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Auteur Sujet :

65e RI Août 1914 Maissin Anloy

n°16114
lapita
Posté le 03-09-2008 à 16:13:13  profilanswer
 

Reprise du message précédent :
Bonjour Jean Louis
 
Pour Serrant, non je n'ai pas son journal ! :-(
C'est dans une lettre dont voici un extrait (trop longue pour ici) ; et dont tous les détails (ceux-ci comme d'autres) collent avec les récits du Cap. Le Pivain.
(excusez les noms de famille peut être mal écrits)
 
BUREAU DE RECRUTEMENT      Quimper 26 octobre 1936
DE  QUIMPER
 
LE COMMANDANT
 
 
 
    Mon Colonel,
 
 
 Je viens faire appel à des souvenirs déjà bien anciens (…)
 
(…) blessés le même jour, je crois, le 26 Août 1914 aux environ de Sedan (parc du Château de Belle-Vue), nous nous retrouvions au dépôt de notre régiment vers le milieu de Septembre.
 
 Pour ma part, un éclat de ferraille m’avait fait une longue déchirure à la tête, blessure pas très grave en elle-même, mais qui était longue à se cicatriser. Toujours est-il que, revenu au dépôt le 15 septembre, je demandais à repartir au front le 20. J’avais encore un pansement sur la tête, mais, très désireux de retourner au 118 et de revoir les Boches, je demandai au Commt Ledig de me faire figurer sur la liste des officiers qui, ce jour-là 20 septembre, devaient quitter Quimper avec une trentaine de gradés. De votre côté, vous fîtes une démarche identique et, le soir même, nous nous embarquions à la gare, le Commt Barbezier, le Commt Lallement, vous, moi et un autre officier du nom de Moreau. Quelques notes prises au jour le jour et retrouvées dans mes papiers me permettent de vous donner ces précisions en toute certitude. Nous devions mettre huit jours pour retrouver le 118. Partis de Quimper le Dimanche 20 septembre dans la soirée, nous ne réussissions à rejoindre le régiment que le Dimanche suivant 27 à 9 heures à Allonville, où nous nous présentions au Colonel François, au moment où il sortait de la messe.
(…)
 
Serrant
 
(…)
 
Chef de bataillon Serrant, Commandant le Bureau de recrutement, Quimper (Finistère)

 
 
A+
Arnaud


Message édité par lapita le 19-09-2008 à 08:50:32
n°16121
los
Posté le 03-09-2008 à 20:13:05  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Grand merci Arnaud pour ces nouveaux extraits bien instructifs.
Et merci aussi à Barth pour le prêche du 30 aout. Moi aussi, j'ai un peu de mal avec la phrase "le sourire aux levres".
 
Bonjour Jean Louis

Citation :

A  Maissin dans la nuit du 22 au 23 août :  
- Des soldats exclusivement du 3è bataillon du 62è ?


En voila une bonne question.  
En attendant que notre spécialiste Jean Yves  ;) nous apporte ses lumières, j'ai fait quelques recherches mais je n'ai rien trouvé de concluant.
 
-Pugens cite les 1ere, 5e et 2 compagnies du 3e bataillon du 62e.
 
-Dans "Les cahiers du 19e RI" sont cités les 1ere, 5e et 2 compagnies du 3e bataillon du 62e RI. Idem que Pugens mais il faut savoir qu'ils se sont appuyés sur les écrits de Pugens pour relater la bataille de Maissin.
 
-Calvez cite le 3e bataillon du 62e RI.
 
-L'historique du 62e RI cite:
 Pendant la nuit, les éléments du 62ème qui ont pu pénétrer dans Messin, couchent dans le village et s'y
organisent et réussissent même à repousser trois contre-attaques ennemies.

 
-Sur ce site http://sitelimafox.free.fr/poilus/JMO62-04.htm il est dit:
La 3ème Cie ne peut progresser mais la 1ère Cie pénètre dans MAISSIN et organise la défense avec d’autres éléments du 62ème, du 19ème et du 118ème .
Dans la nuit, elle repousse trois attaques allemandes, puis quitte MAISSIN vers 10 h.00 sur l’ordre du Commandant VOILLIARD, commandant le 1er Bataillon du 62ème et rentre à BOUILLON où elle rallie le Régiment.
Ce récit confirme ce que dit Pugens au sujet de la présence de la 1ere compagnie du 62e RI.
 
Voila, cela ne fait pas beaucoup avancer le smilblick...
 
Amicalement
Sophie :hello:


Message édité par los le 03-09-2008 à 20:14:22

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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
http://19emeri.canalblog.com/
n°16443
popol
Posté le 16-09-2008 à 21:18:26  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous
Bonsoir Sophie, Marie-Thérèse, Barth, Jean-Yves, Lapita,  
 
- Après la traduction de l'historique du 117e IR allemand (tenu à votre disposition auprès de Barth), je vais débuter celle de l'historique du 118e IR. En primeur, voici déjà un relevé assez détaillé des différents cimetières de l'époque (1920/1930?) (Barth: avez-vous relevé la date de publication de cet historique?):
 
1) ANLOY - Cimetière de la Forêt (Waldfriedhof):
 
116e IR  : 5 officiers + 47 hommes
28e RIR  : 22 hommes
21e Pi. Bat. (bataillon du génie): 2 officiers + 2 hommes
Inconnus allemands : 23 hommes  
ainsi que 391 combattants français (dont 18 officiers) des 14e, 51e et 83e RI ;
 
2) MAISSIN - Cimetière de la Bruyère (Heidefriedhof):
 
115e IR  : 1 officier + 102 hommes
116e IR  : 3 officiers + 279 hommes
61e FAR : 1 homme
Inconnus allemands : 9 hommes
ainsi que 644 combattants français (dont 14 officiers) des 14e, 59e, 88e et 118e RI ;
 
3) MAISSIN - Cimetière des Terrasses (Terrassenfriedhof):
 
115e IR  : 3 officiers + 1 homme
117e IR  : 1 officier + 21 hommes
118e IR  : 7 officiers + 104 hommes
30e RIR  : 3 officiers + 33 hommes
 
ainsi que 181 combattants français (dont 11 officiers) des 19e, 93e, 116e et 137e RI ;
 
4) MAISSIN - Cimetière circulaire (Rundbaufriedhof):
 
115e IR : 67 hommes
117e IR : 64 hommes
118e IR : 195 hommes
30e RIR : 1 homme
69e RIR : 2 hommes
Inconnus allemands: 14 hommes
 
ainsi que 782 combattants français (dont 9 officiers) des 17e, 19e, 72e (?), 93e, 95e, 116e, 118e et 337e RI et du 35e RAC;
 
5) MAISSIN - Cimetière allongé (Langfriedhof):
 
117e IR : 1 officier + 19 hommes
118e IR : 2 hommes
 
ainsi que 242 combattants français (dont 9 officiers) des 62e, 64e, 75e, 93e et 116e IR
ainsi que 7 officiers et 301 hommes du 118e RI!
 
Pour mémoire, l'historique du 117e IR pour le combat de Maissin signale 239 blessés et 67 disparus ainsi que la perte de 8 officiers et de 113 hommes ...
 
Nos amis de Maissins peuvent-ils mieux nous localiser ces différents cimetières militaires ? Merci d'avance!
 
Une bonne soirée de Bruxelles


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Bien cordialement
Paul Pastiels
n°16453
los
Posté le 17-09-2008 à 16:53:28  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous
 
Merci Popol pour ces informations sur les cimetières.
Je suis également interessée par une aide pour localiser ces différents cimetières.
Pour le cimetière de la Bruyère (Heidefriedhof) il s'agit peut être de l'actuel cimetière des Bruyères d'Anloy.
Est ce que le cimetière circulaire (Rundbaufriedhof) ne serait pas l'actuel cimetière Pierre Massé ? Car il me semble qu'il y a des tombes disposées en cercles dans ce cimetière.
Pour le cimetière des Terrasses (Terrassenfriedhof) et le cimetière allongé (Langfriedhof) il reste le cimetière de la route de Transinne et celui du Bolet.
Merci d'avance à nos amis de Maissin et d'Anloy pour leurs renseignements sur les localisations de ces cimetières.
 
Amicalement
Sophie :hello:  


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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
http://19emeri.canalblog.com/
n°16462
RIO Jean-Y​ves
Posté le 17-09-2008 à 18:36:24  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous
bonsoir Popol.  :jap:  
 
Merci pour les nouveaux et précieux renseignements.
J'avais un peu décroché du fil ces derniers temps d'où mon absence de réactions....
 
Bizarre tout de même ce chiffre de 4 Cimetières à MAISSIN, alors que selon tous les documents connus jusqu'ici - dont les fameuses CP Allemandes - il n'y en eu que 3.
Pour les appellations, je pense comme Sophie qu'il faudrait sans doute se reporter aux vues d'époque, à moins que d'autres archives Allemandes ne nous donnent la solution.
Le "circulaire" pourrait effectivement bien être l'actuel "Pierre Massé", puisque le Capitaine GALOTTI, qui commandait la 7e batterie du 35e RAC sous Bellevue et que mon GP vit mort gisant à terre, tenant encore ses jumelles à la main, y repose dans une tombe individuelle. Aurait-on pris la peine de lui conserver celle-ci s'il avait été déplacé ?
J'ai découvre aussi que mes soldats du 116e furent dispersés entre les trois lieux.
Il y aurait-il des précisions sur le lieu de sépulture initial des officiers ?
 
