir à tous  
Votre mot me rappelle bien des souvenirs Je suis né à la gare de Maissin en 1936 mon grd père y était depuis 1900 ??? disait on à l'époque chef de gare. Sur mon site il existe des photos des ateliers et qq commentaires qui j'y ai glissés recueillis auprès de ma mère, ma grd mère en parlait peu de sa guerre , sur la situation en 1914 Mes arrière grds parents paternels et maternels ( français de Charleville Mézières ) et leur famille habitaient à Maissin à ce moment là Mon père né ce 13.8.1909 aujourd'huy ( 99 ans )se trouve sur la photo de l'école Il est à l'avant plan le 3 ème à partir de la droite C'est la soupe populaire offerte par une oeuvre américaine disait on Enfin bonsoir   le CHTL a édité un livre le n° 8 sur Aux Sources de la Lesse où sont repris des evènements de 1914 à Maissin la haute Lesse  
mon site http://users.skynet.be/les.maissineries/


Message édité par CRASSET de Maissin le 13-08-2008 à 18:07:47
n°15563
los
Posté le 13-08-2008 à 18:17:39  profilanswer
 

Bonjour à tous

Citation :

Je suppose que sur la retraite, Lenharrée (là aussi les témoignages manquent - le 118e s'est-il réellement effondré d'un coup sous l'assaut ennemi comme on l'a dit) ou encore la Somme (l'épisode sanglant de la Boiselle ne va pas intéresser que moi ... ;) n'est-ce pas Sophie) c'est tout aussi passionnant ! De même que les appréciations sur les officiers supérieurs.  
Et si en plus vous avez des photos, alors là ...... Rien de tel pour exciter la "curiosité" Bretonne ! :ouch:

 
Tout à fait Jean Yves ;) , tout comme toi, je brule d'impatience de lire la suite des écrits du lieutenant Le Pivain.  :bounce:  :bounce:  :bounce:  
Non seulement Maissin, mais aussi la suite, Lenharrée, La Somme, Aveluy et l'attaque du 17 décembre 1914 sur La Boisselle, etc...
Et les photos, c'est la cerise sur le gateau  :love: .
 
Amicalement
Sophie :hello:


Message édité par los le 13-08-2008 à 18:20:24

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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
http://19emeri.canalblog.com/
n°15565
Yves Thoer
Posté le 13-08-2008 à 20:47:38  profilanswer
 

Bonjour Lapita, bonjour à tous.
 
Le témoignage du lieutenant Le Pivain est effectivement primordial pour la compréhension du combat de Maissin. Je lit, relit et recoupe avec l'historique du 118, un nouveau éclairage est donné à ce combat.
Merci de partager ces informations.
 
Dans 'historique du 118 le lieutenant Le Pivain n'est cité que deux fois :
 
Page 28 : " Le 11 septembre, la division se porte sur Châlons par Vatry. Le régiment cantonne à Beuvrery.
Par décision du général commandant la IXe armée, en date du 7 septembre.
Sont promus au grade de capitaine à titre temporaire :
Le lieutenant Cazin, officier d’approvisionnement ;
Le lieutenant Le Pivain. "
 
Page 35 : " Le 28 novembre, le 118e reçoit un renfort de 2 officiers (capitaine Le Pivain, lieutenant Serrant), et 339 hommes (dont 204 jeunes soldats, laissés à l’instruction à Millencourt). "
 
Le capitaine  aurait-il été blessé entre le 11 /9 et le 28/11, le lieutenant Serra

n°15566
Yves Thoer
Posté le 13-08-2008 à 20:49:51  profilanswer
 

Re, erreur de frappe !
 
Le lieutenant Serrant ayant été blessé à Maissin.
 
Cordialement.
 
Yves

n°15568
popol
Posté le 13-08-2008 à 21:25:47  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous
Bonsoir à Lapita, Yves, Jean Yves et son GP, Sophie, Marie-Thérèse, Mr Crasset, Barth, .......
 
C'est fou, je m'absente un jour et voilà le fil qui s'emballe ... C'est merveilleux !
 
- Marie-Thérèse: un grand merci pour vos dernières précisions et renseignements sur les prochaines cérémonies à Anloy. J'espère avoir le plaisir de vous rencontrer bientôt mais il me faut résoudre un problème de logistique ... ;
 
- Lapita: soyez le bienvenu. Que du bonheur et du suspens : merci pour le partage de vos précieuses archives familiales sur le 118e RI qui éclairent mieux le combat de Maissin. Le sujet est de plus en plus captivant!
 
- Voici déjà l'ordre de bataille (encadrement) du 117e IR Hessois issu de l'historique dudit régiment allemand :
 
ORDRE DE BATAILLE DU 117e IR à la mobilisation (août 1914) :
 
Etat-major (Regimentsstab) :
 
Commandant : colonel (Oberst) von TIEDEMANN
Adjoint (Adjudant) : Leutnant SARTORIUS
Chef du train (Führer des Gr. Bag.) : Leutnant d. R. von EYNERN
Médecin régimentaire (Regimentsarzt): Stabsarzt  Dr. RISSOM
 
Etat-major du Ier Bataillon (I/117e IR):
 
Commandant: Major HAMSCHER (blessé à Maissin)
Adjudant: Leutnant FELBER
Officier des approvisionnements (Verpfleg. – Offizier) : Leutnant d. R. KLAMM
Médecin du bataillon (Bataillonsarzt): Stabsarzt Dr. RISSOM
Aide-médecin (Assistenarzt): Unterarzt HOEHNE
Trésorier (Zahlmeister): MÜHLHAUSEN
 
Leibkompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) HENRICI (blessé à Maissin)
Officiers: Leutnant OFFENBÄCHER
             Leutnant d. R. KÜSSNER   (d. R. : de réserve) (+ Maissin)
             Leutnant d. R. KRAUS (August)
             Porte-drapeau (Fahnenjunker) HOFMANN
Kompagnie-feldwebel (sergent-major): PAETZELT
 
2. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) TRUPP (blessé à Maissin)
Officiers: Oberleutnant OERTEL
             Leutnant d. R. KEMPF
             Officier suppléant (Offz.- Stellvertreter) BRUDER
             Porte-drapeau (Fahnenjunker) BAUER
Kompagnie-feldwebel (sergent-major): ALBERT
 
3. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) PLATZ
Officiers: Leutnant TELLENBACH (+ Maissin)
             Leutnant d.R. KNEWITZ
             Officier suppléant (Offz.-Stellvertreter) GROSS
             Sergent-major (Vizefeldwebel) OCHFENDORF
Kompagnie-feldwebel (sergent-major): SCHUSTER
 
4. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) KLAUER (blessé à Maissin)
Officiers: Leutnant ROSSI (blessé à Maissin)
             Leutnant d.R. THYLMANN (+ Maissin)
             Officier suppléant (Offz.- Stellvertreter) KLEIN
             Officier suppléant (Offz.- Stellvertreter) SEILHEIMER
Kompagnie-feldwebel (sergent-major): FRANK
 
 
Etat-major du IIe Bataillon (II/117e IR):
 
Commandant: Oberleutnant WEIZ
Adjoint (Adjudant): Leutnant MERSMANN
Officier des approvisionnements (Verpfleg. – Offizier) : Leutnant d. R. SAUVAGE
Bataillonsarzt: Stabsarzt d.R. Dr. PUPPEL
Aide-médecin (Assistenarzt): Assistenarzt Dr. RICHTER
Trésorier (Zahlmeister): MÜLLER  
Armurier (Waffenmeister): KLETT
 
5. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) WICHERT (Wilhelm) (+ Maissin)
Officiers: Leutnant ZEMSCH (+ Maissin)
             Leutnant d. R. SCHWEITZER (+ Maissin)
             Sergent-major (Vizefeldwebel) d. R. SCHLAMP
             Sergent-major (Vizefeldwebel) d. R. WALZINGER (+ Maissin)
Kompagnie-feldwebel (sergent-major): BRUNWINKEL
 
6. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) STAMM
Officiers: Leutnant v. REDOW
             Leutnant d. R. WEISE
             Vizefeldwebel d. R. KLINGER
             Vizefeldwebel d. R. BALLHEIMER
Kompagnie-feldwebel: VOLF
 
7. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) HAAD
Officiers: Leutnant WEBER
             Leutnant d.R. KRAUS (Wilhelm) (blessé à Maissin)
             Vizefeldwebel d. R. RIEL
             Vizefeldwebel d. R. ALMENDINGER
Kompagnie-feldwebel: MÜLLER  
 
8. Kompagnie:
 
Führer: capitaine (Hauptmann) v. BONIN
Officiers: Leutnant GENTZ (Wilhelm)
             Leutnant d.R. SCHWÖBEL (blessé à Maissin)
             Vizefeldwebel d. R. JAROSCH
             Vizefeldwebel d. R. OERTEL
Kompagnie-feldwebel: SCHMITT
 
 
Etat-major du IIIe Bataillon (III/117e IR):
 
Commandant: Major THÜMMEL (+ Maissin)
Adjoint (Adjudant): Leutnant SANNE
Officier des approvisionnements (Verpfleg. - Offizier) : Leutnant v. BORDE
Médecin du bataillon (Bataillonsarzt): Stabsarzt d.R. Dr. JOEDEL
Aide-médecin (Assistenarzt): Assistenarzt Dr. HOENE
Trésorier (Zahlmeister): TRÄTOW  
 
9. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) HEIMANN
Officiers: Leutnant d. R. FUCHS (blessé à Maissin)
             Leutnant  STENDEBACH (blessé à Maissin)
             Vizefeldwebel d. R. FROHNWEILER
                 
Kompagnie-feldwebel: HAHN
 
10. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) EWALD
Officiers: Leutnant d.R. KLAPPROTH (blessé à Maissin)
             Leutnant  D’HEIL (+ Maissin)
             Vizefeldwebel d. R. DONATH
                 
Kompagnie-feldwebel: KOCH
 
11. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) WICHERT (Félix)
Officiers: Leutnant d. R. SEILER
             Leutnant  EICHEL
             Leutnant d. R. MÜLLENBACH (Eduard)
             Officier suppléant (Offz. – Stellvertreter) SCHIER
Kompagnie-feldwebel: NEFF  
 
12. Kompagnie:
 
Chef: capitaine (Hauptmann) HENKE
Officiers: Leutnant d. R. VÖLFING
             Officier des approvisionnements (Offz. – Stellvertreter) DITT
             Vizefeldwebeld d. R. RICHARD
                 
Kompagnie-feldwebel: HAPPEL
 
 
Compagnie des mitrailleuses (M.G.Kompagnie) : (x)
 
Chef: capitaine (Hauptmann) SCHILDBAUER
Officiers: Leutnant AULEB
             Leutnant ROTERS (blessé à Maissin)
             Porte-drapeau (Fahnenjunker) BLOCK
Kompagnie-feldwebel (sergent-major): BENDER
 
(x) : une seule compagnie de mitrailleuses par régiment (composées de x mitrailleuses). Pour un régiment d’infanterie français, il y a normalement une section de mitrailleuses (2 mitrailleuses) par bataillon (ndlr);
 
Une bonne soirée de Belgique
 
 


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Bien cordialement
Paul Pastiels
n°15572
Anloy
Posté le 13-08-2008 à 22:59:01  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Pour ajouter un petit mot au message de Pierre Crasset, que je salue au passage, la revue n° 8 du CHTL est disponible chez moi, est vendue au prix de 20 euros + frais de port.
Si des personnes sont intéressées ...


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Marie Thérèse
n°15575
lapita
Posté le 14-08-2008 à 09:01:19  profilanswer
 

Yves Thoer a écrit :


Le capitaine  aurait-il été blessé entre le 11 /9 et le 28/11


 
 
Bonjour à tous,
 
Je viens de me rendre compte d'un grand vide entre la fin Aout et début Décembre 14 ; C'est donc une petite déception je pense pour ceux qui s'attendaient aux batailles intermédiaires ; Ce fini du côté de Sedan fin Aout, avec un bon vieux verre d'absinthe et cela reprend à la Boisselle.
 
Je me posai donc aussi la question de savoir pourquoi il était noté le 28/11/14 en "renfort" ?
 
J'aurai peut etre la réponse prochainement, car je viens d'apprendre qu'il existe des lettres (et aussi certaines parties manquantes de récit), mais je ne sais pas encore si certaines sont précisemment datées de ces trois mois là.  
 
 
 
 

n°15578
los
Posté le 14-08-2008 à 10:13:32  profilanswer
 

Bonjour à tous, bonjour Lapita
 
Ce grand vide entre fin aout et début décembre 1914 pourrait effectivement correspondre à une blessure. Ce qui expliquerais ce trou dans ces écrits et son retour au front avec un renfort le 28 novembre 1914.
J'espère que vous trouverez la clé de ce mystère dans les lettres dont vous venez de trouver.
Autrement, il y a une autre solution : La presse ancienne de Quimper. Car, à l'époque, parraisait dans les journaux une foule d'informations dont les listes des blessés rapatriés.
 
Amicalement
Sophie :hello:


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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
http://19emeri.canalblog.com/
n°15656
lapita
Posté le 18-08-2008 à 10:02:49  profilanswer
 

Bonjour,
 
Encore une fois, merci à tous pour vos messages perso, les quelques docs envoyés sur le 118eme, c'est vraiment très utile et passionnant.
 
Le plus exaltant c'est que, hier, une nouvelle virée dans les greniers ont mis au jour de nombreux textes manquants, des photos, des documents divers, et des lettres couvrant tout la guerre et bien au-delà. C'est tout simplement une mine d'information impressionnante et très émouvante, et il va falloir de longs mois avant de pouvoir dépouiller cela, mettre en forme, etc.
 
Cela donne la réponse à la question des manques de Septembre 1914. Le Lt Le Pivain a été blessé le 26 Aout au château de Bellevue, près de Sedan, en même temps que le Lt Serrant. Revenu fin Septembre (en même temps que Moreau) où il est nommé Capitaine, il est re-blessé à nouveau en Octobre (il sera encore blessé en Janvier)
 
Les lettres sont très émouvantes, et les écrits apportent parfois des avis sans détours sur le commandement (notamment Eydoux) ; beaucoup de noms sont cités ; des évènements décrits. Il y a également des lettres de familles de disparus remerciant le Capitaine pour les avoir prévenus etc.
Je ne sais pas comment je vais mettre en forme tout cela, mais il est probable que je vais vous ennuyer encore quelques temps dans ce trou d'obus.
 
Je voudrai en profiter pour lancer une petite bouteille à la mer = il y a une longue lettre du Lt SERRANT datée de 1936 qui revient sur les évènements d'Aout/Septembre 1914. Je serai très heureux de pouvoir la transmettre à ses descendants s'ils lisent un jour ces lignes.
 
J'ai lu le post sur la "bande du bois de saint-hubert", et une note du 23 Aout est assez amusante. Le Lt Le Pivain et quelques hommes se retrouvent perdus du côté de Bouillon. dans les bois, des réfugiés bleges, des hommes de troupes perdus. En clair, c'est l'anarchie totale dans les bois. Il écrit =
"Mes deux chevaux portent, l’un des munitions, l’autre des vivres. Il faut prévoir leur abandon éventuel en cas de rencontre. Je fais donc compléter à 200 les cartouches de chaque tireur et répartis entre tous les vivres restant. Nous allons marcher couverts en avant et en arrière par deux hommes ; le reste, avec les animaux, marchant groupé. En cas de rencontre d’éclaireurs ennemis la consigne est de les abattre et de s’emparer si possible de leurs montures ; si une petite troupe se présente l’on se jettera à gauche dans le taillis en abandonnant les chevaux si besoin est. J’ai déjà la vision d’une guerre de partisans à soutenir avec mes hommes dans les lignes ennemis en profitant des couverts impénétrables de l’immense forêt des Ardennes."
Finalement, pas si romantique cette vision de "guerre de partisans", puisque certains la feront !
 
 
Pour le plaisir, ci-joint une photo du Capitaine Le Pivain en 1916, avec l'uniforme du 118ème
 
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3936/Lepivain1916.jpg

n°15671
popol
Posté le 18-08-2008 à 20:24:26  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous
Bonsoir Lapita, Marie-Thérèse, Sophie, Barth , .....
 
- N'ayez crainte Lapita, vous nous ennuyez pas du tout, que du contraire ...nous sommes suspendus au témoignage du capitaine Le Pivain ...!!! Merci encore pour le partage de vos découvertes auxquelles nous sommes fort sensibles dans le présent fil. Si vous avez des informations complémentaires pour la journée J-1 (le 21 août 1914), elles sont également les bienvenues pour mieux comprendre la préparation des combats. Merci d'avance!
 
 
- Voici la traduction d'un témoignage  repris (ce qui est, à ma connaissance, assez rare) dans l'historique du 117e IR allemand, transmis par Barth, en cours de traduction:
 
(...)  
Une image de l’ambiance du front ennemi nous est livrée par des notes d’un journal, retrouvé plus tard sur un champ de bataille, tenu par un médecin français du 6e régiment du génie (lequel ...?):
 