Amicalement  :hello:  
Jean-Yves


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Recherches sur les 116e, 294e & 354e RI + 316e RI et 28e & 35e RAC
http://vannes1418.canalblog.com/
n°16466
Jean-Franc​ois
Posté le 17-09-2008 à 20:14:29  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous,
 
pour la localisation des cimetières, il existe 3 pistes sérieuses pour l'époque.
 
1 - les archives militaires allemandes. Il existait un ministère des nécropoles pendant la guerre. Faut-il encore que leurs archives aient été conservées. Si elles étaient à Dresde, c'est à 95% perdu (à cause des bombardement de 1945).
Les archives privées de l'architecte Paffendorf de Cologne, elles sont offertes à la lecture. Cet architecte a notamment dessiné les plans des nécropoles dans le sud Luxembourg (comprendre la province de ).  
 
2 - les cartes militaires ou touristiques (là je pense aux cartes Michelin) mais d'avant 1923.
 
3 - une dame de Cologne (dont je dois encore retrouver le nom) a fait son mémoire sur les cimetières militaires en province de Luxembourg. Se serait-elle inspirée des archives Paffendorf ? Cette dame travaille à l'hotel de ville de Cologne.
 
Maintenant il y a d'autres pistes:
 
les archives communales, quand les administrations communales veulent bien nous laisser faire.  :fou:  
 
les archives du service d'identification des corps de l'armée française. Ont-ils tenu des cahiers ? Certains soldats reposant au cimetière du Radan à Tintigny Bellefontaine, ont été déménagés vers les années 1960.  
 
 
J'essaie de dresser la liste des 68 cimetières en province de Luxembourg (nombre donné par l'abbé Hubert de Rossignol), plus j'interroge les locaux plus j'en trouve et je pense que ce nombre sera dépassé.  
 
 
Pour revenir au travail de Paul, ne faudrait-il pas incorporer le cimetière d'Anloy dans ce nombre ?  
 
Pour les cartes postales allemandes, il faut faire attention car un même cimetière peut être appelé sous plusieurs noms. J'ai eu le cas pour Montmédy.  
 
Sur ebay allemagne, il y a une carte en vente des cimetières allemands du front ouest. Mais apparemment, les cimetières du 22/08/1914 n'y sont pas répertoriés.
 
Voilà quelques idées. Bon travail. Si je trouve quelque chose, je vous en ferai part.
 
Amicalement du Luxembourg.
 
Jean-François

n°16491
popol
Posté le 18-09-2008 à 21:45:55  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous
Bonsoir Sophie, Marie-Thérèse (qui est en vacances ...!), Jean-François, Jean-Yves, Lapita,
 
- Merci Jean-François pour vos dernières précisions;
- Selon Barth, l'historique du 118e IR a été édité en 1930:
- En re-compulsant l'ouvrage précité de J. Schmitz et N. Nieuwland (édité en 1924), il appert que:
 
p.137  3 - Le Combat d'Anloy :
 
(...) "Deux grands cimetières militaires aménagés par les Allemands en 1917 et inaugurés en juin 1918 par le duc de Hesse et le Gouverneur de la Belgique occupée ont groupé les victimes du combat. Le cimetière du chemin de Framont compte 661 Français dont 14 officiers, et 360 Allemands dont 4 officiers; le cimetière du chemin de Jéhonville renferme 373 Français dont 18 officiers, et 103 Allemands dont 7 officiers (dont 2 officiers du 118e RI qui combattait à Maissin: le lt Charles BOUGIER et le s-lt Pierre Poirot-Delpech)". (...) ;
 
p.175  3 - Le combat de Maissin :
 
(...) "Le combat de Maissin fut l'un des plus meurtriers de la campagne. D'abord inhumées isolément (1), les victimes furent groupées, sous l'occupation allemande et par ordre du Gouvernement Général, dans trois grandes nécropoles. Le cimetière n°1, sur la route de Transinne, contient 171 Français, dont 11 officiers, et 209 Allemands, dont 14 officiers. Le cimetière n°2, sur la route de Lesse, contient 674 Français, et 343 Allemands, dont 9 officiers. Le cimetière n°3, sur la route de Lesse, contient 232 Français, dont 9 officiers, et 86 Allemands, dont 1 officier. (...) ;
 
(1)  La publication Heldengräber a donné une série de photographies reproduisant un certain nombre de tombes primitives. Au n°238, on voit les sépultures situées au nord de Maissin, à l'endroit où combattirent les 115e, 116e, 117e et 118e IR de la Hesse; les n°s 234, 235, 239, 240 et 241 nous transportent au sud et au sud-ouest de Maissin, à une distance d'un demi-kilomètre à un kilomètre et demi; le n° 234 donne une vue sur Villance, où avait pris position la 4e cie du 25e RAC.
Les n°s 236, 237, 242, 243, 244 et 245 reproduisent les sépultures qui se trouvent respectivement à Glaireuse, à Libin, à Our, à Transinne et aux Abys, localités où furent soignés les blessés. Au seul petit village d'Our, 3000 Français reçurent les premiers soins". (...) ;
 
p. 194 - Témoignage n°679 de M. Lambert (1915):
 
(...) "Après le combat (de Maissin), 800 Allemands séjournèrent au village une dizaine de jours. Le capitaine Crémer réquisitionna les hommes à 20 km à la ronde pour la sépulture des cadavres. Plus de 500 civils, venus de Villance, de Libin, de Transinne, de Redu, de Sechery, de Sart et même de Chanly et d'Hatrival, furent employés à cette sinistre besogne, qui se continua du 24 au vendredi 30 aoùt. Les chevaux et les bêtes à cornes furent transportés, à l'aide de chariots et de traîneaux, dans une carrière abandonnée sur la route de Sart. Malgré le vif désir des civils, l'identification des soldats français se fit sans soin ni scrupule. Les Allemands enlevèrent les valeurs qui se trouvaient sur les soldats français, mais sans les classer individuellement. Les carnets et les médailles ne furent, en règle générale, ni recueillis, ni conservés. Indépendamment de nombreuses tombes isolées dans les campagnes, principalement entre les routes de Villance et d'Our, on créa trois grands cimetières: l'un "au courtil à spines", sur la route de Transinne, contenant 500 à 600 cadavres groupés par fosses de 6 à 7 hommes, parfois de 25 à 30, dont beaucoup d'officiers; un second à la sortie du village vers Lesse, contenant de 400 à 500 sépultures; un troisième de la même contenance et sur la même route, près du Baulet. Les cadavres des Français avaient été retrouvés surtout entre le village et le bois de Hautmont; ceux des Allemands du côté du bois du Baulet". (...) ;
 
- En résumé: 3 cimetières ont été érigés à Maissin, 2 à Anloy ...
 
Une bonne soirée de Belgique


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Bien cordialement
Paul Pastiels
n°16554
Anloy
Posté le 22-09-2008 à 00:11:50  profilanswer
 

Bonsoir Sophie, Paul
Bonsoir à tous,
 
Le C.M. La Bruyère est bien celui d’Anloy-Bruyères (actuel)
 
A l’aide d’une carte d’EM de 1922 et d’anciennes photos, j’ai à ce jour pu localiser 14 anciens CM dans les environs.
Bertrix- Luchy (2) actuellement 1 seul
Jéhonville (3) Luchy – Croix Morai et Bois
Ochamps (3) Différend – Chapelle et Roumont
Anloy (2) Bois et Bruyères  
Maissin (3) Route de Transinne – Route de Lesse (actuel Masse) et Bolet
Paliseul (1) St Eloi
 
Je viens d’acheter 1 CP « CM La Flèche Bertrix » ce qui ferait 15 anciens CM
 
Dès que j’ai la carte, je fais suivre l’information
 
Bonne fin de soirée à tous
Marie Thérèse


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Marie Thérèse
n°16582
jjeangout
Posté le 23-09-2008 à 19:00:38  profilanswer
 

Monsieur Vieillot, que j'ai rencontré à Maissin, m'a donné ce site, j'en suis vraiment très heureuse, Merci à vous amis Bretons ou autres qui via vos morts s'intéressent à mon petit village natal.
Je suis une descendante  de cette famille Gérard- Dury qui s'est trouvée au coeur de cette folie d'août 1914, avant, pendant et après la bataille.
Mes souvenirs sont donc vraiment de première main racontés par mes oncles, tantes et maman.
 
Concernant L'abbé Paul  Gérard, séminariste en août 14.
Lors de la fuite de la famille, leur maison, hôtel Gérard- Dury, était en feu, elle devait servir d'infirmerie, avec grandes croix rouges sur le toit et accréditations officielles, que les Allemands ont déchirées. Il s'est fait prendre par un tireur d'élite Allemand, à du se mettre à genoux devant lui pendant que deux serveurs rechargeaient les fusils, qui étaient ensuite posés sur ses épaules. Le tir était dirigé vers Haumont, les Français.
Il a donc vécu les deux jours.
En 1915 le chanoine Schmit et l'abbé Van Nieuweland ont demandé à tous les curés de localités victimes delà guerre de relater les évènements, c'est lui, qui avec les religieuses qui avaient fait de l'école une infirmerie, qui ne sont pas dû se sauver car les Allemands y ont trouvés de leurs soldats blessés et n'ont pas incendié le bâtiment.
C'est lui qui est l'auteur du petit fascicule, écrit en 1960.
C'est lorsqu'il a pris sa retraite de curé de paroisse, et qu'il est venu se réinstaller dans sa maison à côté de l'hôtel familial, qu'il a servi de guide de très nombreuses fois à des clients vacanciers de l'hôtel, que ceux ci lui demandait avec insistance d'écrire ses mémoires.
Sa correspondance avec l'armée française, pour vérifier certains points, les récits de bataille sont en ma possession , je les ai remis à Mr Vieillot.  
 
Problème inhumation.
Là, c'est un autre oncle, Joseph, seul membre restant du conseil communal de Maissin qui a pris au début les choses en main,
Je n'entre pas dans les détails ici.
Mais devant l'inanité de leurs efforts en face de ce désastre en vie humaine et animale il est allé trouver le responsable Allemand "Kremer ou Cremer " pour réquisitionner les hommes de villages voisins où on ne s'était pas battu.
A Maissin 200 personnes s'étaient enfuies de leurs maisons en flammes (plus de 70).
Les maisons restantes ont été pillées par les Allemands, les Maissinois qui sortaient des caves ressemblaient à des zombies.
Donc, peu d'hommes disponibles. Il y à un très beau récit de Mme P. Borre qui retrace ce que son père qui avait 15 ans à l'époque à vécu en enterrant ces soldats.
Sont donc arrivés de Redu, Our etc. des hommes avec les grands chariots de culture, amenant avec eux, cordes, pelles, pioches, etc. Venu selon l'expression qui est apparue de suite. "On allo tchèrié aux moirs, comme on tchèrie aux djébes"  "on allait charrier aux morts comme on charrie aux gerbes" Sans commentaires. Pendant des jours et des jours, sans oublier les animaux, et tout cela à mains nues, et il n'y a pas eu d'épidémie, solides les Ardennais!
Joseph a donc assisté et ramassé des carnets, et pris des notes sur le physique de ceux qui n'en avaient plus, mais il a fallu renoncer, l'urgence était là.
Plus de détail si souhaité.
 
Maman, Sarah Gérard et sa soeur Marie ont fait partie de ces femmes aux mains nues et au grand cœur qui ont donné à vos soldats de l'eau et des feuilles de rhubarbe pour se protéger du soleil.
A ces hommes qui entre deux cris de souffrance, réclamaient leur mère.
Ces femmes qui leur ont donné les derniers gestes d'amour, une caresse un sourire, d'un monde fou et cela malgré les Allemands, qui baïonnette au fusil, qui les suivaient pas à pas n'hésitaient pas à leur piquer le dos ou les fesses si cela durait un peu trop longtemps à leur avis
 
Bon, j'arrête,  j'ai peur que vous n'en ayez marre. Pour ceux que cela intéresse vous avez notre adresse.
J'ai le récit avec photos de Th. Braun et du départ du calvaire de son arrivée à Maissin.
Nombreuses photos, vitrail d'une des huit béatitudes de l'église, toutes consacrées à la guerre, le chemin de croix de Maurice Denis, Breton, copié et retouché par lui parait-il. Chariots, ambulance etc.


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J. Jeangout
n°16585
popol
Posté le 23-09-2008 à 21:34:14  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous
Bonsoir Marie-Thérèse, Mme JJeangout, Sophie, Jean-François, Jean-Yves, Lapita,  
 
- Merci Marie-Thérèse pour vos dernières précisions. Vos nouvelles sont toujours les bienvenues !
 
- Merci Mme J Jeangout pour votre témoignage et soyez la bienvenue parmi nous. La transmission de la mémoire orale est également importante dans nos recherches.
 
Je poursuis donc la transcription du  Témoignage n°679 de M. Lambert (1915) dans l'ouvrage précité:  
 
p. 195: (...) "Quant aux blessés, ils furent transportés dans les quelques maisons restées debout et dans un lazaret créé à l'entrée du village, sur le chemin de Transinne. Des jeunes filles et des femmes dévouées, sous la direction des Religieuses de la Providence, pansèrent les plaies du corps, tandis que le curé et M. l'abbé Paul Gérard administraient les secours spirituels (2) (...)  
 
(2) Les dispositions religieuses des soldats français, braves Bretons et Vendéens des 63e, 65e, 73e, 93e régiments, etc ..., furent admirables. Lorsqu'il parcourut les campagnes à la soirée du 22 août, pour leur donner les secours religieux, le curé de Maissin en trouva un bon nombre qui portaient au cou le chapelet.
 
(1) Les témoins du drame de Maissin attestent que l'aspect du village après le combat est indescriptible. On ne pouvait pour ainsi dire se tourner d'aucun côté sans apercevoir des cadavres, parfois amoncelés. On marchait dans des flaques de sang humain. Ce fut bientôt une pestilence qui croissait d'heure en heure. Le 24 août, l'air en était vicié et la plupart des cadavres étaient noirs. Les animaux des étables hurlaient de détresse et de faim. Les gens étaient hébétés et s'abordaient en pleurant. A peine avaient-ils la force d'échanger leurs réflexions sur les scènes tragiques qu'ils avaient vécues".
(...)  
 
Une bonne soirée de Bruxelles


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Bien cordialement
Paul Pastiels
n°16605
tad-kozh
Posté le 24-09-2008 à 16:29:11  profilanswer
 

Bonjour à toutes & tous
 
-Merci à popol de nous faire partager le fruit de son important travail de recherche et de traduction sur les événements de Maissin. :)  
 
-Merci à Mme J Jeangout pour son témoignage en tant que descendante directe d’habitants de Maissin qui ont vécus cet épouvantable drame d’août 1914. :jap:  

Citation :

Bon, j'arrête,  j'ai peur que vous n'en ayez marre.


Non rassurez vous, pour nous descendants de soldats Bretons qui ont combattus  dans votre village vous ne nous ennuyez point , bien au contraire, c’est avec émotion  que nous lisons les souvenirs  que vous ont racontés les membres de votre famille qui ont vécu  ces journées noires.  
Même  plus de 90 ans après, votre témoignage reste de première importance. Merci  de vos  précisions concernant l’Abbé Paul-Gérard et les détails relatifs à l’inhumation des soldats et des animaux .

Citation :

Vous avez écrit :
« Il y à un très beau récit de Mme P. Borre qui retrace ce que son père qui avait 15 ans à l'époque à vécu en enterrant ces soldats. »

Vous serait-il possible  de nous faire partager ce récit ?
 

Citation :

Vous écrivez également :
« tout cela à mains nues, et il n'y a pas eu d'épidémie, solides les Ardennais! »


     
Par contre sur son site  Médecins de la Grande-Guerre,  le Dr Loodts  dans son article «Le calvaire des habitants du village ardennais de Maissin » écrit  à propos de l’inhumation qui suivit les combats :
«  les conditions dans lesquels dut s'effectuer ce travail furent catastrophiques et provoquèrent rapidement  une épidémie de typhoïde qui sema à nouveau la mort parmi les civils comme si la guerre n'avait pas encore suffit à cette tâche.  …..Combien de civils succombèrent de la typhoïde après la bataille? Une enquête dans les registres des paroisses devrait être effectuée pour répondre à cette question. On peut présumer que l'épidémie fut une catastrophe mais jamais nulle part, on n'en fit mention.. »
 
-Alors suite à l’inhumation, de ces milliers de corps , la population civile a-t-elle eu ou non à souffrir d’une épidémie de typhoïde ?  :??:  
 
Cordialement
 Jean-Louis
 


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°16643
Anloy
Posté le 26-09-2008 à 20:37:20  profilanswer
 

Bonsoir à tous,
 
Comme promis, une copie de la CP représentant un ancien CM au lieu dit « La Flèche » à Bertrix.
Je vais tâcher de localiser l’emplacement exact de ce CM
Si des personnes ont des informations sur les anciens CM de la province de Luxembourg, et autres que celles que j’ai données sur le forum, ce serait gentil de les partager.
Merci d’avance.
 
Marie Thérèse
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3930/C.M. La Fleche - Bertrix.jpg


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Marie Thérèse
n°16651
Jean-Franc​ois
Posté le 27-09-2008 à 10:12:59  profilanswer
 

Bonjour Marie-Thérèse,
 
juste pour vous dire que j'ai posté un message (hors sujet) dans votre boîte privée du forum.
 
Bon week-end à toutes et à tous. Bonjour à nos amis de France.
 