« Dimanche 22.08.14 (1) – Départ de la marche à 04h00. Nous marchons vers Paliseul avec une grande emphase sur la grande route qui mène, au nord de Sedan par la frontière belge, presque directement à l’ouest de Neufchâteau. Aujourd’hui c’est le grand jour. Bientôt, nous entendons déjà le tonnerre des canons. Nous continuons à marcher et nous entendons ainsi plus distinctement la musique des canons. Cela a été en fait une erreur : on aurait du nous mener déjà, la veille, plus près du champ de bataille. Nous arrivons à Paliseul à moitié morts de faim et fort fatigués. Nous avons été reçus avec un enthousiasme extraordinaire. Les habitants nous apportent tous leurs moyens de subsistance pour apaiser notre faim.  Dans l’après-midi les Allemands reviennent à Maissin. Nous croyons, ce fut la victoire. Au contraire, ils semblent mener une contre-attaque, car les blessés affluent en grand nombre. Soudain, vers 18h, nous voyons rappliquer l’artillerie et la cavalerie. Qu’est-ce qui se passe ? L’ordre vient alors d’évacuer la position et de retraiter. Ce qu’il advint dès lors : c’est effroyable. Nous nous trouvons battus en tête et nous ne pouvons comprendre comment cela est possible. De mauvaises nouvelles arrivent de partout : des régiments entiers sont littéralement anéantis. C’était l’anéantissement complet du XIe corps (11e CA français). On évoquait de même la fuite du corps voisin combattant près de nous. Notre pauvre compagnie du génie abandonnée reçoit l’ordre de couvrir la retraite. En toute hâte, au milieu de la nuit et par un temps brumeux glacé, nous avons quitté les positions et les tranchées ; mais elles furent bientôt redonnées à nouveau (?). Il n’y avait plus d’ordre ni de discipline. Les officiers de l’Etat-major général sont complètement affolés. Nous passons la nuit sans fermer les yeux avec la pensée que nous pouvions à chaque instant être sacrifiés. C’est vraiment une nuit à laquelle je penserai toute ma vie entière. On sent la débâcle. C’est à peu de chose près un « sauf qui peut » !  
(1) Ndlr : il s’agit du samedi 22 août 1914.
 
(...)
 
- Voici, en pièces jointes, les vues de la scierie de La Rochette (Anloy) - avant et après l'incendie en août 1914 - transmises aimablement par Marie-Thérèse :
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/1002/La Rochette 3.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/1002/La Rochette 2.jpg
 
Merci Marie-Thérèse pour le partage de ces précieux documents!
 
Une bonne soirée de Bruxelles!


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°15687
lapita
Posté le 19-08-2008 à 12:02:33  profilanswer
 

Bonjour,
 
Peu de choses pour la journée du 20 Août.
Ce jour là il s'est opéré, dans la soirée, un "mouvement préparatoire" par le transfert du 1er bataillon de Rubécourt à Ponsu aux bois. Il y eut alors un incident :
"L’un de nos postes de surveillance, établi à proximité de la route de Ponsu, avait salué d’une fusillade nourrie le campement du 1er Bataillon qui, sous les ordres du capitaine Kieffer, précédait la colonne. Cette méprise, due à l’obscurité, témoignait d’une certaine nervosité chez les hommes et les gradés, il avait suffi de l’affolement d’une sentinelle pour déclencher un feu de salve qui, heureusement, n’avait pas porté."
 
Depuis le 16, des taubes survolaient le 118 dans ses mouvements


Message édité par lapita le 19-08-2008 à 12:04:35
n°15704
los
Posté le 20-08-2008 à 18:24:57  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Bonjour Lapita
 
Merci pour ces nouveaux extraits des écrits du capitaine Le Pivain. Très interessantes ces lignes sur "la guerre de partisans". Merci aussi pour la photo qui nous permet de mettre un visage derrière le nom du capitaine Le Pivain.
Suite à vos découvertes dans les greniers, vous voila à la tête d'un trésor. N'hésitez pas si vous avez des questions, vous ne nous ennuyez pas du tout, bien au contraire, comme le dit Popol, nous sommes suspendus au témoignage du capitaine Le Pivain qui est extraordinnaire.
 
Bonjour Popol
 
Merci pour ce témoignage du médecin du 6e Génie. J'ignore son nom, la seule information que je posséde c'est que c'est la compagnie 11/2 du 6e Génie qui était à Maissin avec la 22e DI.
 
Amicalement
Sophie :hello:


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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
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n°15736
popol
Posté le 21-08-2008 à 21:29:10  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous
Bonsoir Lapita, Sophie, Marie-Thérèse, Barth, ...
 
- Nous sommes le 21 août ...: c'est la veillée d'armes autour de Maissin; je pense à tous ces soldats, au GP de Jean-Yves, à la section de mitrailleuses du lieutenant Le Pivain ...  
 
- Merci Lapita pour les renseignements de la journée du 20 août: mais peut-on en savoir un peu plus pour la journée du 21 août ...svp?
 
- Merci Sophie pour les précisions sur le 6e génie ;
 
- Merci Marie-Thérèse, qui a fort à faire pour l'instant avec les préparatifs de la cérémonie du 24 août prochain à Anloy, pour la retransmission du document suivant, intitulé "Maissin - Inauguration du cimetière militaire - Monsieur le Bourgmestre prononce un discours imposé":
 
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/1002/Maissin 13.jpg
 
De quel cimetière s'agit-il ? Date d'inauguration? J'aimerais bien connaître le contenu du discours imposé au Maire de Maissin! Ah la recherche reste passionnante!
 
Une bonne veillée de Bruxelles!


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Bien cordialement
Paul Pastiels
n°15750
CRASSET de​ Maissin
Posté le 22-08-2008 à 09:25:48  profilanswer
 

Bonsoir à tous  
Le Bourgmestre était à ma connaissance Edgard Henrion et le cimetière ( n° 2) désaffecté depuis plusieurs années .Il se trouvait à la route de Transinne face à l'hôtel Chalet sur Lesse actuellement
Mr Vieillot est ici à Maissin depuis le 21 pour recherches supplémentaires photos etc .... et pour les cérémonies du 24.VIII.08 à Maissin et Anloy  
Si demande spéciale de votre part je peux le joindre facilement  
de Pierre et Marc  Crasset


Message édité par CRASSET de Maissin le 22-08-2008 à 09:32:10
n°15758
los
Posté le 22-08-2008 à 16:03:29  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Il y a 94 ans aujourd'hui 22 aout, se déroulait la bataille de Maissin.
En cette date anniversaire, je tenais à rendre un hommage aux combattants de Maissin ainsi qu'à la population Belge.
 
Amicalement
Sophie :hello:


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n°15766
Anloy
Posté le 22-08-2008 à 21:20:44  profilanswer
 

Bonjour à tous,
 
Merci Sophie pour ce rappel du 22 août où la population civile a également, tant souffert.
Hier soir, mon mari et moi,  avons rencontré Mr Vieillot et son épouse.
La journée de ce 22 août a été consacrée aux préparatifs des cérémonies du 24 août.
Nous espérons un temps clément !


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Marie Thérèse
n°15783
RIO Jean-Y​ves
Posté le 23-08-2008 à 22:27:25  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous.
 
22 Aout 1914 -  
Jean-Marie Célestin RIO, Caporal à la 2e Cie du 116e RI :
"...Vers 10 heures nous traversons un village (FAY-LES-VENEURS) occupé par quelques compagnies du 62ème. Dans un champ de pommes de terre, tout à proximité, nous faisons la pause, dressons les marmites sur des feux faits à la hâte, avalons un bon quart de café bien chaud.. « le dernier pour plusieurs hélas ! » puis nous nous étendons sur la terre détrempée ce matin, desséchée maintenant. Le sommeil me gagnerait certainement si mes pieds ne me faisaient terriblement souffrir.  Une marche de 25 kilomètres au moins dont quelques-uns  sous une pluie battante, une nuit passée en plein air dans des vêtements trempés, les 12 kilomètres que nous venons de faire, tout cela contribue à accroître cette action du sommeil qui se fera sentir encore bien davantage durant le combat. De plus le soleil commence à nous faire sentir l’action de ses rayons : nous nous endormons malgré nous. Là-bas à notre gauche, sur la route roulent quelques pièces d’artillerie, des caissons  dont on entend le roulement sourd; quelques dragons galopent çà et là.
 
Tout à coup le commandant P… (PEIGNIER) appelle à lui les commandants de compagnies (Capitaines RENAUD, PASCAL, GRIVEZ et ST MARTIN) , il leur adresse quelques paroles puis déployant sa carte il leur donne ses dernières instructions. Notre capitaine (PASCAL) rassemble la compagnie autour de lui ; nous avons tous les yeux attachés à sa bouche. Le silence le plus absolu  règne en ce moment dans ce groupe de 250 hommes qui attendent avec impatience les paroles de leur chef. « Mes enfants, nous dit-il, l’ordre vient d’être donné à l’armée de prendre l’offensive sur toute la ligne. Attendez-vous donc d’entrer aujourd’hui même en contact avec les Allemands. Notre but c’est d’occuper le village de MESSIN....»  
 
22 Aout 2008 :
10h00 : en la Mairie de PENESTIN (Morbihan) dont le pays fut le berceau de la famille depuis au moins le milieu du 17e siècle jusqu'à la génération de mon père, où Jean-Marie se maria en Avril 1920 et où il repose à quelques mètres de l'église où nous allâmes ensuite, se marie Emmanuelle RIO, ma nièce, l'arrière petite-fille de J-M et tête de file de la "jeune génération" par l'ainé de ses enfants.
 
Voilà ce qu'a été cette journée pour moi, très particulière, oscillant au fil des heures entre les joies et émotions du présent et la Belgique d'il y a 94 ans, là où tout aurait pu ne jamais commencer, Jean-Marie ayant "miraculeusement" échappé à la mort plusieurs fois à MAISSIN.
Impression étrange que par delà le temps, un boucle de notre histoire familiale venait de se fermer....  
Amicalement à tous. :hello:  
Jean-Yves


Message édité par RIO Jean-Yves le 23-08-2008 à 22:29:05

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Recherches sur les 116e, 294e & 354e RI + 316e RI et 28e & 35e RAC
http://vannes1418.canalblog.com/
n°15797
tad-kozh
Posté le 24-08-2008 à 18:25:56  profilanswer
 

Bonjour à toutes & tous,
 
Je suis un nouveau "Bleuet" sur le forum. Je consulte le site seulement depuis quelques jours.
 
J'ai récemment entrepris de retracer le parcours de mon GP durant la Grande-Guerre, qu'il a effectué comme soldat et caporal, au 62è (août 14/oct.16), 118è (oct.16/juillet 17)
et au 65è RI (juillet 17/août 19).
Je possède son livret militaire, sa fiche matriculaire, les historiques de ses 3 régiments et des documents éparses récupérés sur des sites Internet.
 
C'est avec intérêt que je prends connaissance de vos messages. Mon GP ayant participé à la bataille de Maissin à la 5è Cie du 62è RI, je suis preneur de toute information relative au 62è durant ces journées du 22 et 23 août.  :love:  
 
Bravo à M. RIO pour son important travail sur les combats de Maissin.  :jap:  
Pour info, mon GP (2è bataillon du 65è) était avec le 1er bataillon du 116è à Lenharrée le 8 sept.14. Il fût grièvement blessé ce jour là.
 
Comme débutant vos conseils, et compléments d'informations sur les 3 RI de mon GP, me seront fort utiles.
 
Cordialement
Jean-Louis
 
 
 


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°15801
RIO Jean-Y​ves
Posté le 24-08-2008 à 20:39:53  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous
bonjour Jean-Louis.
Bienvenue tout d'abord parmi nous  :jap: , c'est toujours un plaisir de voir grossir ici l'escouade Bretonne [:rio jean-yves] même si elle est expatriée.
Depuis que notre petit "bleu" Nico56 qui faisait des recherches sur le 62e a déserté son poste pour assurer la sécurité de nos routes, il nous manquait un "descendant" du régiment lorientais : votre arrivée vient combler ce manque et si le GP est en plus passé par les 118e et 65e voila qui va encore enrichir les échanges.
 