Jean-François
 

n°16658
Anloy
Posté le 27-09-2008 à 13:37:41  profilanswer
 

Bonjour Jean-François,
 
Une réponse à votre message se trouve dans votre boîte privée du forum
Bon week-end à tous
Bien à vous
Marie Thérèse


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Marie Thérèse
n°16699
CRASSET de​ Maissin
Posté le 28-09-2008 à 21:13:06  profilanswer
 

Bonsoir à tous  
Pour ma part je sais pertinement qu'il y avait TROIS cimetières L'un se trouvait route de Transinne le second qui existe toujours est le cimetière Pierre Massé Ces deux cimetières je l'ai ai vus et connus jusque mes dix sept ans ou dix huit ans plus ou moins. Je devrais si nécessaire demander à des personnes de mon âge la date de fermeture du cimetière rue de Transinne Le troisième se situait route de Lesse à droite avant le bois du Bôlet m'a dit mon père né en 1909 ici  
Ce troisième je n'ai l'ai vu qu'en photo, je crois savoir que les tombes ont été transférées comme celles du second au cimetière P Massé  
Mr Vieillot doit avoir photocopié toutes les photos des cimetières de Maissin que nous avons tenues à sa disposition Pardonnez mon retard pour la réponse mais j'étais en Allemagne  Bonne soirée et à +

n°16701
popol
Posté le 28-09-2008 à 22:20:40  profilanswer
 

Bonsoir à Toutes & Tous
Bonsoir Mr Crasset, Marie-Thérèse, Jean-François, Jean-Louis, Sophie
 
- Merci à Mr Crasset pour ses précisions sur les cimetières de Maissin;
 
- Merci à Marie-Thérèse pour cette vue du cimetière militaire de "La Flèche" à Bertrix que je ne connaissais pas !
 
- Suite à l'interrogation de Jean-Louis sur une épidémie de fièvre typhoïde à Maissin après les combats, j'achève donc la transcription du  Témoignage n°679 de M. Lambert (1915) dans l'ouvrage précité:  
 
p. 195 (...) " Pendant les jours qui suivirent, des troupes allemandes passèrent jour et nuit, sans discontinuer, se dirigeant vers la France. Les rares habitants qui étaient restés au village eurent beaucoup à souffrir, car les soldats pénétraient dans les écuries pour réquisitionner le bétail, tuaient les poules, fouillaient les ruines, s'attribuaient tout ce qui leur tombait sous la main. Les gens passèrent bien des nuits d'insomnie, pour se protéger le plus possible contre ces pillards".  
 
> cette épidémie n'est pas ici évoquée ... Qui pourrait nous en dire plus ?
 
Une bonne soirée de Bruxelles !  
 


---------------
Bien cordialement
Paul Pastiels
n°16703
patrick co​rbon
Posté le 28-09-2008 à 23:40:54  profilanswer
 

Bonsoir à tous,  
 
Deux généralités assez précises sur la bataille des Ardennes ont été également publiées par Pugens in la revue militaire Française. Il s'agit de  "Rossignol" et "Du rôle joué par le terrain à la bataille des Ardennes"  
 
Cordialement
Patrick

n°16718
CRASSET de​ Maissin
Posté le 29-09-2008 à 14:47:42  profilanswer
 

Bonjour  
Pour la Typhoïde je ne puis ni affirmer ni infirmer la venue de cette épidémie Ma grd mère Mathilde Mauviel Minet née en 1888 qui habitait en face du bois d'Hautmont +- 300 m et a vécu les journées du 22 aout et les années suivantes décédée en 1968 à Maissin ni ma mère donc sa fille Jeanne Mauviel née le 31.5.1914 (agée de 3 mois eu 31.8.14 ) ni mon père Fernand Crasset n'ont jamais fait mention de cela Vous trouverez ci dessous copie d'un e-courriel que j'ai reçu et concernant mon grand père Fernand Mauviel qui était français et de ce qui lui est advenu en cette année 1914 . J'en ai fait mention sur le site que voici  
http://users.skynet.be/les.maissin [...] aphies.htm
 
mais la version que je connaissais était un peu différente comme quoi les sources et les relations des faits peuvent différés suivant les uns et les autres      
 " Bonsoir,
Voici quelques renseignements sur le vie de votre grand-père ainsi que sur la photo avec la HL, les remises et les verrins de levage. J'ai fait paraître cette photo dans le n° 133 de la revue "Nos Vicinaux" de mars 68. Pour en connaître la localisation car il ne s'agit pas de Maissin pour la simple raison que les remises existantes sont les remises d'origine. En complément à la photo parue, je déclarais ceci dans le n° 134 de cette même revue: " Un examen minutieux montre que la machine à gauche n'est pas de construction belge. Par contre on lit sur la soute démontée d'une machine au centre de la photo, en-dessous de la plaque de constructeur le n°18. La HL.18 a été mise en service en 1886 sur le ligne Poix - St.Hubert. Aucune des remises actuelles du Luxembourg ne ressemble à celle de la photo"  Ici j'ajoute que la SNCV n'a, à ma connaissance, jamais construite de remise de ce modèle. "Après avoir interrogé diverses personnes dont un certain Chenot qui a quitté les Vicinaux en 1920, M.Pastiels conclut en ces termes: "Un agent des Vicinaux, M.Mauviel, décédé depuis longtemps, travaillait à Bouillon lorsque la bataille de Maissin survint en 1914. Ce jour-là, le matériel roulant de Maissin (dont la HL.18) fut évacué sur Paliseul et Bouillon, emportant les blessés de Maissin. Arrivé à Bouillon, le matériel fut acheminé le jour même vers Sedan avec l'aide de Mauviel. Ce dernier voulu regagner Maissin où habitait sa famille mais il en fut empêché par l'armée. Il dut se résoudre à rester en France, bien qu'il n'eut, pour tous bagages, que l'uniforme qu'il portait. Il s'embarqua dans un train et arriva à Toulouse. Pendant les premiers mois de la guerre de 1914, il travailla aux vendanges, puis il parvint à prendre contact avec sa soeur qui habitait Paris. Il essaya alors de regrouper les agents de Maissin. Ils travaillèrent près de Paris puis sur une ligne départementale, notamment à "Les Mureaux" près de Meulan. Une soeur de M.Mauviel à déclaré que lors de son mariage en 1917, son frère se trouvait à Les Mureaux. Cette photo aurait été prise au dépôt de "Les Mureaux" en 1917, avec une partie du personnel de Maissin et le père Mauviel..."  Monsieur Bazin, un spécialiste des réseaux français déclara par la suite que cette photo ne pouvait être prise à Les Mureaux car la ligne avait été mise en voie normale en 1911-1912.  Le mystère reste donc entier sur localisation de ce document !
Bien cordialement "
Alain Pastiels
----- Message d'origine ----
De : pisou1 <pisou1@skynet.be>
À : alain-michel pastiels <obsnat1@yahoo.fr>
Cc : Houda Kadjo <houda_kadjo@yahoo.fr>; paul.pastiels@infrabel.be
Envoyé le : Lundi, 25 Août 2008, 11h10mn 16s
Objet : Re: Vicinal Maissin
 
Bonjour Tout d'abord je réponds à votre frère féru de 14 18 Avec mon frère Marc de 11 ans mon cadet nous venons de recevoir du 21 au 24.8 des français qui désirent faire un reportage sur les bretons et une commémoration au cimetière Pierre Massé s'est faite dimanche matin Il est magnifique de voir que des bretons et d'autres habitants d'ici tentent de faire garder en mémoire ces épisodes Voici quelques  sites qui pourraient l'intéresser http://vannes1418.canalblog.com/archives/p1-1.html
http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 5623_1.htm
Et c'est ce monsieur Vieillot qui est venu Il y a aussi d'autres personnes intéressées dont Mr RIO et Mme Sophie Carluer
et le site suivant http://www.1914-1918.be/liens.php
S'il veut cliquer sur les Maissineries  
Pour ce qui est du Tram nous sommes mon frère Marc Crasset et moi (Pierre- Fernand ) les descendants de Fernand Mauviel notre grand père maternel Vous allez sur mon site que vous connaissez puis genealogie et puis sur Photographies ( deux photos de famille qui sont uniques ) vous lisez le texte les photos suivent Je savais qu'une personne avait sollicité ma grand mère pour faire une exposition sur le tram Si vous pouviez m'envoyer une copie de ce livret par mail je serais content Vital Crasset est un descendant de la  famille mais une autre branche Ma généalogie sur Généanet le mentionne évidemment J'ai bien connu certaines des personnes que vous citez Je ne sais si vous êtes au courant mais un livre sur le tram a été édité avec de nombreuses photos Bon je m'arrête bien qu'étant pensionné j'ai beaucoup à faire Si cela vous tente vous pouvez faire réponse l'écrire est une passion  pour moi  à +
alain-michel pastiels a écrit :
> Bonjour,
>  
> Mon frère Paul Pastiels, mordu de la guerre 14/18, m'a transmis les coordonnées de votre site, que je viens de visiter avec plaisir.
> Si j'ai bonne mémoire, il y a eu un certain Vital Crasset chef de dépôt à Alle sur Semois. A entendre votre nom je pensais que vous étiez de sa famille.
> En lisant votre texte généalogique j'apprends que vous êtes le petit-fils de Fernand Mauviel, cela me rappelle les années soixante, ou étant mordu du vicinal j'ai eu l'occasion, lors de mes vacances scolaires, de rencontrer Mr.Fourny de Villance qui faisait partie de l'équipe de piocheurs qui à démonté la ligne de St.Hubert à Pussemange, dirigée par Léonard Jules de Curfoz, que j'ai bien connu.  J'ai bien connu également la Veuve Lamock et son fils Jean. C'est ainsi que j'ai pu rencontrer le Veuve Mauviel (Épouse de Fernand). Je n'ai jamais oublié cela car elle m'avait fait cadeau d'un petit livret-règlement de 1901 sur le vicinal, et du haut de mes 18 ans à l'époque, j'en était vraiment heureux. Il est toujours précieusement conservé dans ma bibliothèque.
> En espérant vous lire et pouvoir continuer cette conversation...
>  
> Bien cordialement,
>  
> Alain Pastiels
>  
>
> Envoyé avec Yahoo! Mail.
> Une boite mail plus intelligente.  
 