Pour Maissin, les doc. évoqués plus haut et notamment le "Pugens" et ses cartes sont à disposition de partage (y a juste à passer l'adresse mail en MP).
Pour Lenharrée, (mon GP y fut également blessé puis fait prisonnier), le GP a-t-il "laissé quelque chose" car les témoignages précis ne sont guère légion sur ce qui s'est véritablement passé là entre 3h30 et 5h30 du matin, hormis une résistance héroique et désespérée des soldats des deux bataillons Bretons placés en première ligne (1er du 116e au nord-ouest et 2e du 62e au nord et au nord-est du village) face à la furia sanglante de 4 régiments ennemis.
 
Au fait, le GP, il s'appelait comment et était natif de quel coin ?
Très cordialement :hello:  
Jean-Yves
 
PS :le M.RIO est de trop : c'est tout simplement Jean-Yves  :D


Message édité par RIO Jean-Yves le 24-08-2008 à 20:41:58

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Recherches sur les 116e, 294e & 354e RI + 316e RI et 28e & 35e RAC
http://vannes1418.canalblog.com/
n°15817
tad-kozh
Posté le 25-08-2008 à 15:09:56  profilanswer
 

Bonjour à toutes & tous,
bonjour Jean-Yves
 
Merci d'avoir répondu si vite à mon premier message. Quel honneur de m'accepter dans votre escouade Bretonne si active et " en première ligne" sur le forum ! :)  
 
De mon GP, à ma grande déception, je n'ai récupéré que très peu de documents, aucun récit de combat ou courrier, relatif à son parcours de 14-18.
Mon GPm (classe 1912) s'appelait Louis MICHEL, il était natif du canton des "Vieilles Charrues" (Finistère).
 
C'est avec plaisir que j'accepte de recevoir, en partage, les documents mentionnés dans les messages. Je communique, en MP, mons adresse mail spécifique au forum.
 
Cordialement
Jean-Louis
 
PS : je me familiarise aux us et coutumes du forum et j'ai quelques difficultés à décoder les nombreux acronymes utilisés.
 


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°15853
tad-kozh
Posté le 26-08-2008 à 17:50:32  profilanswer
 

Bonjour à toutes & tous,  
Bonjour Jean-Yves, Barth …
 
Jean-Yves : merci de m’avoir communiqué, par mail, le récit de la bataille de Maissin du commandant PUGENS. :)  
Barth : vous êtes à l’origine de la découverte de ce précieux « Pugens », je vous remercie de nous l’avoir fait partagé.  :jap:  
 
Après une lecture rapide (analyse détaillée ultérieure), c’est sans nul doute un des documents de référence (vu des deux côtés), et combien plus objectif que les historiques des régiments engagés, sur le déroulement de la bataille de Maissin.
Petit extrait de l’historique du 62è RI : « vers 19h, le clairon sonne la charge, les hommes s’élancent dans un élan irrésistible à l’assaut, Messin est pris : 60 prisonniers restent entre nos mains ».Un coup de clairon, une charge à la baïonnette et Maissin est libérée. Un peu « facile », lorsqu’on apprend  que l’ordre d’évacuation avait été ordonné aux Allemands à 18h et que le 19è RI y avait lutté âprement depuis la fin de la matinée …
Quel bonheur  :bounce:  de découvrir un tel récit, avec en prime de magnifiques cartes permettant avec précision de situer sur le terrain les mouvements des forces engagées ; encore bravo à Barh  :love:  
 Les conclusions limpides sur les erreurs des hauts gradés, et ou l’incompétence du Cdt du 11è CA est avérée, sont sans appel. La répétition de ces  mêmes erreurs ont sans doute été commises, par le 11è CA, à la première bataille de la Marne. Ordres et contres ordres se succèdent avec un manque de coordination  entre les régiments et les choix tactiques fort mal adaptés aux circonstances du moment.
 
Les hommes du 11è CA ont payé au prix fort les incompétences de cette hiérarchie militaire qui avait le culte de la Cavalerie, celui du sabre et de la baïonnette, au détriment de l’artillerie bien plus efficace. Stop ! je m’égare…   :fou:  
- Qui était le commandant PUGENS ?
- Quelqu’un a-t-il l’organigramme de l’encadrement du 65è RI en août 1914 ?
 
Cordialement
Jean-Louis


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°15856
RIO Jean-Y​ves
Posté le 26-08-2008 à 19:44:37  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous.
Bonsoir Jean-Louis

Citation :

Jean-Yves : merci de m’avoir communiqué, par mail, le récit de la bataille de Maissin du commandant PUGENS.

Ben, j'ai juste joué au "facteur", car comme tu l'écris tout le mérite en reviens à Barth qui nous a permis de découvrir ce document. Et je me doutais bien que tu allais plonger la tête la première dedans.

Citation :

l’historique du 62è RI : « vers 19h, le clairon sonne la charge, les hommes s’élancent dans un élan irrésistible à l’assaut, Messin est pris : 60 prisonniers restent entre nos mains ».Un coup de clairon, une charge à la baïonnette et Maissin est libérée. Un peu « facile »....

Eh oui, bien d'accord, mais ce sont les Lorientais qui n'ont pas la modestie facile (je vais m'attirer des foudres) : ils font tout, ils savent tout et inventent le reste  :lol: d'autant plus qu'à Maissin ils sont arrivés les derniers en cours d'après-midi ! Reconnaissons leur toutefois le mérite de la seconde contre-attaque mené par DE VIAL vers 18h15-18h30, après celle du 116e aidé par des éléments du 118e, et qui permit de repousser définitivement les Allemands lors de leur tentative d'encerclement par le sud.

Citation :

l’incompétence du Cdt du 11è CA est avérée,


Je serai plus indulgent, car s'il y a eu effectivement des croisements sur le terrain entre les régiments ou si deux d'entre eux (les 116e et 118e) ont été éclatés en plusieurs parties rendant impossible toute coordination par leurs commandants respectifs, la "fougue" ou la trop grande "suffisance" en eux-mêmes de certains officiers et officiers supérieurs (CHAPES au 19e) n'auront pas non plus arrangé les choses.
Et ce sont les hommes de troupes outre nombres d'officiers compétents qui auront payés le prix fort.
Mais pour les responsabilités de ces opérations en Luxembourg Belge, il faudrait même remonter beaucoup plus haut. Dans ses Mémoires, le Général DE LANGLE DE CARY (tiens, un Breton) a clairement accusé JOFFRE, qui n'écoutait que lui-même, d'avoir entrainé les troupes Bretonnes et Vendéennes sur des terrains inconnus et très difficiles au niveau du relief dans cette région.
 