 
Envoyé avec Yahoo! Mail.
Une boite mail plus intelligente.

n°16757
tad-kozh
Posté le 30-09-2008 à 21:02:33  profilanswer
 

Bonjour à toutes & tous
 
Bonjour à nos amis Belges et merci pour toutes les informations que vous  nous communiquées
 
Tout comme  Mme Jeangout , Mr Crasset  nous mentionne qu’aucun membre de sa famille ne lui a fait part d’une épidémie suite à l’inhumation des corps.
De ce fait, pour l’épidémie de typhoïde qui aurait sévie, le doute est permis. En effet, s’il y avait eu de nombreuses victimes, il est fort probable que cette catastrophe aurait fait parti intégrante des  journées noires, d’août 1914, racontées par les habitants qui avaient vécu ces événements.
 
-Mme Jeangout : j’ai lu le récit  des journées du 22 et 23 août, relatées par l’Abbé P. Pirson, que vous avez envoyé au site « Médecins de la Grande Guerre » . Peut-être auront nous le plaisir de lire d’autres récits que vous possédez ; d’avance merci.  
     
Cordialement
 Jean-Louis


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°16777
DHG
Posté le 01-10-2008 à 10:39:26  profilanswer
 

[quotemsg=16757,178,3963]Bonjour à toutes & tous
 
Bonjour à nos amis Belges et merci pour toutes les informations que vous  nous communiquées
 
Tout comme  Mme Jeangout , Mr Crasset  nous mentionne qu’aucun membre de sa famille ne lui a fait part d’une épidémie suite à l’inhumation des corps.
De ce fait, pour l’épidémie de typhoïde qui aurait sévie, le doute est permis. En effet, s’il y avait eu de nombreuses victimes, il est fort probable que cette catastrophe aurait fait parti intégrante des  journées noires, d’août 1914, racontées par les habitants qui avaient vécu ces événements.
 
-Mme Jeangout : j’ai lu le récit  des journées du 22 et 23 août, relatées par l’Abbé P. Pirson, que vous avez envoyé au site « Médecins de la Grande Guerre » . Peut-être auront nous le plaisir de lire d’autres récits que vous possédez ; d’avance merci.  
     
Cordialement
 Jean-Louis
 
 
 
Bonjour à vous tous et merci à Mr P. Crasset de m'inciter à vous rejoindre.
 
Mon Arrière -GM Léonie Gillet d' Anloy a durant la guerre 1914-1918 ,tenu son journal jour après jour ,dans celui-ci elle n'a jamais mentionné une quelconque  épidémie ,lors de l' inhumation des corps de ces pauvres soldats .
 
Voilà peut -être une réponse à vos questions.
 
Très bonne journée.
Danièle Hermand


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Danièle Hermand
n°16778
Jean-Franc​ois
Posté le 01-10-2008 à 11:04:25  profilanswer
 

Bonjour à toutes et à tous, (la liste des intervenants commence à être longue et c'est tant mieux)
Bonjour Barth,  
 
ce petit message, au cours de la lecture du Livre "L'invasion Allemande" de Schmitz et Nieuwland tome VII page 186
 
"La publication Artillerie (3)... // ... Les blessés étaient rassemblés dans un moulin, situé entre deux localités."
 
J'ai publié sur ce fil un carte postale d'Anloy: Anloy - La lesse    Moulin de la Rochette.  
 
Pour les spécialistes d'Anloy: Est-ce ce moulin le feldlazarett ? Le village en fond d'image à gauche, Villance ou Anloy ?
 
Pour les puristes, c'est une Feldpost postée de "Poix bei Libramont", datée du 2 novembre 1914. Envoyée à  ????? Pilz ????
à Nürmberg (Bayern)
La traduire est une chose possible, même peut-être facilement possible. MAIS, la lire c'est une autre chose.
Je la tiens à votre disposition.
 
Jean-François

n°16781
Jean-Franc​ois
Posté le 01-10-2008 à 11:46:06  profilanswer
 

Re-bonjour,
 
voici des scans de le carte postale.
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3136/Anloy Moulin 001.jpg
 
http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3136/Anloy 003.jpg1..jpg
Toutes les connaissances de Paul seront bien nécessaires, pour déjà remettre en allemand.
 
Jean-François

n°16792
Anloy
Posté le 01-10-2008 à 17:44:10  profilanswer
 

Bonjour à tous,bonjour Jean-François,
 
La carte postale est le moulin de la Rochette, photo de 1906. La scierie est déjà présente sur la photo, seul bâtiment épargné lors de l'incendie du 22-8-1914.
Le village au fond est celui d'Anloy, on peut facilement reconnaître l'église, facile me direz-vous quand on est né dans ce village !
Il n'y a jamais eu de lazareth à La Rochette, les allemands l'ayant incendié dès le 22 août 14.
J'ai des photos des bâtiments en ruine après l'incendie.
Les régisseurs, à l'époque, Mr et Me Eugène Benoit-Verdin, sont morts des suites de leurs blessures,et ont eu la mention "morts pour la Belgique".
Si vous vous reportez à mon livre "Anloy, un siècle d'histoire, 1900-2000", vous trouverez une quantité de photos et de récits sur cet événement tragique qui a coûté la vie à 49 civils dont mon arrière grand-père.
Si vous voulez me faire suivre la copie du dos de la CP, je pourrais demander à ma voisine, d'origine allemande, de faire un essai de traduction.
NB cette CP est reprise dans mon livre avec d'autres de La Rochette.
 
Marie Thérèse
 
 


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Marie Thérèse
n°16795
Anloy
Posté le 01-10-2008 à 18:35:02  profilanswer
 

Bonjour Dany, bonjour à tous,
 
Bienvenue à Dany dans le forum.
Je viens de poster un message personnel pour toi sur le site
 
Marie Thérèse


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Marie Thérèse
n°16830
tad-kozh
Posté le 02-10-2008 à 21:34:40  profilanswer
 

Bonjour à toutes & tous
 
Bonjour à nos amis Belges qui sont de plus en plus nombreux, et occupent à eux seuls la « tranchée ». :)  
Merci Mr Crasset de nous envoyer en renfort Mme Hermand que je salue. :jap:  
 
Tous vos témoignages, étayés par le journal de Léonie Gillet ( AGM de Mme Hermand), nous obligent à conclure qu’aucune épidémie de typhoïde n’est venue s’ajouter aux journées noires du 22 et 23 août.  
Mme Jeangout, vous aviez raison d’écrire « tout cela à mains nues, et il n'y a pas eu d'épidémie, solides les Ardennais! ».  
Ces Ardennais, ils étaient de la même trempe que les soldats Bretons qui étaient en grande majorité des ruraux qui connaissaient une vie rude dans des campagnes sans confort.
 
Nous ne pouvons qu’être admiratifs, et rendre hommage à vos aïeux pour leur dévouement envers les soldats blessés et l’immense courage qu’ils ont déployé pour enterrer ces milliers de morts.
 
Mme Hermand : sans vouloir vous importuner, vous est-il possible de nous communiquer des extraits du journal de votre AGM relatifs aux combats et inhumations ?
 
     Cordialement
 Jean-Louis


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°16852
DHG
Posté le 03-10-2008 à 18:28:55  profilanswer
 

Bien merci ,amis français et belges de m'accueillir dans vos tranchées..........
 
L'extrait de la journée du 22 et 23 août 1914 a été publié dans le livre "Anloy au siècle d'histoire 1900-2000" par M-Th Pipeaux.
 
Par contre si vous voulez que je vous envoie des extraits du journal de mon A.A GM  avec plaisir.
J'ai envoyé deux pages à Jean François.
Je ne sais pas, si il les a trouvées intéressantes.Vous pouvez les lui demander.
 
 
Malheuresement je ne connais pas  le procédé pour retrouver mes fichiers pour les télécharger sur votre site.
Jean Louis si tu veux je te les enverrai à ton mail privé  
 
Bonne soirée pluvieuse du Nord de la Belgique
Danièle


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Danièle Hermand
n°16863
tad-kozh
Posté le 03-10-2008 à 21:53:14  profilanswer
 

Bonsoir à toutes & tous
Bonsoir à Danièle et à nos amis Belges  
 
Danièle : c’est avec plaisir que j’accepte de recevoir des extraits du journal de ton AGM ; d’avance merci.
Je t’ai transmis mon mail privé sur la messagerie personnelle du forum  
 
Cordialement
 Jean-Louis  :hello:  


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°16890
los
Posté le 04-10-2008 à 19:54:27  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous
 
Tout d'abord, je souhaite bienvenue sur le forum à Mme Jeangout et Mme Hermand.
 
Merci à nos amis Belges pour leurs précisions sur les cimetières. Le cimetière des Bruyères évoqué dans l'historique Allemand est donc bien l'actuel cimetière des Bruyères d'Anloy.
 
Merci à Mr Crasset, grace à son intervention sur le vicinal, j'ai appris que des blessés avaient été évacués sur Paliseul et Bouillon par le train vicinal et son grand père Fernand Mauviel.
 
Mme Hermand, dans son témoignage, votre arrière grand mère parle t'elle de la "bande des Bois de Saint Hubert" que j'évoque ici http://pages14-18.mesdiscussions.n [...] 6816_1.htm
je serais interessée par les extraits du témoignage de arrière grand mère concernant les journées des 22 et 23 aout 1914. Pouvez vous me les faire parvenir ?
 
Amicalement
Sophie :hello:


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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
http://19emeri.canalblog.com/
n°16914
DHG
Posté le 05-10-2008 à 19:19:56  profilanswer
 

Bonsoir Sofie et tous les participants au forum,
 
"La bande des bois de St Hubert" ,je n'ai rien trouvé dans les mémoires de mon A.A. G.M
 
Par contre  si j'ai le courage je vais recopier une partie du journal De Leonie Gillet née en 1850 décédée en 1941 à Anloy.
 
9/8/1914
 
La Belgique est en état de siège , les journaux disent que l'aide  française serait de cinq corps d'armée, soit 165.000 hommes;ils font appel à toutes les gardes civiques.
C'est dimanche; les offices ont lieu comme à l'ordinaire,et pendant la semaine il y a salut avec récitation des litanies des saints.
 
10/8/1914
 
Monsieur le Curé part pour aller à pied ,à Bastogne voir ses parents et chercher des provisions  d'hosties qui vont lui manquer.
Il passe chez nous remettre les clés de l'église à mon frère (Dom Bernard Gillet) qui le remplacera ;nous lui faisons part de nos craintes au sujet de ce voyage car on dit le pays de Libramont occupé par l'ennemi;
Il part confiant  pensant rentrer demain
 
 
11/8/1914
 
Les  journaux sont remplis de détails sur la situation présente sur la bataille de Liège;le facteur vient régulièrement depuis plusieurs jours ;par le téléphone il fait savoir qu'il arrivera vers telle heure ;son arrivée est annoncée au son du tambour et la distribution est faite devant chez nous.
Avec quelle hâte on se presse pour avoir ses journaux.
Dans la matinée, nous avons la première arrivée de troupes françaises qui viennent se masser sur la Chestelle,Cuy,La Rochette.
les habitants vont les ravitailler avec des boissons, des tartines, oeufs,jambon; elles en avaient besoin.
Mon frère va aussi visiter les visiter;le soir, ces troupes viennent loger au village, Un General chez nous avec deux officiers, l'Etat major chez nos voisins.
S'attendant à une rencontre , ils couchent tout habillés et sont prêts à aller cerner l'ennemi, mais le signal n'a pas été donné et ils partent dès le matin.
 
12/8/1914
 
Il vient dans la matinée quelques cyclistes français qui sont exténués de fatigue et de chaleur; ils se jettent sur n'importe quoi par terre et repartent après avoir été restaurés.
vers dix heures du matin ,des troupes françaises venant d'Ochamps commencent à défiler à quatre de front ,à cheval pendant trois heures ;on leur offre des rafraîchissements qu'ils prennent sans s'arrêter:oeufs, tartines ,cigares ;quelques officiers s'arrêtent devant chez nous demandant du vin.
je demande à l'un  s'il n'y  pas d'indiscrétion  de savoir d'où ils viennent:D'ochamps; où ils vont"Madame, nous allons sur Vonêche ".lls sont suivis des cyclistes,de chariots, de canons et de camoins chargés de toutes sortes.
 
13/8/1914
 
Le journal prévoit l'appel imminent  des classes;des escarmouches ont lieu dans le luxembourg; il relate le succès belge d'Haelen et Eghezée.
 
14/8/1914
 
Dans la matinée, on est profondément émotionnés par l'arrivée de quinze ulhans ,dont trois s'attardent devant chez nous ,pour se joindre ,aux autres qui se promènent dans les chemins et sentiers ;ils viennent se reposer près de  chez Poncelet-Dom, descendent de cheval et causent avec le voisinage.
Mon frère fait les offices de ce jour,fête de l'assomption, car Monsieur le Curé n' est pas rentré; après les Vêpres, la procession à lieu, bien que l'on disait que ce n'était pas prudent;
il n'y a pas eu d'incidents.
Toutefois, on apprend que Monsieur le Curé de Framont a été fait prisonnier avec le Bourgmestre et conduit dans les bois.
C'est aujourd'hui que l'on voit les deux premiers aéroplanes.
 
16/08/1914
 
Le bruit se repand que Monsieur le Curé a été fusillé; c'est le dernier jour que le facteur apporte la correspondance; quelle privation pour les parents des soldats partis depuis peu.
 
 
17/8/1914
 
Le matin ,six cavaliers français traversent le villages .On dit que trois mille allemands sont à Libramont pour reconfectionner la voie de chemin de fer, comme on dit Jemelle détruit.
 
18/8/1914  
 
Passage d'aéroplane
 
19/8/1914  
 
Passage d'aéroplane .Le canon gronde du côté de Libramont.
Mon frère va à Glaireuse demander à Monsieur l' Abbé de venir confesser demain  le20.
Il ne vient que le 21 et encore il a fallu que mon frère aille le chercher.
 
Sofie je continuerai le récit une prochaine fois.
Cordialemnet Danièle H
 
 
 

n°16935
los
Posté le 06-10-2008 à 17:06:25  profilanswer
 

Bonjour Danièle
 
Grand merci de vous êtes donner la peine de retranscrire une partie des écrits de Lèonie Gillet.
J'ai hate de lire la suite.
 
Amicalement
Sophie :hello:


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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
http://19emeri.canalblog.com/
n°16959
DHG
Posté le 06-10-2008 à 23:17:09  profilanswer
 

Sorry Sophie de n'avoir pas écrit correctement votre prénom déformation néerlandaise!!!!
Bonsoir à tous
 
Je continue..........ainsi le 20 aout 1914...........
 
20/08/1914
 
C'est la fête de Saint Bernard; nous fêtons mon frère par un petit goûter en compagnie d'Anna et de Louise.Dans la matinée, il était allé promener dans le bois de la voie du Sart et s'y asseoir pour travailler à ses chapelets;il avait rencontrer des patrouilles  et des gens le pressant de ne plus s'attarder dehors, que cela devenait dangereux.O commence à devenir très inquiets, encore des aéroplanes survolent; vers neuf heures du matin, il arrive des cavaliers français, dont l'un se porte derrière la muraille des Soeurs ,puis vient près de de chez nous ; les autres passent au galop se placer à l'abri en face de chez Poncelet-Dom;Là ,ils attendent quelques instants l'arrivée de deux ulhans qui entrent au village du côté de Vaux.
Les français sautent à cheval et courent à leur rencontre en tirant des coups de feux répétés .Les deux soldats allemands rebroussent chemin et s'enfuient au galop dans la direction de Chestelle  pendant que les autres continuent à tirer sur eux deu jardin de Nicolay- Niederprum,puis reviennent par le village et prennent la direction de Burnaumont à leur poursuite.
 
Pendant ce temps ,mon frère avait couru à l'Eglise chercher les Saintes Huiles ,mais il n'y a vais pas eu de blessés.
Cette escarmouche avait amené  des rassemblements en faveur des Français, pour leur donner des renseignements et leur indiquer les chemins.
 
Mon frère qui les voyait de la chambre d'en haut et qui prévoyait combien c'était dangereux, descend tout pâle et dit à Louise ,que cela va nous attirer de terribles représailles, que des espions sont partout et il demande à Louise d'aller leur dire le danger .
Celle- ci lui demande d'y aller lui même et, en effet , il fait dissiper ces groupes après leur avoir fait comprendre à quoi ils  s'exposaient .
Le soir , mon frère sonne le salut comme à l'ordinaire.    
 
21/08/1914
 
A midi, mon frère va à Glaireuse chercher Monsieur l'Abbé pour confesser malgré dejà le danger de voyager.Il reste jusqu'à ce que l'on vienne le rappeler, sans terminer les confessions.
Les troupes allemandes arrivent en foule à Glaireuse, à Wacha et dans les environs .
Avant le soir , les travailleurs qui se trouvent de ce côté s'empressent  de rentrer disant que le pays se remplit de soldats.
Mon frère va se renseigner et avertir le Bourgmestre ,Louis Gillet.
Le soir il sonne le saluit et, en rentrant, monte dans sa chambre bien agité et inquiet.
 
22/08/1914
 
Mon frére dit la messe à l'heure ordinaire, pendant laquelle beaucoup de communion sont distribuées .
Vers huit heures du matin ,il passe beaucoup de cyclistes qui on l'à appris après sont allés se poster vers le Bati du Foi.
vers onze heures, je vais au jardin de mon frère et en revient de suite bien effrayée d'entendre des coups de feu en direction de la voie de Sart, de Maissin, et de Jehonville;j'en averti mon f'rère qui était bien émotionné.
Ce matin après la messe , il avait voulu faire une course du côté de Maissin, en demandant à deux hommes de l'accompagner pour lui prêter leurs oreilles.,disait il;
C'était Joseph Gérouville et Zéphirin Ponsard qui arrivés sur la hauteur et poursuivant  jusque plus bas, on dû rebrousser chemin tellement les balles sifflaient dans toutes les directions .  
 