Bien amicalement
Jean-Yves  :hello:


Message édité par RIO Jean-Yves le 26-08-2008 à 20:15:02

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n°15857
RIO Jean-Y​ves
Posté le 26-08-2008 à 20:43:20  profilanswer
 

Suite.
L'écrit de DE LANGLE, car ce n'est pas beau  :non: "d'accuser sans preuve".
 
"LES RAISINS DU DESASTRE"
par le Général DE LANGLE DE CARY
Payot, Paris–1935
 
"29 septembre 1914:
Je jette un coup d’œil en arrière sur ce qui s’est passé depuis le 4 Août. Que d’enseignements à tirer de ces huit semaines de guerre !
 
Nos échecs du début semblent dus en premier lieu à un plan d’opérations défectueux : l’attaque par les deux ailes à la fois, en LORRAINE et en BELGIQUE. Ce procédé qui est l’application de la doctrine allemande de SCHLIEFFEN n’est réalisable que si on possède une grande supériorité numérique. Or nous ne l’avions pas. Notre infériorité à cet égard était même beaucoup plus forte que nous le pensions. Les Allemands ont pu dédoubler sans les affaiblir la presque totalité de leurs corps d’armées ; et ils nous ont attaqué avec 34 Corps actifs ou de réserve. Quatre Corps actifs seulement ont été laissés sur la frontière Russe.
 
Notre attaque de LORRAINE s’est heurtée à des organisations défensives puissantes préparées dès le temps de paix à quelques lieues de la frontière : de la nos défaites de MORHANGE et des VOSGES. La valeur de nos chefs, le courage de nos troupes les ont réparées et ont brisé la contre offensive de l’ennemi qui cherchait à débotder notre aile droite. Mais à quel prix ! Nous pouvions l’arrêter et l’immobiliser en LORRAINE, en restant là sur une défensive active et vigilante pendant que nous attaquions en BELGIQUE . Combien le résultat que nous avons obtenu après les défaites de MORHANGE et des VOSGES eût été plus facile et moins coûteux avec des troupes intactes ! Alors, pour l’ennemi, c’était probablement le défaite et le recul définitif au lieu de l’arrêt. D’ailleurs l’offensive de LORRAINE ne pouvait nous mener à rien de décisif, avec METZ et STRASBOURG sur nos flancs et un terrain d’action resserré entre les VOSGES et la région des Etangs d’une part, entre celle-ci et le camp retranché de METZ d’autre part.
 
Le plan d’opérations est l’œuvre entière du général JOFFRE et de son Etat-Major. Il n’a pas été soumis à l’examen et l’appréciation du conseil supérieur de la guerre.  
La plupart des Commandants d’Armée, moi entre autres, nous ne connaissions que la zone de concentration de nos armées ; nous ne savions rien des intentions du Général en chef. C’est sa méthode d’agir avec le seul concours de son entourage intime, sans consulter ses commandants d’armée, sans même les mettre au courant, autrement que par les instructions et les ordres qu’il leur envoie.  
Je ne critique pas, mais je crois préférable la méthode qui est fondée sur la collaboration et la confiance. Elle ne diminue en rien l’autorité du chef suprême auquel seul, appartient la décision.
 
L’offensive en BELGIQUE a échoué pour d’autres motifs que celle de LORRAINE. Là, nous nous sommes trouvés en présence d’une supériorité numérique notable, qui a permis aux Allemands leur grand mouvement enveloppant par la BELGIQUE jusqu’à la mer.
Nous pouvions , il est vrai, percer en son milieu l’énorme arc de cercle formé par leurs armées de droite et du centre. Mais pour réussir cette offensive, deux conditions étaient nécessaires : la priorité de l’attaque et un terrain propice.
 
La priorité de l’attaque, nous ne l’avions pas eue du côté de notre V° armée (Général LANREZAC) ni du côté de l’armée anglaise qui ne s’est pas trouvée prête à entrer en ligne à la date espérée, et c’est l’ennemi qui nous a attaqué (CHARLEROI).
 
De mon côté et du côté de la III° armée ( du mien surtout) nous avons été lancés à l’offensive dans un terrain d’une difficulté inouïe : la forêt des ARDENNES, véritable coupe-gorge, traversée par la SEMOY qui formait barrage devant nous. L’ennemi était installé dans la forêt depuis plusieurs jours et à l’abri de ce masque il avait préparé une organisation défensive à laquelle se sont heurtés plusieurs de nos corps d’armée, le 17° notamment. Ce n’était pas un terrain d’attaque, surtout pour une armée. Aborder l’ennemi avec un pareil masque devant soi, s’était s’exposer aux plus graves mécomptes, malgré la valeur des troupes. Il eût fallu au moins sonder cette forêt en premier lieu ; mais le Général en Chef m’avait interdit d’y envoyer autre chose que de la Cavalerie. Il voulait en effet attaquer par surprise, et j’ai du m’incliner.  
La surprise a été pour nos troupes qui ont trouvé dans la forêt du fils de fer et des mitrailleuses habilement dissimulées.  
Ceci n’excuse pas les fautes commises de notre côté.  
Ainsi le 17° Corps a été engagé en pleine forêt sans que les précautions les plus élémentaires aient été prises.  
Le Corps Colonial dont les excellents régiments n’étaient pas suffisamment rompus aux nécessités de la guerre continentale, surtout en face de l’armée allemande, s’est porté de l’avant avec un entrain magnifique, mais une imprudence absolue. Incomplètement protégée à sa droite par le 2° Corps , qui était en retard et qui, d’ailleurs, devait marcher en échelon refusé, il n’a pas su utiliser les renseignements fournis par les habitants, ni se faire couvrir par le régiment de cavalerie qui lui était affecté : de là une surprise terrible qui malgré le dévouement héroïque des officiers et le courage de la troupe, a causé la perte de près des deux tiers de la 3° Division Coloniale
".  
 