L'engagement était commencé à Maissin, qui deqvit brûler quelques heures plus tard.
 
Mais revenons à l'inoubliable et terrible  après -midi de ce samedi 22 août ;apres dîner mon frére va voir ,dans les jardins de Vaux, d'ou l'on perçoit les lueurs de l'incendie qui ravage Maissin.Il passe en même temps chez Emile Gérard pour lui remettre une médaille   de saint Benoît;
Il rentre ensuite monte dans sa chambre.
 
Quelque chose de grave se prépare, on le sent très bien . Vers 13h 30,les troupes arrivent en masse de la Vaux et du Burnaumont, elles affluent aussi de la ruelle voisine de notre maison avec canons ,mitrailleuses, camionset chevaux.Tout cela passe devant chez nous dans un fracas qui fait tremblerles murs, et en même temps un ebande de chevaux montés ou désarçonnés venant de la Voie - du - sart reflue devant la maison.Les troupes défilent et beaucoup nous regardent derrière les fenêtres, en particulier mon frère debout à la fenêtre du haut:nous voyons bien tous les regards des soldats tournés vers lui.
 
A ce moment donné, deux soldats  entrent révolver au poing et somment mon gendre Camille d'aller en haut chercher le "Pastor".Mon frère  descend et sort avec eux quelques instants; il  leur demande  de le prévenir s'il y a des blessés ou des mourants mais il ne parvient pas à se faire comprendre, nous dt-il; nous lui demandons de fermer sa fenêtre et de ne plus se montrer.
 
Mais pourquoi? nous demande t-il - Mais pour nous faire plaisir  , lui dis -je , vous voyez bien que nous mourons  d'inquiétude.Bah, je puis bien regarder le ciel et le bon Dieu aussi, est sa réponse, puis il remonte dans sa chambre en nous disant comme toute dernière parole:Dieu protège nos maisons.
Léonie Gillet
Vous pouvez trouvez la suite dans le livre "Anloy un siècle  d'histoire 1900- 2000" edit. Weyrich   Marie Thérèse Pipeaux
 
 
Très bonne soirée Sohie
DH


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Danièle Hermand
n°16977
los
Posté le 07-10-2008 à 19:57:24  profilanswer
 

Bonjour à toutes et tous
Bonjour Danièle
 
Grand merci pour la suite de ce témoignage, c'est très gentil de votre part.
 
Amicalement
Sophie :hello:


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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
http://19emeri.canalblog.com/
n°16978
Yves Thoer
Posté le 07-10-2008 à 20:15:40  profilanswer
 

Bonsoir Danièle, bonsoir à tous.
 
Je m'associe à Sophie pour vous remerçier de ce témoignage et remerçie tous ceux qui font vivre se sujet sur Maissin.
 
Cordialement.
 
Yves

n°16983
tad-kozh
Posté le 07-10-2008 à 23:25:35  profilanswer
 

Bonsoir à toutes & tous
Bonsoir à Danièle et à nos amis Belges  
 
Doublement merci Danièle, d’une part pour les extraits du journal de votre AGM que vous m’avez transmis, et d’autre part de nous avoir consacré de votre temps pour transcrire une partie de ses  écrits afin de nous les faire partagés.  :jap:  
 
Cordialement
 Jean-Louis


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°17044
Anloy
Posté le 09-10-2008 à 20:53:19  profilanswer
 

Bonsoir à tous, bonsoir Pierre,
 
je prends le relais de Dany Hermand et vous communique la suite du récit de son aïeule Léonie Gillet.
Ayant les textes en word dans le PC, cela lui facilite la tâche.
 
22 Août 1914.
Mon frère célèbre la messe à l'heure prévue ; de nombreuses communions y sont distribuées . Vers huit heures du matin passent de très nombreux cyclistes qui , on l'a su par après , vont se poster au Bati-du-Foi .
Vers onze heures , je vais au jardin de la propriété de mon frère Camille et j'en reviens bien vite très effrayée en entendant la fusillade du côté de la Voie-du-Sart , de Maissin et de Jéhonville . J'en fais part à mon frère qui est lui aussi fort impressionné . Après la messe du matin il avait voulu faire une course du côté de Maissin et avait demandé à deux hommes de l'accompagner pour lui prêter leurs oreilles , avait-il dit ; c'était Joseph Gérouville et Zéphirin Ponsart ; arrivés sur la hauteur et continuant vers le bas , ils durent bien vite rebrousser chemin tant les balles sifflaient à leurs oreilles , venant de toutes les directions ; l'engagement avait commencé à Maissin qui devait brûler quelques heures plus tard.
Et nous en arrivons maintenant à cette terrible et inoubliable après-midi du samedi 22 août . Après le repas de midi , mon frère se rend dans les jardins de la Vaux d'où l'on perçoit les lueurs de l'incendie qui ravage Maissin ; il passe en même temps chez Emile Gérard pour lui remettre une médaille de Saint Benoit ; il rentre ensuite et monte dans sa chambre .
 
Quelque chose de grave se prépare , on le sent très bien ; vers 13h30, des troupes arrivent en masse de la Vaux et du Burnaumont; elles affluent aussi de la ruelle voisine de notre maison avec canons , mitrailleuses , camions et chevaux; tout cela passe devant chez nous dans un fracas qui fait trembler les murs; et en même temps , une bande de chevaux montés ou désarçonnés venant de la Voie-du-Sart reflue devant la maison. Les troupes défilent et beaucoup nous regardent derrière les fenêtres, en particulier mon frère debout à la fenêtre du haut: nous voyons bien tous les regards des soldats tournés vers lui.
A un moment donné deux soldats entrent , revolver au poing et somment mon gendre Camille d'aller en haut chercher "le Pastor" ; mon frère descend et sort avec eux quelques instants; il leur demande de le prévenir s'il y a des blessés et des mourants mais il ne parvient pas à se faire comprendre, nous dit-il ; nous lui demandons de fermer sa fenêtre et de ne plus se montrer . "Mais , pourquoi ? nous demande-t-il . "Mais pour me faire plaisir" lui dis-je , "vous voyez bien que nous mourons d'inquiétude". "Bah , je puis bien regarder le ciel et le Bon Dieu aussi" est sa réponse puis il remonte dans sa chambre en nous disant comme toutes dernières paroles :"Dieu protège nos maisons".
Louise, sa petite Anne-Marie et moi-même, nous nous réfugions dans la chambre derrière , nous cachant dans l'encoignure des fenêtres car c'est maintenant le fracas des coups de feu venant de toutes les directions ; mon frère descend pour nous rejoindre mais il n'a pas le temps de s'unir à notre récitation du chapelet que l'on entre à nouveau . "Mon oncle , on vient encore vous chercher" dit Louise . Il se présente à deux soldats qui le précèdent puis l'encadrent , traverse la route et dit à une voisine , Florence: "On vient me chercher pour soigner des blessés et des mourants"; il paraît calme et heureux . Ce sont des détails que j'ai appris par après de la bouche de cette voisine ; elle l'a suivi des yeux depuis sa fenêtre , marchant entre les deux soldats qui se tenaient à une certaine distance de lui ; puis elle l'a vu s'écrouler vis à vis de la porte d'entrée des Maillard , touché par une balle tirée par un soldat qui le guettait à quelques dizaines de mètres devant lui .
Pendant ce temps , nous avions continué la récitation du chapelet et bien que la pensée ne me soit pas venue un instant qu'on était venu le chercher pour le tuer , entendant tout à coup ces coups de feu qui se répètent devant notre maison , je dis à Louise machinalement: "Ah mon Dieu , voilà déjà qu'on le tue". Ce n'était hélas que trop vrai !
Au même moment , des soldats viennent ordonner à mon gendre d'aller ouvrir les portes de la maison de campagne de mon frère Camille ; il s'y rend et revient très vite à travers les balles qui sifflent à ses oreilles ; en passant , il voit qu'on est en train de placer des mitrailleuses et un canon devant la grange de la maison d'en face .
 Louise et moi sommes plus mortes que vives. Un soldat entre; je sors de la chambre; "Madame , vite dans le souterrain, je viendrai vous avertir s'il y a du danger". Nous descendons dans la cave avec la petite sans rien prendre, ni provisions ni vêtements . A peine y sommes nous de quelques minutes que le soldat nous amène Odile,  Julie et Joseph Barras qui viennent de voir leur père tomber mortellement blessé , sur la place, à quelques pas d'ici. Ils disent à Louise que le Révérend Père est aussi tué : ils sont passés à côté de lui étendu au milieu du chemin . Louise ne me dit rien de cette tragique nouvelle . "Notre dernière heure est arrivée" s'écrient-ils ! Nous prions de tout notre coeur , nous préparant à la mort quand nous arrivent encore Joseph Dauby , sa femme et leur nièce avec ses cinq enfants ; ils ont été poussés par un soldat devant la porte de la cave après avoir dû quitter en hâte leur maison qui commençait à brûler . Plus tard sont encore arrivés Ernestine Poncelet et son mari ; celui-ci a été retenu prisonnier près de chez Joseph Barras ; il a ensuite retrouvé sa femme et tous deux ont été conduits chez nous par un soldat ; c'est encore un soldat qui nous amène enfin la veuve d'Auguste Ponsart avec les deux enfants de Nestor Maillard ; ce dernier , nous dit-elle , vient d'être tué entre ses deux enfants au moment où il quittait sa maison en feu ; un soldat allemand lui a jeté dans les bras les deux orphelins tout éperdus et les a poussés jusque chez nous ; elle ajoute que viennent aussi d'être tués en se sauvant par les jardins , Jules Barras et Omer Poncelet .
Tout cela dans le fracas des balles qui sifflent sans interruption , du bruit des canons et de la fusillade qu'on entend au loin ! Quel tapage et quelle horreur durant tout cet après-midi du 22 août !  
Ensemble dans la cave , nous prions tous les Saints du Paradis de venir à notre secours . Mon gendre Camille , lui , est à la cuisine faisant du feu , mettant de l'eau à chauffer , ouvrant fenêtres et portes suivant les ordres qui lui sont brutalement donnés ; mais dans quel état d'esprit car il voit l'incendie se propager de maison en maison dans toute la rue et s'approcher jusque chez Tolet et Godenir ! A un moment donné , la maison tout entière tremble , les fenêtres de devant volent en éclats : une bombe venant de la direction de Jéhonville est entrée par le grenier et a traversé et brisé tout sur son passage ; la chambre au dessus de la cuisine et le grenier sont fracassés , les poutrelles coupées ; la bombe est ensuite descendue à la cuisine pour y éclater : quel bruit , quel fracas ! Nous pensons à tout moment entendre la maison s'écrouler !
Vers le soir , la fusillade semble se calmer ; on entend soudain le retour des troupes qui viennent briser portes et fenêtres au presbytère , vider la cave , transporter partout des bouteilles , rentrer chez nous en masse , piller le magasin, vider les armoires de toutes les places , monter à l'étage , redescendre et fouiller partout . Nous sommes toujours à la cave avec de la lumière et Camille se trouve seul en haut avec des soldats partout ! Plus tard , vers une heure du matin ,il doit quitter la maison et partir à Glaireuse pour indiquer le chemin à un groupe de soldats .Quatre fois pendant cette nuit , des groupes de deux soldats descendent dans la cave , revolver au poing : chaque fois je vais au devant d'eux, lumière en main , en leur disant que nous ne sommes que des femmes , des vieillards et des enfants ; ils inspectent les lieux puis remontent en plaignant les enfants !
Je l'ai déjà dit , nous étions descendus à la cave sans aucune provision, sans un bout de pain ni un morceau de sucre et tous à moitié habillés ; nous découvrons heureusement des oeufs mis en conserve dans un bain de chaux et chacun peut de la sorte se restaurer quelque peu .
 
NB : dans le récit de Léonie, elle cite : Odile, Julie et Joseph Barras....... Odile Barras est ma grand-mère.
 
la suite au prochain n° ....
 
Bonne lecture à tous
 


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Marie Thérèse
n°17046
tad-kozh
Posté le 09-10-2008 à 21:23:36  profilanswer
 

Bonsoir à toutes & tous
Bonsoir à Marie Thérèse et à nos amis Belges
 
Décidément nous sommes vraiment gâtés, puisque c’est l’auteur même du livre  "Anloy un siècle  d'histoire 1900- 2000" cité par Danièle qui continue le récit de Mme Léonie Gillet .  
 
Un seul mot pour nos amis Belges : vous êtes formidables ! :wahoo:  
 
Cordialement
 Jean-Louis  :hello:  


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Recherches sur les 62è, 65è et 118è RI
n°17048
DHG
Posté le 09-10-2008 à 22:15:45  profilanswer
 

Bonsoir Marie Thérèse,
 
Grand ,grand merci de m'épargner toute  une soirée d'écriture devant mon PC.....
 
A très bientôt à tous .
 
Danièle


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Danièle Hermand
n°17067
los
Posté le 11-10-2008 à 10:58:55  profilanswer
 

Bonjour à tous
 
Merci Marie Thérèse pour la suite de ce témoignage et encore merci à Danièle.
 
Amicalement
Sophie :hello:


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Recherches sur le 19eme RI et le 50eme RA.
http://19emeri.canalblog.com/
n°17239
Anloy
Posté le 15-10-2008 à 23:05:18  profilanswer
 

en prime la photo de Léonie Gillet et de son frère Joseph, médecin à Saint-Hubert.
Photo prise dans le jardin situé à l'arrière de sa maison, rue Lavaux à Anloy.
 
Bonne soirée


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Marie Thérèse
n°17240
Anloy
Posté le 15-10-2008 à 23:06:57  profilanswer
 

http://images.mesdiscussions.net/pages1418/mesimages/3930/JOSEPH ET LEONIE GILLET.jpg
 
voici la photo manquante au message précédent


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Marie Thérèse
n°17242
Anloy
Posté le 15-10-2008 à 23:12:31  profilanswer
 

Bonsoir à toutes et à tous,  
 
La suite du journal de Léonie Gillet : la journée du 23 août 1914 à Anloy  
 
 
 
 
 
23 Août 1914.  
Quel dimanche ! On en tremble encore , on hésite à sortir de la cave ; "Je crains fort que mon frère nous ait quitté pour toujours" dis-je à Louise qui me laisse encore l'espoir de le revoir . Profitant de l'accalmie , je me rends dès le matin chez Jules Barras pour me renseigner sur son sort car j'espérais encore qu'il se soit réfugié chez eux ; on me laisse croire qu'on l'a vu la veille au soir .  
La rue est remplie de soldats qui vont et viennent ; le corps d'un soldat allemand mort est là , étendu sur les genêts. Je demande à un soldat de m'accompagner pour conduire auprès de leur père grièvement blessé hier après-midi les trois enfants de Joseph Barras ; celui-ci a été recueilli chez Jules Gillet et a passé la nuit dans de grandes souffrances : il mourra dans l'après-midi assisté à ses derniers moments par l'Abbé de Glaireuse qui , avec deux civils , a passé la nuit prisonnier sur la Hoigne puis s'en est retourné chez lui .  
   
A ce moment , on me laisse entrevoir la vérité et je rentre effondrée à la maison toujours assiégée par des soldats qui continuent à piller le magasin , qui cherchent dans toute la maison et emportent tout ce qui leur convient : pain , oeufs , beurre , linge . Nous ne pouvons rien faire que de préparer du café pour tous ces gens qui ont passé la nuit avec nous dans la cave . On va traire les vaches dans l'écurie et l'on vit de ce lait jusqu'au soir ; impossible de quitter la maison et de circuler dans la rue pour aller aux nouvelles des miens sur le sort desquels je suis mortellement inquiète . Quand , dans l'après-midi , Louise Golinvaux vient me demander de passer à nouveau la nuit dans notre cave, ce à quoi j'acquiesce bien volontiers, je lui demande de prier sa mère d'aller se renseigner chez mes enfants Maurice et Anna, juste en face de sa maison,en vue de savoir ce qu'ils sont devenus ; elle revient peu après et me rassure mais , je l'ai su plus tard, c'était par simple pitié car de chez elle , sa mère avait entendu la veille le saccage de leur maison , des portes ,du mobilier , de la vaisselle et en fait , elle ne savait rien de ce qui leur était advenu .  
Heureusement , peu après , ma fille Anna vient nous embrasser et nous annoncer que toute la famille est saine et sauve ; ils se sont réfugiés depuis le matin chez les Soeurs où elle a été occupée à faire des gaufres avec de la farine qu'Antoine et Charles sont allés chercher chez eux par les jardins de derrière ; sa famille tout entière, de nombreuses personnes et les Soeurs sont ainsi rassemblées et ont pu se restaurer quelque peu.  
La veille , Maurice et sa famille , voyant l'incendie et la violence se rapprocher de leur maison sont tous descendus se cacher dans la cave ; ils y étaient à peine que des forcenés sont entrés dans la maison et ont tout brisé dans un fracas épouvantable , portes , meubles , vaisselle ; ils sont montés à l'étage , hurlant et cherchant "der Mann" comme ils disaient mais ils ne sont heureusement pas descendus dans la cave où toute la famille se trouvait complètement terrorisée, n'osant faire aucun mouvement et ayant grand peine à empêcher la petite Cécile , seize mois à peine , de faire du bruit , sans compter Jean , trois ans et demi et René , six ans .  
Aussitôt après leur départ , craignant l'incendie , ils se sont sauvés par les jardins et ont rejoint les Soeurs cachées , elles , derrière une haie qu'elles n'ont pas quittée de la nuit. Ne se sentant plus en sécurité à cause des balles qui sifflaient à leurs oreilles ,il s'en sont alors allés tous les dix vers la Croux pour s'écarter du village en feu , se cachant et rampant sur le sol ; vers le soir , tout à coup , une sentinelle les arrête ; Maurice se lève et se présente en pensant bien recevoir le premier coup ; il n'a pas d'arme , dit-il ; il est avec sa femme et ses huit enfants ; il supplie qu'on leur laisse la vie ; on lui fait vider ses poches , on le fouille , puis on renvoie toute la famille vers le village ; ils o