Sans commentaires !
Cordialement  :hello:  
Jean-Yves


Message édité par RIO Jean-Yves le 26-08-2008 à 20:43:46

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n°15920
B Vieillot
Posté le 29-08-2008 à 00:29:02  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,  
 
Bonsoir Jean-Louis et bienvenue dans le fil. Je vois que les Bretons reçoivent des renforts ! Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues pour faire avancer les questions et les réponses !  
 
Me voici de retour de ce territoire où j'ai passé 3 jours superbes. Le travail de terrain est de loin ce que je préfère car il permet de rencontrer les gens. Pour moi, c'est l'essentiel de notre projet, j'apprends au contact de ceux qui aiment et qui conservent cette historie en territoire. C'est un moment de convivialité et ce n'est pas un vain mot en Ardennes.
 
Voici les photos des cérémonies de Maissin et Anloy. (117 Mo)
 
http://www.sendspace.com/file/xfwf9v
 
Cela a été un peu la panique, mais j'ai réussi à faire les deux ! Je suis un grand bavard et c'est toujours difficile de "lâcher" des gens qui vous parlent aimablement et avec enthousiasme pour courir à la voiture... les cérémonies se chevauchaient un petit peu. Nous sommes arrivés juste à temps !  
 
Les cérémonies étaient émouvantes, chacune avec son caractère et sa "manière". A Maissin, j'ai été particulièrement touché en entendant le prêche du curé fait le 30 août 1914. Je n'ai pas eu le texte mais je le demanderais. Il est empreint de son époque, il est assez fort. La cérémonie d'Anloy était très belle aussi. Plusieurs personnes des villages de la commune portaient le cercueil de cet homme retrouvé si longtemps après la fin des combats.  
 
Pour notre grand bonheur, nous logions chez les soeurs à Maissin (aujourd'hui la cantine de l'école), en plein coeur de cette Histoire, grâce à la commune de Paliseul et la complicité de Ms Crasset de Maissin.  
 
Grande émotion, le matin du 22. il y avait une brume importante se détachant du sol. J'ai pensé aux évocations de la météo du forum. Je n'ai pas eu le temps de prendre la caméra et la voiture tout était dissipé (il aurait fallu se lever aux aurores).  
 
En partant, j'ai croisé au cimetière Pierre Massé une voiture immatriculé 35. Je n'ai pas pu discuter avec ce monsieur, mais la plaque ne m'a pas échappé... nul doute qu'elle a un rapport avec cette histoire.  
 
Paul a terminé le travail de traductions sur le 117e IR (Merci Paul encore une fois). Ceux qui souhaitent en avoir une copie peuvent me la demander en privé. Je suis pas mal occupé avec la rentrée, mais je trouve toujours un peu de temps pour répondre.  
 
Je suis désolé Jean-Louis, je ne connais rien du Commandant Pugens... c'est mon collègue de carton qui a trouvé cet ouvrage. Le commandant était professeur à l'école de guerre. Il a fait un cours très complet sur cette période et sur ces événements en plusieurs parties. C'est vrai que j'aimerais aussi en savoir plus sur lui !  
 
Bien amicalement à tous
Barthélémy


Message édité par B Vieillot le 30-08-2008 à 19:49:36
n°15977
los
Posté le 30-08-2008 à 19:45:29  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous
 
Juste un petit mot pour remercier Barth pour toutes ces photos des cérémonies d'Anloy et de Maissin.
 
Amicalement
Sophie :hello:


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n°15979
tad-kozh
Posté le 30-08-2008 à 23:16:20  profilanswer
 

Bonjour à toutes & tous
 
Bonjour à Barth : mes remerciements pour les photos des cérémonies d’Anloy et Maissin. Les photos de Anloy  relative à l’inhumation des ossements d’un soldat Français, retrouvés à Ochamp 94 ans après les combats, sont fort émouvantes.

Citation :

A Maissin, j'ai été particulièrement touché en entendant le prêche du curé fait le 30 août 1914. Je n'ai pas eu le texte mais je le demanderais


Ce sera un plaisir pour moi de lire ce texte.
 
Cordialement
Jean-Louis


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°16038
RIO Jean-Y​ves
Posté le 01-09-2008 à 16:21:12  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous.
 
Désolé Barth de n'avoir pu répondre de suite à ton message d'ici et en MP.
Je me joins à mes deux compatriotes pour te remercier de tes "reportages" (gros à charger, mais cela en vaut la peine).
Les photos de l'inhumation d'ANLOY sont effectivement émouvantes ! Ce soldat malheureusement inconnu peut enfin reposer en paix auprès de ses compagnons d'armes.  
Une question secondaire: pourquoi il n'y avait-il pas à Maissin de drapeau Français. Juxtaposition des 2 cérémonies sans doute ?
Je suis pareillement curieux de découvrir le prêche du Curé de MAISSIN le 30.08, d'autant qu'il vécut les évènements avec ses paroissiens (sauf erreur, il fut même pris en otage, non ?).
 
Concernant une de tes réflexions en MP sur les Mémoires DE LANGLE, les Allemands occupaient bien la région depuis une dizaine de jours et avaient donc eu tout le temps pour se préparer . Leur seule "erreur" du moment fut qu'ils attendaient les Français pour le 23 et non le 22.... D'où leur surprise passagère - et leur fuite vers Villance sans demander leur reste - lorsqu'ils virent arriver dans le petit matin les premiers cavaliers du 2e Chasseurs de PONTIVY ! Mais dans la 1/2 heure qui suivit, ils s'étaient déjà ressaisis.
 
Amicalement.  :jap:  
Jean-Yves
*Très heureux aussi d'avoir enfin découvert le portrait du duo Maissinois des Frères CRASSET que je salue  :hello: .


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n°16052
tad-kozh
Posté le 01-09-2008 à 22:54:50  profil